Agra Business | Saipol/Agroinvest, Heineken/Carrefour, D2N, Rijk Zwaan

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Oléagineux : accord commercial entre Saipol et le triturateur grec Agroinvest

Dans un communiqué du 9 juillet, le bras industriel du groupe français Avril, Saipol, a annoncé la signature d’un accord commercial et industriel avec l’entreprise familiale grecque Agroinvest. L’objectif est « d’apporter des solutions à la demande croissante en tourteaux riches en protéines et en huiles végétales bas-carbone sur les marchés méditerranéens », indique le communiqué. Saipol précise que la région méditerranéenne ne dispose pas encore d’une capacité industrielle suffisante pour répondre aux besoins croissants. Contacté par Agra Presse, le service communication de Saipol explique qu'il s’engage à approvisionner en graines de colza son homologue grec, qui se chargera de les triturer dans son usine. Saipol se chargera ensuite d’acheter les tourteaux et le biodiesel pour les revendre à ses clients. « Au travers de ce partenariat, nous permettons à Agroinvest d’augmenter l’utilisation de son outil industriel, en assurant la mise à disposition de produits au départ de la zone méditerranéenne », commente Saipol. Les volumes de graines, de tourteaux et de biodiesel concernés n’ont pas été dévoilés.

Bière : Heineken et Carrefour s’associent pour réduire leur empreinte carbone

Dans un communiqué du 9 juillet, le brasseur d’origine néerlandaise Heineken a annoncé la signature d’un plan avec Carrefour, le Sustainability Linked Business Plan (SLBP), destiné à réduire l’empreinte carbone des entreprises, et, dans ce cas, des rayons bières du distributeur en France. Plus en détail, le brasseur projette une production de 9 millions de bouteilles en verre réemployables, via « le projet ReUse, porté par Citéo ». Il prévoit également de proposer au moins une bière sur quatre en format canette aluminium, et une diminution de 15 % de l’empreinte carbone liée à l’utilisation d'orge maltée, via le projet Transitions de Vivescia. Cet accord ne serait qu’une première étape pour Heineken, puisqu’il espère l’étendre à l’international, dans les pays où il est implanté. L’Espagne et le Brésil sont évoqués. De son côté, Carrefour se fixe l’objectif d’établir 200 SLBP avant 2030. Les fournisseurs du distributeur signataires du plan doivent s’engager sur au moins trois objectifs communs, selon la catégorie de produits vendus : « décarbonation du transport, déplastification, végétalisation de l’alimentation, mise en œuvre de pratiques agricoles durables », précise le communiqué.

Négoce agricole : dans la Mayenne, D2N investit 3 M€ dans un nouveau silo de stockage

Juste à temps pour le début de la moisson, réalisée au 9 juillet à hauteur de 25 %. « Notre nouveau silo, implanté sur la commune de Désertines, dans la Mayenne, est désormais opérationnel pour la partie stockage », indique Alain Datin, le dirigeant du négoce D2N (300 000 t de collecte) interrogé par Agra Business. Il remplacera celui de 2000 t, construit au cœur du village et devenu, depuis, obsolète et moins fonctionnel. Avec ce nouveau site, plus moderne, pouvant accueillir 12 000 tonnes de grains, la capacité totale de stockage du négoce passe à 200 000 t, réparties sur 32 sites dans cinq départements. « Dans cette zone d’élevage, proche des départements de l’Orne et de la Manche, nous sommes en déficit de stockage pour nos céréales, poursuit-il. Cet investissement de 3 M€ était vraiment indispensable. » D’autres travaux sont d’ores et déjà programmés sur le site de 2,5 ha. Pour 2026, une fosse de réception et divers matériels de manutention seront installés. Un projet de séchoir et la construction d’un magasin dédié à l’appro sont également à l’étude. (Anne Gilet)

Moisson : production de blé et d'orge dans la moyenne quinquennale (Plantureux et Associés)

Contacté par Agra Presse, Edward-Hugues de Saint-Denis, courtier chez Plantureux et Associés, l’un des plus gros cabinets français en céréales, indique de bons échos de rendements en orges d’hiver et de printemps, « supérieurs aux attentes des opérateurs lors du printemps 2025. La production française devrait atteindre un niveau proche de la moyenne quinquennale (2020-2024), et donc les 11 Mt. En blé tendre, c’est également bon. La production devrait là aussi tourner autour de la moyenne quinquennale, soit 34 Mt ». Selon Agreste, la moyenne 2020-2024 s’élève à 34,5 Mt en blé, et celle en orge à 11,85 Mt. La particularité de cette année est la précocité des récoltes. La qualité serait également au rendez-vous. Les PS sont élevés, surtout en orge, avec une moyenne nationale qui tournerait autour des 65 kg/hl. En blé, elle s’établirait autour des 77-78 kg/hl, d’après l’expert.  Les taux de protéines seraient également satisfaisants. En blé tendre, malgré une forte hétérogénéité, « nous atteindrons largement le 11% de protéines en moyenne nationale », se réjouit Edward-Hugues de Saint-Denis. En orge, les taux seraient bons, « ni trop élevés, ni trop bas ». Bien entendu, « la récolte n’est pas terminée, et des ajustements peuvent encore survenir » précise-t-il.

Maïs ensilage : les cultures sont à un stade de floraison précoce, selon Arvalis

Dans un communiqué du 9 juillet, Arvalis indique que 2025 constitue une année de floraison précoce pour les cultures françaises de maïs dit "fourrage" (maïs qui sera ensilé). L’institut technique rappelle que « connaître la période de floraison permet d’anticiper la date de récolte ». Les conditions de semis cette année ont été bien plus favorables qu'en 2024 (qui avait souffert d’intenses précipitations, retardant les semis), justifiant en partie cette précocité. Les travaux ont pu démarrer aux alentours de la mi-avril dans de nombreuses régions du nord du pays : Bourgogne, Normandie, Hauts-de-France, Île-de-France, Grand Est, Pays de la Loire, Centre. Seule exception : la Bretagne, où les emblavements ont commencé fin avril. Au sud de la Loire en revanche, les précipitations ont engendré des semis plus tardifs. Autre facteur de précocité : les températures élevées courant mai et juin. « L’écart à la moyenne de la température en °C du 1er au 30 juin est excédentaire par rapport à la normale (période 2004-2023). Cela entraîne une croissance rapide des maïs et une floraison précoce », détaille Arvalis.

Pommes/poires : le verger britannique pourrait être divisé par deux d’ici 2037

La principale organisation de producteurs anglais, British Apples & Pears Limited (BAPL) tire la sonnette d’alarme sur l’avenir du verger britannique dans les prochaines années. Dans son recensement des vergers (en anglais) diffusé le 4 juillet , elle souligne le risque de voir la moitié du verger de pommes et de poires (5 532 hectares en 2025) disparaître en 12 ans (2037). La superficie des vergers britanniques est stable depuis près de 10 ans (5 577 hectares en 2016), mais 2023 et 2024 ont été deux des trois années où la superficie a été la plus faible, précise l’association. « Pour simplement maintenir la superficie actuelle des vergers de pommiers, les producteurs britanniques devraient planter 369 hectares de nouveaux vergers chaque année. Ils prévoient moins de la moitié de ce chiffre (145 hectares)  soit une baisse de 32 % par rapport à la moyenne quinquennale», s’inquiète le BAPL. « Ce constat ne s'explique pas par le fait que les producteurs disposent déjà de nombreux jeunes arbres productifs. En réalité, 12 % des vergers de pommiers et 55 % des vergers de poiriers britanniques ont plus de 21 ans ». L’enquête révèle que 840 hectares de vergers, soit 15% du total, sont en jachère (non plantés ou replantation en cours), « une opportunité manquée d’expansion » pour la BAPL.

Pêches : baisse des volumes confirmée, une bonne qualité attendue

Une note du ministère de l'Agriculture (Agreste) le 9 juillet confirme la baisse de la production cette année de la production française pêches, nectarines, brugnons et pavies. Au 1er juillet, la récolte devrait reculer de 8 % par rapport à 2024 et atteindre 217 200 tonnes. « C’est une déception en termes de volumes, alors que nous attendions des niveaux similaires à ceux de l’année dernière » concède Raphaël Martinez, directeur de l’AOPN Pêches et abricots contacté par Agra Presse,qui table plutôt sur 190 000 tonnes. Le volume reste néanmoins proche de la moyenne des cinq dernières années. L’ensemble des bassins de production est concerné par ce repli, mais en particulier la vallée du Rhône (-19% sur un an) et l’Occitanie (-7%). « Il y a eut des phénomène de coulure à cause des pluies en mars et avril. Du coup, les volumes sont moindres mais de bonne qualité, même si on peut regretter que les fortes chaleurs aient entrainé une limitation dans les calibres », analyse le directeur de l’AOPn. Le début de commercialisation semble s’être déroulé sans encombre : « Il y a une forte demande précoce car l’origine espagnole était peu présente, excepté en pêches plates. Il n’y pas eu de problème de basculement entre les deux origines », se satisfait Raphaël Martinez. Le ministère souligne qu’en juin 2025, dans un marché fluide stimulé par une bonne demande, les cours ont augmenté de 11 % sur un an

Abricots : hausse des volumes confirmée pour 2025, prix en légère baisse

Selon les prévisions établies au 1er juillet 2025 par Agreste (ministère de l’Agriculture) , la production française d'abricots pour 2025 est attendue en hausse de 24 % par rapport à la faible récolte de 2024 et de 7 % par rapport à la moyenne 2020-2024. Le chiffre est globalement confirmé par l’AOPn Pêches et abricots de France : «Nous devrions arriver à environ 109 000 tonnes, compte tenu de l’alternance et d’une météo pas trop mauvaise, même si elle a pu entraîner coulure et chutes de fruits après la floraison », souligne Raphaël Martinez, directeur, contacté par Agra Presse. Selon Agreste, les principales régions productrices récupèrent de la très faible récolte de 2024 : dans la vallée du Rhône, la production devrait nettement progresser avec une hausse attendue de 50 % ; elle serait de 6%  en Occitanie et de 3% en Paca. En juin, les prix des abricots auraient été inférieurs de 2 % à ceux de 2024  « Il demeure que la production est supérieure à la capacité de la demande. L’AOPN a mené une opération de promotion entre le 25 juin et le 5 juillet qui s’est bien déroulée, compte tenu d’une pression moins forte de l’origine espagnole », précise Raphaël Martinez. La suite de la campagne sera plus disputée avec l’arrivée de la pêche et les premières prunes : « On devrait néanmoins nettoyer les reliquats pour le 14 juillet ». 

Fraise Label Rouge : moins de volume en 2025 mais une bonne valorisation

Avec plus de 360 tonnes vendues (557 tonnes en 2024), la saison de la fraise Label Rouge s’est achevée sur un note positive, selon un communiqué de presse le 9 juillet. Le prix moyen a oscillé entre 13,50 € et 14 € le kilo sur l’ensemble de la campagne débutée en février. « Les producteurs ont répondu présent malgré un contexte favorable au marché standard, qui a légèrement limité les volumes en Label Rouge », analyse Sylvie Delaurier-Zanuttigh, présidente de l’Association des Fruits et Légumes du Lot-et-Garonne (AIFLG) qui porte la démarche, « Grâce à une météo particulièrement clémente, les fraises de cette saison ont été d’une qualité remarquable, alliant une belle apparence à un goût sucré intense et un parfum riche ». La gariguette, variété emblématique du label, domine une nouvelle fois la production, représentant 90 % des volumes, soit une progression de 5 % par rapport à l’année précédente. La fraise Label rouge concerne aujourd’hui 113 producteurs engagés sur 200 hectares, principalement en culture hors-sol,  considérée comme le mode de production garantissant une maîtrise optimale de la qualité et permettant de répondre au cahier des charges du label. L’AIFLG est reconnue Organisme de défense et de gestion du Label Rouge Fraise depuis 2008.

Prix et marges : en 2023, le résultat net du maillon agricole le plus souvent en baisse

Présenté le 9 juillet, le dernier rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) fait apparaître qu’en 2023, le résultat net de la production agricole a été le plus souvent en baisse par rapport à 2022, et cela « même lorsque le coût de la matière première dans la décomposition du prix au détail avait progressé ». La hausse des charges courantes, des approvisionnements et des frais de personnel se fait au détriment du résultat courant avant impôt (RCAI), qui tout de même « reste supérieur à la moyenne 2010-2021 ». Toutefois, il faut noter des différences selon les produits : la baisse du résultat net concerne toutes les productions, la baisse étant la plus forte pour les blés dur et tendre, tandis que le lait de vache bio est le seul à ne pas baisser. L’OFPM s’est aussi penché sur le coût des matières premières dans la décomposition du prix au détail qui évolue majoritairement à la baisse en 2024. C’est le cas pour les céréales et les viandes (porcine, bovine rouge et volaille), qui avaient pourtant progressé en 2023, les produits laitiers de vache conventionnels et biologiques, sauf le beurre, et les produits de la pêche et de l’aquaculture. En revanche, le coût progresse pour la viande ovine et vitelline, la pomme de terre et les fruits et légumes (valeur d’expédition) hors pomme de terre.

Lait : vers la fin de la non-transmission des données des transformateurs à l’OFPM

La Coopération laitière et la Fnil (industriels) ont annoncé le 9 juillet qu’elles lançaient avec la Banque de France une étude économique sur la transformation laitière afin « d’améliorer la connaissance de la situation économique et financière des laiteries et fromageries ». « La Banque de France aura directement accès aux comptes consolidés des entreprises, ce qui permettra de se baser sur 600 à 700 entreprises représentant 95% de la transformation laitière », explique François-Xavier Huard, PDG de la Fnil. L’étude sera en mesure d’analyser 25 indicateurs différents, dont les marges brute et nette, le taux d’endettement, l’EBE, la trésorerie, etc. Elle prendra en compte l’exercice 2024 des sociétés et sera dévoilée en septembre. Les résultats seront transmis à l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), qui copilote l’étude avec la Banque de France, ce qui devrait mettre un terme à la non-transmission des données des transformateurs laitiers à l’OFPM, soulignée encore une fois le 9 juillet lors de la présentation du rapport OFPM 2025. « La transformation laitière française étant très exportatrice, nous devrons compléter l’étude afin de détourer pour l’OFPM les résultats s’appliquant seulement à l’activité en France », précise François-Xavier Huard.

Elevage : première étude de la létalité des aléas climatiques extrêmes sur les animaux d'élevage

L’ONG spécialisée dans le bien-être des animaux d’élevage CIWF s’alarme du nombre d’animaux morts à l’occasion des événements climatiques extrêmes liés au changement climatique. Reconnaissant ne pas disposer de chiffres globaux, CIWF s’est penché sur 11 événements au Brésil, Nigeria, États-Unis, Vietnam et plusieurs pays européens entre 2019 et 2024 ayant causé la mort de 14,8 M d’animaux, volailles, bovins, porcs et poissons. A titre d’exemple, CIWF rappelle que 5,75 M de volailles, 44 556 bovins et des milliers de porcs ont été tués pendant un typhon au Vietnam en 2024 et qu’environ 5 M de poulets ont été tués aux USA lors du passage de l’ouragan Helene en septembre 2024. Environ 750 000 animaux d’élevage sont morts sur 126 fermes de Bretagne en juillet 2022. Pour remédier à cet état de fait, CIWF réclame que les gouvernements soutiennent « les agriculteurs dans la transition de l’élevage industriel vers des pratiques plus respectueuses du climat et de la nature ». Parmi les préconisations : pratiques agricoles à faibles émissions carbone, aides aux agriculteurs pour anticiper les catastrophes climatiques, définition d’objectifs de réduction de la consommation de produits animaux et soutien aux régimes alimentaires riches en végétaux.

Semences légumières : nouvelle direction tripartite pour Rijk Zwaan France

La filiale française du semencier néerlandais Rijk Zwaan, basée dans le Gard et spécialiste de la production et la commercialisation de semences légumières, annonce l’arrivée de Grégori Bonnet et de Martial Ghesquières à la direction. Ils forment un trinôme aux côtés de Jérôme Brun, qui avait été nommé directeur général en septembre 2021, dans des expertises complémentaires : techniques (R&D et production), administratif (finance, RH, IT) et commercial (ventes, marketing). La filiale française confirme ainsi la tendance du groupe à favoriser les directions tripartites à travers le monde, pour des « prises de décisions équilibrées » et impulser une nouvelle dynamique d’innovation variétale. (Florence Rabut)

Phytos : Louis-Marie Colcombet nommé responsable des affaires économiques de Phyteis

Dans un communiqué du 9 juillet, Phyteis (syndicat des producteurs de produits phytosanitaires, ex-UIPP) a annoncé la nomination au poste de Responsable des affaires économiques et des études Louis-Marie Colcombet. Agé de 31 ans, il était auparavant responsable du service économique, europe et syndical au sein de la FNAMS (fédération des agriculteurs multiplicateurs de semences), qu’il avait rejoint en 2018. Louis-Marie Colcombet détient par ailleurs un master en économie appliquée à l’agriculture (obtenu chez Agrocampus Ouest) et un MBA (master en gestion des affaires) en management (obtenu au sein de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).