Pizzas et sandwiches: les buralistes annoncent une «grande offensive sur le snacking»
Déplorant l'augmentation probable du prix des cigarettes, et «le manque de visibilité et de stabilité» lié au contexte politique, Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes assure que sa «détermination à faire évoluer et à développer le réseau des buralistes en 2025 reste intacte». Ces derniers vont ainsi lancer en début d'année «une grande offensive sur le snacking» dans 200 points de vente situés en Pays de la Loire. «L'agroalimentaire ce sont des produits à marge, et avec le flux de clients que nous avons et le changement d'habitudes alimentaires des Français, nous avons décidé de mieux adresser ce créneau», détaille Philippe Coy. Pour lancer cette offre, les buralistes ont signé un partenariat avec les industriels Sodebo et Andros, qui proposeront une variété de produits en fonction de la clientèle ciblée. Les tabacs choisis sont notamment situés à proximité d'hôpitaux, d'universités ou dans des quartiers d'affaires. Ils pourront être équipés - micro-ondes, frigos... - à l'aide du fonds de transformation abondé par l'Etat pour aider la profession à se diversifier face à la baisse des revenus liée au recul du tabagisme. En matière d'alimentation, les buralistes ont également un autre partenariat dont ils sont satisfaits, avec Augusto Pizza, qui propose des coins pizza "clé en main" dans les commerces dont la restauration n'est pas le métier. Sur les 2.000 points de vente du groupe de pizzas, 500 sont des buralistes.
C'est qui le Patron ?! : Chabanne transfère ses actions dans une fondation
Nicolas Chabanne, fondateur et actionnaire unique de la marque de produits alimentaires élaborés par des consommateurs C'est qui le Patron ?!, a annoncé le 16 décembre léguer la totalité de ses parts à une fondation actionnaire «pour mieux protéger les producteurs». Né pour fournir une "juste rémunération" aux éleveurs laitiers, C'est qui le patron ! (CQLP) fonctionne sur un modèle hybride. D'un côté, une coopérative de plus de 15.000 "sociétaires consommateurs" qui construisent les produits et valident les grandes orientations de la marque. De l'autre deux sociétés par actions simplifiées (SAS) qui organisent son développement. Président de la coopérative et actionnaire unique des SAS, M. Chabanne a choisi de se tourner vers l'avenir en transférant ses parts dans une structure juridique rare, qui rend selon lui «inaliénable les valeurs de l'initiative et protège le sort des producteurs», a-t-il déclaré dans un communiqué. La fondation actionnaire, qui prendra le nom de Fondation de soutien aux producteurs, rassemblera les trois enfants de M. Chabanne, des salariés de CQLP, des producteurs et des consommateurs. Nicolas Chabanne continuera de présider la coopérative et de diriger les SAS de CQLP, mais ne sera pas directement présent dans la fondation.
Lait: le groupe familial breton Sill ouvre son capital au Crédit agricole et la Société générale
Deux filiales du Crédit agricole (IDIA Capital investissement et Unexo) et une filiale de la Société générale (SGCP) entrent au capital du groupe familial breton Sill, spécialiste des produits laitiers, informe un communiqué du 12 décembre. L’entreprise table sur près de 650 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. L’ouverture du capital à de nouveaux actionnaires entre dans le cadre d’un «projet de développement à 900 millions d’euros de chiffre d’affaires» d’ici cinq ans, explique Gilles Falc’hun, président du groupe familial. Sill est née en 1962 de l’association des familles Léon et Falc’hun. Depuis, «le groupe s’est développé à la fois par croissance organique et via de nombreuses acquisitions», indique le communiqué. Basé à Plouvien (Finistère), Sill travaille «avec près de 600 exploitations agricoles» et emploie 1700 collaborateurs, est-il précisé. Les activités du groupe sont «articulées autour de quatre métiers»: «les produits laitiers frais», «les ingrédients et produits de nutrition», «les produits surgelés» et «les jus et potages». Sill commercialise des marques bien connues des consommateurs comme Malo, Le petit basque, Le Gall et La potagère. Le groupe est déjà associé avec le Crédit agricole Finistère pour l’accompagnement des jeunes agriculteurs.
Bière: les autorités de la concurrence valident le rachat de Britvic par Carlsberg
Les autorité de la concurrence britannique et européenne a autorisé, dans des communiqués distincts parus le 17 décembre, le projet d'acquisition du fabricant britannique de boissons non alcoolisées Britvic (marques Pressade et Teisseire en France) par le danois Carlsberg. En juillet, Britvic avait accepté une offre à 3,9 milliards d'euros (Md€). Le gendarme britannique avait lancé une procédure préliminaire en septembre, puis une enquête en octobre. En février, le géant danois de la bière avait annoncé un plan stratégique visant à renforcer ses parts de marché en dehors du marché de la bière – à date, les boissons non alcoolisées représentent 16% de la production annuelle de Carlsberg. En rachetant Britvic, le brasseur danois souhaite créer «une proposition améliorée» de bières et de boissons non alcoolisées, notamment au Royaume-Uni et en Europe, tout en mutualisant l’approvisionnement, la production, le stockage et la distribution. Britvic a réalisé 1,74 milliard de livres de chiffre d’affaires en 2023 (2,06 Md€) et emploie plus de 4000 personnes dans le monde.
Pâtes bio: un fonds entre au capital des Ateliers Bio de Provence, Léa Nature sort
Le groupe agroalimentaire bio Léa Nature est sorti du capital des Ateliers bio de Provence, annonce l'entreprise spécialiste de pâtes fraîches et congelées bio (tagliatelles, raviolis, gyozas...), dans un communiqué paru le 17 décembre. En sens inverse, l'entreprise familiale basée à Carpentras enregistre l'entrée au capital de Bio Filières durables, un fonds de capital investissement géré par Esfin Gestion. «Cette prise de participation minoritaire marque une nouvelle étape dans l’histoire de notre entreprise qui pourra ainsi accélérer son développement», commentent les Ateliers bio de Provence. Créée en 1985, l'entreprise se présente comme un «acteur incontournable des réseaux spécialisés bio et de la restauration hors foyer». Ateliers Bio de Provence emploie 40 salariés et affiche un chiffre d’affaires de 6,7 millions d’Euros en 2023.
Maïs doux/Chine : l’UE ouvre une enquête antidumping, l'industrie chinoise inquiète
La Commission européenne a publié, le 9 décembre au journal officiel de l’UE, un avis d’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations de maïs doux en grain originaires de Chine. Une enquête qui inquiète l’industrie chinoise du maïs doux en conserve qui s’organise pour préparer une réponse collective. L’ouverture d’une enquête par Bruxelles fait suite au dépôt d’une plainte le 25 octobre par l’association européenne des transformateurs de maïs doux (AETMD), qui fait valoir l’existence de distorsions significatives de la part des produits chinois entrainant un préjudice pour l’industrie de l’UE. La Commission a estimé qu’il existe des éléments de preuve suffisants pour justifier l’ouverture d’une procédure. Cette enquête, qui porte sur la période entre le 1er octobre 2023 et le 30 septembre 2024, doit être conclue «d'ici février 2026». Des mesures provisoires peuvent être instituées par Bruxelles sept mois après la date de publication de l’avis. Cette enquête s’ajoute à celle lancée en novembre pour le réexamen des mesures antidumping sur les importations de conserves de maïs doux en provenance de Thaïlande.
Coopératives: résultat «à l'équilibre», collecte d'été divisée par deux chez Terres du Sud
A l'occasion de son assemblée générale le 12 décembre, la coopérative Terres du sud a dressé un bilan mitigé de ses activités sur 2023-2024 avec un chiffre d'affaires de 650 millions d'euros (contre 621 M€ l'an passé) et un résultat net «à l'équilibre» (contre 5M€ l'an passé, et 2,7 M€ l'année précédente). L'année est marquée par les pluies et une collecte d'été «divisée par deux», à 105 000 tonnes. Des hectares «manquent à l'appel» également pour les récoltes «automnales», emportant des conséquences sur l'exercice 2024/2025», détaille le groupe dans un communiqué. Les pluies ont aussi affecté les ventes de matériel d'irrigation des filiales (Delta Sud et Agri 32), ainsi que les ventes de jardineries Gamm vert du groupe. Du côté de l'élevage, Terres du sud fait état un de ventes qui «repartent positivement depuis peu» en label. Malgré le contexte compliqué, la coopérative rappelle avoir lancé plusieurs projets au cours de l'année : «expérimentations en agroécologie, création de la filiale Couvée d'Aquitaine, lancement de dispositifs d'accompagnement de trésorerie et en photovoltaïque».
Coopératives : chiffre d’affaires en baisse pour la CAPL mais marges préservées
Sur l’exercice 2023/24, le chiffre d’affaires de la CAPL (Coopérative agricole du pays de Loire) s’élève à 239 M€, en recul de 24 M€ (-9 %) en un an. Pour autant, les marges sont préservées : le résultat net atteint 1,7 M€, contre 2,26 M€ sur l’exercice précédent. Le CA appro baisse de 4 %, à 137 M€ (soit 57 % du CA total), lié aux séquences climatiques d’octobre 2023 à juin 2024, qui ont perturbé la conduite des cultures: sans oublier l’impact de la déflation du prix des engrais. Avec 327 000 t, la collecte 2023 affiche des volumes en hausse «spectaculaire», de 24,6 %, et une «qualité remarquable». Seuls le blé dur et les céréales secondaires sont en baisse. Parmi les faits marquants de l’année : l’inauguration en septembre 2024 de Perles d’Anjou, un site de collecte/séchage/stockage/triage des petites graines sans gluten, bio et non bio : quinoa, pois chiches, lentilles, millet, lin, sarrasin, chia... Unique en Europe, cette usine d’une capacité de 25 000 t (7 500 t réceptionnées pour cette première campagne) pourrait, à terme, également satisfaire les besoins d’autres opérateurs en quête d’un outil de triage performant. Dans cette dynamique, la stratégie RSE de la CAPL formalise une vision claire : accompagner la transition agroécologique tout en valorisant l'humain et la souveraineté alimentaire. (Anne Gilet)
Coopératives: La Tricherie réorganise sa direction pour développer une approche «groupe»
Jusque-là, c’est un trio – Benjamin Bichon, Baptiste Breton et Jean-Paul Serreau – qui dirigeait la Tricherie, coopérative de la Vienne aux 58 M€ de CA et 121 400 t de collecte pour 2023. À l’occasion de l’assemblée générale du 12 décembre, une nouvelle organisation a été présentée aux 300 adhérents. À compter du 1er janvier 2025, Benjamin Bichon sera l’unique directeur général: Baptiste Breton s’installant comme agriculteur, après 21 ans passés au sein de la coopérative, et Jean-Paul Serreau se recentrant sur les fonctions de directeur financier et administratif. «L’idée est de bâtir une direction "groupe", avec une même stratégie pour la coopérative et nos deux filiales – Futuramat dédiée aux bioplastiques et Brin d’Or portant l’activité d’isolation paille – et ainsi, renforcer le lien avec les agriculteurs», explique Benjamin Bichon, interrogé par Agra Business. «Dans ce cadre, nous avons aussi créé le poste de directeur amont. C’est Christophe Charlet, technicien et coordinateur, qui endosse cette fonction.» Avec des fonds propres de 22,5 M€, Benjamin Bichon se dit confiant pour l’avenir, même si la récolte 2024 s’annonce en retrait, à 97 000 t. Une chose est sûre: «La Tricherie continuera de miser sur le travail en filières». Rappelons qu’elle est, pour l’heure, la seule coopérative à avoir acquis, et renouvelé cette année, le niveau «exemplaire» de la certification ISO 26 000. (Anne Gilet)
Influenza : la filière foie gras espère la réouverture de marchés d'export dès 2025
Se félicitant d'abord du succès de la vaccination et de la décision de la poursuite du financement de 70% de son coût jusqu’au 30 septembre 2025, le Cifog (interprofession/palmipèdes à foie gras) exprime, dans un communiqué le 17 décembre, son espoir que la France retrouve rapidement son statut indemne, du fait de la suppression des zones réglementées, «et peut-être tous ses marchés» d'exportation. La directrice du Cifog, Marie-Pierre Pé souhaite un regain des travaux entrepris entre autorités sanitaires, notamment avec le Japon et la Thaïlande, afin d'autoriser une reprise des échanges commerciaux dès 2025. Elle souligne que Taïwan s’aligne généralement sur le Japon en termes de politique sanitaire à l’importation. Quant à la Chine, un accord de régionalisation lui permet déjà d’importer des zones indemnes d’influenza, à la nuance près que des entrepôts pour l’export attendent d’être agréés par les services chinois, ce qui «nuit à la fluidité des exportations vers la Chine», explique-t-elle. «Il faut rester prudent, mais notre situation est beaucoup moins difficile qu’en décembre dernier, grâce à la vaccination», commente-t-elle. Cité dans le communiqué, le président du Cifog Fabien Chevalier constate que la France se distingue par sa résistance dans le contexte européen: «Sa stratégie de lutte devrait être une source d’inspiration pour d’autres pays».
Influenza : fin des zones réglementées en France, vers le statut de pays indemne
La zone réglementée constituée autour du dernier foyer d’influenza en France a été levée, ce qui permet à la France de demander à l’Omsa (organisation mondiale de la santé animale) son statut de pays indemne. Ce dernier foyer était un élevage de canards à foie gras dans la commune de Saint-Etienne d’Orthe dans les Landes, remontant au 13 novembre 2024, et la préfecture des Landes a supprimé officiellement cette zone réglementée par un arrêté ce 15 décembre. Ce délai correspond à ce que prévoit la réglementation française, selon laquelle «la levée de la zone de surveillance peut intervenir au minimum 30 jours après la fin des opérations préliminaires de désinfection du foyer», dit le ministère sur son site internet, soit, est-il précisé, 8 jours après la levée de zone de protection et lorsqu’un contrôle des opérations de nettoyage et de désinfection (en deux phases) a été réalisé dans les foyers par la DDPP. Si aucun autre cas ne se manifeste, l’épisode d’influenza n’aura duré que quatre mois, depuis la révélation d’un premier cas le 7 août dans un élevage multi-espèces d’Ille-et-Vilaine. Pour autant l’avifaune sauvage peut toujours transmettre le virus et la France reste au niveau élevé de risque.
Vin : 25 % des Français ont déjà consommé du sans alcool, catégorie «ascendante»
25% des Français ont déjà consommé du vin sans alcool, d’après un sondage CSA publié le 17 décembre par le négociant Chavin, décrivant «une catégorie ascendante». Ce baromètre révèle aussi que 13 % en boivent au moins une fois par an, dont la moitié au moins une fois par semaine, et 6 % depuis moins de deux ans. Les profils sont plutôt jeunes : 55 % ont moins de 35 ans. Et composés à 58% de femmes. Les consommateurs de vin sans alcool sont à la fois hédonistes, attirés par un mode de vie plus sain, et «flexibuveurs», c’est-à-dire alternant avec des boissons alcoolisées, d’après l’étude. Par ailleurs, le CSA montre «un engouement pour le Dry january» (ou « Défi de janvier »). 12 % des Français participeront pour la première fois en 2025 au mois sans alcool. Ils sont 19 % à y avoir déjà participé, dont les deux tiers sur l’intégralité des trente jours. 47 % disent avoir réduit leur consommation d’alcool à la suite du «Défi». Le profil-type des participants au Dry january et des consommateurs de vin sans alcool est sensiblement le même. «On est face à une lame de fond», considère Mathilde Bouchalin, CEO de Chavin. Le spécialiste des vins sans alcool (2,5 M d’unités commercialisées) dit avoir augmenté de 70% ses ventes en ligne lors du Dry january 2024.
Alimentation animale : les fabricants et leurs fournisseurs s’associent dans Oqualim
Trois associations professionnelles gestionnaires de la qualité en alimentation animale, Oqualim (fabricants), Qualimat (matières premières) et Qualimat Sud-Ouest ont annoncé ce 17 décembre leur fusion à partir du 1er janvier 2025. Sous le nom d’Oqualim se rassembleront les fabricants d’aliments, de prémélanges, d’aliments minéraux, d’aliments liquides ou de spécialités, leurs fournisseurs de matières premières, ainsi que des représentants d’entreprises impliquées dans la collecte, le stockage et le transport. «Ce regroupement permettra une mise en cohérence accrue des exigences sectorielles, dans le respect du Guide de bonnes pratiques de la nutrition animale», explique le communiqué de presse. Par la force de l’union, les trois organisations veulent aussi «renforcer la reconnaissance internationale des référentiels français». Ces référentiels de certification sont mentionnés : le référentiel de certification de la nutrition animale (RCNA) et son module «Soja Durable» (SDNA), les «socles techniques» non OGM (STNO) et nutrition équine (STNE), le référentiel de certification des fournisseurs de matières premières (RCF) ou encore le référentiel Qualimat-Transport.
Emballages plastiques : les fabricants accélèrent les efforts financiers pour la durabilité (étude)
Durant l'année 2023, les principaux investissements des fabricants d’emballages plastiques ont visé la recyclabilité, la réduction des contenants, la décarbonation et le réemploi, selon une enquête réalisée auprès d’eux par Xerfi pour leur fédération française Elipso. Ils ont consacré 8% de plus qu’en 2022 à la R&D et 3% de plus à l’économie circulaire et aux contraintes liées aux nouvelles réglementations. Ce niveau d’innovation, représentant plus de 40 millions d’euros, «promet de se maintenir ces prochaines années», annonce le communiqué d’Elipso. Ils anticipent notamment le règlement européen qui rendra obligatoire l’incorporation de 30% à 35 % de matière recyclée dans les emballages plastique en 2030, ou 10 % pour certains emballages au contact sensible avec leur contenu, dans l’alimentaire notamment. A ce titre, 29% des entreprises interrogées pratiquent elles-mêmes une activité relative au recyclage sur l’un de leurs sites de production, activité leur assurant une ressource appropriée. Enfin la recherche en emballages biosourcés, biodégradables ou compostables est en cours ou prévue pour 58% des industriels. (Le syndicat Elipso déclare représenter 125 fabricants d’emballages plastiques, majoritairement des PME, réalisant 65% du CA du marché (alimentaire, cosmétique, hygiène, produits d’entretien…), soit 7,2 milliards d’euros sur 11 Md d’euros)