Agra Business | Greencore/Bakkavor, Carrefour/Intermarché, Nau/CIC, Agrial

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Trump annonce des taxes douanières de 34% pour la Chine et 20% pour l'UE

Donald Trump a lancé le 2 avril sa bagarre commerciale généralisée en annonçant ce qu'il a qualifié de «droits de douanes réciproques» à travers le monde, afin selon lui de faire «renaître» l'industrie américaine et de mettre fin au «pillage» des Etats-Unis. «Dans quelques instants je vais signer un décret historique instituant des droits de douane réciproques sur des pays du monde entier», a-t-il déclaré au début d'un discours très attendu. Le républicain a parlé d'une «déclaration d'indépendance économique» et promis à nouveau un «âge d'or» à son pays. Le président américain Donald Trump a ensuite annoncé des droits de douane massifs sur les produits entrant aux Etats-Unis: 34% sur les produits chinois, 20% sur ceux en provenance de l'Union européenne ou encore 46% pour le Vietnam. Il a aussi annoncé plus largement un droit de douane plancher, d'au moins 10%, sur tous les produits entrant dans le pays. Les nouvelles taxes sur les importations dévoilées par Donald Trump sont prévues en deux temps, a précisé un responsable de la Maison Blanche à la presse: le 5 avril à 04H01 GMT pour les droits de douane d'au moins 10% sur tous les produits entrant aux Etats-Unis, et le 9 avril à 04H01 pour les droits de douane majorés visant des géants comme la Chine et l'Union européenne.

Plats cuisinés : le britannique Greencore acquiert son concurrent Bakkavor pour 1,2 Mrd£

Le spécialiste des plats cuisinés britannique Greencore a annoncé le 2 avril qu’il allait acquérir son concurrent Bakkavor pour 1,2 Mrd£ en proposant une prime de 12,4% sur la valeur de l’action Bakkavor par rapport à son cours de clôture du 31 mars à la Bourse de Londres. Les conseils d’administration des deux sociétés considèrent que cette offre est « stratégiquement, commercialement et financièrement convaincante et qu'elle offre une opportunité de création de valeur très intéressante pour les parties prenantes de Bakkavor et de Greencore », détaille Greencore dans un communiqué. Cette offre est la troisième faite par Greencore ces derniers mois pour racheter Bakkavor. Elle est soumise à l'obtention des autorisations réglementaires. Greencore a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 Mrd£ en 2024 et indique préparer chaque année 748 millions de sandwichs et plats à emporter. La société emploie 13300 salariés dans 35 sites industriels au Royaume-Uni. Bakkavor, de son côté, a réalisé un chiffre d’affaires de 2,3 Mrd£ en 2024, à 85% sur le marché britannique, et emploie 18000 salariés. L'activité française de Bakkavor avait été rachetée par Agrial en 2012.

Bio : Carrefour et Intermarché soupçonnés de pratiques anti-concurrentielles

L'Autorité de la concurrence a adressé à Carrefour et Intermarché en fin d'année 2024 une « notification de grief », acte d'accusation adressé aux entreprises ou organismes à qui elle reproche, après enquête, des pratiques anticoncurrentielles présumées. Carrefour, dont les filiales concernées sont Sobio, Greenweez et CSF (Carrefour), a expliqué dans son document d'enregistrement universel pour 2024, consulté le 2 avril par l'AFP, qu'il leur était reproché de « s'être coordonnées, à compter de novembre 2016, pour mettre en place une stratégie collective » avec d'autres enseignes. L'objectif de cette stratégie présumée était de « segmenter artificiellement, selon les marques, la distribution des produits biologiques entre, d'une part, le canal de distribution spécialisé (les magasins et sites de e-commerce bio, NDLR) et, d'autre part, le canal de distribution conventionnel (les magasins et sites généralistes, NDLR) », détaille Carrefour. Ce dernier dit avoir répondu en février à l'Autorité, « contestant tous les griefs notifiés ». Le groupement des Mousquetaires/Intermarché, qui détient l'enseigne spécialisée les Comptoirs de la bio, indique que « certaines sociétés du groupement ont reçu en fin d'année dernière, une notification de griefs de l'Autorité de la concurrence, concernant une prétendue stratégie collective de différenciation artificielle entre canaux de distribution ». Des griefs fermement contestés par les Mousquetaires.

Négoces : Nau et CIC fusionnent et donnent naissance au groupe Nau

Depuis décembre 2018, les négoces Nau (Charente) et CIC (Gironde) étaient déjà dirigés par le même binôme Philippe et Bérangère Landriaud. Depuis le 21 mars, une nouvelle étape a été franchie avec la fusion des deux entreprises pour donner naissance au groupe Nau. « Un nouveau nom et une nouvelle identité visuelle pour marquer un vrai tournant dans notre histoire, explique Bérangère Landriaud, interrogée par Agra Business. L’idée est avant tout de simplifier le quotidien et de renforcer notre communication autour d’une seule marque, pour être plus visible. » Avec un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, le groupe Nau compte 33 salariés, dont neuf commerciaux, et accompagne plus de 4000 clients, agriculteurs, viticulteurs et professionnels des espaces verts, sur les départements de Nouvelle-Aquitaine et de Midi-Pyrénées. Ce négoce propose une offre de services très large, tournée notamment vers des solutions novatrices à l’image de l’hydromulching, une technique permettant de semer des mélanges de variétés, par projection au sol, en semis direct avec, à la clé un gain de temps et une réduction de la pénibilité. Le groupe Nau expérimente aussi différentes alternatives aux produits phytosanitaires. (Anne Gilet)

Betterave à sucre : nouvelle dérogation cette année pour le Movento (institut)

Dans un communiqué publié le 31 mars et repéré par la France agricole, l'institut technique de la betterave (ITB) indique que le ministère de l'Agriculture a de nouveau accepté la demande de dérogation de 120 jours pour l'usage du Movento (spirotétramate), avec trois passages autorisés comme l'an passé. «L'objectif de cette dérogation est de compléter l'application unique de la matière active flonicamide dans la lutte contre les pucerons verts et les jaunisses virales», explique l'ITB. L'an passé, une dérogation pour trois passages avait été accordée par Agnès Pannier-Runacher, voire cinq dans les zones les plus atteintes. A l'instar de la filière noisette, les producteurs de betterave à sucre demandent la réautorisation de l'acétamipride, un néonicotinoïde autorisé ailleurs en Europe. La proposition de loi sur les Entraves prévoit une dérogation d'usage sous condition pour ce produit. Elle sera examinée courant mai selon l'AFP, de source parlementaire. Une fois obtenu le feu vert de l'Assemblée, il faudra au minimum 120 jours pour obtenir celui de l'Anses. La FNSEA et les JA ont appelé leurs réseaux à rencontrer les députés pour les convaincre de voter le texte tel qu'adopté au Sénat.

Machinisme : le constructeur Claas cède ses concessions dans le Grand Est

Le constructeur allemand de machines agricoles Claas a cédé ses concessions dans la région Grand Est, indique-t-il dans un communiqué le 1er avril. Cette opération fait figure de «virage stratégique» pour le constructeur, selon la France agricole. Claas Est, composé de quatre sites dans les départements de Moselle, Meurthe-et-Moselle et Bas-Rhin, a été repris le 1er mars par Collet Agri, déjà distributeur de la marque. L’entité quitte ainsi le réseau détenu par Claas, fort de 59 concessions jusque-là sur le territoire national. Une nouvelle enseigne est créée sous le nom de Collet Est. Auparavant distributeur Claas avec six agences dans l’est de la Marne, le nord de la Haute-Marne, les Ardennes, la Meuse et le nord de la Meurthe-et-Moselle, Collet regroupe désormais une dizaine de sites dans le Grand Est. Le groupe emploie aujourd’hui 170 personnes.

Fièvre aphteuse : des lacunes dans le dispositif slovaque de contrôle de la maladie

Alors qu’un nouveau foyer de fièvre aphteuse s’est déclaré en Slovaquie, un rapport des services vétérinaires de la Commission européenne pointe certaines failles dans le dispositif des autorités slovaques pour faire face à l’épidémie. Globalement, le rapport des experts de l’UE, qui se sont rendus sur place entre le 24 et le 27 mars (suite à la découverte des premiers foyers), indique qu’aucune lacune majeure «n'a été identifiée dans la stratégie globale de lutte contre la maladie mise en œuvre» par la Slovaquie. Mais ils notent des retards dans la collecte et le traitement systématique d'informations épidémiologiques importantes (par exemple, le suivi des résultats de traçage, la mise en relation des résultats de laboratoire avec l'enquête épidémiologique, etc.) ainsi que l’absence d’un organe central de contrôle des maladies. La presse locale a aussi relayé des vidéos montrant des camions transportant les animaux abattus dans des conteneurs partiellement ouverts suscitant des inquiétudes chez le voisin tchèque.

Lait de chèvre : la collecte de l’OP Agrial s'annonce stable en 2025, mais insuffisante

« La collecte de l’OP lait de chèvre d’Agrial s’annonce stable en volume en 2025, autour de 160 millions de litres comme en 2024 », a indiqué Mickaël Lamy, son président. « On pourrait être légèrement en dessous que l’année passée en raison de la mauvaise qualité des fourrages, résultat d’un temps particulièrement humide en 2024 », a-t-il poursuivi. Le prix moyen du lait payé aux éleveurs de l’OP atteint 920 euros/1000 litres en 2025, identique à 2024, mais en hausse par rapport à 2023 (900 euros). Face à un marché du lait de chèvre orienté à la hausse, l’OP qui totalise 600 éleveurs, compte sur une augmentation de la taille des troupeaux pour collecter des volumes plus importants. Les volumes de lait de chèvre produits par l’OP étant insuffisants pour couvrir les besoin d’Agrial, des achats sont faits en Belgique et en Espagne afin de pouvoir fabriquer les produits, notamment sous marques de distributeurs. L’OP Agrial est de loin le premier collecteur de lait de chèvre en France, après Lactalis et Savencia (environ 100 millions de litres chacun).

Spiritueux : la Chine prolonge au 5 juillet son enquête antidumping visant l'UE

La Chine a annoncé le 2 avril prolonger son enquête antidumping sur les importations de brandys en provenance de l'UE pour trois mois, quelques jours après le report de l'application définitive de droits de douane supplémentaires chinois sur le cognac. Dans un communiqué, le ministère chinois du Commerce a expliqué qu'« étant donné la complexité de l'affaire », l'enquête était prolongée jusqu'au 5 juillet. A l'automne, Pékin avait annoncé l'imposition de « mesures antidumping temporaires » sur les brandys importés de l'UE, dont le cognac, vues comme une riposte à une procédure similaire de Bruxelles sur les subventions aux voitures électriques produites en Chine. Ces mesures antidumping temporaires de Pékin imposent aux importateurs de brandys européens de déposer auprès des douanes chinoises une caution, qui peut prendre la forme d'une garantie bancaire depuis la mi-novembre. Un coup dur pour le cognac. La filière est particulièrement dépendante des exportations, qui représentent 98% de ses ventes, pour un montant de 3,35 Md€, avec comme premier client les Etats-Unis (38% des expéditions), devant la Chine (25%). Ses pertes, avec celles de l'armagnac, sont évaluées à 50 M€ par mois depuis l'instauration à l'automne des taxes antidumping chinoises. 

Fraise : pic de production en avril, l’AOPn en appelle à la distribution et au consommateur

L'AOPn Fraises Framboises de France appelle à la mobilisation des consommateurs et de la grande distribution alors que la saison française entre désormais dans une phase de production intense, dans un communiqué le 2 avril. «Un pic record est attendu dès ce début du mois d'avril, avec plus de 1 000 tonnes de gariguettes récoltées cette semaine et la semaine prochaine, ainsi qu'une grande quantité de fraises rondes dès la semaine prochaine », est-il expliqué. En raison d'un hiver rigoureux affectant les cultures non chauffées, notamment dans le Sud-Est, les volumes de fraises françaises étaient restés limités jusqu'à présent. L'enjeu est d'autant plus important que la fraise espagnole devrait connaître, elle aussi - même si elle a été victime d'intempéries, un pic de production en même temps. L’AOPn assure que cette abondance ne se fera pas au détriment de la qualité. « Nous savons que la consommation de fraises est très météo-dépendante et que la météo ne s’annonce pas très favorable cette semaine. Pour autant, nous comptons sur les consommateurs pour être au rendez-vous », conclut Emeline Vanespen, directrice de l’AOPn Fraises Framboises de France dont les adhérents ont produit près de 30 000 tonnes de fraises en 2024 soit près de 50% de la production française.

Tomate : les ventes de l'italien Mutti dépassent les 100 M€ en France et Benelux

Mutti France (France et Benelux), filiale du producteur italien, a franchi le cap des 100 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2024, est-il annoncé dans un communiqué de presse le 2 avril. Cette « performance confirme la place de Mutti comme leader du marché des bases culinaires tomatées et troisième marque sur les sauces tomates premium » se félicite Sophie Badault, directrice générale France et Benelux. Le transformateur italien entend poursuivre son développement en renforçant sa présence aussi bien sur le marché de la grande consommation que sur celui de la restauration hors foyer. Sur ce marché, en 2025, Mutti identifie deux challenges: accroître la notoriété de ses innovations (cubes de tomates, pasta sauce) tout en poursuivant la valorisation de ses best-sellers (Polpa et sauce Pizza). Côté grand public, la marque entend aussi mettre un accent particulier au segment de marché des moins de 50 ans. Des efforts seront aussi portés sur l’offre de sauces cuisinés. Mutti mets en avant une offre 100% italienne (la marque travaille avec 800 producteurs majoritairement dans le nord du pays). A l’occasion de la journée du 100% Italie qui se déroule à Parme le 2 avril, son président, Francesco Mutti, a rappelé qu’il fallait « travailler pour que les importations incontrôlées (essentiellement chinoises), qui nuisent à une filière qui génère 5,5 milliards de chiffre d'affaires, puissent trouver une fin définitive ».

Semences potagères : Jeanne Gautier prend la direction générale de Gautier Semences

Dans un communiqué paru le 2 avril, le groupe Gautier Semences, spécialiste des semences potagères, annonce la nomination de Jeanne Gautier au poste de directrice générale, où elle succède à son père Jacques Gautier. Représentant la «quatrième génération familiale», elle souhaite « faire de Gautier Semences le semencier de référence auprès des professionnels et des consommateurs en quête du meilleur du végétal – en matière de santé, de plaisir et de responsabilité ». La stratégie de développement de l'entreprise sera axée vers « l’innovation variétale et technologique, le renforcement de notre compétitivité à l’international, et une gouvernance agile tournée vers les enjeux agricoles et environnementaux de demain », indique-t-elle dans le communiqué. Concrètement, le groupe veut « renforcer sa présence sur les marchés stratégiques : high-tech à l'international (notamment en tomates et laitues) et low tech dans quatre pays cibles – France, Italie, Espagne, Maroc ».

Pains/viennoiseries : Bruno de Bourmont à la direction générale de la Boulangère & Co

Dans un communiqué paru le 2 avril, le fabricant français de pains et viennoiseries préemballés La Boulangère & Co a annoncé la nomination de Bruno de Bourmont à la direction générale. Il était auparavant directeur général Nord Europe de Norac Foods, groupe français de boulangerie pâtisserie snacking traiteur, où il a effectué toute sa carrière. Il succède à Christophe Aillet.