Céréales/meunerie : Auchan et le GIE CRC mettent fin à leur partenariat (presse)
Selon un article publié le 27 juin par nos confrères de La Dépêche-Le petit meunier (article payant), le groupe Auchan et le GIE CRC (culture raisonnée contrôlée) ont indiqué qu’ils mettaient fin à leur partenariat initié en 2018. Le distributeur utilisait de la farine émanant de la filière CRC dans ses ateliers de boulangerie-viennoiserie, à hauteur de 15 000 t par an environ, soit 70 % de ses utilisations, et 3 % des volumes totaux de la filière. Contacté par nos confrères, Erwan Loaec, chef de groupe offre-achat-métier en boulangerie-pâtisserie d'Auchan Retail, a confirmé l’information, tout en indiquant ne pas souhaiter « s’étendre sur ce désengagement », qui est « motivé par des raisons stratégiques ». Le directeur général de la filière CRC Marc Bonnet a lui aussi corroboré l’information auprès du média, sans plus de détail. Après une progression de 18 % entre 2022 et 2023, les volumes produits de farine selon le cahier des charges CRC se sont effondrés de 36,5 % entre 2023 et 2024, pour tomber à 320 000 t, un plus bas depuis 2020, rapporte l'Association nationale de la meunerie française (ANMF) dans sa dernière fiche statistique. La raison principale est la mauvaise récolte de blé CRC 2024, qui a fait suite à un bon cru en 2020, a expliqué Marc Bonnet à nos confrères.
Céréales : des opérateurs chinois se remettent à importer du soja argentin (presse)
D'après un article publié le 26 juin par nos confrères de Reuters, des opérateurs chinois ont conclu un accord pour l'importation de tourteaux de soja argentin pour la première fois depuis 2019. Pour rappel, la Chine avait ouvert son marché aux marchandises argentines cette année-là, après une longue période d'interdiction pour protéger son industrie locale de trituration. Plus en détail, quatre sources anonymes interrogées par l'agence de presse indiquent que des fabricants d'aliments pour animaux chinois ont procédé à un achat groupé de 30 000 t de tourteaux argentins, dont le chargement est prévu pour juillet, et la livraison en septembre, dans la province du Guangdong (sud). L'affaire se serait conclue à un prix de 360 $/t coût et fret inclus. « Il s'agit d'un test. (...) Si la cargaison passe avec succès les inspections et la quarantaine chinoises, nous prévoyons d’autres transactions », témoigne un opérateur basé à Singapour au sein d’une société internationale de commerce de soja avec la Chine, questionné par Reuters. L’empire du Milieu tente de diversifier au maximum ses sources d’approvisionnement, afin de réduire sa dépendance aux États-Unis, compte tenu du conflit commercial qui les oppose.
Boulangerie : Noriap ouvre sa première boutique Louise à Amiens
Dans un communiqué du 27 juin, le groupe coopératif Noriap annonce l'ouverture de sa première boulangerie Louise en franchise à Amiens (Somme), effectuée le le 19 juin. L’opération s’inscrit dans le projet Nouvelle ère 2030 de Noriap, qui met l'accent sur « une logique de diversification ciblée, pensée comme un prolongement naturel du modèle coopératif agricole, en renforçant les synergies entre production céréalière, transformation meunière et distribution de proximité », précise le communiqué. La boutique permet la création d'une douzaine d'emplois, dont trois boulangers. Une partie du blé transformé est livré à deux meuniers situés à moins de 150 km d’Amiens. Ni les volumes de farines, de blé, ni l’identité des meuniers ne sont précisés. Pour rappel, Noriap a dégagé un chiffre d’affaires en 2024 de 959 M€. La coopérative a collecté la même année 1,38 Mt de céréales et d’oléoprotéagineux, ainsi que 54 600 t de pommes de terre, au travers de 165 sites. Il comprend 1 232 salariés, et 5 700 agriculteurs associés-coopérateurs. Sa zone d’activité s’étend sur la Somme, l’Oise, le Nord, le Pas-de-Calais et la Haute-Normandie.
PPL Entraves : en Maine-et-Loire, la Conf’ a bloqué l’usine de pesticides de Phyteurop
Le matin du 27 juin, 150 militants de plusieurs ONG, dont la Confédération paysanne du Maine-et-Loire et les Soulèvements de la Terre, ont bloqué et occupé le siège de Phyteurop, à Montreuil-Bellay, également site de production de phytos. « Nous avons obtenu l'arrêt de la production pour la journée, c'est donc une journée sans fabrication de pesticides », explique la Conf’ dans un communiqué. Aucun incident n’a été rapporté. Le blocage s’est achevé à 13h « dans le calme et la convivialité », selon le syndicat, qui ajoute que « les salariés de Phyteurop (…) ont pu repartir comme convenu chez eux ». Cette action s'inscrivait dans le cadre d’une série de mobilisations organisées par la Confédération paysanne contre la proposition de loi (PPL) Entraves, prévues jusqu’au 30 juin, date de la réunion de la commission mixte paritaire sur ce texte. Un banquet sera par exemple installé rue de Tournon à Paris ce même jour. La veille (dimanche 29 juin), des prises de parole de Fanny Métrat et Stéphane Galais, porte-paroles nationaux du syndicat, devaient être organisées aux Invalides. Déposée par les sénateurs Duplomb et Menonville, la PPL prévoit notamment la réautorisation sous dérogation de l’acétamipride (insecticide), ainsi que des mesures sur le stockage de l’eau et sur les ICPE d’élevage.
Alimentation animale : très légère baisse de la production en Bretagne, selon Nutrinoë
L’organisation professionnelle Nutrinoë a relevé une très succincte baisse de la production des fabricants d'aliments pour animaux bretons entre 2023 et 2024, lors de son assemblée générale qui se tenait à Le Rheu (Ille-et-Vilaine) le 26 juin. Dans le détail, elle s’effrite de 0,69 %, à 6,78 Mt. Sur les cinq premiers mois de 2025, la tendance est semblable : la production régresse très légèrement, de 0,58 % sur un an, à 2,82 Mt. « Le quasi-retour à la stabilité des tonnages produits tient à un ralentissement des pertes de tonnages sur les aliments porc et poulet et à une bonne dynamique sur les aliments bovin et volaille ponte. En revanche, les tonnages d'aliments dinde et canards continuent de se dégrader annuellement », commente Nutrinoë. La baisse est toutefois un peu plus marquée entre mai 2024 et mai 2025, de 4,61 %, pour tomber à 552 902 t. L’organisation s’abstient de toute conclusion hâtive quant aux raisons de ce recul : « Avec un même nombre de jours ouvrés qu'en 2024, il convient de suivre l'activité des prochains mois pour faire la part des choses entre les perturbations (anticipation/report de commandes...) liées aux jours fériés du mois de mai et la dynamique/tendance à l'œuvre pour l'année en cours ».
Veaux de boucherie : « effondrement » de la production aux Pays-Bas, leader européen
« Faute de mises en place suffisantes » à l’automne dernier, « les abattages de veaux étaient en forte chute aux Pays-Bas en début d’année », rapporte l’Idele dans son bulletin Tendances du 23 juin. Au premier trimestre, la production du n°1 européen s’est effondrée de 19 % en têtes (à 293 000 veaux) et de 22 % en tonnages (à 43 000 téc). Outre la décapitalisation qui affecte toute l’UE, la Hollande a été particulièrement touchée par l’épidémie de FCO-3. Sans oublier les effets du plan gouvernemental de réduction de la production (rachat d’élevages), « avec environ 200 dossiers engagés pour le veau ». L’institut technique constate une situation « similaire chez les principaux producteurs » en UE, avec des baisses toutefois moins prononcées (-6 % en Italie, -7 % en Belgique, en têtes). En France, n°2 européen, les abattages des cinq premiers mois ont perdu 8 % en têtes et 7 % en téc en un an. Particularité française : alors que les cotations augmentent ou stagnent chez nos voisins, les cours hexagonaux « poursuivaient leur baisse saisonnière », probablement en raison de la relative résistance de la production et de la baisse de la consommation. Toutefois, « le veau français restait le mieux valorisé », note l’Idele (+73 ct€/kg de carcasse par rapport aux Pays-Bas).
Restauration collective : la région Aura contrainte d’imposer le repas végétarien aux lycées
Le tribunal administratif de Lyon, dans son jugement du 24 juin 2025, « enjoint à la région Auvergne-Rhône-Alpes de prendre les mesures propres à assurer la mise en œuvre de l’obligation de proposer au moins un repas végétarien hebdomadaire dans les établissements scolaires dont elle a la charge dans un délai d’un mois », rapporte le journal Le Progrès le même jour. L’Association justice animaux en Savoie (AJAS), qui avait porté plainte contre la région en 2023 pour ne pas avoir complètement respecté cette obligation nationale, reprend les termes du jugement dans son communiqué, selon lesquels « ni la charte de la restauration scolaire de la région, ni la convention-cadre type entre la région et les établissements publics locaux d’enseignement ne font état d’une telle obligation ». Selon l’AJAS, le président de région aurait pu adresser des circulaires aux lycées dont il a la tutelle, faire adopter un règlement régional de mise en œuvre des repas végétariens dans la restauration collective, ou encore insérer l’objectif de promotion des repas végétariens dans le cahier des charge du label « La Région dans mon assiette ».
Egalim 4 : le projet de loi s’annonce difficile à concrétiser (ministre)
« Il y a lieu de corriger Egalim, mais il faut y travailler précautionneusement », a indiqué la ministre de l’Agriculture Annie Génevard à l’occasion de la convention de l’Ania (industries agroalimentaires), qui s’est tenue le 26 juin, laissant entendre que le projet, repoussé à l’après-2025, n’est pas encore enterré. Sa collègue des PME et de l’Artisanat Véronique Louwagie, également présente, a balayé les thèmes d’actualité. Sur les centrales d’achat européennes, les contrôles se poursuivent et la ministre de Bercy place beaucoup d’espoir dans le recours en cassation d’une centrale d’achat condamnée en appel : « Si la cassation reconnaît que le droit français s’applique, ce sera formidable ». Sur Egalim, reconnaissant des effets positifs, Véronique Louwagie estime qu’il faut des « améliorations » : apaiser le niveau de tension à l’occasion des négociations commerciales ; introduire des règles spécifiques pour les PME ; réfléchir à la durée des négociations ; et faciliter la révision des prix pour les denrées agricoles. Mais elle s’interroge sur la faisabilité d’un nouveau projet de loi compte tenu de la composition de l’Assemblée nationale et après l’expérience vécue lors du la proposition de loi sur le seuil de revente à perte +10 points (SRP+10), adoptée au printemps par un accord en commission mixte paritaire après plusieurs rebondissements.
Bovins : deuxième cas de dermatose nodulaire contagieuse en Italie, dans le nord
Moins d’une semaine après l’émergence de la maladie en Sardaigne, un second foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé dans un élevage bovin du nord de l’Italie le 25 juin, annonce la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA). D'après une note, l’élevage concerné est situé à Porto Mantovano (Lombardie), à 120 km à l’est de Milan et à moins de 250 km de la frontière avec la France. Le bovin infecté provenait de l’élevage précédemment contaminé en Sardaigne, situé à plus de 500 km de là. La Sardaigne compte aussi un deuxième foyer confirmé, dans la commune d’Orotelli, « à proximité du premier foyer », indique la plateforme ESA. Et les experts d’ajouter que « deux autres suspicions cliniques sur les communes d’Osidda et de Bitti sont en cours d’investigation », citant la presse locale. Le 21 juin, un premier foyer avait été confirmé dans un élevage de 131 bovins ; il s’agissait de la première apparition de cette maladie en Europe depuis octobre 2017, date de son éradication après une épizootie d’ampleur dans les Balkans (7 800 foyers). Non transmissible à l’homme, la DNC est provoquée par un virus du genre Capripoxvirus, proche de ceux des varioles ovine (clavelée) et caprine, véhiculé par des mouches hématophages (stomoxes).
Génétique animale : Gènes Diffusion mise sur la diversification face à la décapitalisation
Le groupe de génétique animale Gènes Diffusion (coopérative et filiales regroupées dans Gènes Diffusion Immobilière et Financière) a dévoilé ses comptes consolidés pour 2024, présentant un chiffre d’affaires de 103 M€ (contre 99 M€ en 2023) et un résultat net exceptionnel de 2,8 M€ (contre 208 000 € en 2023), s’expliquant par la fusion avec Apis Diffusion. Le groupe coopératif, leader en France en génétique porcine (avec les deux tiers du marché), et n°2 en génétique bovine (1,4 million d’inséminations), est confronté « à la décapitalisation continue du cheptel bovin et porcin en France », explique son directeur général Claude Grenier. L’activité porcine a été en « nette progression sur un marché en national en recul », souligne-t-il, avec trois millions de doses vendues (+3,4 %). Tandis que la branche équine, encore modeste, a réalisé une activité « excellente », avec 1 459 juments inséminées (+1,6% en un an). Quant à la branche petits ruminants, elle affiche un chiffre d’affaires en hausse de 4 %. Dans ce contexte, Claude Grenier compte sur « le troisième pilier de l’activité, les biotechnologies, pour diversifier l’offre en proposant notamment des prestations de service en analyses et tests ».
Insectes : le dégoût reste le principal obstacle à la consommation (étude)
En ce qui concerne les insectes, « le principal obstacle au développement des marchés dans les pays occidentaux est le rejet psychologique subi par les consommateurs, principalement en raison du sentiment de dégoût », peut-on lire dans une étude parue le 23 juin dans la revue Nature intitulée "Au-delà du buzz : il est peu probable que les aliments à base d'insectes réduisent sensiblement la consommation de viande". Cosignée entre autres par Corentin Biteau et Tom Bry-Chevalier, respectivement président et conseiller de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (Onei), l’étude met en lumière d’autres obstacles à l’entomophagie en Europe et en Amérique du Nord : l’association entre insectes et déchets dont ils se nourrissent, le risque perçu d’allergie et l’appréhension envers des aliments inconnus. Selon les auteurs, même transformés en poudre ou intégrés à des produits familiers, ces aliments séduisent peu. Abordant la question des solutions pour dépasser cet obstacle, l’étude souligne que l'éducation des consommateurs visant à accroître l'acceptation nécessiterait de grandes quantités de ressources, tandis que les solutions de remplacement à base de plantes sont mieux acceptées par les consommateurs.
Légumes : la truffe et les légumes de 4e gamme rejoignent Légumes de France
Légumes de France (producteurs, FNSEA) annonce les adhésions de la Fédération française des trufficulteurs (FFT) et de l’AOPn (association d'organisations des producteurs) de légumes frais destinés à l’industrie de la 4e gamme (Asso Leg 4G), dans son bulletin Direct Légumes le 26 juin. « L’adhésion à Légumes de France permettra à la FFT de renforcer ses réseaux, d’accéder à des ressources et des informations stratégiques, ainsi que de participer à la représentation collective des intérêts de la filière. Nous sommes particulièrement intéressés à travailler avec Légumes de France au sein d’Interfel (interprofession, NDLR) pour l’obtention du logo Truffe de France », a expliqué Alain Ambialet, président des trufficulteurs. La FFT regroupe 5 000 producteurs pour un volume de 75 tonnes par (dont 60 t de truffes noires d’hiver). De son côté, Asso Leg 4G est composée de 11 adhérents qui produisent 82 000 t de légumes par an, dont 70 000 t de salades. « Nous avons décidé d’adhérer à Légumes de France notamment dans le but de coopérer au travail réalisé pour le maintien ou le développement des boucliers phytosanitaires pour nos productions », souligne son président Loïc Letierce, maraîcher en région nantaise et dirigeant de la société Vendea.
Vrac : test de trémies de produits Bel, Danone, Michaud et Lesieur dans trois grandes surfaces
Dans leur communiqué du 26 juin, les grandes marques de la coalition Défi Vrac, Bel, Danone, Famille Michaud Apiculteurs et Lesieur (Avril), annoncent que leurs produits « semi-liquides », frais ou sous température ambiante, sont distribués en vrac dans trois grandes surfaces de France : Monoprix Porte de Châtillon (Île-de-France), l’Hypermarché Intermarché de Dole (Jura), et E.Leclerc de Granville (Normandie). Ce test de consommation en situation réelle sera mené jusqu’à la fin de l’année 2025. En pratique, le consommateur se sert dans trois formats possibles de pot en verre consigné, dans lesquels il pèse son produit. « Une machine a été conçue pour s’adapter à toutes les catégories de produits crémeux et semi-liquides comme les fromages à tartiner, les desserts de fruits, mayonnaise, miel, sirop d’agave, yaourt », dit le communiqué. Un protocole HACCP rigoureux a été mis en œuvre, conjointement avec les points de vente. Cette expérimentation a été cofinancée à 70 % par Citeo dans le cadre de son appel à projets « Encore plus de réemploi ». Elle est l’aboutissement de trois ans de travail, exprime la responsable RSE de Bel sur le réseau social professionnel Linked’In.
Erratum sur Limagrain et le fonds ADQ
Contrairement à ce qui était écrit dans l'Agrafil daté du 26 juin, le fonds souverain ADQ, qui est en discussion pour rentrer au capital de Limagrain Vegetable Seeds, n'est pas issu du Qatar, mais d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis).