Négoce/coopératives : Soufflet Agriculture présente sa nouvelle politique RSE
Dans un communiqué du 15 juillet, Soufflet agriculture (filiale d’InVivo) a présenté sa nouvelle politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises), dénommée « Impact Soufflet Agriculture ». Elle repose sur quatre leviers, dont les objectifs seront à atteindre à l’horizon 2030. Le premier : la réduction des gaz à effet de serre (GES) directs. Le deuxième : « Assurer durablement la fertilité des sols et la préservation des ressources ». Pour rappel, Soufflet Agriculture avait annoncé en mars le lancement de son offre Greenleaf, proposant des hectares sains. L’objectif est, entre autres, de réduire l’usage de produits phytosanitaires (dans ce cas, des fongicides). Le troisième : « Accompagner la transition agricole tout en générant de la valeur économique pour les agriculteurs », avec ses clients, partenaires et territoires. Le dernier : « Prendre soin de nos collaborateurs et cultiver les talents ». Christophe Passelande, président de Soufflet Agriculture, déclare dans le communiqué que l’ambition du plan « est de contribuer à l’agriculture du futur tout en restant le partenaire des agriculteurs grâce à nos solutions agronomiques, notre offre digitale Farmi et notre capacité à valoriser leurs productions ».
Taxes Trump : le soja et le bourbon dans un nouveau projet de liste de contremesures de l'UE
En cas d’échec des pourparlers avec les Etats-Unis, la Commission européenne prévoit de taxer les importations agroalimentaires américaines à hauteur de 6,3 milliards d’euros. Selon un projet de liste des produits susceptibles de faire l'objet de mesures de rééquilibrage, mis sur la table des Etats membres le 14 juillet et obtenu par Agra, le soja, la viande, les fruits et légumes ou les fruits à coque pourraient notamment être affectés. Les boissons alcoolisées (spiritueux, vins, bourbon), dont la présence dans une première liste de sanctions au printemps avait pourtant suscité la controverse, sont également présentes dans cette nouvelle liste. Pour pouvoir être mise en œuvre, elle doit encore être examinée et validée par les Etats membres. Mais l’exécutif européen prévient qu’aucune contremesure ne sera appliquée d’ici le 1er août. Son objectif principal reste d’obtenir une solution négociée avec les Etats-Unis d’ici là. Pour ce faire, le commissaire au Commerce Maros Sefcovic s’entretient avec ses homologues transatlantiques, Howard Lutnick et Jamieson Greer, tandis que des équipes techniques de la Commission européenne se rendent à Washington. « Nous pensons qu'un accord de principe est à portée de main », a rappelé le 15 juillet le porte-parole de la Commission européenne au Commerce.
Blé tendre : la récolte française 2025 attendue en net rebond par rapport à 2024 (ministère)
Les services statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste) ont publié leur première prévision de récolte française 2025 de blé tendre, dans leur rapport mensuel du 15 juillet. Elle est attendue à 32,6 Mt, en hausse de 7 Mt par rapport à l’année catastrophique de 2024. Certains analystes, notamment le cabinet de courtage Plantureux et Associés, tablent sur un chiffre un peu plus élevé. En orge, elle atteindrait 11,77 Mt, contre 9,9 Mt l’an dernier. Notons que les volumes d’hiver ont été nettement relevés par rapport au précédent rapport de juin, passant de 7,8 Mt à 8,3 Mt. Du côté du blé dur, les volumes sont espérés à 1,26 Mt, un niveau proche de 2024 (1,23 Mt). Notons la forte progression de la moisson de féveroles, de 80 000 t environ annuellement, à 295 000 t. En pois, elle est évaluée à 514 000 t, contre 487 000 t l’an passé. En colza, Agreste maintient sa première prévision survenue le mois précédent, à 4,2 Mt (3,87 Mt l’an dernier). Les coupes n’étant pas encore finalisées, les chiffres sont amenés à évoluer lors des prochaines publications.
Moissons : « Il ne restera plus beaucoup de blé sur pied au 20 juillet » (interprofession)
Contacté par Agra Presse, Benoît Piètrement, agriculteur dans la Marne et président d’Intercéréales, a indiqué « qu’il ne devrait pas rester beaucoup de blé sur pied en France d’ici le 20 juillet ». Ainsi, il confirme les échos collectés ces derniers jours : la récolte hexagonale 2025 de céréales dispose d’une quinzaine de jours d’avance par rapport à d’habitude. Le président d’Intercéréales corrobore également les échos positifs de rendements et de qualité : « Il y a ponctuellement de l’échaudage, mais globalement, nous observons de bons rendements et une très belle qualité. (…) Les agriculteurs que je croise ont plutôt le sourire à ce sujet ». En maïs, même s’il est encore trop tôt pour se prononcer sur le potentiel des cultures, « des précipitations sont tombées au bon moment la semaine passée ». Néanmoins, un gros bémol vient ternir les bonnes récoltes : les prix restent actuellement très bas. Par ailleurs, Benoît Piètrement a salué la décision de l’Anses de suivre les recommandations de l’UE en mai dernier d’accorder un délai de grâce à l’usage du flufénacet (herbicide), permettant d’assurer les semis 2025 et 2026 de céréales.
Céréales : en Bourgogne, une moisson satisfaisante qui touche à sa fin
A l’issue du week-end du 14 juillet, la récolte touche à sa fin en Bourgogne. « Nous avions commencé tôt, pointe Benjamin Boyet, directeur du pôle agriculture de Dijon Céréales. Fin juin, nous avions rentré 100 000 tonnes de céréales, un record en quantité sur ces 20 dernières années ». La qualité était également au rendez-vous, pour toutes les céréales : « Les orges sont satisfaisantes en termes de protéines, à 10,5 et les calibrages sont en moyenne à 90, du jamais vu ! » s’enthousiasme Damien Racle, directeur général du négoce Bresson. Les rendements moyens, qui semblaient exceptionnels de prime abord, ont été contrebalancés par des résultats plus décevants selon les localisations. « Nous faisons environ 1 tonne de plus à l’ha que notre moyenne historique » détaille Benjamin Boyet. Côté blé, les rendements sont dans la moyenne haute, aux alentours de 75 quintaux, contre 52 en 2024 pour la Bourgogne-Franche-Comté. La protéine atteint tout juste 11,5 %, soit un demi-point de plus que le minimum nécessaire à la meunerie, mais les poids spécifiques sont particulièrement élevés, à plus de 80, bien au-dessus des 76 kg/hl nécessaires à la meunerie. « Le seul point noir de cette récolte, ce sont les prix, regrette Damien Racle. Nous allons vendre du blé meunier au même prix que le blé fourrager l’année passée. » (Elena Blum)
Bovins/DNC: 21 foyers déclarés, extension de 30 kilomètres vers l'Est
Selon les dernières informations transmises par la DGAL (ministère de l'Agriculture) qu'Agra presse a pu consulter, quatre foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été confirmés ce weekend, notamment à Faverges, à une trentaine de kilomètres à vol d'oiseau de la commune d'Entrelacs, où se concentraient jusqu'ici la majorité des foyers. Ces nouveaux cas ont entrainé une extension de la zone réglementée vers l'Est. 68 communes passent de zone de surveillance (ZS) en zone de protection (ZP), 67 nouvelles communes basculent en zone de surveillance. En date du 14 juillet, 21 foyers ont été détectés en France, répartis dans deux départements : Savoie, Haute-Savoie. La stratégie vaccinale de la France est toujours attendue. Selon la Coordination rurale (CR), qui s'est entretenue avec la ministre de l'Agriculture le 3 juillet, la France aurait réservé 500 000 doses de vaccins, sur un stock européen d'un million. Le laboratoire fabricant de ces doses serait situé en Afrique du Sud. Selon la CR, Annie Genevard étudiait début juillet les possibilités de commande, avec une disponibilité «sous quinzaine». En attendant, des marchés se ferment, notamment la Chine et la Corée du Sud pour la viande, le Japon pour les abats, le Canada et le Royaume-Uni pour les produits laitiers non pasteurisés, rapportait récemment la DGAL.
Glaces : aux Etats-Unis, les fabricants s'engagent à supprimer tous les colorants de synthèse
Les grands fabricants de glaces se sont engagés le 15 juillet à se passer de colorants de synthèse à partir de 2028, une décision appelée de ses voeux par le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr. Les membres de l’Association internationale des produits laitiers (IDFA), qui revendique plus de 90% des volumes vendus aux Etats-Unis, vont renoncer à six colorants différents autorisés jusqu’ici par l’Agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), selon un communiqué. Le gouvernement Trump avait annoncé fin avril la révocation de l’autorisation des deux autres colorants artificiels figurant sur la liste de la FDA, une neuvième référence ayant été supprimée par l’administration Biden en janvier. Depuis sa prise de fonction, Robert Kennedy Jr s’est auto-proclamé pourfendeur de la malbouffe et a promis d’éliminer les colorants artificiels de toute l’industrie agroalimentaire, principalement sur la base du volontariat. Selon le ministre, avec l’engagement des producteurs de glace, la proportion du secteur agroalimentaire qui a promis de ne plus utiliser de colorants synthétiques est désormais comprise entre 35% et 40%. Cette part s’ajoute, a déclaré Robert Kennedy Jr lors d’une conférence de presse, aux 35% liés à des entreprises bio ou utilisant des produits exclusivement naturels.
Framboise : en Serbie, sécheresse et manque d'irrigation affectent la récolte
La sécheresse qui sévit en Serbie, un des principaux exportateurs mondiaux, mets en péril la récolte de framboises cette année, rapporte l’AFP le 15 juillet. Le manque d'eau est arrivé six semaines plus tôt que d'habitude, dès la mi-juin, quelques semaines à peine après un gel tardif qui avait déjà porté un coup sévère aux framboisiers. Les producteurs serbes se retrouvent sans solution et espèrent que l'état de catastrophe naturel sera déclaré. En 2024, la Serbie a exporté 79 582 tonnes de framboises (33,1% des exportations de fruits), pour un chiffre d’affaires de 247,3 millions d'euros et près de 99% ont été exportées congelées, principalement vers la France et l'Allemagne, a indiqué à l’AFP la Chambre de commerce serbe. Celle-ci est plus que pessimiste : « Les remontées du terrain laissent penser que cela sera l'une des pires saisons que le pays a connues, tant en termes de rendement que de qualité des fruits ». Les producteurs de framboises ne disposent pas de système d’irrigation, faute d’investissements. « Bien que la Serbie ait environ 1,3 million d'hectares qui pourraient être irrigués, en pratique, seulement 30 000 à 40 000 hectares le sont actuellement », reconnaît Serbia waters, l'entreprise publique responsable des projets d'irrigation.
Fleurs : premier semestre positif pour les fleuristes du groupe Emova (Monceau Fleurs)
Emova Group, premier réseau en France de vente de plantes et fleurs au détail (Monceau Fleurs, Au Nom de la Rose, Happy et Coeur de Fleurs) a annoncé une progression de 3% de son chiffre d’affaires (15,3 M€) pour le 1er semestre 2024/2025, début juillet. L’Ebitda s’établit à 3,6 M€, en hausse de 590 000 euros par rapport au 1er semestre 2024, portant la marge à 23,7% (+3,2 points). Les bons résultats du semestre permettent de relancer les investissements. «Plusieurs franchisés historiques ont poursuivi leur développement notamment l’ouverture du huitième magasin de nos franchisés historiques à Strasbourg », souligne le groupe. Il va intensifier au second semestre sa dynamique de recrutement de nouveaux franchisés. Emova investit par ailleurs dans le déploiement de l’intelligence artificielle avec pour objectif de renforcer l’efficacité opérationnelle tant au siège qu’en magasin : « Nous poursuivons le recentrage de nos actions autour de nos marques fortes et distinctives afin de fidéliser nos clients et nos partenaires», souligne Saloua Maslaga, président. Le groupe reste positif pour la suite de l’année, mais conscient des risques : hausse des coûts des matières premières et du transport, canicule susceptible de peser sur les ventes estivales, contexte de consommation atone.
Vin : feu vert de Bruxelles à des «prix d’orientation» pour le bio et le HVE
La Commission européenne estime, dans un avis publié le 15 juillet, que l'accord conclu entre les producteurs de vins et leurs acheteurs sur la fixation de prix d’orientation » pour les vins bio et HVE en Occitanie « respecte toutes les conditions de l'article 210 bis du règlement OCM ». Bruxelles donne donc, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du règlement en 2023, son feu vert à un tel accord, pour une durée de 2 ans. Celui-ci vise à inciter les producteurs à poursuivre leur production durable (HVE ou bio). Les prix d'orientation seront fixés à un niveau couvrant les coûts de production assortis d'une marge bénéficiaire pouvant atteindre 20 % de ces coûts. Ils seront fixés annuellement pour chaque référentiel et pour six cépages. Une demande d'avis concernant cet accord avait été adressée à la Commission européenne au mois de mars par l’interprofession InterOc pour les vins Pays d’Oc IGP. Dans le contexte actuel d’offre excédentaire importante, « de nombreux producteurs de vins biologiques et HVE sont moins rentables que les producteurs de vins conventionnels et pourraient soit se tourner vers la production conventionnelle, soit abandonner complètement la production viticole », justifie notamment la Commission européenne. D’autres bassins de production, comme la Nouvelle-Aquitaine et la Vallée du Rhône-Provence, seraient intéressés par ce dispositif.
Marchés mondiaux : la demande alimentaire mondiale va continuer de grossir (OCDE/FAO)
Au vu des projections démographiques, de croissance des revenus et d’urbanisation notamment dans les pays émergents, la consommation alimentaire mondiale devrait croître de 13 % dans les dix prochaines années, est-il estimé dans le rapport annuel de l'OCDE et de la FAO paru le 15 juillet. L’Inde et les pays d’Asie du Sud-Est, qui assurent l’essentiel de la croissance observée parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, devraient compter pour 39 % de la consommation supplémentaire à l’horizon 2034, contre 32 % au cours des dix dernières années. À l’inverse, la Chine, qui a été l’un des principaux moteurs de la demande mondiale au cours de la décennie écoulée ne devrait contribuer qu’à hauteur de 13 % à la croissance de la consommation d’ici 2034, contre 32 % auparavant. Pour y répondre, la production de l’agriculture et de la pêche devraient augmenter de 14 %. Or les gains de productivité n’y suffiront pas, tandis que les surfaces cultivées et la taille des troupeaux devraient augmenter, en particulier en Afrique et dans le sud de l’Asie, note le rapport, qui anticipe ainsi une hausse de 6 % des émissions de GES de l’agriculture sur ces dix années.