Porc/volaille : en Espagne, le leader de la salaison de porc s'invite dans la volaille
Le groupe espagnol Fuertes, roi de la salaison de porc en Espagne avec la marque El Pozo, annonce dans un communiqué du 9 octobre l’acquisition du groupe volailler Nutrave (près de 63 millions d’euros de chiffre d'affaires 2024), en Castille-La Manche. Il s'agit de sa deuxième acquisition dans le secteur, un mois après y être entré avec l’acquisition du groupe réunissant les entreprises familiales Tolvasa et Paasa (environ 59 millions d’euros de CA selon la presse économique) dans la même région. Son intention est que les industriels de la volaille demeurent sous capitaux espagnols, explique le groupe familial, alors que « trois des dix principaux opérateurs sont déjà dans des mains étrangères ». Il entend s’installer sur un « segment stratégique de consommation » et en maîtriser la chaîne d’approvisionnement . Concrètement, Fuertes entend conserver les fournisseurs et sites de transformation de Nutrave, un groupe intégré verticalement depuis l’accouvage jusqu’aux produits élaborés de volaille. Il précise que les trois familles fondatrices de Nutrave resteront au capital et accompagneront la famille Fuertes durant la transition.
Lait: les ventes de Savencia portées par le chocolat au 3e trimestre, tensions sur le lait
Le groupe Savencia Fromage & Dairy a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires sur les trois premiers trimestres, portée par ses activités chocolat alors les fromages ont intégré le contexte de baisse de prix du lait. Le chiffre d’affaires au 30 septembre était en hausse de 7,8%, à 5,42 milliards d’euros, avec une «accélération» au troisième trimestre «en lien avec la saisonnalité des activités chocolat» qui commencent à être vendus pour les fêtes, selon un communiqué. Cette hausse est aussi due à des acquisitions: l’intégration des activités Chocolat de Savencia Gourmet et l’acquisition de Quata au Brésil, le groupe recentrant sa stratégie sur les fromages et le chocolat. Mais l’activité des «métiers et zones historiques» (principalement les fromages vendus en Europe) progressent moins vite, voire reculent en données comparables, «confirmant les tendances de consommation encore fragiles constatées depuis le début de l’année, ainsi qu’un alignement des prix dans un contexte de baisse de prix du lait», selon le communiqué. En 2025, la collecte de lait a augmenté en France à 23,5 milliards de litres, tout comme le prix payé aux éleveurs. Mais, début 2026, les industriels ont fait face à une baisse des prix du beurre et une hausse de leurs charges à cause de la guerre au Moyen-Orient.
Boulangerie industrielle: l'Italien Morato rachète deux concurrents, en Italie et Allemagne
Dans un communiqué du 12 octobre, le groupe italien spécialisé dans la boulangerie industrielle Morato Group a annoncé le rachat de CEA Italia et de l’allemand Jaus Bakery. L’opération permettra de créer un «pôle européen de la boulangerie», et de porter le chiffre d’affaires consolidé du groupe au-delà de 500 M€. Le communiqué rappelle que depuis 2023, Morato Group est présent dans l’Hexagone, exploitant dans les Hauts-de-France à Gauchy une usine de production de buns et de pains pour hamburgers. L'entité réunira plus de 1 800 collaborateurs ainsi que 19 sites de production en Italie, en Espagne, en France et désormais en Allemagne. Le boulanger industriel pourra ainsi étendre son influence en Europe, et proposer des produits complémentaires aux siens. Morato Group revendique une production annuelle de 180 000 tonnes de pain de mie, de pain sans croûte, de pain pour bruschetta, de buns. Suite au rachat, il produira également des pains rustiques et de spécialité. L'entreprise précise avoir réalisé quinze acquisitions en huit ans, avec le soutien du cabinet de consulting Aliante Partners.
Céréales: feu vert à la reprise par Bunge et CM d'un terminal portuaire polonais
La Commission européenne a annoncé le 13 octobre, avoir approuvé la prise de contrôle conjointe du terminal céréalier de la Baltique, situé dans le port de Gdynia, en Pologne par les entreprises Bunge et Copenhagen Merchants (CM). Bunge est un géant agroalimentaire suisse principalement actif dans la vente de tourteaux et d’huiles d’oléagineux ainsi que d’autres huiles végétales, tandis que le danois Copenhagen Merchants est spécialisé dans le courtage de matières premières agricoles, le transport en vrac sec, le développement de logiciels numériques en rapport avec le secteur agricole et l’exploitation de terminaux portuaires en Europe. Bruxelles précise que cette reprise a été validée dans le cadre de la procédure normale de contrôle des concentrations et que son enquête a conclu que l’opération notifiée en septembre ne soulèverait pas de problèmes de concurrence, compte tenu de son impact limité sur la concurrence dans les marchés où les entreprises concernées exercent leurs activités.
Abricots : l’obtenteur Cot International relance Vanilla Cot avec une génétique renouvelée
La gamme d’abricots à chair blanche Vanilla Cot, créée et éditée par l’obtenteur français Cot International, va trouver un nouveau souffle à travers un projet de développement international structuré autour « d’une génétique renforcée et parfaitement adaptée aux exigences du marché » a annoncé la société au salon Fruit Attraction de Madrid début octobre. Son déploiement s’oriente autour d’un plafonnement à 500 hectares de plantations sur l'ensemble du bassin méditerranéen. Un programme exclusif qui s'appuie sur un réseau restreint d'acteurs engagés, leaders en France, en Italie et en Espagne. L’organisation repose désormais sur une démarche filière structurée, portée par les acteurs du programme sous licence concédée par Cot International. Elle s’engage à faire vivre la marque selon un cahier des charges « strict » assurant la protection de la valeur et la stabilité des investissements. « Les premières plantations démarrent et les premiers volumes sous la marque Vanilla Cot® seront disponibles dès la saison 2027, couvrant la fenêtre stratégique de récolte du 15 mai au 15 juillet », indique Pascal Bassols Pot, responsable technique et commercial chez Cot International. L’entreprise Cot International poursuit par ailleurs sa croissance par l’ouverture à l’international (présence dans 38 pays), et intègre de nouvelles compétences dans une équipe passée en quelques années de quatre à onze personnes. (Florence Rabut)
Assurance des prairies : malgré des « incohérences », le satellite est « fiable » (Airbus)
Interrogé le 9 octobre par Agra Presse au sujet de l’indice de production des prairies (IPP) fourni par Airbus, un porte-parole de l’avionneur français indique que « l’algorithme actuellement utilisé a montré sa fiabilité » depuis son lancement en 2019, même si des « incohérences ponctuelles » restent possibles. Les représentants des éleveurs contestent régulièrement l’évaluation des pertes, mesurée par satellite dans le cadre de l’assurance récolte, notamment en cette année « hors-normes ». « Comme n’importe quel processus de modélisation, l’IPP peut parfois produire des incohérences ponctuelles, liées à la combinaison de milliards de données », explique-t-on chez Airbus. « Cela ne remet pas en cause l’indice dans sa globalité. » Par ailleurs, les différences constatées entre l’indice satellitaire et les données de terrain ne sont pas forcément en défaveur des agriculteurs. Selon Airbus, « en Bretagne, la chambre d’agriculture estimait à fin août les pertes autour de 20 %. Mais l’IPP a mesuré que plus de la moitié des communes du Finistère présentaient des pertes supérieures à 30 % » (seuil de déclenchement de l’indemnisation de solidarité nationale). Le groupe toulousain dit recevoir « un nombre très limité de contestations, autour de quelques dizaines par an » ; un ordre de grandeur comparable à celui avancé par Annie Genevard au Space.
Petit gibier: le groupe Carré s’associe à une fédération de chasse pour tester des couverts
Le groupe Carré et la fédération départementale des chasseurs du Nord ont signé le 12 octobre une convention de partenariat pour « expérimenter des pratiques agricoles favorables à la biodiversité ». L’idée est de profiter de l’interculture pour implanter des couverts propices au petit gibier de la plaine. Les essais seront menés au sein de la ferme pilote du négociant, implantée sur 30 ha à Gouy-sous-Bellonne dans le Pas-de-Calais. Y seront testés différentes espèces, différentes modes d’implantation, au drone ou à l’épandeur d’engrais par exemple, avant ou après la moisson, avec plusieurs techniques de travail du sol. L’enjeu est d’expérimenter de nouvelles approches, d’identifier des solutions concrètes pour concilier performance agricole, technique et économique, et préservation de la faune. Avec l’ambition ensuite, de les déployer à plus grande échelle. (Anne Gilet)