Taxes américaines : Trump négocie des trêves, la Chine répond et l’UE se prépare
Après avoir négocié le 3 février une suspension pour un mois de l’application des droits de douane supplémentaires avec le Mexique, l’administration Trump a trouvé, en parallèle, un accord avec le gouvernement canadien pour une trêve similaire jusqu’au 4 mars. Les droits additionnels de 25 % ad valorem et de 10 % ad valorem pour les produits énergétiques ne s’appliqueront donc pas le 4 février, comme prévu initialement. Dans le même temps, la Chine, elle aussi visée par les annonces de Donald Trump, a réagi en prenant des mesures contre les importations d'hydrocarbures, de charbon et de certains véhicules en provenance des Etats-Unis, dont des machines agricoles, en ouvrant une enquête à l’encontre de Google et en portant le différend devant l’OMC. De son côté, l’UE, qui pourrait être la prochaine cible de la Maison Blanche, réunissait, le 3 février à Bruxelles, ses chefs d’Etat et de gouvernement pour une réunion informelle où le sujet a été évoqué. Une nouvelle fois, la notion de dialogue a été mise en avant pour trouver une solution. Mais le Vieux Continent promet aussi de défendre «[ses] valeurs sans compromettre [ses] intérêts».
Salariés: en Espagne, le gouvernement annonce une réduction du temps de travail
Le gouvernement espagnol a annoncé que la semaine de travail allait passer de de 40 à 37,5 heures, dans l’attente du vote des Cortes (Parlement) sur le sujet, pour lequel il n’est pas assuré d’avoir la majorité, après plus d’un an de tractations souvent difficiles, rapporte l’AFP le 4 février. «La réduction de la journée de travail va améliorer la productivité dans notre pays. Cela ne sert à rien de passer des heures et des heures au travail, il s'agit d'être efficaces», a commenté la ministre du Travail Yolanda Diaz, figure du parti d'extrême gauche Sumar. Le texte adopté mardi résulte d'un accord signé le 20 décembre avec les deux principaux syndicats de salariés, UGT et CCOO, mais sans les organisations patronales, qui avaient décidé mi-novembre de quitter la table des négociations. Ces dernières s'inquiètent de l'impact de la réforme sur la compétitivité espagnole. Elles estiment que tous les secteurs d'activité ne sont pas logés à la même enseigne et qu'une baisse généralisée du temps de travail pourrait fragiliser certaines entreprises.
Blé : une filière sans insecticide de stockage entre Arterris et le boulanger Europastry
Le groupe coopératif français Arterris a annoncé, dans un communiqué du 4 février, la création d’une nouvelle filière blé tendre certifiée durable avec le boulanger espagnol Europastry, par ailleurs leader européen de la panification. «Le blé tendre livré par Arterris répond à la norme NFV 30-001. Nous y avons ajouté une strate : le blé produit est livré sans insecticide de stockage. Cela fait deux ans que nous travaillons sur ce projet», précise pour Agra Presse Antoine Bernabé, directeur exécutif d’Arterris Meunerie. Plus en détail, Arterris s’est engagé depuis septembre 2024 à fournir au moulin espagnol Moreto 1 000 t/mois de blé certifié. La farine issue du broyage est ensuite envoyée aux deux usines d’Europastry proches de Barcelone, qui fabriquera des viennoiseries. Afin de soutenir les céréaliers français, le blé certifié bénéficie d’une prime, «comprise entre 8 et 15 €/t. Elle varie selon de nombreux paramètres, notamment la variété, la qualité (blé tendre de force, blé tendre à 11,5% de protéine etc)», explique Antoine Bernabé.
Céréales : la Bourse de Chigago lance cinq nouveaux «micros-contrats à terme»
Le Chicago Mercantile Exchange a annoncé via un communiqué du 30 janvier le lancement de cinq « micros-contrats à terme », adossés au maïs, à la graine de soja, au tourteau de soja, à l’huile de soja et au blé tendre de type SRW (soft red winter – blé tendre d’hiver). Ces contrats seront négociables à partir du 24 février 2025, et seront de type "cash-settled", c‘est à dire, sans livraison. La qualification de «micros-contrats» vient du fait que ces produits financiers ne représenteront qu’un dixième de la taille des traditionnels contrats à terme (avec livraison donc) concernant les volumes échangés. L’intérêt de ces produits est qu’ils sont moins exigeants en capitaux à mobiliser pour les utilisateurs, et s’affranchissent des potentielles contraintes de livraison. «Les exigences en fonds propres plus faibles des micros-contrats à terme permettent à un plus grand nombre de participants de négocier plus facilement des produits financiers parallèlement à la gamme de produits mondiaux disponibles», commente dans le communiqué le vice-président exécutif du marketing et du développement de produits d’Interactive Brokers, Steve Sanders.
Bières: nouvelle baisse de la consommation française l'an passé, après un été maussade
Selon les données du panéliste Nielsen, la consommation française de bière à domicile a baissé de 3,3% en volume et de 0,9% en valeur durant l'année 2024, soit une deuxième année de baisse consécutive (-7,5% de volumes en deux ans), rapportent les Brasseurs de France (fabricants) dans un communiqué le 4 février. La faute, selon eux, à une météo «très maussade» durant l'été, avec des baisses grimpant jusqu'à 9% en juin, juillet et août. Concernant la consommation hors domicile, la tendance semble identique, estimée entre -2,5 et -3% en volume par le syndicat, même si les chiffres définitifs ne sont pas encore connus. Seule bonne nouvelle dans ce paysage: les ventes de bière sans alcool «se maintiennent» en grande distribution (+0,5%), et connaissent même «un essor notable» hors domicile, selon les fabricants qui s'appuient sur une récente enquête de la Fédération nationale des boissons.
Boissons sucrées/biscuits: PepsiCo table sur une performance modeste en 2025
Le géant américain des snacks et des boissons PepsiCo a publié un chiffre d'affaires quasi stable au quatrième trimestre, en raison d'une demande atone en Amérique du Nord, et table sur une performance modérée en 2025, a-t-il annoncé le 4 février. Au quatrième trimestre, PepsiCo - qui détient les marques de boissons Lipton Ice Tea, Pepsi, les céréales Quaker ou les chips Lay's et Doritos - a dégagé un chiffre d'affaires de 27,8 milliards de dollars (-0,2% sur un an). C'est un peu moins qu'attendu par un consensus des analystes interrogés par Factset. Sur cette période, le bénéfice net ressort toutefois en progression de 17% à 1,52 milliards de dollars. Rapporté par action et à données comparables, il s'établit à 1,96 dollar (+14% sur un an), légèrement supérieur aux attentes des analystes. Sur l'ensemble de l'année, il progresse de 9%, conforme aux prévisions de Pepsico, pour atteindre 8,16 dollars. Pour 2025, le mastodonte prévoit une augmentation "à un chiffre" de son chiffre d'affaires organique (hors effets de change et de périmètre) et une hausse moyenne à un chiffre de son bénéfice par action, à taux de changes constants. Aux alentours de 11H50 GMT, dans les échanges électroniques avant l'ouverture de la Bourse de New York, le titre de PepsiCo reculait de 2,6%.
Légumes: résultats en berne chez Bonduelle fin 2024, plombés par la conserve
Spécialiste français des légumes en conserve et surgelés, Bonduelle a publié le 5 février un chiffre d'affaires semestriel en baisse à 1,12 milliard d'euros, la chute des conserves n'étant pas compensé par la hausse du frais. Le recul sur le semestre est de presque 20 millions d'euros (-1,5% à périmètre constant) comparé au premier semestre de l'exercice décalé 2023-2024. Et il s'accélère: au deuxième trimestre de l'exercice décalé, les ventes ont reflué de 2,6%. La baisse est particulièrement forte en Europe, où le chiffre d'affaires recule de 5,8% sur le semestre, et même de 9,5% sur le deuxième trimestre, alors que Vieux Continent représente plus de 60% de l'activité du groupe. Une chute des ventes que Bonduelle explique, «pour une large part», par «la baisse significative des ventes à marques de distributeurs en conserve». Hors Europe, le chiffre d'affaires progresse de 5,8% sur le semestre. «En Amérique du Nord, la croissance est alimentée par la progression solide des ventes en grande distribution de solutions de repas complets et de +salad kits+", note l'entreprise. Mais cette croissance ne compense pas les baisses de ventes de la zone Europe, le chiffre d'affaires y étant bien moins important.
Fraise: contre l'oïdium, première expérience française de traitement UV des plants
Alors que les premiers plants de fraisiers ont été plantés depuis plus de deux mois, trois producteurs de fraises du Lot-et Garonne expérimentent une technologie de traitement par ultraviolets des plants, rapporte l’AOPn Fraises Framboises de France, dans un communiqué de presse le 3 février. Concrètement un robot autonome sillonne les rangs des serres la nuit, utilisant un bras articulé équipé de lampes à UV afin de traiter les plants de fraises. Cette technique vise à prévenir l’apparition de l’oïdium, des champignons qui menacent les fraisiers en phase de croissance, mais aussi durant toute la durée de la saison. «Bien que ce dispositif ne remplace pas totalement les traitements chimiques, il représente une alternative écologique précieuse», souligne l’AOPn. Depuis l'introduction du robot il y a deux mois, aucun champignon n’a été détecté sur les plants, ce qui semble susciter l’optimisme des producteurs: «Les résultats sont encourageants et pourraient permettre de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires si les tests sont concluants», reconnaît Xavier Mas, président de l’AOPn Fraises Framboises de France. C’est la première fois qu’une telle solution est déployée dans l’Hexagone.
Champagne : les ventes de TEVC ont résisté en 2024, grâce à des leviers de croissance
Le groupe coopératif Terroirs & Vignerons de Champagne (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757 et Henriot) a vu ses ventes résister l’an dernier, soutenues par une diversification des marques. Selon un communiqué du 4 février, les volumes de TEVC fléchissent de 1% en 2024 «alors que le secteur chute de 9% dans le même temps». Le chiffre d’affaires progresse de 3%, à 227,5 M€, «grâce à la bonne tenue de ses marchés français et européens». TEVC poursuit son développement international avec «une belle exposition sur le marché des loisirs (compagnies aériennes, croisiéristes, festivals…)». Dans le détail, le champagne Nicolas Feuillatte voit son chiffre d’affaires grimper de 5%, avec même «des croissances à deux chiffres dans les circuits traditionnels» (CHR et grossistes) qui contrastent avec les difficultés du réseau des cavistes et du BtoB. Les ventes de champagne Castelnau progressent de 3%, avec notamment l’ouverture de marchés au Canada et aux Etats-Unis. Le champagne Henriot affiche une performance stable en valeur, renouant avec «une belle dynamique sur ses marchés traditionnels à l’export» (Japon, Etats-Unis, Grande-Bretagne et pays nordiques).
Cognac: chute des exportations vers la Chine depuis les mesures antidumping
Les exportations de cognac en Chine ont chuté de près d'un quart en valeur en 2024 par rapport à l'année précédente, sous l'effet de mesures antidumping imposées par Pékin depuis l'automne, a indiqué le 4 février l'interprofession à l’AFP. «Les effets des taxes chinoises imposées depuis le 11 octobre ont déjà un impact très visible sur nos exportations vers la Chine», selon le BNIC, chiffrant la baisse à 9,6% en volume et 23,8% en valeur par rapport à 2023. Au niveau international, «dans le contexte géopolitique et économique mondial incertain ayant affecté le secteur des spiritueux dans son ensemble», les expéditions de cognac, dont le marché dépend à 98% des exportations, ont reculé de 10,6 % cette année en valeur, à près de 3 Md€, malgré une stabilisation (+0,4 %) en volume. Cet écart entre volume et valeur est dû à une forte hausse (+13,7%) des expéditions de cognacs plus jeunes et donc moins chers et à un recul de celles des cognacs VSOP et XO (-8,6% et -26,4%), «résultant notamment de la procédure antidumping touchant le Cognac en Chine», selon le BNIC. Les expéditions de cognac ont progressé de 15,3% en volume vers le marché nord-américain (-1,5% en valeur) et de 26,7% en Afrique du Sud (+24,1% en valeur). Celles vers la zone Europe affichent une baisse de 3,8% en 2024 en volume (+4,4% en valeur).
Lait: Lactalis refuse d’indemniser les éleveurs en rupture de contrat, selon l’Unell
«Lactalis refuse d’ouvrir la discussion sur une indemnisation collective» des éleveurs avec qui il rompt son contrat, a annoncé Yohann Serreau, le président de l’association d’organisations de producteurs (AOP) Unell, le 4 février en conférence de presse. En septembre 2024, le n°1 français du lait a annoncé une réduction de sa collecte et la rupture de ses contrats avec 272 éleveurs de l‘ouest et de l’est. Les premiers courriers de résiliation ont été envoyés «la semaine dernière», selon l’AOP qui regroupe 5200 éleveurs livrant Lactalis. Les producteurs concernés ont désormais 18 mois (jusqu’au 31 juillet 2026 au plus tôt) pour trouver une nouvelle laiterie. Fin janvier, l’AOP a présenté «au moins une solution» de collecte à chaque producteur concerné. Ces propositions restent «fragiles», selon le président de l’Unell, et nécessiteront des investissements non anticipés de la part des éleveurs (tank à lait, parts sociales de coopératives, cahiers des charges). D’où la demande de «négociation amiable» pour une indemnisation collective formulée par l’Unell. De son côté, Lactalis privilégie «une approche individualisée», a-t-il indiqué à l'AFP (indemnisations individuelles prévues dans les contrats). Selon Yohann Serreau, l'industriel «considère que les producteurs qui trouveront une solution ne subiront pas de préjudice».
Lait : la consigne de tri inscrite sur les opercules des pots de yaourt
Le Syndifrais (produits laitiers frais) fait inscrire la consigne de tri sur les pots de yaourt afin d’accompagner le développement des filières de recyclage des pots en polystyrène compact, matériau dominant des pots de yaourt en packs. Le syndicat a présenté ce 4 février sa campagne de communication, baptisée #TriTonPot, qui durera six mois à compter de l'ouverture du salon de l'agriculture le 22 février. Les supports de communication seront 500 millions d’opercules de pots de yaourt, de fromage blanc ou dessert lacté. Une inscription sur leur face interne conseillera de jeter le pot non lavé dans le bac jaune. La campagne est financée par les professionnels, mais aucun budget n'a été annoncé. Le Syndifrais informe que les pots en polystyrène, aujourd’hui recyclés en objets non-alimentaires par transformation mécanique, pourraient dès 2025 être retransformés en pots de yaourts. Deux usines de recyclage chimique ou enzymatique sont en projet en France, qui permettront de produire un plastique apte au contact alimentaire. Ce sera l’aboutissement des actions du Consortium PS25, fondé en juillet 2020 autour du Syndifrais et de l’éco-organisme Citeo afin de faire émerger une filière française de recyclage des emballages alimentaires en polystyrène.
Emballages : 500 M€ d'aide publique pour lancer le recyclage chimique du plastique
L’autorisation faite à la France d’allouer 500 millions d’euros à des filières de recyclage chimique de certains plastiques, annoncée par communiqué le 3 février par la Commission européenne, est une nouvelle importante pour le syndicat des emballages plastique Elipso, qui attend que des projets industriels se réalisent malgré la concurrence d’importations de matière recyclée. Selon Gaël Bouquet, délégué général d'Elipso, «elle donne un signal de soutien au recyclage chimique dans le contexte des annonces de report des activités d’Eastman France et de Carbios ainsi que des fermetures de certaines usines de recyclage mécanique». Eastman France dont construire une usine de recyclage chimique en Normandie et Carbios une usine en Meurthe-et-Moselle, fonctionnant selon un procédé enzymatique. Ces deux projets étaient supposés fournir des résines aptes au contact alimentaire dès 2025. L’importation de matière recyclée dans l’UE demeure un frein au développement industriel, admet Gaël Bouquet, qui dénonce l'existence d'une fraude chinoise consistant à vendre de la matière recyclée qui est en fait de la matière vierge.
Betteraves: Franck Sander réélu président de la CGB (planteurs), pour un 7e mandat
Élu chaque année depuis 2019, Franck Sander a été reconduit le 30 janvier, pour un septième mandat, à la présidence de la CGB (planteurs de betteraves à sucre, FNSEA). Le conseil d'administration a également élu Fabien Hamot au poste de secrétaire général, qui succède à Jean-Philippe Garnot. Franck Sander est agriculteur à Ohlungen (Alsace) sur 150 ha de betteraves, maïs, blé et houblon, livre à la coopérative sucrière d’Erstein (Cristal Union).