Agra Business | Dijon Céréales, Pepsico, Casino, Rocca, British Airways

hero

Coopératives: Dijon Céréales dévoile ses objectifs à l’horizon 2050

Interrogé par Agra Business, Christophe Richardot, le directeur général de Dijon Céréales (578 M€ de chiffre d'affaires, 787 000 t de collecte, 3000 adhérents), a dévoilé les ambitions chiffrées de sa coopérative pour les 26 prochaines années. Une stratégie détaillée également le samedi 27 septembre au Zénith de Dijon devant près de 1000 salariés, adhérents et partenaires. «Aujourd’hui, les projets de diversification et d’agroénergie se multiplient, confie-t-il. Nous amorçons un vrai virage, car nous sommes prêts. Notre objectif est clair: viser 30 à 40% de chiffre d'affaires (CA) résilient chez nos adhérents, un CA qui n'existe pas aujourd’hui.» Pour cela, la coopérative espère alimenter en gaz, via la méthanisation, 4% des habitants de la Côte-d’Or d’ici à cinq ans, contre 20% aujourd’hui; contractualiser 1500 ha d’agrivoltaïsme dans les trois ans (contre 500 actuellement) pour une mise en production dans les 10 ans; développer la culture d’arbres fruitiers, sur 50 ha à court terme, en utilisant, pour l’irrigation, les eaux de ruissellement et les eaux grises de station d’épuration; accélérer le déploiement des biscuiteries Mistral avec 20 nouveaux points de vente dans les 36 mois. «Aujourd’hui, la commercialisation de céréales pèse 250 M€ de CA, précise-t-il. Nous espérons, d’ici 10 ans, atteindre ce même chiffre d’affaires avec la production d’énergie.» La coopérative va également lancer une réflexion auprès de ses 800 collaborateurs sur l’intelligence artificielle. (Anne Gilet)

Déforestation importée: Bruxelles finit par proposer un report d’une année

Sous pression depuis des semaines, la Commission européenne a finalement présenté le 2 octobre une proposition visant à reporter de 12 mois l’entrée en vigueur du règlement pour lutter contre la déforestation importée. Celui-ci devait s’appliquer à partir du 30 décembre 2024, mais «compte tenu de son caractère novateur, du calendrier rapide et de la diversité des parties prenantes concernées», Bruxelles souhaite décaler son entrée en application au 30 décembre 2025 pour les grandes entreprises et au 30 juin 2026 pour les micro et petites entreprises. Cette proposition doit désormais être validée par les États membres et le Parlement européen. Le même jour, la Commission a publié des documents d'orientation précisant les principes de la méthodologie qu'elle appliquera pour classer les pays comme présentant un risque faible, standard ou élevé de déforestation. De ce classement dépendra le niveau des obligations de contrôle imposées aux opérateurs. «Selon la méthodologie appliquée, une grande majorité de pays dans le monde seront classés comme à faible risque», assure Bruxelles. Le règlement prévoit d’interdire l’importation d’huile de palme, de viande bovine, de soja, de café, de cacao, de bois et de caoutchouc ainsi que de plusieurs de leurs produits dérivés s’ils sont issus de terres ayant été déboisées.

Snacking: Pepsico rachète les tortillas et tacos de Siete Foods pour 1,2 Md$

Le géant de l'agroalimentaire Pepsico a annoncé le rachat, pour 1,2 milliard de dollars (Md$), de la société Garza Food Ventures, qui détient le groupe agroalimentaire texan Siete Foods, spécialiste des produits de snacking mexicano-américains, rapportent plusieurs médias américains. Fondée en 2014, Siete Foods est un fabricant de tortillas, tacos, sauces, épices, et cookies associés à la culture culinaire mexicaine. Ses produits sont décrits comme bon marché. Selon Reuters, ses produits sont distribués dans 40 000 magasins de détail aux États-Unis, dont Whole Foods. Le groupe était détenu par la famille de la fondatrice Veronica Garza et soutenu par l'actrice Eva Longoria. L'opération permet à PepsiCo de diversifier ses marques sur un marché sous tension à cause de l'inflation. Le groupe détient déjà les marques leaders Lay's, Doritos et Cheetos. L'opération intervient peu de temps après que l'autre géant agroalimentaire américain, Mars, a racheté Kellanova (Pringles, Kellogg's) pour 36 Md$ en août.

Distribution: Casino cède 78 magasins à Intermarché et Rocca, qui utilisera l'enseigne Auchan

Le distributeur Casino, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a finalisé cette semaine la cession de 78 magasins au groupement Les Mousquetaires et au groupe Rocca, qui en exploitera sous l'enseigne Auchan», a-t-il indiqué le 2 octobre. Conformément à ce qui avait déjà été annoncé en 2023, Casino a cédé lundi «au groupement Les Mousquetaires (Intermarché, NDLR) sa participation contrôlante de 51% dans 60 magasins», est-il indiqué dans un communiqué. Les 49% restants avaient déjà été cédés aux Mousquetaires un an auparavant. Parmi les soixante magasins cédés figurent un hypermarché, 48 supermarchés et 11 Franprix, Leader Price ou Casino. Par ailleurs, le groupe a aussi finalisé le 1er octobre «l'acquisition par le groupe Rocca de 100% de la société Codim 2», la filiale corse de Casino. Codim 2 a réalisé en 2023 un chiffre d'affaires hors taxes de 332 millions d'euros et exploite sur l'île 18 points de vente dont 9 supermarchés et 4 hypermarchés. Le groupe Rocca, un des principaux employeurs de Corse, reprend l'ensemble des magasins de Codim 2, mais ceux-ci «seront exploités sous l'enseigne Auchan», précise Casino. 

Carbone/épandage de basalte: première compensation pour British Airways

La start-up britannique Undo, spécialiste de l'altération forcée de roches par épandage sur des terres agricoles (voir notre enquête), a annoncé mi-septembre avoir réalisé sa première transaction de crédits carbone avec British Airways. Le montant de l'opération n'a pas été précisé. La transaction s'inscrivait dans un projet pilote avec plusieurs acteurs de la finance visant à industrialiser ce type d'opérations. La compagnie aérienne s'est fixé pour objectif des émissions carbone nulles à horizon 2050. En France, la loi Climat de 2021 impose aux compagnies aériennes de compenser en priorité dans les secteurs forestiers et agricoles européens. Ces derniers jours, deux start-up spécialistes de l'épandage de basalte, Undo et Lithos, ont annoncé la poursuite de leurs partenariats avec Microsoft pour le financement de stockage de CO2. Un contrat de trois ans est annoncé chez l'américain Lithos, pour 11 400 tonnes de C02eq, et de cinq ans avec Undo pour 15 000 tonnes. La start-up américaine Eion, qui épand de l'olivine, a signé son premier contrat sur cinq ans pour 8000 tonnes, et levé 3 millions de dollars dans la foulée. En France, la start-up Climerock a commencé à commercialiser des crédits carbone depuis le mois de mai.

Vignes: le plan d’arrachage doit viser «aux alentours de 60 000 ha» (FranceAgriMer)

Le plan d’arrachage de vignes doit viser «aux alentours de 60 000 ha», a déclaré le 2 octobre Jérôme Despey, sur le point d’être réélu président du conseil spécialisé vin à FranceAgriMer. «Entre l’arrachage définitif et temporaire, on serait aux alentours de 60 000 ha», d’après lui. C’est l’un des points abordés avec Annie Genevard, lors d’une rencontre le jour même avec la filière vitivinicole. Une validation par Bruxelles est attendue le 3 octobre pour le plan d’arrachage définitif, dont l’enveloppe prévisionnelle est de 120 M€. Quant à l’arrachage temporaire, son sort est lié aux conclusions du groupe à haut niveau, réuni une première fois par la Commission le 11 septembre. Les représentants de la filière ont parlé à la ministre des sujets conjoncturels: «conflit avec la Chine qui impacte les spiritueux (…), adaptation des outils de prévention et de gestion des crises climatiques, restructuration des coopératives», selon le communiqué commun. Une liste incluant le besoin de trésorerie des exploitations et des entreprises, pour lequel la filière réclame notamment des PGE (prêts garantis par l’Etat). Cette rencontre du 2 octobre a aussi été l’occasion de présenter le plan stratégique de filière, détaillé en décembre.

Influenza aviaire: un nouveau cas en Bretagne, dans le nord-Finistère (GDS)

Le GDS (Groupement de défense sanitaire) de Bretagne a signalé ce 2 octobre un nouveau cas d’influenza aviaire à proximité de Taulé, sur la côte finistérienne, près de Morlaix. Ce cas était soupçonné ce dimanche; il s’agit d’un élevage de 30 000 poules pondeuses en plein air. «L’enquête épidémiologique conduite en élevage oriente vers une probable contamination par l’avifaune sauvage», indique le bulletin en ligne. Le dépeuplement a débuté le mardi 1er octobre et se poursuivait le 2 octobre d’après un communiqué de la préfecture du Finistère à cette date. Cette dernière a publié le lundi 30 septembre un arrêté imposant un recensement des élevages commerciaux en zone réglementée (de protection dans un rayon de 3 km et de surveillance dans un rayon de 10 km), lesquels doivent déclarer leurs effectifs à la DDPP (préfecture). Cet arrêté charge les maires des communes en zone de protection (Locquenole, Carantec, Henvic, Taulé, Morlaix) de recenser les exploitations non commerciales (basses-cours) et autres oiseaux captifs. Trois cas avaient déjà été signalés depuis le mois d'août en France.

FCO: trois premiers foyers du sérotype 3 en Espagne, à la frontière avec le Portugal

Les autorités espagnoles ont annoncé, dans un communiqué du 30 septembre, la confirmation de trois foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec le Portugal. La «maladie de la langue bleue» a touché trois élevages ovins à Cheles, à Alconchel (province de Badajoz) et à Rosal de la Frontera (province de Huelva). Après l’apparition de «symptômes cliniques compatibles» avec la FCO, l’infection par le virus BTV («Blue tongue virus») a été confirmée par le laboratoire national de référence. L’Espagne est déjà confrontée aux sérotypes 8 et 1 de la FCO. Ces premiers foyers de FCO-3 y surviennent deux semaines après l’arrivée du sérotype 3 dans des élevages ovins au Portugal. Selon la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale, le séquençage n’a pas encore permis de confirmer si la souche présente dans la péninsule ibérique est identique à celle circulant en Europe du nord. «Il pourrait également s’agir d’une souche proche de la souche enzootique en Sardaigne», avance-t-elle dans son bulletin hebdomadaire du 1er octobre. Apparue à l’automne 2023, la FCO-3 s’est propagée dans l’ensemble de l’Europe occidentale et du nord, jusqu’à la Norvège et la République tchèque (à l’exception de l’Italie et de l’Irlande).

Biocontrôle: la musique fait de l'effet aux champignons Trichoderma harzianum

Des chercheurs australiens ont découvert que la diffusion d'un son monotone stimulait l'activité de Trichoderma harzianum, un microscopique champignon utilisé comme agent de biocontrôle contre les pathogènes.  Sur la base de travaux antérieurs sur l'exposition de la bactérie E. Coli à des ondes sonores, ces biologistes ont voulu évaluer l'effet d'une stimulation acoustique sur le taux de croissance et la production de spores - ou sporulation - de Trichoderma harzianum. Dans cette étude dont les résultats sont parus dans les "Biology Letters" de la British Royal Society, des boîtes de pétri ont été exposées à des bruits blancs à 80 décibels trente minutes par jour. Au bout de cinq jours, les taux de croissance et de sporulation des champignons soumis à la stimulation acoustique étaient plus élevés que ceux des spécimens placés dans les chambres sans paysage sonore. «Nos recherches préliminaires suggèrent que les champignons réagissent au son, mais nous ne savons pas encore si cela profite aux plantes. C'est donc la prochaine étape», détaille le biologiste. «Pouvons-nous influencer les communautés microbiennes du sol ou des plantes dans leur ensemble ? Pouvons-nous accélérer le processus de restauration des sols en stimulant la terre avec des paysages sonores naturels? Quel impact cela pourrait-il avoir sur la faune du sol? Il y a de nombreuses questions importantes pour nous occuper!», conclut-il.

Coopératives : Benjamin Boyet prend la direction du pôle agricole de Dijon Céréales

Benjamin Boyet est le nouveau directeur du pôle agricole de Dijon Céréales (21). Il remplace Christian Loyal qui fera valoir ses droits à la retraite en fin d’année : une période de tuilage est assurée entre les deux hommes jusque-là. Benjamin Boyet était, depuis octobre 2021, directeur appro (marchés semences, phytos et biostimulants) au sein de la coopérative. Il est remplacé par Ludovic Bourgeois, ex-conseiller terrain. (Anne Gilet)

Coopératives : Ghislain Camus, nouveau directeur du service céréales de Dijon Céréales

Ghislain Camus est le nouveau directeur du service céréales de Dijon Céréales (21). Il remplace Victor Moulins qui s’installe agriculteur : ce dernier continuera à accompagner la coopérative sur le dossier de la transformation digitale. Ghislain Camus est entré chez Dijon Céréales en mai 2023 en tant que responsable des marché céréales. Il avait précédemment évolué chez Oxyane et Axéréal. (Anne Gilet)