Agra Business | Danone, Maïsadour, Lancelot, Soignon, Monoprix, Haffner, GPLM

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Taxes Trump: Pékin annonce un tarif douanier de 34% sur toutes les importations américaines

Le ministère chinois des Finances a annoncé, le 4 avril, l’imposition d’un droit de douane de 34% sur toutes les importations originaires des Etats-Unis à compter du 10 avril, « sur la base du taux tarifaire actuellement applicable. » Cette mesure est la réponse aux droits de douane réciproques de 34% applicables à la Chine annoncés par le président américain Donald Trump, le 2 avril, lors du « Liberation Day ». Pékin estime notamment que « la pratique américaine n'est pas conforme aux règles du commerce international ». Et d’ajouter : « Elle porte gravement atteinte aux droits et intérêts légitimes de la Chine et constitue une pratique d'intimidation unilatérale typique qui non seulement nuit aux propres intérêts des États-Unis, mais met également en danger le développement économique mondial et la stabilité de la chaîne de production et d'approvisionnement ». Le gouvernement de l’empire du Milieu annonce, par ailleurs, saisir l’organe de règlement des différends de l’OMC sur cette question des tarifs douaniers réciproques.

Agroalimentaire: Danone accusé par le fils Trump d'agir pour la Chine, le groupe dément

Fin mars, le fils du président américain a accusé le groupe français dans son podcast «Triggered» d’agir «au moins en partie, sous la direction implicite - ou peut-être explicite - du PCC» en «essayant d’orchestrer une opération hostile de prise de contrôle de l’entreprise Lifeway, basée dans le Midwest américain». «Danone est actionnaire minoritaire de Lifeway Foods, un acteur américain de kéfir. Il y a plusieurs semaines, Danone a fait une proposition pour acquérir les 75% de parts restantes, offre qui a été refusée par Lifeway», a indiqué le groupe dans un communiqué transmis à l’AFP à la suite d’un article paru dans Les Echos. Le quotidien économique, qui décrit un «imbroglio» digne «d’un roman d’espionnage», affirme que la PDG de Lifeway, Julie Smolyansky, «refuse obstinément la vente et fait tout pour l’empêcher». Dans son podcast, le fils du président américain accuse la Chine «d’utiliser des entreprises étrangères (...) comme des substituts pour mener leurs sales affaires sur le sol américain». Il utilise des extraits d’une interview du directeur général Antoine de Saint-Affrique donnée au journal officiel du PCC dans laquelle il se dit «impressionné» par la croissance chinoise et rappelle les investissements du groupe dans le pays et son intention de les poursuivre. Le directeur général s’exprimait dans le cadre du China Development Forum où de nombreux dirigeants d’entreprises du monde entier étaient invités. Un article du Daily Mail publié jeudi affirme que «le FBI avertit désormais sur l’existence possible de lien entre la Chine» et Danone.

Fruits et légumes/Taxes Trump: crainte de détournement des flux américains vers l’UE

Freshfel, l’organisation européenne de la filière fruits et légume, s’inquiète de voir les exportateurs traditionnels de fruits et légumes vers les Etats-Unis (surtout sud-américains) rediriger leurs flux vers l’Union européenne suite à l’institution de taxes douanière par le gouvernement Trump le 1er avril, dans un post de son délégué général Philippe Binard sur LinkedIn, le 4 avril. « Les mesures américaines engendreront des incertitudes mondiales sur les flux commerciaux, car les exportateurs vers les États-Unis pourraient chercher d'autres destinations. Bien qu'étant un marché ouvert et le plus grand marché mondial d'importation de fruits et légumes, l'Union européenne ne sera pas en mesure d'absorber durablement les volumes détournés des États-Unis » explique-t-il. Les exportations européennes de fruits et légumes vers les États-Unis sont limitées :  les exportateurs espagnols (Fepex), premier exportateur sur la zone, les estime à 76 739 tonnes en 2024, (0,7 % du total exporté par les 27) pour une facturation de 300 millions d’euros. « Les exportations ont souvent été freinées par des barrières non tarifaires, ce qui explique le déficit commercial de l'UE avec les États-Unis en matière de fruits et légumes », précise Philippe Binard qui voit cependant l’occasion de « stimuler les exportations avec les pays signataires d'accords de libre-échange ». 

Fruits et légumes /saisonniers : en Espagne, une loi allonge la durée des contrats de travail

La Fepex (exportateurs espagnols) se félicite de la disposition d’une nouvelle loi publiée le 1er avril au bulletin officielle de l’Etat espagnol qui prévoit l'allongement de la durée du contrat de travail des saisonniers sous certaines conditions de production, ce qui devrait contribuer à faciliter le travail temporaire, sur son site internet le 4 avril . La loi 1/2025 du 1er avril, portant principalement sur la prévention des pertes et gaspillages alimentaires, inclut aussi une modification de la loi sur le statut des travailleurs, approuvée par un décret législatif royal. Elle prévoit d’une manière générale une période de 90 dix jours pour la durée des contrats saisonniers pour s'adapter à « des situations occasionnelles, prévisibles et de courte durée ». En revanche, la durée est portée à 120 jours pour les entreprises du secteur agricole et agroalimentaire. « L'extension de 90 à 120 jours de ce type de contrat prend en compte le caractère saisonnier des campagnes agricoles et facilitera la contractualisation temporelle dans des situations découlant de campagnes agricoles de courte durée » explique la fédération.

Coopératives : Maïsadour regroupe les activités commerciales de Delpeyrat et FSO

Dans un communiqué du 3 avril, Maïsadour annonce la création de sa filiale Maïsadour Distribution, qui « regroupe les activités commerciales et marketing » de ses sociétés Delpeyrat et Fermiers du sud-ouest (FSO). Officiellement lancée mi-mars, cette nouvelle entité assure la commercialisation des produits de volailles, canards gras et poisson de la coopérative du sud-ouest, soit un chiffre d’affaires de 440 M€ (51 000 t de marchandises). Elle s’adresse à « tous les canaux de distribution » de la coopérative : « grande distribution, boucheries-charcuteries-traiteurs, food service et export ». Maïsadour Distribution rassemble 120 collaborateurs, dirigés par Nicolas Guilhot (jusque-là directeur de la filière aquacole de Maïsadour, selon sa page LinkedIn). Ce rapprochement doit permettre de « proposer une offre plus attractive et plus compétitive, tout en valorisant davantage les produits issus du travail des adhérents » (250 éleveurs de canards et 400 de volailles). En particulier, Maïsadour espère « une optimisation des coûts industriels, de la logistique et la distribution ». Pour rappel, Maïsadour (1,385 Md€ de CA en 2023-2024, 5 000 agriculteurs, 4 300 salariés) a récemment annoncé un projet de fusion avec Euralis, autre géant coopératif du sud-ouest.

Soja : Restau’co attend peu d’effet de l’avis de l’Anses en restauration collective

Directrice de Restau’co (restauration collective autogérée), Marie-Cécile Rollin considère que la recommandation de l’Anses de ne pas servir de soja en restauration collective aura peu d’effet dans le scolaire, mais elle regrette l’absence d’un éclairage, souhaité par le réseau, quant aux fréquences et aux âges des convives. « Les crèches et maternelles appliquent déjà le principe de précaution de ne pas servir de soja aux jeunes enfants, tandis que les écoles primaires et les lycées peuvent l’employer en composant de quelques recette », détaille-t-elle. Mais la responsable tient à rappeler que le soja n’est pas interdit car elle souhaite que les sauce de soja puisse toujours assaisonner les plats de légumineuses. Elle souligne qu’« au lycée, les saveurs de type asiatique fonctionnent bien ». Restau’co attendra, au sujet du soja, la révision de l’arrêté de l’arrêté de 2011 encadrant la qualité nutritionnelle des repas servis en restauration scolaire, indique-t-elle. Ce texte serait rediscuté vers juillet, selon nos informations. Pour l’heure, Strasbourg et Toulouse ont officiellement annoncé avoir banni le soja de la restauration municipale à l’annonce de la recommandation de l’Anses.

Orge : compétitivité des exploitations françaises plutôt bonne, selon une étude d’Arvalis

Présentée le 3 avril lors du colloque Orges brassicoles organisé d'Arvalis, une étude de l'institut technique révèle une compétitivité en sortie de champ plutôt bonne pour la France (représentée par une exploitation picarde) comparée aux autres principaux pays producteurs sur 2017-2023. Basée sur les données de dix fermes types du réseau Agribenchmark, l'étude démontre, qu'au regard du coût de production, « les orges produites dans cette ferme (française) s’avèrent plus compétitives que celles produites dans les deux fermes australiennes et danoises, à peu près au même niveau que celles de l’exploitation canadienne, mais moins que les orges des trois fermes russes ou de la ferme argentine », explique Geoffroy Oudoire, ingénieur R&D du pôle économie d’Arvalis. La ferme picarde dispose de charges à l’hectare très élevées, mais qui sont en partie contrebalancées par des rendements supérieurs à ses concurrents, indique l’étude. Toutefois, elle présente plusieurs limites, empêchant d’extrapoler les résultats à l’ensemble de ces pays. La principale : elle considère uniquement quelques fermes par pays, qui plus est plus performantes que la moyenne, alors qu’une forte hétérogénéité au sein de chaque pays existe. 

Céréales : en Asie centrale, moissons menacées par une vague de chaleur précoce (étude)

Une vague de chaleur intense et inhabituelle a frappé l'Asie centrale en mars, selon une étude publiée vendredi 4 avril, mettant en péril les moissons et l'accès à l'eau dans une région largement rurale, qui subit déjà les conséquences du réchauffement climatique. Au cours de ce mois de mars, les températures y étaient supérieures de jusqu'à 10 degrés Celsius par rapport à la moyenne pré-industrielle, selon le World Weather Attribution (WWA), un réseau de référence qui a mené cette recherche. L'étude a été réalisée dans les cinq pays d'Asie centrale: le Kazakhstan, gros producteur, entre autres, de céréales et de tournesol, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan. Le changement climatique a intensifié la vague de chaleur d'environ 4 degrés Celsius, a déclaré le WWA dans un communiqué, tout en prévenant que ce chiffre était "probablement sous-estimé". Cette vague de chaleur est arrivée à une saison cruciale pour l'agriculture, lorsque les amandiers, abricotiers et cerisiers fleurissent et que le blé est semé. Selon les climatologues, de telles phénomènes précoces ne resteront probablement pas une exception dans la région.

Bière : les bretons de Lancelot visent le marché national, notamment l'Île-de-France

La brasserie bretonne Lancelot (filiale du groupe coopératif Agrial depuis 2002) a annoncé viser la conquête de marchés hors de Bretagne, et notamment la région Ile-de-France, dans un communiqué du 3 avril. Son usine basée sur le site de la Mine d’Or au Roc Saint André (Morbihan) dispose en 2025 d’une capacité annuelle de production « de 120 000 à 130 000 hectolitres (hl) », détaille dans le communiqué son directeur commercial et marketing Yoann Emery, lui permettant d’assurer son ambition. Ces nouvelles capacités sont la résultante d’un investissement de 6 millions d’euros (M€) lors des trois dernières années. Les effectifs ont progressé durant la même période de 30 %, atteignant les 75 salariés cette année. En 2024, l’usine produisait 76 600 hl, pour 18 M€ de chiffre d’affaires. La brasserie se targue de s’approvisionner en matières premières locales pour produire ses bières : orge bio (pour la fabrication de son malt), sarrasin et miel. Elle a par ailleurs triplé ses achats de houblon d’origine française depuis 2022.

Houblon / Egalim : contractualisation écrite facultative avec le premier acheteur (JO)

Les dispositions de l'accord interprofessionnel rendant facultative la conclusion d'un contrat écrit pour la première cession de houblon entre un producteur et son premier acheteur, signé le 5 décembre 2024 par les membres d'Interhoublon, sont étendues au titre des années 2025 à 2030 à tous les producteurs de houblon et leurs premiers acheteurs, prévoit l’article 1 de l’arrêté du 27 mars 2025 publié au Journal officiel le 4 avril. L’accord interprofessionnel sera publié sur ce lien au Bulletin officiel du ministère de l'agriculture. Pour rappel, Interhoublon a été reconnue organisation interprofessionnelle par un arrêté du 10 février 2020. Elle avait annoncé travailler sur un accord interprofessionnel de sortie d’Egalim pour « permettre une contractualisation plus facile à mettre en œuvre dans cette petite filière », rapportait Agra Presse l’an dernier, alors que la loi dite Egalim 2 (octobre 2021) a imposé la contractualisation écrite obligatoire, avec dérogations possibles notamment via un accord interprofessionnel étendu comme c’est le cas ici. 

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Fromages : Soignon veut faire percer le mi-chèvre mi-vache à l'échelle nationale

La marque de produits laitiers à base lait de chèvre Soignon (Agrial) a annoncé le 2 avril le lancement en grande distribution de plusieurs nouvelles références dès le mois d’avril. Sur le marché des fromages à pâtes molles, en hausse de 1,8% depuis 2 ans en GMS à 14250 tonnes, Soignon propose un fromage type coulommiers (50% chèvre, 50% vache) nommé le Crémeux. Un fromage mi-chèvre mi-vache existe déjà en 180g, mais surtout vendu localement. Et toujours pour capitaliser sur les familles de produits en hausse, Soignon lance un skyr de chèvre à la vanille et deux recettes de yaourts de chèvre, aux graines et aux pêches et cerises. Le but de Soignon, marque numéro un du fromage de chèvre en GMS, est de poursuivre la hausse de ses ventes. Sur un marché du fromage de chèvre en hausse (+1,5% en volume en 2024 à 57000 tonnes), Soignon détient une part de marché de 28,8% à fin janvier 2025, en hausse par rapport à fin juillet 2024 (24,1%). Ces derniers mois, les MDD qui représentent près d’une vente sur deux de fromage de chèvre sont en recul en termes de parts de marché.

Collecte de lait : sanitaire, climat et géopolitique rendent les perspectives incertaines

Après une année 2024 marquée par un rebond de la collecte de lait de vache en France, l’année 2025 s’annonce incertaine, selon l’analyse de Baptiste Buczinski, économiste à l’Idele. « Pour ce qui est du volet sanitaire, l’année 2025 représente une très grosse incertitude », a-t-il indiqué à l’occasion d’une présentation dans le cadre de l’événement Grand Angle Lait le 3 avril à Paris. La FCO, la fièvre aphteuse en Allemagne, en Hongrie et en Slovaquie sont des sujets de préoccupation pour 2025, notamment avec une production de lait déjà freinée depuis septembre 2024 dans le Nord et l’Est par la FCO. De même, le premier cas de mouton touché par l’influenza aviaire (IAHP) au Royaume-Uni laisse penser que cela pourrait toucher potentiellement le cheptel européen. « C’est très lointain mais cela pourrait perturber la production en France et en Europe », a-t-il poursuivi. Le cheptel continue sa décapitalisation en nombre de tête à -2,5% par an 1er février 2025 (3,27 M de têtes contre 3,5 M en février 2022). Cette tendance continue depuis plusieurs années s’est accentuée depuis la fin 2024 sous l’effet des questions sanitaires. D’autres interrogations sont présentes pour 2025 quant au climat, aux tensions géopolitiques et à des guerres économiques. Autant de facteurs qui pourraient affecter négativement la filière laitière.

Antibiotiques : les élevages européens en utilisent deux fois moins que les américains

En 2019, les élevages européens utilisaient en moyenne 56 mg/kg vif d’antibiotiques par an, quand ceux d’Amérique du nord et du sud en consommaient presque le double (101 mg/kg). C’est ce qui ressort des données d’une étude parue dans Nature Communications le 1er avril (lire ci-dessus). Différence majeure entre les deux continents : outre-Atlantique, les élevages utilisent des antibiotiques comme facteur de croissance, alors que cette pratique est interdite dans l’UE depuis 2006. Le fossé entre le Vieux continent et les pays d’Asie et du Pacifique est encore plus frappant : les élevages y consomment quatre fois plus d’antibiotiques (215 mg/kg) que les européens, ce qui peut s’expliquer par l’importance des filières porcines et avicoles, très consommatrices. En volume, l’Asie consomme plus de 66 000 t d’antibiotiques pour son élevage (60 % du total mondial), l’Amérique du sud 23 000 t, l’Amérique du nord 8 200 t, l’Europe 7 500 t et l’Afrique 5 800 t (soit 39 mg/kg). Si la tendance actuelle se poursuit, ces écarts devraient encore se creuser d’ici 2040, avec une forte croissance des volumes consommés attendue en Asie et Afrique (+41 %), ainsi qu’en Amérique du sud (+20 %). L’Europe et l’Amérique du nord verraient, elles, leur consommation reculer, de -1 % et -3% respectivement.

Distribution: Monoprix mise sur la restauration hors domicile avec «la Cantine»

Le distributeur Monoprix entend faire de la restauration à emporter un nouveau relais de croissance, et le directeur général de sa maison-mère, Casino, Philippe Palazzi, a dit le 3 avril espérer qu'elle pèse la moitié des ventes de son groupe (hors le commerçant en ligne CDiscount) d'ici dix ans. «Notre idée est qu'à horizon dix ans, la restauration à emporter pèse environ 50% du chiffre d'affaires de Casino, hors CDiscount», a déclaré M. Palazzi à l'occasion de l'inauguration d'un vaste espace restauration dans le magasin Monoprix du centre commercial de Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris. Le groupe Casino a réalisé 8,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024, sous ses enseignes Casino, Spar, Vival, Naturalia, Franprix, CDiscount et Monoprix, qui pèse environ la moitié du total des ventes, soit 4 milliards d'euros. Nommé "La cantine", l'espace de restauration inauguré jeudi a vocation à être «déployé dès cette année dans au moins une dizaine d'autres magasins Monoprix en Ile-de-France et en région», en étant adapté en fonction de la place et de l'offre concurrentielle locale, précise l'entreprise dans un communiqué. Le distributeur entend mettre en avant un approvisionnement «local, et des produits exclusifs et accessibles».

Bioénergies : Haffner Energy lève 7 millions d'euros et mise sur le kérosène vert

Spécialiste français des énergies vertes, pionnier du biohydrogène, basé dans la Marne, Haffner Energy a annoncé, dans un communiqué du 2 avril, le succès de sa levée de fonds de 7 millions d’euros (M€), lancé le 13 mars dernier. Contacté par la rédaction des Echos (article payant), son dirigeant Philippe Haffner a précisé que « l'augmentation de capital va (leur) permettre de s'ouvrir sur des secteurs plus matures, comme le carburant d'aviation durable (CAD ou SAF en anglais) ». L’entreprise souhaite devenir un des plus importants producteurs nationaux de kérosène vert. Il avait déjà annoncé en 2024 un projet d'usine près de l'aéroport de Vatry (Marne), avec pour objectif de produire 30.000 t/an de CAD dès 2028. La levée de fonds permet par ailleurs à la société de financer ses activités jusqu’à fin mars 2026, d’espérer atteindre un Ebitda à l’équilibre à la même date, et « d’activer le plein potentiel du site de Marolles », relate Haffner Energy. Pour rappel, le site en question constituait « la première unité mondiale de production continue d’hydrogène à partir de biomasse solide », peut-on lire dans un précédent communiqué du 26 février dernier.  L’installation a bénéficié d’un financement public de 1,5 M€, dont 500 000 € sous forme de prêt émanant de BpiFrance, encaissé début mars 2025. 

Biofioul: les distributeurs s'inquiètent pour l'avenir des infrastructures logistiques

La fédération des distributeurs indépendants d’énergie hors réseau (FF3C) a affiché ses inquiétudes quant à la dernière programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) dans un communiqué du 4 avril. Elle estime que cette dernière délaisse « le maintien nécessaire d’infrastructures logistiques permettant la disponibilité de produits pétroliers ». Ce manque d’entretien conduirait à « considérablement diminuer les volumes de carburants et de combustibles traditionnels, créant ainsi les conditions de ruptures pour la continuité et la sécurité de la distribution de ces énergies ». La fédération réclame que ses entreprises soit davantage accompagnées dans la transition énergétique par les pouvoirs publics, « qui sont, de fait, contraintes à ne plus investir ni même maintenir leurs outils logistiques à court terme face à une transition de long terme ». Elle dénonce par ailleurs le fait que la PPE ne fasse aucune mention « des biocombustibles liquides, tel le biofioul », solution de substitution au fioul domestique. D’après la FF3C, la bioénergie présente « des performances environnementales en ligne avec les objectifs nationaux de décarbonation ». Pour rappel, la PPE prévoit la fin de l’usage du fioul domestique à l’horizon 2040.

Légumes : malgré les intempéries, chiffre d'affaires et volumes stables pour le GPLM

Lors de son assemblée générale le 27 mars, le Groupement de producteurs de légumes de la Manche (GPLM), spécialisé notamment en carotte, poireau et différents choux, a présenté un chiffre d'affaires de 97,7 millions d’euros (m€) pour l’exercice 2023/24. Soit un recul de 2,6 m€ sur un an. Ces chiffres incluent les entités Jardins de Créances pour les légumes 1er gamme et Servilégume pour la 4ème et 5ème gamme. En volume, la coopérative a atteint 60 773 tonnes, un chiffre équivalent à l’an dernier. La campagne 23/24 avait été particulièrement marquée par les intempéries rendant les parcelles inaccessibles. Les carottes s'étaient abîmées au champ et les rendements avaient plongés en conséquence. « Pour la campagne 2024/25 en cours, le Val de Saire a moins souffert des intempéries, mais nous avons tout de même dû détruire 35 ha de carotte sur les 590 ha emblavés », rapporte Cédrick Gallot le directeur. Après un début de campagne « euphorique » à l’automne 2024, les conditions se sont compliquées en janvier. « Dans certaines parcelles, le taux de déchets a dépassé les 50 % », note-t-il. Pour faire face à ces conditions hivernales de plus en plus difficiles, le GPLM a acté la construction d’un stockage frigo sur la zone Mont Saint-Michel « d’ici un an ou deux ». (Tanguy Dhelin)

Horticulture : la baisse du déficit commercial français s’est poursuivie en 2024

Le déficit commercial de la filière horticole française a été de 921 millions d’euros en 2024, soit une baisse 6% en valeur par rapport à 2023, indique une publication de Valhor (interprofession) début avril. En volume, le déficit recule de 8% entre ces deux années. Cette baisse, amorcée en 2022, se poursuit donc. Cette amélioration vient principalement des importations, qui régressent plus vite que les exportations : -7% en valeur (à 1,0 milliard d’euros), -9% en volumes. Les arbres, arbustes et plantes d’extérieur (30% des importations) diminuent de 10% en valeur et en volume. Les fleurs coupées fraîches qui correspondent à pèsent pour 29% des importations diminuent de 2% en valeur et de 7% en volume. Les importations restent en valeur 11 fois supérieures aux exportations. Les exportations françaises atteignent en 2024, 88,3 millions d’euros soit un recul de 14% par rapport à 2023. En tonnes, les exportations diminuent de 12% au cours de cette période. Toutes les catégories de végétaux sont concernées : les arbres, arbustes et plantes d’extérieur qui représentent la part la plus importante des exportations en valeur (58%) diminuent de 12% en valeur et de 15% en volume. « Si l’ensemble des exportations de fleurs coupées fraîches connaissent une diminution en valeur et en volume, dans le détail celles de roses et d’œillets augmentent en euros et en tonnes » souligne Valhor. 

Miel/arboriculture : aux Etats-Unis, taux de mortalité record chez les abeilles cet hiver

Aux Etats-Unis, la mortalité des abeilles a atteint un niveau record cet hiver, selon une enquête de l’ONG Project Apis, repérée par The Guardian le 25 mars (voir l'article ici). Les apiculteurs commerciaux ont perdu en moyenne 62% de leurs colonies, selon l’enquête réalisée auprès de 702 apiculteurs qui détiennent environ 68% du cheptel (à peu près 1,84 million de colonies). Les pertes directes de colonies (hors main d’œuvre, aliments, traitements...) des seuls apiculteurs enquêtés sont estimées à près de 225 M$. S’ajoutent près de 205 M$ pour ceux n’ayant pas participé à l’enquête. « Ces chiffres alarmants pourraient avoir un impact significatif sur la pollinisation des cultures de denrées alimentaires essentielles et nuire à la rentabilité de l'industrie agricole nationale », indique Project Apis. L’organisation apicole et agricole a lancé cette enquête « à grande échelle », constatant que le début de saison 2025 de pollinisation des amandiers était marqué par des pertes de colonies « sans précédent ». 

Addendum à l’agenda de la semaine

Mercredi 9 avril
Conclusions de la mission parlementaire sur les stratégies de marché de la filière vitivinicole