Agra Business | Danone, NextProtein, Parima, Menissez, Campari, Conserve Italia

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Alimentation infantile : Danone va fermer l'usine Blédina de Villefranche-sur-Saône

Danone a annoncé le 4 novembre la fermeture prochaine de son site Blédina de production de céréales infantiles de Villefranche-sur-Saône (Rhône). Le projet annoncé aux partenaires sociaux et aux salariés est prévu pour fin juillet 2027, selon le groupe. Ce site historique de Danone fabrique des produits sous les marques Blédine ou Phosphatine pour les marchés européen et africain, explique Danone dans un communiqué. Son activité a fortement chuté avec une réduction des volumes de 50% depuis 2007. En cause, selon Danone, « la décroissance structurelle du marché européen, lesté par la baisse de la natalité et l'évolution des modes de consommation » et « un déficit de compétitivité sur le marché africain ». « Près de 134 millions d'euros » ont été investis dans l'usine de Villefranche au cours des dix dernières années, rapporte Danone, dont 50 millions pour la moderniser et 84 millions « pour compenser les pertes d'activité et de volumes par des subventions internes ». Le site fonctionne actuellement à « moins de la moitié de ses capacités d'utilisation ». Le groupe s’engage à « proposer un emploi en France » à chacun des membres du personnel concernés, en privilégiant la mobilité interne en région lyonnaise et Auvergne-Rhône-Alpes, et « permettre à chaque salarié de se former et développer ses compétences, en ligne avec ses besoins et aspirations, pour préparer son avenir ».

Insectes : le français NextProtein lève 18 M€ pour construire une 2e usine en Tunisie

Le producteur d’insectes français NextProtein a annoncé le 4 novembre une levée de fonds de 18 M€ pour construire un site de production en Tunisie. « L'entreprise atteindra ainsi la rentabilité grâce à sa deuxième usine en Tunisie, conçue pour produire 12 000 tonnes de produits dérivés d'insectes par an dont 2 500 tonnes de farine protéinée », précise la société dans un communiqué. NextProtein franchit « une étape décisive vers la production de protéines d'insectes à une échelle véritablement industrielle », selon Mohamed Gastli, cofondateur et président de la société. NextProtein insiste sur son modèle économique spécifique adapté aux pays émergents, utilisant pour nourrir les mouches soldat noires des matières premières à faible valeur ajoutée et à forte variabilité. Selon lui, « cela nous permet de proposer des ingrédients compétitifs, facilement intégrables aux chaînes d'approvisionnement mondiales. » La levée de fonds de série B a été mené conjointement par le fonds Swen Capital et British International Investment. Les investisseurs historiques Mirova et Raise Impact ont aussi souscrit à l’opération. Et un prêt senior de 4 M€ a été accordé par un consortium bancaire composé de la Société Générale, du CIC Paris Innovation et de la Banque des Start-up by LCL. 

Poulet in vitro : la start-up française Parima reçoit son premier feu vert à Singapour

La française Parima, née du rachat récent de Vital Meat par Gourmey, vient de recevoir sa première autorisation de mise sur le marché pour sa viande de poulet in vitro à Singapour (lire l’article dans Agra Innovation). Elle devient ainsi la première entreprise européenne à recevoir le feu vert de la Singapore Food Agency (SFA) pour son aliment innovant. Cité dans le communiqué de Parima du 28 octobre 2025, Etienne Duthoit, fondateur de Vital Meat, explique : « Cette première autorisation s’appuie sur le dossier et la technologie avancée développée par Vital Meat avant de rejoindre Gourmey pour former Parima, dont l’expertise combinée soutient maintenant l’une des plateformes de viande cultivée les plus avancées au monde. » L’entreprise française ne précise pas la date du lancement commercial de son produit à Singapour. Selon Parima, « cette première approbation à Singapour fournit un tremplin pour une stratégie de mise sur le marché asiatique plus large ». Elle compte huit autres demandes d’autorisations en cours dans les principaux marchés internationaux pour son poulet et son canard in vitro. (Irina Lafitte, Agra Innovation) 

Boulangerie : Menissez s'offre le distributeur Fresh Food Village (presse)

Très tourné vers l'export (80% du chiffre d'affaires), le groupe nordiste de boulangerie industrielle Menissez (600 millions d'euros de chiffre d'affaires, 1000 salariés), qui se présente comme un leader des pains précuits sous atmosphère, notamment en marque de distributeur (MDD), vient de faire l'acquisition de l'entreprise parisienne Fresh Food Village, spécialisée dans la distribution de produits alimentaire innovants, rapporte Les Echos le 4 novembre. Le quotidien indique que Fresh Food village détient un catalogue de «quelque 200 produits, très majoritairement dans l'univers de la panification», pour un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros «essentiellement sous marques de distributeurs». Elle compte 30 salariés et un entrepôt logistique en Seine-et-Marne. Selon le média LSA, Menissez fait ainsi son entrée au rayon des pains spéciaux des grandes surfaces. Les Echos rappelle que Menissez avait racheté en 2024 l'entreprise galloise The Jones Village Bakery group (119 millions d'euros de chiffre d'affaires, 900 salariés), positionné dans « le segment supérieur de la boulangerie ». Elle avait également repris les sociétés Van Rooy (Pays-Bas), Boulart (Canada), Délice de France (Grande Bretagne).

Spiritueux : la justice italienne met sous séquestre plus de 1 Md€ d'actions Campari

La justice italienne a ordonné le 31 octobre la mise sous séquestre d’actions d’une valeur de 1,3 Md€ détenues dans le groupe de spiritueux Campari par une holding luxembourgeoise, accusée de fraude fiscale. L’enquête de la police financière de Milan a établi que la holding luxembourgeoise, Lagfin, a absorbé lors d’une opération de « fusion par incorporation » sa propre société italienne qui détenait la majorité des actions de Campari, selon les médias de la péninsule. Lors de cette opération, la holding n’aurait pas déclaré des plus-values d’environ 5,3 Md€ de sa société italienne contrôlant Campari, alors qu’elle aurait dû le faire et payer des impôts sur ces plus-values. Ces 1,3 Md€ en actions ordinaires de Campari représentent le montant des impôts qui auraient dû être payés. Le groupe contrôle, outre la liqueur du même nom, de nombreuses marques de spiritueux, les whisky Wild Turkey ou Glen Grant, le cognac Courvoisier ainsi que d’autres marques de gin, tequila ou vodka. Campari a une valorisation boursière d’environ sept milliards d’euros à la Bourse de Milan.

Légumes transformés : paiement record pour les adhérents de Conserve Italia sur 2024-2025

A l’occasion de son assemblée générale le 31 octobre, le  groupe coopératif italien Conserve Italia a indiqué clôturer son exercice 2024-2025 sur un chiffre d'affaires de 1,15 milliard d'euros, sensiblement stable par rapport à l'année précédente, indique Cibuslink sur son site internet. Le directeur général, Pier Paolo Rosetti, a souligné que l'exercice financier avait été marqué par un contexte de « forte instabilité macroéconomique, de déflation des prix et de baisse de la consommation dans certaines catégories », mais aussi par «une politique commerciale prudente, visant à protéger les marges et les revenus des membres». Cette politique s’est traduite par le paiement record de 106 millions d’euros (somme constituée par le prix de base, le complément de prix et d’autres compléments) aux 14 000 producteurs adhérents de la coopérative. « Notre politique commerciale visait à préserver au maximum les marges de l’entreprise, au bénéfice de la filière agricole, même au prix d’une réduction des volumes de vente, partiellement impactés par les campagnes difficiles de 2024 qui ont diminué la disponibilité des produits, notamment pour les tomates », continue Pier Paolo Rosetti. Le groupe coopératif a transformé 549 542 tonnes de tomates et de légumes sur la période, un tonnage assuré à 95% par les producteurs adhérents.