Volaille/Influenza : le risque remonte à «modéré» (Journal officiel)
Comme attendu, le gouvernement a fait paraître au Journal officiel un arrêté faisant remonter le niveau de risque d’influenza aviaire de «négligeable» à «modéré» en France métropolitaine. Publié ce 15 octobre, le texte renforce les mesures de surveillance et de prévention imposées aux détenteurs de volailles à compter du 16 octobre, sauf dans la zone littorale Manche-Atlantique, où elles sont déjà équivalentes à un risque « élevé ». L’arrêté est motivé par «la mise en évidence d'une dynamique d'infection dans l'avifaune sauvage migratrice dans les pays voisins», selon la notice. Il fait suite à l’identification d’un génotypage identique à ce qui circule à travers l’avifaune sauvage du nord-est de l’Europe, pour un virus ayant infecté une basse-cour du Pas-de-Calais. Sont considérés dans l’avis «l'augmentation du nombre de cas dans l'avifaune sauvage dans plusieurs pays voisins», ainsi que «la dynamique de l'infection dans les couloirs de migration et la possibilité de diffusion du virus par ces oiseaux migrateurs, de passage sur le territoire français métropolitain». A l’automne dernier, le niveau de risque était passé plus tardivement, le 29 novembre, de «négligeable» à « modéré ».
Volailles de chair: Duc s'est recentré sur le «poulet du quotidien» (presse)
Depuis son rachat par le hollandais Plukon en 2017, le volailler français Duc, autrefois spécialisé dans le poulet certifié, s'est largement reconverti vers «le poulet du quotidien», parvenant ainsi à doubler son chiffre d'affaires, rapporte le quotidien Les Echos le 15 octobre. «Aujourd'hui, 70% de notre production est consacrée aux poulets du quotidien, le marché où les besoins en volume se développent», a expliqué à nos confrères Damien Calandre, directeur général de Duc. En outre, le volailler affirme avoir diminué le nombre de ses références (de «1500 à 500») et concentré son activité vers les marques de distributeurs. Sa production atteindrait 71 000 tonnes et son chiffre d'affaires a «doublé en cinq ans», à 308 millions d'euros (M€). Pour ce faire, «100 M€» ont été investis dans la modernisation des installations, explique le directeur général. Duc vise «un million de poulets transformés par semaine, contre 700 000 aujourd'hui», et cherche des éleveurs. Avec 1,3 milliard d’euros (Md€) de chiffre d’affaires, Plukon était l’un des acteurs majeurs de la volaille en Europe au moment du rachat (LDC pesait 3,5 Md€ de chiffre d’affaires, et Galliance 1,3 Md€). Le groupe Duc était de plus petite dimension (180 M€ de chiffre d’affaires) et rencontrait des difficultés depuis plusieurs années.
Élevage: en congrès, Culture Viande demande une «feuille de route» contre la décapitalisation
Lors du congrès de Culture Viande (syndicat de l’abattage-découpe), le 15 octobre à Paris, son président délégué Ludovic Paccard a demandé aux pouvoirs publics une «feuille de route pour enrayer la décapitalisation». Pour les filières hors sol (porcins, veaux de boucherie), «on peut enrayer le déclin», a-t-il estimé, à condition que l’État intervienne pour fluidifier les procédures d’installation et d’agrandissement. Quant aux bovins allaitants, M. Pacca, par ailleurs directeur général de Sicarev, suggère un travail sur deux sujets: «comment adapter la ferme France?» (renouvellement des générations et modèles d’exploitation) et «l’adaptation de la production au marché» (format des animaux et qualité de la viande). Si la décapitalisation bovine se poursuit au rythme actuel, les abattoirs auront 12 500 animaux en moins par semaine à traiter d’ici 2030, selon Bertrand Oudin, président du cabinet Ceresco. Soit «33 ou 34 abattoirs» menacés de fermeture (sur 233 abattoirs de boucherie en France, selon le ministère de l’Agriculture). Selon ses calculs, basés sur les projections de l’Idele, la chute de la production de viande bovine menacerait aussi 1,4 Mha de prairies, 37 000 emplois (dont 26 000 en élevages), et pourrait faire perdre 1 Md€ à la balance commerciale du secteur (qui passerait de 750 M€ à -330 M€).
Lait: l’Inde veut tripler sa production d’ici 2050 et vise les marchés internationaux
L’Inde, premier producteur mondial de lait (25% de la production), veut tripler sa production d’ici 2050 et développer ses exportations, en particulier vers l’Asie du sud-est, a expliqué Alka Upadhyaya, secrétaire du ministère du développement rural indien, au Sommet mondial du lait, le 15 octobre. Le pays vise une «croissance annuelle de 8%», contre environ 5% sur la dernière décennie, avec cependant un ralentissement ces dernières années, voire une stagnation sur l’exercice 2022-2023 en raison d’une épizootie. A priori, le développement de la production ne s’accompagnera pas d’une révolution du modèle indien. «Nous voulons conserver ce modèle de petits agriculteurs, organisés en coopératives», précise Alka Upadhyaya. Au niveau commercial, la hausse de la production accompagne une forte croissance de la demande locale en Inde et au Pakistan. Néanmoins, l’Inde a également des vues sur les marchés internationaux. Alka Upadhyaya a notamment expliqué que le pays cherchait à populariser certains produits indiens peu consommés à travers le monde, comme le beurre clarifié («ghee»). Dans un contexte de baisse globale de la collecte laitière, «il y a une place pour l’Inde à l’exportation, peut-être pas dans les cinq années qui viennent, mais dans les dix ans», abonde le consultant et spécialiste Christophe Lafougère (GIRA).
Semences: Lidea envisage de supprimer des dizaines de postes chez Caussade (presse)
Selon le journal régional La Dépêche (article payant), le semencier français Lidea envisage de supprimer 60 postes, dont l'essentiel sur le site de production de Caussade dans le Tarn-et-Garonne. L'information aurait été communiquée le 8 octobre aux salariés. Un plan social doit être négocié à partir du 17 octobre, selon le quotidien. Selon un communiqué du groupe cité par La Dépêche, le plan serait lié au «recul des productions de semences atteignant un niveau exceptionnel (-28% dans le Sud-Ouest en 2024), les menaces sur les marchés russes et ukrainiens et une inflation des coûts de production, notamment +80% pour les engrais et +35% pour l'énergie». La campagne 2024-2025 devrait être marquée par le recours important aux stocks de semences constitués l'année précédente, dont les semis avaient été compliqués par les pluies. Créée en 2020 par les semenciers Euralis et Caussade, Lidea se présente comme un leader européen du maïs et du tournesol. À sa création, son portefeuille d’espèces comprenait maïs (45% du chiffre d’affaires), tournesol (24%), céréales à paille (8%), colza (5%), plantes fourragères et couverts végétaux (4%), soja et sorgho (3%), légumes secs.
Pomme de terre: les producteurs alertent sur le risque de surproduction l'an prochain
Alors que la production de céréales a été compliquée cette année, et que la pomme de terre est vue «comme une alternative économique viable», portée par de bons rendements cette année, et par la perspective d'une demande industrielle soutenue, les producteurs de l'UNPT s'inquiètent, dans un communiqué paru le 15 octobre, de voir les surfaces augmenter trop fortement l'an prochain, et de faire face à une «offre excédentaire» qui grèverait les prix. Ils lancent «un appel à la prudence et à la réflexion stratégique pour les producteurs de pommes de terre français». Ils rappellent d'abord que les perspectives de croissance des outils industriels s'inscrivent sur un horizon 2030 et que «ces infrastructures ne sont pas encore toutes opérationnelles ou même construites». Ils soulignent ensuite les contraintes de production fortes de cette culture (trésorerie, stockage, maîtrise technique...). Ils en appellent enfin à une meilleure structuration de la filière, s'adressant en particulier aux producteurs livrant les usines de frites belges récemment implantées en France et qui n’ont pas encore de groupements associés: «En vous organisant en groupements, vous protégerez à la fois vos revenus et la stabilité globale de la filière», appelle l'UNPT.
Légumes: dans les Landes, les Fermes Larrère développent la culture de gingembre
Dans les Landes, les Fermes Larrère – collectif familial d'exploitations dans le département, en carottes, polyculture et élevage – se sont lancées depuis 2021 dans la culture de gingembre. La production atteint une petite dizaine de tonnes de rhizomes frais par an. À Labouheyre, sous une serre non chauffée, «on recrée les conditions subtropicales où le gingembre – bio, venu de cultures paysannes au Pérou – arrive à pousser», fait valoir Patrick Larrère. «On était des pionniers des carottes bio il y a 20 ans, c'est dans notre nature d'expérimenter. La Terre se réchauffe, ça va être une contrainte, alors on s'est dit que ça pouvait être une opportunité de faire autre chose», poursuit le responsable, qui propose, depuis cette année, des pots de gingembre à faire pousser dans son salon pour «faire participer le consommateur à cet effort de relocalisation des productions». Si les dernières expérimentations de culture de curcuma n'ont pas été concluantes, la famille teste aussi le pamplemousse ou le citron yuzu sous la serre.
Fruits à coque bio: Un air d'ici rachète les pâtes à tartiner Go nuts (presse)
D'après les informations de nos confrères de Fruits et légumes distribution (FLD), la PME Un air d'ici, spécialisée dans les fruits secs et céréales bio (marque Juste bio), a annoncé, le 23 septembre, avoir racheté la start-up lyonnaise Go nuts, qui produit des pâtes à tartiner, beurres et purées d'oléagineux bio. Avec ce rachat, Go nuts «ambitionne de devenir la marque préférée des consommateurs de beurres et purées d’oléagineux en magasins spécialisés bio», rapportent nos confrères. La société Un air d'ici avait connu un fort développement entre 2016 et 2019, relataient nos confrères d'Agra Innovation en 2021. Spécialiste du vrac, Un air d’ici misait aussi sur les sachets de fruits secs, qui représentent 5% du chiffre d’affaires de la société en 2020. En 2021, elle avait lancé une gamme de produits originaires des terroirs français, pour répondre à une demande des consommateurs pour plus de produits locaux.
Vin : la crise du vin de Porto frappe les viticulteurs du nord du Portugal
Bon nombre des quelque 20 000 vignerons de la vallée du Douro (nord du Portugal) se retrouvent confrontés aux conséquences d'années de surproduction du vin de Porto, peinant même à trouver des acheteurs. Une situation qui a plongé dans le désarroi cette région connue pour ses plus de 24 000 ha de vignes en terrasse. Si les vins de table du Douro affichent des ventes en hausse, celles du Porto, plus qualitatif, ne cessent de dégringoler ces dernières années, en raison d'un changement des habitudes de consommation au niveau mondial. Au cours des quinze dernières années, les volumes de vin de Porto écoulés ont chuté d'un quart, à près de 65 Ml en 2023. Face au problème de surstock, l'Institut des vins du Douro et de Porto (IVDP) a décidé d'abaisser cette année le quota de production de Porto à 90 000 barriques de 550 l (49,5 Ml), contre 104 000 barriques en 2023. Pour les représentants du secteur, ce niveau de production reste trop élevé en raison des stocks accumulés. Ces réserves permettent aux grandes marques de vin de Porto, qui contrôlent près de 90 % du marché, de limiter les pertes. Ce sont donc les petits cultivateurs qui souffrent le plus. Une nouvelle baisse de la production, qui pourrait passer par l'arrachage de vignes, est évoquée par certains, mais la mesure n'est pas consensuelle parmi les petits viticulteurs.
Biomasse énergie: rôle important pour l'agriculture et le biogaz à 2050 (Solagro)
Dans une étude assise sur les scénarios d'occupation des sols et de consommation alimentaire Afterres, et présentée le 15 octobre, le cabinet Solagro propose une répartition des ressources et technologies pour produire de la biomasse (sans concurrence avec l'alimentaire) en France métropolitaine à horizon 2050, soulignant le rôle important de l'agriculture et de la méthanisation. Les ressources issues de l'agriculture représentent 60% du potentiel, les arbres 20% et les déchets ou coproduits 20%. En termes de technologie, la méthanisation serait majeure à 60 MtMS/an, sur un total de 100 MtMS (340 TWh), produisant à la fois de l'électricité, de la chaleur et des carburants (hors aérien). Elle resterait le principal vecteur des ressources agricoles (Cive, résidus de culture, herbe, effluents d'élevage). Seuls les résidus de culture pourraient être significativement valorisés par d'autres techniques (fermentation, pyrolyse, pyrogazéification...), aujourd'hui non matures. Le carburant aérien resterait le fait des huiles et graisses (5 MtMS, soit 6 TWhPCS), mais ne suffirait pas à combler la demande actuelle; pour aller plus loin, il faudrait mobiliser des filières «non encore complètement matures» (fermentation, gazéification, pyrolyse rapide), entrant en concurrence avec la technologie de combustion (essentiellement du bois).
Irrigation: nouvelle augmentation des tarifs en Adour-Garonne en 2025
A l'occasion de l'adoption de son 12e programme, pour la période 2025-2030, l'agence de l'eau Adour Garonne a prévu d'augmenter à nouveau les tarifs des redevances pour prélèvements en 2025. Pour l'usage irrigation, les taux vont augmenter au même rythme que l'an passé, soit +15% dans les nappes des sables des Landes (à 0,73 c€/m3) et +6% dans les nappes captives (à 1,37c€/m3) et dans le reste du bassin (à 1,04 c€/m3), indique-t-on au sein de l'agence.. La hausse de redevance de l'an passé avait été l'un des motifs d'une grande manifestation à Toulouse début janvier, qui fut l'un des points de départs des grandes mobilisations de cet hiver dans le Sud-Ouest, puis l'ensemble de la France. A l'issue, le directeur de l'agence de l'eau avait déclaré avoir accordé aux agriculteurs «une année blanche sans augmentation sur 2024». En octobre, le président du comité de bassin Alain Rousset avait annoncé une hausse de 60% de la contribution des agriculteurs dans le cadre des prélèvements. Quelques mois plus tôt, c'est le gouvernement qui avait renoncé à rehausser les planchers nationaux imposés aux agences pour fixer leurs redevances.
Qualité de l’eau: un rapport européen déplore le manque de progrès depuis 2010
En 2021, seulement 37% des eaux de surfaces en Europe affichaient «un bon ou très bon état écologique», alerte l’Agence européenne de l’environnement (AEE) dans son rapport sur la santé de de l’eau diffusé le 15 octobre. Ce taux démontre qu’il y a eu «peu d’amélioration depuis 2010» malgré l’objectif de la directive-cadre sur l’eau d’atteindre une bonne qualité des eaux en 2015. «La santé des eaux européennes n'est pas bonne. Nos eaux sont confrontées à une série de défis sans précédent qui menacent la sécurité de l'eau en Europe», affirme la directrice Leena Ylä-Mononen dans un communiqué. Dans le détail, 29% des eaux de surfaces sont «en bonne santé chimique». Concernant les nappes phréatiques, qui alimentent en eau potable les deux tiers de l’Union européenne, 77% sont en «bonne santé chimique». «Les principaux polluants à l'origine de l'échec sont les nitrates et les pesticides», précise le rapport. Selon l’AEE, «l'agriculture européenne doit recourir davantage à des pratiques biologiques et agroécologiques plus durables, accompagnées d'incitations et d'un changement de nos habitudes alimentaires et nutritionnelles». Ces résultats proviennent de l’analyse de plus de 120 000 masses d’eau de surface et 3,8 millions de km2 de masses d’eau souterraine dans l’UE et en Norvège.
Céréales: Isabelle Tailhan nommée directrice générale d'Intercéréales, Anne-Laure Paumier adjointe
Intercéréales vient de nommer à sa tête une nouvelle directrice, Isabelle Tailhan, annonce l'interprofession dans un communiqué paru le 15 octobre. Elle était depuis septembre 2022, directrice adjointe de l'Intercéréales, et directrice du département animation filières et territoires. Elle fut auparavant déléguée filières grandes cultures et apiculture chez FranceAgrimer. Isabelle Tailhan a choisi Anne-Laure Paumier comme directrice générale adjointe. Elle travaillait déjà chez Intercéréales depuis 2022 au poste de directrice des relations internationales.
Oléoprotéagineux: Avril recrute la DRH du comité d'organisation des JO de Paris
Dans un communiqué paru le 15 octobre, le groupe Avril annonce avoir nommé Agnès de Saint Céran à la direction des ressources humaines, de l'engagement et de la transformation. Elle était précédemment DRH du Comité d'organisation des Jeux olympiques de Paris 2024. Elle remplace à ce poste Marie de La Roche Kerandraon, «appelée à d'autres fonctions en dehors de l'entreprise».
Finance: Marie Rabeisen intègre le conseil d'administration de la fondation Avril
Marie Rabeisen a été cooptée en juin au sein du conseil d'administration de la fondation Avril, annonce la structure dans un communiqué le 14 octobre. Elle remplace Hervé Lejeune, du ministère de l'Agriculture. Marie Rabeisen est actuellement consultante indépendante. Elle a notamment travaillé au sein de l'agence digital CosaVostra, avant de rejoindre la plateforme de financement participatif agricole Miimosa depuis 2020 en tant que directrice du développement.