Agra Business | Nestlé, Intact, Savencia, Colruyt, Semmaris

hero

Alternatives végétales : Nestlé réduit les effectifs de l'usine Garden Gourmet en Tchéquie

Nestlé a annoncé le 19 juin qu’il allait se séparer d’environ 80 salariés de son usine de produits végétaux située à Krupka, en République tchèque. Ce site industriel de 400 salariés produit des alternatives végétales sous la marque Garden Gourmet destinés à alimenter le marché européen. « La situation est très difficile. Nous avons tenté de maintenir la production et les emplois en attendant une amélioration des perspectives de marché. Malheureusement, cela n'a pas été le cas », déclare le directeur de l'usine de Krupka, cité dans le communiqué. Pour expliquer cette réduction des effectifs, Nestlé avance la mauvaise tenue du marché. « Le marché européen des alternatives végétales connaît une baisse durable de la demande, alimentée par l'inflation, l'intensité concurrentielle et la croissance des marques de distributeur. Nestlé est également contraint de réagir à cette tendance », indique Nestlé. Peu optimiste sur les perspectives du marché des alternatives végétales, Nestlé estime que « le déclin des alternatives végétales sur le marché européen n'est pas une simple fluctuation temporaire, mais le résultat d'une combinaison de facteurs liés au marché, aux consommateurs et à l'économie. »

Protéines végétales : Intact teste ses ingrédients en restauration collective

La société Intact qui met au point des ingrédients issus des légumineuses annonce le 24 juin avoir réalisé un premier test en restauration collective en partenariat avec l’association Bio Centre et la Région Centre-Val de Loire. « Quatre plats végétariens et bio – tartiflette, croque-monsieur, fajitas et rougail – ont été proposés à une centaine de convives » le 23 juin au Lycée agricole du Chesnoy à Amilly (Loiret). Les produits ont été élaborés à partir « d’ingrédients innovants et écologiques issus de légumineuses durables et locales » sous forme de farines de légumineuses, obtenues grâce à un procédé breveté par Intact. Les plats ont une « empreinte carbone est de 2 à 5 fois inférieure à celle observée en moyenne dans la restauration scolaire », ils ne contiennent aucun allergène majeur (gluten, soja, arachides, etc.) et présentent « un ratio protéines/lipides – indicateur clé de qualité nutritionnelle – 2 à 4 fois supérieur aux recommandations minimales du GEM-RCN pour les plats protidiques. » Jusqu’à maintenant, Intact avait indiqué qu’il allait fournir un alcool neutre à Remy Cointreau, engagé dans une démarche de réduction de son empreinte environnementale. La société a levé depuis sa création en 2022 un montant de 125 M€, dont une partie est consacrée à la construction d’une usine à Baule (Loiret). La société a été cofondée par Alexis Duval (ex-dirigeant de Tereos) et a obtenu le soutien financier d’Axereal.

Céréales : un négociant suisse va transformer 300 000 ha de prairies au Kazakhstan

Dans un communiqué du 24 juin, le groupe suisse Harvest Group SA, spécialisé dans le négoce de matières premières agricoles, spécialement les céréales, a annoncé un investissement d’un demi-milliard de dollars pour transformer 300 000 ha de prairies au Kazakhstan en « terres agricoles productives », incluant du maïs et du soja. L’opération est réalisée via sa filiale Harvest Agro Holding. Aucune date de finalisation du projet n’a été précisée. Les surfaces en question seront irriguées, permettant de répondre à « l'objectif national du Kazakhstan d'augmenter les terres irriguées à 2,5 millions d'hectares d'ici 2030 », relate le communiqué. De son côté, Harvest Group espère « renforcer la sécurité alimentaire internationale » : les cultures produites seront destinées au marché de l’export mais aussi au marché intérieur. « Cet investissement s'inscrit dans le prolongement de la récente expansion de Harvest Group SA sur le marché africain, marquée par un investissement de 12 millions de dollars à la fin de l'année 2024 pour établir des opérations au Kenya », précise le groupe Suisse.

Energie : les députés rejettent la PPL Gremillet et son moratoire sur le solaire

Sans surprise, l'Assemblée nationale a largement rejeté le 24 juin en première lecture la proposition de loi (PPL) Gremillet sur la trajectoire énergétique de la France, profondément remaniée par le RN et la droite lors de son examen dans l'hémicycle la semaine dernière. 142 députés ont voté pour, 377 contre. Les groupes de l'ancienne majorité présidentielle (EPR, MoDem, Horizons) avaient décidé de s’opposer au texte d'origine sénatoriale, fustigeant notamment l'inscription dans le texte d'un moratoire sur les énergies éolienne et solaire, à l'initiative de LR et du RN. Le texte va désormais repartir pour une deuxième lecture au Sénat, prévue les 8 et 9 juillet, quelques jours avant la fin de la session parlementaire. Cette proposition de loi avait été inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée sous la pression du RN, qui en avait fait un motif de censure du gouvernement Bayrou. Elle est censée servir d'indicateur au gouvernement pour finaliser un décret fixant la nouvelle feuille de route énergétique de la France pour la période 2025-2035. Le décret, qui doit mettre le pays sur la voie de la neutralité carbone en 2050, doit paraître lui « avant la fin de l'été », sans attendre « la fin de la navette parlementaire », avait assumé le 14 juin le ministre de l'Industrie Marc Ferracci.

Framboise : une récolte française sans incident majeur, en hausse de 4% (AOPn)

Alors que la filière framboise est en pleine récolte (la mi-saison est pour le 14 juillet), l’AOPn Fraises et Framboise de France (40% de la production nationale) annonce une hausse de 4% des volumes cette année, aucun accident climatique d’envergure n’étant venu perturber la production. L’AOPn produit environ 1200 -1500 tonnes par an. «  Nous connaissons actuellement un pic, mais il est difficile d’assurer une production régulière entre juin et octobre » reconnait Frank Figuet, vice-président de l’AOPn contacté par Agra presse. La filière nationale reste modeste face aux importations, qui couvrent encore 85 % de la consommation. « On ne peut pas jeter la pierre à la distribution de se tourner vers l’import quand le produit français manque. La réception de notre produit demeure néanmoins très positive par la GMS », continue-t-il. Deux freins au développement de la culture sont identifiés : l’investissement (surtout en plants : 10 000 par hectare, à 4€ l’unité) et la main d’œuvre très spécialisée. Cependant, un optimisme prudent demeure : «  Les surfaces demeurent stables à environ 700 hectares. Nous voyons l’apparition de plus gros producteurs plus spécialisés et de nouvelles variétés gouteuses, comme la Lagorai, se développent. Celles-ci permettent de nous différencier de nos concurrents espagnols et portugais », conclut Franck Figuet.

Fruits et légumes : exportations espagnoles stables sur le 1er trimestre, tomates en retrait

Les exportations espagnoles de fruits et légumes frais ont augmenté de 2 % en volume et de 10 % en valeur au cours des quatre premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2024,  selon les données du Département des douanes et accises, publiées le 23 juin et traitées par la Fepex (exportateurs). Elles ont totalisé respectivement 4,6 millions de tonnes et 7,703 milliards d’euros. Entre janvier et avril, les exportations de légumes ont progressé en valeur de 10% (4,06 Md€) alors que les volumes sont restés stables (2,5 millions de tonnes). Les concombres (+22%), les poivrons (+ 17 %), la laitue (+15%) et les choux (+7%) ont enregistré les plus fortes hausses en valeur. Le cas de la tomate est plus délicat : les exportations ont chuté de 13 % en volume pour atteindre 318 803 tonnes et ont augmenté de 2 % en valeur, pour atteindre 593 millions d'euros. Les exportations de fruits ont atteint 3,63 milliard (+ 10 %), tirées par les agrumes et spécifiquement l’orange (+13% en valeur) et les fruits rouges, la fraise en tête (+10% en valeur)

Lait : Savencia obtient la fin de la durée minimum d’adhésion à une OP ou AOP

Dans une décision publiée le 24 juin, les juges du Conseil d’Etat ont, sans surprise, suivi les recommandations de la rapporteure présentées en audience le 4 juin, en annulant l’obligation faite aux adhérents d’une organisation de producteurs (OP) ou une association d’organisations des producteurs (AOP) laitière constituées sous la forme d’une association régie par la loi du 1er juillet 1901 de rester membre au moins cinq ans. L’affaire avait été portée par Savencia Ressources Laitières et à la société Savencia devant les juges du Conseil d’Etat. Elles avaient demandé au Premier ministre en 2024 d’abroger le point I de l'article D. 551-34 du code rural et de la pêche maritime prévoyant que « la durée minimale d'adhésion des membres producteurs de l'organisation de producteurs ou de l'association d'organisations de producteurs est de cinq ans renouvelables. » L’absence de réponse du gouvernement à ce courrier revenant à un rejet implicite, elles s’étaient tournées vers le Conseil d’Etat. Cette procédure devant le Conseil d’Etat d’inscrit dans le cadre du différend avec l’AOP Sunlait et Savencia. Ce jugement est un succès pour Savencia dont les contrats individuels ne pourront plus être attaqués au motif que les producteurs étaient liés pour 5 ans avec leur organisation.

Bovins viande : rebond des naissances en avril après dix mois de chute (Idele)

« Pour la première fois depuis dix mois, les naissances allaitantes étaient en hausse en avril », de 1 % par rapport à avril 2024 (à 311 000 têtes), constate l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du 23 juin. Il s’agit de la première hausse depuis le début de la campagne de vêlage, démarrée en juillet 2024 et fortement perturbée à l’automne par les maladies vectorielles (FCO et MHE), à l’origine de nombreux avortements. Le timide rebond du mois d’avril ne permet pas de compenser le « retard pris depuis plusieurs mois à cause de la situation sanitaire » : les naissances depuis le début de la campagne affichent en avril un recul de 189 000 veaux sur un an (contre 197 000 en mars). Depuis début 2025, le cumul des naissances allaitantes est en baisse de 6 % sur un an (à 1,262 millions de têtes), alors que « les naissances laitières reculent nettement moins fortement (-2,9 %) ». Les conséquences de ce déficit de naissances (pénurie d’animaux pour l’engraissement, l’export en maigre et le renouvellement) vont s’aggraver dans les prochains mois. « Les maladies vont se répercuter sur les disponibilités en broutards fin 2025 et 2026 et donc sur l’offre de JB (jeunes bovins engraissés en France, NDLR) en 2026-2027 », indique Boris Duflot, directeur du département Économie de l’Idele, à Agra Presse.

Bovins : face à la pénurie, les abatteurs belges viennent chercher des vaches en France

En Belgique, « les abatteurs manquent de vaches et viennent en chercher en France », rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du 23 juin : « Sur les quatre premiers mois de l’année, la France a ainsi exporté 1 050 vaches de boucherie vers la Belgique, contre seulement 220 en 2024 ». « Ce flux se serait intensifié au mois de mai », ajoute l’institut technique français, citant des « opérateurs ». Explication de ce changement d’approvisionnement : dans un contexte de décapitalisation, « les prix des vaches belges se sont envolés et sont passés au-dessus des prix français mi-février ». « La vache R belge cotait ainsi 30 centimes de plus [au kilo] que son homologue française et la vache O 20 centimes de plus », à respectivement 6,75 €/kg carcasse et 6,25 €/kg carcasse outre-Quiévrain, le tout en semaine 23 (du 2 juin). En décembre 2024, le cheptel belge avait reculé de 3,6 % en un an (à 862 000 vaches), contre -2 % en France. Plus largement, toute l’UE est confrontée à un « manque criant de vaches de réforme » (-4 % d’abattages au premier trimestre), en raison de la décapitalisation (-3% de cheptel début 2025), ainsi que de la hausse du prix du lait et des effets des maladies vectorielles, deux phénomènes qui incitent les éleveurs à garder leurs vaches pour la reproduction.

Distribution : Colruyt toujours en quête de repreneurs pour 23 magasins en France

Si le Groupement Mousquetaires s’apprête à reprendre 81 magasins Colruyt en France pour 215 M€, il reste encore plusieurs sites pour lesquels le distributeur belge cherche un ou plusieurs repreneurs. 23 magasins n’ont pas de repreneur à ce jour, et il reste à céder 45 stations-service DATS 24 et 3 entrepôts. Pour ce qui concerne les emplois, Colruyt compte 2250 collaborateurs en France dont environ 1 600 en magasin, 280 en entrepôt et 370 au siège. Sur les 2250, 1300 seraient repris par le Groupement Mousquetaires, les salariés en CDI des bases logistiques, hors du périmètre de la reprise, se verraient proposés 175 postes en CDI sur les sites de Dole du Jura et Pagny-sur-Meuse. « Au total, cela impliquerait la suppression de 950 postes », a précisé le groupe belge à l'AFP. Parmi ceux-là, « le nombre maximum de salariés susceptibles d'être licenciés pour motif économique serait de 889 », selon le communiqué. Colruyt assure que « différentes offres ont été reçues de la part d'autres acteurs pour environ 15 magasins », dans un communiqué du 17 juin. Les élus du CSE de Colruyt ont dénoncé une « décision jugée incompréhensible et socialement destructrice », dans un communiqué.

Grossistes: la Semmaris porte un projet de filière «solidaire» en marge de son «2e Rungis»

La société Semmaris, gestionnaire du Min de Rungis, annonce, dans un communiqué le 23 juin, son soutien à la création d’une «plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire» en marge d’Agoralim, son projet de «2e Rungis» au nord de Paris. Pour ce faire, une convention de partenariat a été signée avec une association du Val d’Oise, le Pôle territorial de coopération économique (PTCE) Pays de France, qui porte le projet avec le Collectif des Épiceries sociales et solidaires d’Île-de-France, les plateformes Au bon transit, Généractions 77 et le réseau des Épiceries sociales Andes et la coopérative Bio Île-de-France. Au cours d’une phase de préfiguration allant de juin 2025 à juin 2027, les partenaires testeront les flux logistiques, consolideront les liens avec les producteurs, définiront les modalités de distribution et élaboreront « un modèle socio-économique innovant », indique le communiqué. Ceci avant l’implantation en 2027 à Goussainville (est du Val-d’Oise) du premier site Agoralim qui comprendra, d’après le site internet de la Semmaris, une « agora des producteurs », des ateliers de transformation, des activités logistiques et des commerces. 

Méthanisation : AgroParisTech inaugure une unité à la ferme expérimentale de Grignon

Dans un communiqué du 20 juin, AgroParisTech a annoncé l’inauguration de son site de méthanisation basé à la ferme expérimentale de Grignon (située dans la commune de Thiverval-Grignon, dans les Yvelines). L’installation avait démarré en 2022, constituant un investissement de 3,5 M€, dont 907 000 € en provenance de l’Ademe, 200 000 € de la Région Île-de-France et le reste d’AgroParisTech. Le méthaniseur traite 30 tonnes de matières par jour, dont 85 % d’effluents d’élevage. Depuis 2024, « le biogaz produit est injecté dans le réseau de distribution de gaz exploité par GRDF, permettant de couvrir les besoins de chauffage de 400 foyers, soit environ 1 200 personnes », relate le communiqué. L’unité de méthanisation s’intègre dans un projet global visant à améliorer les performances de durabilité de la ferme de Grignon initié dès 2006, via son programme Grignon Energie Positive. Depuis 2014, le site de recherche valorisait déjà le biogaz issu des effluents via une couverture de fosse fourni par la société Nénufar, rappelle AgroParisTech.

Légumes d’industrie : Eric Legras élu à la présidence d’Unilet

Eric Legras, poly-cultivateur de 64 ans dans les Hauts de France, vient d’être élu président de l’Unilet (interprofession des légumes en conserve et surgelés) le 16 juin. Il représente le collège des organisations de producteurs de légumes du Cenaldi (Association nationale d’Organisations de Producteurs de légumes pour l’industrie).  Eric Legras succède à Cyrille Auguste, représentant des industriels du groupe légumes de la FIAC (Fédération française des Industries d'Aliments Conservés). Il s’agit de son deuxième mandat à la tête de l’organisation, qu’il avait déjà présidée de 2015 à 2020 et dont il occupait depuis la fonction de Trésorier. 

Distribution : Dominique Schelcher réélu président de Coopérative U

Le Conseil d’administration national de Coopérative U a réélu à l’unanimité le 24 juin Dominique Schelcher à la présidence du groupement pour un second mandat d’une durée de 6 ans. Entre 2018 et 2025, le chiffre d’affaires du groupement est passé de 25,6 à 34,1 Mds€ (avec carburant), la part de marché de 10,7 % fin 2018 à 12,1 % fin 2024 et le réseau a franchi début 2025 le seuil des 1 800 magasins, selon le réseau coopératif. « Dominique Schelcher poursuivra, avec l’ensemble des commerçants associés, la mise en oeuvre du plan stratégique CAP 15, qui vise à porter la part de marché du groupement à 15 % à horizon 2030 », indique un communiqué.