Sucre: Cristal Union s'offre la sucrerie de Lesaffre Frères de Nangis (Seine-et-Marne)
Quelques jours après l'annonce de la cessation d'activité de la sucrerie Ouvré, le groupe coopératif Cristal Union a annoncé, dans un communiqué du 6 février, un accord pour l'acquisition de l'autre dernière sucrerie familiale, appartenant à la société Lesaffre Frères basée à Nangis (Seine-et-Marne). Le montant de l'opération n'a pas été divulgué. Les 110 salariés seront conservés, assure le sucrier. Il ajoute que des «moyens humains et financiers» seront consacrés pour pérenniser l'activité et accomplir les objectifs en matière de RSE. Cristal Union justifie la transaction par la position géographique stratégique du site, situé «dans un bassin sucrier au sud de Paris». Construite en 1873, l'installation dispose d'une capacité de transformation annuelle de 600 000 t de betteraves, livrées par 330 agriculteurs, sur plus de 8000 ha. Les produits sortant de l'usine sont le sucre, la mélasse et la pulpe de betterave. Ils resteront commercialisés par Cristalco, filiale de Cristal Union, «comme c'est le cas depuis 2006». Dans un communiqué, le président de la CGB (betteraviers, FNSEA), Franck Sander voit un «signal fort», une démonstration qu'«un groupe privé mono-usine ne peut plus supporter le niveau de risque qui résulte de la pression sur les moyens de production et de la concurrence déloyale que nous subissons.»
Coopératives : Euralis a amélioré sa rentabilité sur 2023-2024 en dépit de coûteux stocks
Le groupe Euralis a communiqué ce 6 février 2025 sur l’amélioration de sa rentabilité opérationnelle mais la montée des coûts de gestion de stocks. Son Ebitda a progressé de 6 millions d’euros, ce qui donne 97 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 1,57 milliard d’euros, en recul de 3%. Les ventes ont augmenté en volume mais les prix ne se sont pas maintenus, notamment ceux des céréales récoltées en 2023. Des stocks de semences se sont accumulés en raison des difficultés à l’exportation en lien avec le conflit russo-ukrainien. Ces stocks et le renchérissement du coût du financement ont affecté la performance financière de la plupart des activités. Le canard à foie gras a subi pour sa part la baisse d’activité, la perte de marchés à l’export et les coûts supplémentaires liés à la vaccination et à l'ovosexage. Le DG d’Euralis Philippe Saux a présenté plusieurs leviers d’amélioration des performances économiques: l’adaptation des organisations, la réduction des frais fixes (des plans sont en place depuis début 2024), l’amélioration de la performance opérationnelle. Des «mesures difficiles», a-t-il souligné, mais nécessaires face aux nouvelles conditions de marché, notamment la hausse du coût de l’argent.
Céréales/bas carbone : la Scara obtient la certification Iso 14067
La Scara, coopérative basée à Arcis-sur-Aube, a annoncé, dans un communiqué du 6 février, avoir obtenu la certification Iso 14067. Cette certification atteste de l’efficacité de la stratégie bas carbone de la société, basée sur l’incitation de ses adhérents à réduire les apports azotés, à travailler sur «la conservation des sols et de leur microbiologie, ainsi que l'étude des services écosystémiques», détaille la Scara. La coopérative explique avoir mis en place l’année dernière une culture pilote d’orge bas carbone sur 132 ha, répartis sur dix exploitations. Elle a ensuite comparé les bilans carbone avec les données de la récolte 2020, constituant «une référence pour nos clients», précise le communiqué. Les résultats de l'étude indiquent une baisse des émissions de gaz à effet de serre de «11% par tonne». Avec «bientôt 280 agriculteurs accompagnés», la Scara espère intégrer davantage de participants dans la démarche à l'avenir, sans toutefois donner de chiffres précis. Pour rappel, la coopérative collectait lors de la campagne commerciale 2023-2024 environ 237 000 t de céréales, dont 45 % de blé et 46 % d’orge.
Céréales : le Brésil prévoit une récolte record en 2025
Le gouvernement brésilien a dit le 5 février prévoir une récolte record de 322,3 millions de tonnes de céréales en 2025, après une année 2024 plombée par les catastrophes climatiques qui ont frappé l'une des premières puissances agricoles mondiales. «Nous aurons à nouveau une super récolte brésilienne, qui battra tous les records», a anticipé le ministre de l'Agriculture, Carlos Favaro, lors d'un événement public à Brasilia. La récolte totale s'élèvera à 322,3 millions de tonnes, soit 8,2% de plus que l'année précédente, selon les prévisions du ministre. La saison sera particulièrement favorable à l'arachide (+46,6%) et au riz (+13,2%). Le soja, dont le Brésil est le premier producteur mondial, connaîtra également une augmentation significative (+12,6%), grâce à des «conditions météorologiques favorables pendant la période de développement de la première récolte» et à une augmentation de la superficie plantée, a expliqué l'institut public brésilien Conab. L'organisme sera toutefois «attentif aux effets climatiques jusqu'à la fin des récoltes», qui n'étaient achevées qu'à 9% fin janvier.
Bière : Carlsberg dans le vert en 2024 grâce à la vente de sa filiale russe
Le brasseur danois Carlsberg a renoué en 2024 avec les bénéfices, après avoir finalisé la vente de sa filiale russe, un feuilleton qui aura duré plus de deux ans suite à sa décision de quitter le pays. L'entreprise a obtenu 2,3 milliards de couronnes (308 millions d'euros) pour la vente de Baltika, qui avait d'abord été placée sous le contrôle de l'état russe avant de pouvoir être cédée début décembre. Sur l'ensemble de l'année, le numéro quatre du secteur a enregistré un bénéfice net de plus de 9 milliards de couronnes (1,2 milliard d'euros) contre des pertes de 40,77 milliards de couronnes (5,46 milliards d'euros) en 2023. Son chiffre d'affaires a gagné 2% sur un an, à 75 milliards de couronnes (10 milliards d'euros), un tout petit peu plus que le consensus d'analystes interrogés par Bloomberg qui tablait sur 74,98 milliards de couronnes. Le volume des ventes est lui resté stable, à 101 millions d'hectolitres. Pour 2025, Carlsberg, dont le titre est stable à la Bourse de Copenhague dans un marché stationnaire à 13h00, table sur une hausse de 1 à 5% de son bénéfice opérationnel.
Influenza: la France recouvre son statut indemne, mais maintient la vigilance
La France demande à nouveau son statut de pays indemne d’influenza aviaire auprès de l’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale) a-t-on appris lors d’un bref point presse en ligne des autorités sanitaires (ministères de l'Agriculture et de la Santé) le 6 février. Pour autant, un haut niveau de vigilance est maintenu, pour les animaux comme pour les hommes. Le statut indemne résulte de l’absence de nouveau foyer depuis un mois. L'Hexagone avait brièvement recouvré ce statut à la mi-décembre, avant que deux nouveaux cas ne se déclarent en élevage à la fin de l’année 2024. Maud Faipoux, directrice générale de la DGAL (ministère de l'Agriculture), a souligné que le risque pour l'élevage demeurait «élevé» dans l’Hexagone, soit le niveau maximum, du fait de la circulation active du virus dans la faune sauvage. Elle invite les professionnels de l’élevage au respect des règles de biosécurité en élevage et à se faire vacciner contre la grippe saisonnière. À l’attention de la population, elle invite à se garder de toucher un animal sauvage trouvé mort. Les autorités sanitaires veillent en effet à limiter au maximum les risques possibles de recombinaison des virus grippaux entre espèces, pouvant potentiellement engendrer l’émergence d’un virus transmissible entre humains.
Vin/budget: 10 millions d’euros pour la restructuration des caves coopératives
Le budget 2025, adopté par l’Assemblée après le rejet de la motion de censure LFI, prévoit 10 millions d’euros (M€) pour la restructuration des caves coopératives, ont salué le 6 février les Vignerons coopérateurs. «Une véritable bouffée d’oxygène», considère le président Joël Boueilh, appelant toutefois les pouvoirs publics à «établir les bases réglementaires et prévoir la rétroactivité du dispositif dès le début 2025». L’amendement, adopté le 31 janvier en CMP, vise à «moderniser les infrastructures des caves coopératives et à accompagner les démarches de restructuration, notamment les fusions», selon le communiqué des Vignerons coopérateurs. De son côté, la Cnaoc (vignerons d’appellation d’origine) salue la «promesse tenue» du gouvernement sur la transmission du foncier: une exonération à 75% jusqu’à 20 M€ contre une conservation du bien sur 18 ans. Ce relèvement de seuil (500 000 € précédemment) «correspond dans plusieurs régions à un modèle d’exploitation familial (Bourgogne, Champagne, Alsace) où les prix flambent et les héritiers ne peuvent plus suivre», souligne le président Jérôme Bauer, cité dans un communiqué. La mesure fiscale «pourrait limiter la déprise (…) dans les vignobles où le prix du foncier dégringole», ajoute-t-il.
Spiritueux: incertitudes géopolitiques et économiques pèsent sur les ventes de Pernod Ricard
Pernod Ricard a révisé le 6 février ses perspectives pour l'année 2024-2025 et prévoit désormais une baisse à périmètre et taux de change constants de son chiffre d'affaires, «dans un environnement macro-économique difficile et des incertitudes géopolitiques accrues». Ce repli sera limité à quelques points de pourcentage, assure le groupe. Le géant français des spiritueux évoque «un contexte qui continue à se dégrader en Chine» et dans les ventes en aéroports en Asie, pénalisant Martell, sa marque de cognac. En conflit avec l'UE, Pékin a annoncé cet automne l'imposition de droits de douane de l'ordre de 35% sur le cognac. Dans le même temps, la menace plane outre-Atlantique sur un relèvement des droits douaniers. «Évidemment, nous considérons très sérieusement dans notre scénario ce que pourrait être l'impact des tarifs [douaniers], à la fois des mesures "anti-dumping" qui nous affectent déjà de façon préliminaire en Chine (…) et ce qui pourrait se passer aux États-Unis», a dit le 6 février Hélène de Tissot, vice-présidente exécutive Finance. Cela devrait représenter une enveloppe annuelle de 200 M€, dont 130 à 140 M€ pour la Chine, et le reste pour les États-Unis. Dans l'immédiat, Pernod Ricard a annoncé pour le premier semestre 2024-2025 un bénéfice net de 1,19 Md€, en recul de 24%, pour un chiffre d'affaires de 6,176 Md€, en repli de 6%.
Epiceries solidaires: nombre de structures en forte hausse, mais chute des dons
Le réseau des épiceries solidaires est passé de 380 structures en 2019 à 619 en 2024 et a diversifié ses modèles pour répondre à différents publics, montre l’observatoire 2025 que vient de publier Andès (association nationale des épiceries solidaires), reprise en 2019 par le groupe SOS. Le fait que 50% des bénéficiaires aient moins de 25 ans fait partie des principaux enseignements. Les 54 épiceries étudiantes répondent aux besoins d’une partie des jeunes. Une enquête menée auprès de 285 structures adhérentes met en évidence la qualité de l’offre : 30% de fruits et légumes frais, 28% de protéines et produits laitiers, des produits bio dans sept épiceries sur dix. En conséquence des tensions économiques, la proportion de denrées achetées a grimpé à 66% contre 34% de dons. Les produits peuvent venir de producteurs locaux dans le cas de 6 épiceries sur 10. La logistique accompagne cette expansion, Andès venant d’ouvrir sa 6e plateforme, à Frévent (Pas-de-Calais), après les marchés de gros de Rungis, Lille, Marseille, Perpignan et Rouen. Ces plateformes approvisionnent 42 % du réseau. Andès publiera tous les deux ans cet observatoire pour suivre et anticiper les besoins des populations en situation de précarité alimentaire.
Grande distribution: appel à la grève «illimitée» chez Lidl à partir de vendredi
Après une réunion sur les salaires (NAO) qui ne les a pas satisfaites le 5 février, cinq organisations syndicales représentatives, la CFTC, la CGT, la CFDT, FO-FGTA et SNCDD CFE-CGC, ont appelé à «une grève illimitée» à partir de vendredi pour une revalorisation des salaires et contre un projet d'ouverture généralisée le dimanche. Le premier syndicat, Unsa, a lui indiqué privilégier «pour le moment le dialogue» à la grève. L'enseigne a dit jeudi à l'AFP proposer «des mesures permettant de maintenir le pouvoir d'achat de ses salariés malgré un contexte économique complexe» et assure que «l'ouverture généralisée le dimanche dans tous ses supermarchés s'accompagne de la majoration à 50% des heures travaillées le dimanche». Ce mouvement de grève intervient quelques jours après l'annonce surprise du départ début mars du médiatique représentant de l'enseigne, Michel Biero. Les raisons du départ de M. Biero ne sont pas connues. L'enseigne est passée de 7,5% de part de marché fin 2020 à 8,1% fin 2024, quand le leader E. Leclerc glanait plus de 2,3 points, passant de 22,1 à 24,4%.
Fiscalité: ce que la Coopération agricole retient du budget 2025
Alors que le Parlement a adopté ces derniers jours le projet de finances (PLF) pour 2025, la Coopération agricole dresse un bilan des mesures fiscales. Du côté positif, le réseau retient les 10 millions d'euros alloués à la restructuration des caves coopératives (voir dans ce numéro), mais également la reconduction du crédit d'impôt recherche et du crédit d'impôt HVE, ou encore le maintien de l'exonération fiscale des installations de méthanisation agricole. Autre satisfecit: l'enveloppe de 1,55 milliard d'euros dédiée à la décarbonation de l'industrie, et l'appui dédié aux sites les plus émetteurs. A l'inverse, la Coopération regrette la hausse entérinée de la taxe sur les boissons sucrées et la réforme de la redevance sur l'eau.
Élections chambres: recul de la FNSEA/JA, probablement sous les 50% des voix
À l'occasion d'une conférence de presse le 6 février, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a indiqué qu'il «acte un recul» des listes que son syndicat forme avec les Jeunes agriculteurs, pour les élections aux chambres d'agriculture 2025. La centrale syndicale revendique 80% des 87 chambres dont les résultats étaient connus au moment où ils s'exprimaient. Au moment où nous écrivons ces lignes, dans la soirée du 6 février, la FNSEA a perdu au moins 17 chambres d’agriculture, principalement au profit de la CR (14 chambres) et de la Confédération paysanne (Ardèche). Interrogé sur le score national attendu, le président des JA a convenu qu'il était probable que le duo passe sous la barre des 50% de voix exprimées à l'échelle nationale. Ce que confirme la Coordination rurale, en communiquant un score de 48% pour la FNSEA et de 33% pour elle. «Une colère s'est exprimée» qui s'est développée «sur les promesses non tenues du gouvernement depuis un an», explique Arnaud Rousseau, qui pointe des «territoires où les difficultés s'accumulent». Le leader syndicat promet de tirer les «conclusions» de ce recul, sans pour autant «changer d'ADN». Par ailleurs, selon les premières estimations de la FNSEA et des JA, la participation se serait maintenue à un niveau proche du précédent scrutin, après plusieurs années de recul. Le taux d’abstention consolidé au niveau national n’était toutefois pas connu au soir du 6 février.
Agenda de la semaine agricole du 10 février 2025
Vendredi 7 février
Conférence de presse de la Confédération paysanne sur les élections chambres
Lundi 10 février
Suite de l'examen de la LOA au Sénat, jusqu'au 14
Salon Wine Paris, jusqu'au 12
Conférence de presse Wine origins Alliance (vin)
Conférence de presse Eliance (conseil en élevage)
Conférence de presse de députés écologistes sur une PPL pour protéger l'eau potable
Mardi 11 février
Controverses de l'agriculture et de l'alimentation (Réussir/Agra)
Conférence de presse de la Fnil (laiteries privées)
Conférence de presse d'Inter Rhône (vin)
Conférence de presse de la FEVS (vins et spiritueux)
Conférence de presse du Comité champagne
Conférence de presse de Terre de liens (rapport sur le foncier)
Conférence de presse de La Vie claire (résultats, perspectives)
Mercredi 12 février
Congrès de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), à La Rochelle, jusqu'au 13
Rencontres de la restauration collective d'Île-de-France, à Saint-Denis
Conférence de presse d"Inter Beaujolais
Conférence sur l'accaparement des sols (Faculté Jean Monnet, IEDP)
Journée Cap Expe Sud-Ouest «protection des cultures & gestion de l'eau», à Montauban
Jeudi 13 février
Assises de l'agrivoltaïsme, à Dijon (FFPA)
Débat sur l'accord UE/Mercosur en plénière au Parlement européen
Présentation du guide Afnor sur la «résilience alimentaire»
Conférence de presse Phytéis (fabricants de pesticides)
Congrès de la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) dans le Rhône, jusqu’au 14
Conférence de presse de l'interprofession du cidre