Volaille : après six acquisitions, LDC vise 7 milliards de chiffre d'affaires l'an prochain
Six opérations de croissance externes ont marqué l’exercice 2024-2025 (clôture février) dont le groupe LDC a présenté les résultats le 21 mai. La plus importante est celle d’Indykpol, leader polonais de la dinde (213 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui est intégré au groupe depuis le 1er août 2024. Elle est suivie en volume d’activité par celle de l’industriel allemand de produits végétaux ECF (77 M€ de CA), intégré depuis décembre 2024, et par celle du Français Routhiau (65 M€), qui apporte depuis le 1er janvier 2025 ses produits cuits de volaille à la marque Maître Coq. En Pologne également, LDC a intégré le 1er octobre 2024 le traiteur Konspol (30 M€). Enfin le Français Favid apporte 16 M€ de CA consolidé depuis le 1er juillet 2024, et surtout ses préparations de volaille à la société Arrivé. La sixième acquisition est cette du fabricant belge de produits panés Calibra (4 M€), intégré au 1er août 2024. Les acquisitions sont principalement responsables du bond du chiffre d’affaires du pôle international de 13,8% à 948,5 M€. En France le pôle traiteur va profiter à compter du 1er juin 2025 de l’entrée du groupe Martinet (230 M€). Ayant réalisé 6,3 milliards de chiffre d’affaires, le groupe devrait atteindre dès l’an prochain les 7 milliards visés.
Volaille : LDC négocie 6 à 8% de revalorisation pour développer son amont
Le comité de direction de LDC a expliqué, lors de la présentation des résultats annuels 2024-2025 du groupe à la presse le 21 mai, qu’il souhaitait obtenir de ses clients 6 à 8% de revalorisations tarifaires avant l’été afin de soutenir ses approvisionnements. « Il faut revaloriser parce que notre filière amont atteint ses limites de capacité de production », a justifié Stéphane Sallé, directeur du pôle volaille. Il a argumenté que la capacité d’approvisionnement s’était fortement dégradée au détriment des distributeurs, dans le contexte d’augmentation de la consommation de volaille. Bruno Mousset, directeur du pôle Amont, a précisé qu’il entreprenait d’aider à la construction de 400 bâtiments de type Nature d’éleveur (le standard LDC) sur l’ensemble du territoire dans les trois ans, ainsi que de développer les couvoirs, usines d’aliment et les élevages de reproduction. Il a argumenté que les prix de vente devaient tenir compte des charges réelles de production et des coûts élevés de la construction afin que les éleveurs ne se détournent pas vers d’autres productions. Les ventes de volaille de LDC en grande distribution et restauration ont progressé de 3,9% en volume à périmètre identique lors de l’exercice.
Insectes : Agronutris sollicite l'État pour poursuivre son activité
Agronutris, spécialisée dans la production de protéines d'insectes pour l'alimentation animale, demande l’aide de l’Etat, rapporte l’AFP le 22 mai. Sa maison mère, la holding EAP, a été placée sous procédure de sauvegarde en janvier. Agronutris avait levé 100 M€ en 2021 pour lancer son usine de Revel (Ardennes) notamment auprès de Bpifrance et de Mirova. « On a besoin de réunir un financement de 6 M€ pour avoir le temps nécessaire pour boucler l'opération de financement plus large en cours », a indiqué Cédric Auriol, DG d’Agronutris, à l’AFP. 3 M€ ont déjà été réunis « via le fonds Mirova principalement » (actionnaire historique, NDLR), assure-t-il, « mais Mirova ne peut pas faire ce soutien seul et ce qui nous étonne, c'est qu'on n'arrive pas, au moment où je vous parle, à mobiliser un soutien d'argent public ». Mehdi Berrada, PDG d'Agronutris, assure de son côté qu'un « fonds d'investissement américain » a émis « une lettre d'intention » pour une nouvelle opération de financement ». Ynsect, aussi en difficultés, est parvenu récemment à mobiliser 10 M€ de la part de ses actionnaires historiques, dont Bpifrance. Soutien que la banque publique d'investissement ne semble pas vouloir réitérer dans le cas d'Agronutris, qui dénonce « un traitement inégalitaire » dans une lettre envoyée à plusieurs responsables politiques.
Importations ukrainiennes : les Etats membres se résolvent à des mesures transitoires
Comme attendu, l’Union européenne et l’Ukraine ne sont pas encore parvenues à un compromis sur les suites à donner à leur accord agricole qui expire début juin, et les Européens vont appliquer des mesures transitoires, ont décidé les Etats membres le 22 mai. Le dispositif revient aux quotas en vigueur avant la guerre, mais avec un prorata sur sept mois, de juin à décembre 2025, comme prévu dans le projet d'acte d'exécution consulté par Agra mi-mai. Dans une lettre en date du 12 mai adressée à la présidente von der Leyen, le Copa-Cogeca (et sept autres associations agricoles sectorielles) s’alarmait de la proposition, estimant que Bruxelles devrait s’en tenir à l’accord d’association tout en considérant les contingents tarifaires comme entièrement épuisés pour 2025. Pour eux, appliquer des quotas au prorata équivaut à «une dilution inacceptable du cadre protecteur de l’accord.» Pour soutenir Kiev face à l’invasion russe, l’UE avait instauré depuis 2022 une exemption de droits de douane sur des produits agricoles ukrainiens. Depuis, les agriculteurs européens dénoncent régulièrement la concurrence ukrainienne qu’ils jugent déloyale. Devant leur colère, Bruxelles avait prolongé le dispositif pour un an en 2024 en ajoutant des restrictions: un plafond maximum pour certains produits détaxés comme les volailles, les œufs, le sucre ou le maïs. Cet accord arrive à expiration le 5 juin.
Engrais russes : feu vert du Parlement européen à la hausse des droits de douane
Les eurodéputés, réunis en séance plénière le 22 mai à Bruxelles, ont donné leur feu vert (par 411 voix contre 100 et 78 abstentions) à la proposition de la Commission européenne visant à augmenter les droits de douane sur les engrais importés de Russie et du Bélarus. Etant donné qu’aucun amendement à la proposition initiale n’a été fait par le Conseil de l’UE et le Parlement européen, le règlement doit désormais être adopté formellement par le Conseil, puis publié au Journal officiel de l’UE avant son entrée en vigueur. Ainsi, à compter de juillet, Bruxelles imposera donc un droit ad valorem de 50 % pour les importations de produits agricoles non concernés par les mesures de 2024 à l’encontre des céréales, soit environ 15 % des importations agroalimentaires russes de 2023. Mais surtout, une augmentation progressive des droits de douane sur les engrais sera mise en place. Cette hausse débutera à 40 ou 45 euros par tonne (€/t), selon le type d’engrais, jusqu’à un droit additionnel prohibitif pouvant aller jusqu’à 315 € ou 430 €/t trois ans après le début de l’application des mesures. Pour le Kremlin, l’UE « se tire une balle dans le pied » avec une telle mesure.
Chanvre : la Chanvrière va construire une nouvelle usine dans les Ardennes
Les travaux n’ont pas encore démarré mais le lieu de la future usine est acté. « Ce sera à Juniville, dans les Ardennes», indique Benoît Savourat, président de la Chanvrière (47 M€ de chiffre d’affaires, 750 adhérents), interrogé par Agra Business. Dans un marché où la demande ne cesse de croître, «notre usine actuelle, près de Troyes, arrive à saturation. Sa capacité, de 100 000 tonnes de paille de chanvre traitées chaque année, ne suffit plus à répondre à tous nos clients. D’où le souhait du conseil d’administration de construire une nouvelle usine, d’une capacité de 50 000 tonnes, soit près de 6 000 ha : nous sommes d’ailleurs à la recherche de nouveaux producteurs, plutôt au nord de notre zone historique, là où les conditions pédoclimatiques sont propices à la culture du chanvre. » La Chanvrière, dont les deux tiers du chiffre d’affaires sont réalisés à l’export, principalement en Europe, a su diversifier ses débouchés. « Si la valorisation du chanvre en papier était à l’origine de la création de la coopérative en 1973, nous répondons désormais à toutes les demandes : composites, isolation, automobile, textile... Aujourd’hui, quel que soit le marché, tous les voyants sont au vert. » L’usine devrait être en mesure de défibrer les premières pailles en octobre 2027. Le montant de l’investissement devrait dépasser les 15 M€. (Anne Gilet)
Grandes cultures/flufénacet: Bruxelles accorde un délai de grâce jusqu’en 2026
La Commission européenne a publié le 21 mai au Journal officiel de l’UE le règlement sur le non-renouvellement de l’autorisation de l’herbicide flufénacet. Les États membres avaient décidé au mois de mars d’interdire cette molécule très utilisé sur les céréales (blé, orge, seigle), du fait de ses priorité de perturbateur endocrinien. Son autorisation était censée expirer le 15 juin mais le règlement indique que les Etats membres doivent retirer leurs autorisations aux produits contenant du flufénacet au plus tard le 10 décembre 2025. Et Bruxelles ajoute qu’un «délai de grâce» est prévu pour l’élimination, le stockage et l’utilisation des stocks existants au plus tard le 10 décembre 2026. Un délai de grâce n’est pourtant normalement accordé que «si les raisons du retrait, de la modification ou du non-renouvellement de l’autorisation ne sont pas liées à la protection de la santé humaine et animale ou de l’environnement», souligne l’article 46 du règlement européen de 2009 la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.
Distribution : les « filières d’avenir » portées par Karine Le Marchand en phase «opérationnelle»
L’initiative lancée en février par l’animatrice Karine Le Marchand et cinq distributeurs pour faciliter l’accès des agriculteurs aux GMS, nommée Filières d’avenir, « entre désormais en phase opérationnelle », selon un communiqué publié par Auchan, Carrefour, Casino, Coopérative U et Intermarché le 19 mai. Cette démarche visant à « structurer des filières agricoles durables » et à « sécuriser les débouchés pour les producteurs » va être accompagnée par Anne-Cécile Suzanne du cabinet de conseil Kéa. Elle est chargée de mener les travaux : animation du groupe de travail pluri-acteurs, qualification des filières à développer, relancer ou accélérer, définition de modèles économiques et formalisation d’un plan d’action concret. « Nous allons apporter surtout de la méthode pour qu’on puisse aboutir à des résultats concrets en construisant des filières solides dont chaque maillon est conscient de l’intérêt des autres maillons », souligne-t-elle. « Les premiers résultats, comprenant l’identification des filières prioritaires et une feuille de route opérationnelle, seront présentés au début de l’année 2026 », indiquent les distributeurs. Filières d’avenir fait partie d’une initiative plus large lancée lors du SIA 2025 pour faciliter l’accès aux GMS pour les petits agriculteurs en difficulté et pour mettre en place des alertes surproduction dans les magasins.
Légumes sec/céréales : une nouvelle directrice générale chez Vivien Paille
Dans un communiqué du 22 mai, le spécialiste de la transformation et du conditionnement de légumes secs et de céréales Vivien Paille, filiale du groupe Avril, a annoncé la nomination au poste de directrice générale Barbara Ferrand-Lecocq. Elle remplace Thierry Liévin, en retraite après 21 ans à la tête de la société. Barbara Ferrand-Lecocq avait débuté sa carrière dans l’industrie minière et de l’aluminium (6 ans chez Imerys, 16 ans chez Pechiney-Alcan), avant de rejoindre le secteur agroalimentaire. D’abord chez Tereos pendant 2 ans, elle rejoint par la suite le groupe Avril durant les sept dernières années, en tant que directrice financière et du programme de développement.
Agenda de la semaine agricole du 26 mai 2025
Vendredi 23 mai
Résultats de l'élection des délégués MSA
Conférence de presse de l'Omsa (santé animale)
Dimanche 25 mai
Session générale de l'Omsa (santé animale), jusqu'au 29
Lundi 26 mai
Les députés examinent en séance publique la PPL Entraves, jusqu'au 30
Mobilisation de la FNSEA et des JA au sujet de la PPL Entraves
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Pac, Ukraine)
Le réseau Le Lierre (hauts fonctionnaires) lance son livre sur l’action publique et l’écologie
Colloque de l'ACDV (chimie du végétal)
Mardi 27 mai
Débat au Sénat sur les « défis » des zones rurales
Conférence de presse sur la nouvelle plateforme BoCal à Salelles (Hérault)
Mercredi 28 mai
Conférence de presse des JA sur leur congrès 2025
Conférence de presse Tereos
Présentation d'un rapport parlementaire sur le secteur de l'abattage
Conférence de l'Académie d'agriculture sur le foncier
Séminaire sur l’expertise agricole française en Afrique