Distribution : nouvelle offre de Daniel Kretinsky pour détenir le groupe Metro à 100%
Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, propriétaire en France de Casino depuis mars 2024, veut faire monter sa holding EPGC à 100% du capital du groupe allemand Metro. C’est le sens d’une nouvelle OPA annoncée par communiqué le 27 mai auprès des détenteurs d’actions qui n’ont pas saisi la précédente offre de retrait d’avril 2025. EPGC détient 68% des parts du groupe contre 49,99 % avant l'offre d'avril 2025, et le but est d’atteindre 100%, après quoi il ne serait plus coté en Bourse, selon un article des Echos du 11 juin. Le milliardaire souhaite ainsi « créer un géant de la distribution en Europe » et sa priorité est de rétablir l’équilibre financier du groupe, rapportent nos confrères, selon l'entourage de M. Kretinsky. Au premier semestre de son exercice en cours, Metro (le groupe européen) a réalisé un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et une perte nette de 155 milliards, des résultats stables sur un an, et qu’il cumule 4 milliards de dettes, rappelle Les Echos. Le groupe s’est défait de ses magasins allemands au cours des dernières années pour se concentrer sur la distribution cash and carry, les services de livraison et une place de marché sur internet.
Grossistes: recul du commerce de gros au 1er trimestre, la CGF dénonce les «contraintes»
La Confédération des Grossistes de France (CGF) dénonce, dans un communiqué de presse diffusé le 10 juin, « un empilement de contraintes fiscales et réglementaires » dans un contexte de ralentissement de l’activité, voyant le recul de 1% du commerce de gros agroalimentaire au premier trimestre 2025. Les contraintes fiscales qu’elle met en en cause sont la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée), qui est maintenue jusqu’en 2030, les nouvelles taxes sur les mobilités, etc. Les nouvelles normes sont la prochaine obligation de facturation électronique, la REP (Responsabilité élargie du producteur) pour les emballages professionnels ainsi que la directive européenne transposée sur la transparence des salaires. La CGF conteste la « mise en œuvre simultanée, sans lisibilité, ni accompagnement » de ces normes. Elle déplore aussi l’absence de prise en considération des réalités de terrain, prenant pour exemple le projet d’interdiction du chargement-déchargement par les chauffeurs-livreurs, qui lui paraît « un véritable non-sens pour les grossistes dont ce service représente une tâche essentielle auprès de leurs clients BtoB et qui déstabiliserait l’organisation logistique de tout un secteur ».
Bière : Heineken annonce un investissement de 2,75 milliards de dollars au Mexique
Le fabriquant de bière néerlandais Heineken a annoncé mercredi un investissement de 2,75 milliards de dollars au Mexique jusqu'à fin 2028, sur fond de tensions commerciales avec les Etats-Unis. Entre autres projets, Heineken va construire une nouvelle usine dans le Yucatán, a annoncé son directeur pays Oriol Bonaclocha pendant la conférence de presse quotidienne de la présidente Claudia Sheinbaum. L'usine va créer 3.000 emplois directs et indirects, et s'ajoutera aux installations dont Heineken dispose déjà à Monterrey. Fin avril, Grupo Modelo, fabricant de la célèbre bière Corona, a annoncé un investissement de plus de 3,6 milliards de dollars dans le pays pour moderniser ses usines et d'autres projets. La croissance du Mexique, la deuxième plus grande économie d'Amérique latine, est menacée en raison des incertitudes liées aux décisions protectionnistes du président États-Unis. Les droits de douane appliqués par Donald Trump à des dizaines de pays excluent, dans le cas du Mexique et du Canada, toutes les marchandises exportées selon les règles de l'accord de libre-échange qui lie les trois pays. Cependant, tant l'industrie sidérurgique que l'industrie automobile, fondamentales pour l'économie mexicaine, ont été soumises à des taxes supplémentaires. Et plus de 80% des exportations mexicaines partent aux Etats-Unis.
Bioéconomie/chimie du végétal : les organisations B4C et ACDV annoncent leur fusion
Dans un communiqué du 11 juin, B4C (Bioeconomy for change) et l'association chimie du végétal (ACDV) ont annoncé leur fusion. Le nom de la nouvelle entité n'a pas encore été divulgué. Le projet a été validé par les deux assemblées générales, et sera effectif à partir du 1er janvier 2026. L'objectif est de créer une structure «plus résiliente», «plus influente», et «d'accélérer la transition vers des modèles plus durables» et compétitifs. Plus en détail, il s'agit d'offrir aux adhérents des deux entités des services plus diversifiés (études de marché, réglementaires etc.), de renforcer le positionnement des produits biosourcés et de la chimie du végétal, et d'intégrer toute la chaîne de valeur (de l'amont à l'aval) du secteur de la bioéconomie. L'ACDV revendique plus de soixante adhérents, essentiellement dans les secteurs de l'aval : agroindustrie, chimie, pôles de compétitivité, entreprises de biotechnologie. Bioéthanol France, la CGB (betteraviers français) ou encore Oleon (industriel de chimie du végétal, filiale du groupe Avril) font partie des adhérents. De son côté, B4C revendique cinq cents adhérents, allant de l'amont agricole jusqu'à la mise sur le marché de produits finis. On compte par exemple la présence des négociants, tels que Archer Daniels Midland, Cargill, ou de coopérative céréalières, tels que Ceresia. Les deux entités comprenaient des adhérents en commun, comme par exemple la CGB.
Faux champagne : un an de prison ferme requis contre un vigneron
Quatre ans de prison, dont un an ferme, ainsi que 100 000 euros d'amende ont été requis le 11 juin au tribunal correctionnel de Reims contre un vigneron accusé d'avoir produit et vendu du faux champagne. La fraude, entre 2022 et 2023, a été estimée à 800 000 bouteilles, voire davantage, fabriquées avec des vins d'Espagne et d'Ardèche. Deux ans de prison avec sursis et 100 000 d'amende ont aussi été requis à l'encontre de son épouse pour les mêmes chefs d'escroquerie et usurpation d'appellation d'origine. Dénonçant « une logique de profit cynique et préméditée », la procureure a également requis pour le couple une interdiction définitive de gérer une entreprise et d'exercer une activité industrielle et commerciale en lien avec le champagne, ainsi que la confiscation de l'ensemble de leurs biens saisis et la destruction des bouteilles saisies. Enfin, elle a réclamé 300 000 euros d'amende pour leur holding, la SAS Chopin, pour détournement et abus de biens sociaux. L’accusé a dit avoir agi ainsi pour honorer un contrat qu'il avait avec la Scapest, la centrale d'achat Leclerc, qui lui mettait « une sacrée pression ». La Scapest avait acquis 200 000 bouteilles en 2022, mais qui n'est que « la petite partie de l'affaire », selon son avocat. Le jugement sera rendu le 2 septembre.
Lait : vers une demande soutenue en protéines aux Etats-Unis et en Europe
« Dans les 5 prochaines années, la demande en protéines va être de plus en plus soutenue, non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Europe », dans le cadre d’une production stable dans les grands bassins exportateurs et d’un prix du lait qui se maintient à son niveau actuel, autour des 45€/100 kg en Europe, tel est le constat dressé par Christophe Lafougère, PDG du cabinet de conseil Gira, à l’occasion de l’événement Marchés mondiaux lait et viande de l’Idele le 11 juin à Paris. Aux Etats-Unis, les personnes suivant les nouveaux traitements anti-obésité recherchent des produits laitiers à forte teneur en protéine pour compenser la perte de masse musculaire, ce qui soutient la demande en yaourts et plus largement le secteur de la nutrition spécialisée. En Europe, la demande est soutenue par le vieillissement de la population et demain peut-être par les traitements anti-obésité. La demande de fromage est orientée à la hausse, ce qui est une « bonne nouvelle » selon Christophe Lafougère, puisque la production de fromage permet d’obtenir du lactosérum et de la protéine. Quant au prix du lait, il devrait se maintenir à un niveau élevé grâce à une demande mondiale en hausse et des grands exportateurs (États-Unis, Europe et Nouvelle-Zélande) dont les capacités de production sont atteintes.
Lait : l’APLBC compte attirer une centaine de nouveaux éleveurs d’ici deux ans
L’organisation de producteurs (OP) APLBC (Association des producteurs de lait pour le bien collectif) compte attirer environ une centaine de nouveaux éleveurs laitiers au cours des deux prochaines années. Elle rassemble déjà 739 exploitations dans 29 départements et a collecté 600 millions de litres (ML) de lait en 2024, contre 400 ML un an avant, comme le précise un communiqué publié à l’issue de l’assemblée générale tenue le 10 juin. Cette forte hausse est liée à l’arrivée début 2024 de 134 exploitations normandes, et début 2025 de 130 éleveurs de l’OP historique de Novandie (ultra-frais MDD et à marques Mamie Nova et Bonne Maman) situés dans la Somme et de Pas-de-Calais. L’OP a aussi fait entrer des producteurs qui ont quitté Lactalis, industriel engagé dans un politique de réduction de sa collecte. Au cours de l’année 2024, l’APLBC a noué plusieurs contrats tripartites incluant LSDH et les marques MDD de lait de consommation d’Auchan, d’Aldi, de E. Leclerc et de Carrefour. Le prix moyen payé du lait a été de 494 €/1000 L et désormais les contrats tripartites couvrent 80% du lait d’APLBC contre 50% il y a 18 mois. « Nous avons besoin de visibilité et de sérénité pour investir, continuer à produire un lait de qualité, et faire face aux défis climatiques », souligne Jérôme Chapon, le président de l’OP.
Bovins : nouvelle mobilisation des ONG contre le transport de veaux par Britanny Ferries
Dans un communiqué du 11 juin, six ONG de protection animale (cinq françaises et une irlandaise) appellent à « une nouvelle journée de mobilisation le 21 juin » contre le transport de bovins vivants par Britanny Ferries entre Rosslare (Irlande) et Cherbourg, estimant que la compagnie « viole la réglementation européenne ». Après une première action les 6 et 7 avril, les associations – dont L214, la Fondation Brigitte Bardot ou encore CIWF et Welfarm – appellent leurs militants à manifester « dans les ports de Cork (Irlande) et de Cherbourg ». Selon les ONG, les animaux transportés par Britanny Ferries sur la ligne Rosslare-Cherbourg sont « essentiellement » des veaux non sevrés, ce qui « ne peut que constituer une violation des règles européennes ». Ce trajet dure en moyenne 18 heures, or « le droit communautaire exige que les veaux non sevrés puissent, après neuf heures de transport, avoir un temps de repos d'au moins une heure, notamment pour être abreuvés et alimentés ». En mars, Britanny Ferries avait annoncé reprendre le transport d’animaux vivants après 30 ans d’arrêt. Tous transporteurs confondus, plus de 193 000 bovins vivants ont été exportés d’Irlande vers l’UE (dont 142 000 veaux) durant les quatre premiers mois de 2025, d’après le ministère irlandais de l’Agriculture.
Cerises : le premier fruit solidaire de CQLP vendu chez Auchan, U et Leclerc (coopérative)
Comme annoncé fin janvier, la coopérative « C’est qui le patron ? » (CQLP) étend sa gamme aux fruits et légumes (six en tout), en commençant par la cerise, en vente depuis le 6 juin. Auchan va distribuer les cerises solidaires « dans ses magasins d’Île-de-France et de l’Est », précise CQLP à Agra Presse, et U et Leclerc sont également au rendez-vous. Cette démarche « va apporter un soutien concret à 116 familles d’arboriculteurs des Monts et Coteaux du Lyonnais », explique la coopérative, « confrontées à une filière en difficulté : prix instables, mauvaise valorisation des calibres moyens (60 à 70 % de la production) et perte de 36 % des producteurs en dix ans ». Le prix de vente conseillé, « voté par 10 790 consommateurs », est de 4,98 € la barquette de 500 grammes, dont 2 € pour les producteurs (4 € le kilo), pour leur permettre de « se payer convenablement et d’investir sur leur exploitation », indique le site CQLP. D’après le cahier des charges, « les producteurs devront à minima obtenir la certification HVE 3 », et le calibre est fixé à 24 mm et plus avec cueillette à maturité. Après la cerise, ce sera le tour de « la pomme, l’oignon et l’échalote », en « septembre et octobre prochain ».
Fraises : récolte exceptionnelle au Royaume-Uni grâce à un ensoleillement record
L’ensoleillement et les températures record du printemps au Royaume-Uni ont permis de cueillir des fraises exceptionnellement sucrées et charnues. Selon James Miller, directeur commercial d’un des plus grands producteurs de fraises du pays, les journées ensoleillées et les nuits fraîches ont créé des conditions «parfaites» pour ces fruits. Le temps clément, en outre, a stimulé la pollinisation, qui améliore la qualité des fraises, a expliqué à l’AFP ce représentant du groupe agricole WB Chambers Farms. La récolte bat actuellement son plein dans l’une de ses fermes près de Dartford, dans le Kent (sud-est de l’Angleterre), où les fraisiers s’affaissent sous le poids des fruits mûrs, à l’abri dans les serres qui les protègent. Selon Nick Marston, président de l’organisation British Berry Growers., les producteurs britanniques ont déjà vendu près de 21.600 tonnes de fraises depuis le début de la saison, soit 5.000 tonnes de plus qu’à la même période l’an dernier. Car en plus d’être de meilleure qualité grâce au soleil, les fraises sont arrivées en rayons dès avril, alors qu’elles sont généralement mûres au mois de mai. En 2024, la France a produit 77 200 tonnes de fraises.