Agra Business | Agrial/Terrena, Axéréal, Innoval, Fertiline/Power the Nature

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Coopératives : vers une fusion entre Terrena et Agrial

Les dirigeants de Terrena et d’Agrial ont annoncé le 22 septembre le lancement d’un « projet de rapprochement stratégique » qui pourrait aboutir à une fusion des deux groupes coopératifs, selon un communiqué commun. « Ce projet porté par les conseils d’administration des deux coopératives, est actuellement en phase d'étude et sera soumis au vote des adhérents réunis en assemblées générales ». Il sera discuté au cours de l’année 2026. Cette fusion aboutirait à créer le premier groupe coopératif français avec 12,7 Md€ de chiffre d’affaires et 4,5 % de la production agricole nationale. Le projet aura pour objectif de « densifier notre maillage territorial afin de maintenir un haut niveau de service et d’accompagner le renouvellement des générations », « construire des filières agricoles et agroalimentaires créatrices de valeur pour tous » et « accompagner la transition agroécologique au plus près des territoires », selon un communiqué. La coopérative normande Agrial, basée à Caen, est présente dans les légumes, les céréales, la charcuterie, le lait, le cidre et détient un réseau de 290 magasins. Terrena, basée à Ancenis, est surtout présente dans la volaille, les œufs, les viandes bovine et porcine, les productions végétales, les vins effervescents et possède un réseau de 115 magasins.

Coopératives : le groupe Axéréal innove et nomme six directeurs généraux

Finie l’organisation classique basée sur un seul directeur général ! Axéréal innove et en dévoile le contenu à Agra Business. Le groupe coopératif fait évoluer son modèle d’organisation managériale et de gouvernance, pour « plus d’agilité et de performance ». Jusque-là, les activités du groupe se déclinaient en trois pôles : agriculture, malt et meunerie, pilotés par trois directeurs, rattachés au directeur général Paul-Yves L’Anthoën, qui a, pour rappel, quitté le groupe mi-juin. Aujourd’hui, six métiers groupes sont créés avec à la tête de chacun, un directeur général : « Agriculture France » sera piloté par Marie-Laure Bolentin-Pomerol ; « Agriculture Europe centrale » par Thierry Blondel ; « Malt » (Boortmalt) par Yvan Schaepman ; « Meunerie » (Axiane Meunerie) par David Hubert. Ce dernier s’occupera également de la nouvelle branche « Activités spécialisées » qui mise sur la proximité. Enfin, les métiers liés aux « Protéines végétales » seront portés par la société Intact, dirigée par Alexis Duval, dont Axéréal est un partenaire majeur. Chaque directeur général d’activité sera amené à piloter sa business unit en toute autonomie, en lien avec son comité référent d’administrateurs – l’objectif étant là aussi de permettre à chaque administrateur de gagner en compétence. Quant aux équipes corporate, elles sont placées sous la direction générale de Xavier Boulat. Pour précision, les nouveaux directeurs généraux nommés faisaient déjà tous partie du groupe. De même, cette réorganisation ne nécessitera pas, selon Axéréal, de nouveaux recrutements au sein du conseil d’administration. (Anne Gilet)

Élevage : Innoval lance une offre de pilotage des exploitations bovines intégrant l'IA

Innoval, coopérative bretonne spécialisée dans les services à l'élevage, a lancé, lors du Space, son offre de pilotage des exploitations bovines, Neo. Cette solution repose sur des capteurs qui collectent en continu des données sur le troupeau, l’abreuvement ou l’ambiance des bâtiments. Ces informations sont analysées par un système d’intelligence artificielle afin de produire des indicateurs anticipant les besoins de l’élevage jusqu’à six mois à l’avance. L’offre repose également sur l’accompagnement de l’éleveur par les conseillers Innoval, ainsi que par des téléconseillers. L’élaboration de Neo a pris trois ans, au cours desquels la coopérative a collecté des données et testé son offre au sein d’une vingtaine de fermes pilotes. Innoval a investi ces dernières années pour le développement de cet outil, avec le rachat en 2021, de l’entreprise d’intelligence artificielle ITK, puis en juillet 2025, de Dilepix spécialisée dans l'analyse d'images vidéos captées dans les exploitations. Innoval compte environ 28 000 adhérents dans 29 départements et a dégagé un chiffre d’affaires de 228 M€ en 2024. (Elena Blum)

Alimentation animale : Sodiaal appuie Biodevas pour ses solutions contre les mammites

La coopérative laitière Sodiaal va intégrer les solutions mises au point par le laboratoire Biodevas dans le cadre du projet Neolac pour la filière laitière. Ces « solutions feront désormais parties de la gamme d’outils Sodiaal offrant à ses producteurs un meilleur rendement économique de leur exploitation, une amélioration de la santé animale et une diminution de l’empreinte carbone du lait », indique un communiqué. Sodiaal a participé à la mise au point de ces solutions en les testant dans 120 fermes de son réseau. Ces solutions nommées Qualimilk, Draistimix et Parlac contribuent à « diminuer les mammites et donc la consommation d’antibiotiques de l’ordre de 30 à 50 % selon le produit », à « augmenter le rendement économique des fermes laitières entre 300 et 3 700 € par an » (pour une ferme moyenne) et à « améliorer la santé des animaux (veaux/vaches) et donc leur bien-être ». Grâce à ces nouveaux produits, Biodevas prévoit que, à « l’horizon 2027, ces trois produits devraient représenter 30 % du volume de ses ventes Ruminants et devenir des références majeures ». Quant à Qualimilk, 15 % du cheptel français pourrait être supplémenté avec cette solution d’ici cinq ans, selon le laboratoire.

Viande bovine : la Caveb renforce son activité bovine avec le rachat de Bétail Bressuirais

La Caveb, coopérative agricole implantée à Châtillon-sur-Thouet (Deux-Sèvres), renforce son pôle bovin, en reprenant le négoce de viandes bovines maigres Bétail Bressuirais, basé à Bressuire et fondé en 1993 par Thierry Bodet. Ce dernier fait valoir ses droits à la retraite, laissant derrière lui une structure de deux salariés et un réseau de fournisseurs et d’acheteurs bien établi. La transaction a été signée le 30 juin, pour un montant de 59 000 €, avec une prise d’effet fixée au 1er juillet. Grâce à cette opération, la coopérative prévoit d’intégrer environ 1 000 bovins supplémentaires par an dans ses circuits, dont 600 maigres et 400 gras. Ces animaux viendront alimenter les filières locales, une partie étant remise en place dans les élevages d’adhérents à la coopérative. Une aubaine pour la coopérative, alors que la tendance est à la baisse des cheptels. Ce rachat pourrait également permettre à la Caveb de voir quelques nouveaux adhérents la rejoindre. La coopérative de producteurs de viande fédère environ 800 producteurs de bovins, ovins et caprins dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Vendée, et emploie près de 45 salariés. En 2024, elle a dégagé un chiffre d’affaires de 54 M€. (Elena Blum)

Produits laitiers : les ventes d’ultra-frais en hausse, hormis la crème fraîche

Le marché des produits laitiers ultra-frais en grandes surfaces confirme sa reprise depuis le début de l’année en France, selon Syndifrais (industriels des produits laitiers), qui cite les données de Circana. Les ventes de ces produits sont en hausse de 1,7 % en volume entre janvier et août 2025, hors crème fraîche, qui à l’inverse voit reculer ses volumes vendus de 1,3 %. « Les fortes chaleurs du début d’été semblent en avoir freiné la consommation », note Syndifrais. Selon le syndicat, le marché des produits laitiers frais en grande distribution représentait en 2024 un chiffre d’affaires de 6,05 Md€ (1,77 Mt). Les industriels déplorent les pénuries de fruits utilisés pour leurs recettes en raison de récoltes affectées par les aléas climatiques, en particulier les fraises de Pologne, les framboises de Serbie, les abricots d’Espagne, d’Italie, de Grèce et de Turquie, les griottes d’Europe de l’est et les cerises noires de Grèce, de Turquie et de Bulgarie. Ces pénuries ont pour conséquences « des prix en forte hausse pour la plupart des fruits majeurs utilisés dans les produits laitiers frais », ainsi qu’un « risque de rupture pour certains ingrédients, notamment les cerises ». Les industriels mettent aussi l’accent sur le prix du cacao, qui « se maintient à des niveaux très élevés, ce qui pèse sur les coûts de nombreux desserts lactés ».

Biostimulants : Fertiline commercialise le produit Power the Nature sous forme liquide

Le 22 septembre, la filiale d’InVivo Fertiline et Power the Nature, spécialisée dans le développement de solutions agro-environnementales, annoncent la signature d’un partenariat autour de FertiRoc, le biostimulant naturel développé par la société mosellane à partir de zéolithe, une roche volcanique. Jusque-là disponible uniquement en poudre micronisée, FertiRoc est désormais proposée sous une forme liquide, grâce à l’expertise en formulation des équipes de Phyteurop, autre filiale d’InVivo. Cette formulation innovante rend le produit « plus simple à utiliser » avec « moins de contraintes d’usage pour les agriculteurs », note Jonathan Nonnotte responsable Nutrition innovante chez Fertiline. Pour Pierre Niesner, cofondateur de Power The Nature, « s’appuyer sur le savoir-faire R&D et la distribution du réseau InVivo-Fertiline fait entrer le FertiRoc dans une nouvelle dimension ». Pour rappel, FertiRoc promet une « efficience azotée accrue », tout en « améliorant les performances agronomiques » des cultures. En effet, le principe actif à base de zéolithe permet une augmentation significative de la photosynthèse et une meilleure assimilation des nutriments disponibles pour la plante dans le sol. (Anne Gilet)

Céréales : l’Argentine supprime la taxe à l’export jusqu'au 31 octobre

Le gouvernement argentin a annoncé le 22 septembre l'élimination des taxes sur les exportations de céréales jusqu'au 31 octobre, a indiqué le porte-parole présidentiel Manuel Adorni sur le réseau social X. L'objectif est de « générer un plus grand apport en dollars », a-t-il déclaré, à un moment où l'Argentine cherche à obtenir un prêt du Trésor américain pour faire face aux échéances de sa dette et calmer les turbulences financières. L’export de grains constitue une importante source de devises pour l’Argentine, justifiant cette suppression. Il s’agit d’une promesse de campagne que le dirigeant argentin Javier Milei n’avait pu tenir jusqu’ici. La période s’avère toutefois très courte pour le moment. Une suppression des taxes à l’export est susceptible de rendre les origines argentines plus attractives sur la scène internationale. L’Argentine constitue un concurrent notable de l’Hexagone concernant les exportations de céréales (en particulier de blé tendre), notamment vers le continent africain. La France subit plus largement une forte concurrence internationale, émanant surtout de l’Europe de l’Est. Pour rappel, FranceAgriMer prévoit moins de 10 Mt d’export hexagonal vers les pays tiers sur la campagne commerciale 2025-2026.

NGT : l’UFS précise sa position au sujet de la propriété intellectuelle (presse)

Le syndicat représentant les semenciers français (UFS) a officiellement précisé, le 22 septembre à nos confrères de Réussir.fr, sa position au sujet de la brevetabilité des traits issus des NGT (nouvelles techniques génomiques). Comme nous l’indiquions dans nos colonnes, l’organisation souhaite maintenir un équilibre entre les systèmes de protection intellectuelle que sont le COV (certificat d’obtention végétale) et le brevet. Si le COV reste un pilier essentiel pour les semenciers français et européens, il n’est pas adapté aux « rythmes de sélection » qui s’accélèrent depuis quelques années, explique au média le vice-président Rémi Bastien. Le syndicat appelle à faire évoluer la réglementation européenne et à imposer la transparence, l’exhaustivité et la diffusion de l’information via une base de données privée (Pinto) ou publique (catalogue européen des variétés). Enfin, l’UFS réclame le maintien de l’exemption du sélectionneur, l’interdiction de breveter des traits natifs, et garantir l’accessibilité des brevets pour tous les acteurs à des conditions « justes et raisonnables ».

Pommes bio : 10 % de récolte en plus pour la variété Juliet et un virage à l’export assumé

La pomme Juliet, produite exclusivement en bio et en France, célèbre les 20 ans de la création de son association Les Amis de Juliet, créée en 2005 pour structurer la démarche et fédérer les producteurs. Cette saison s’annonce pléthorique : 10 % de récolte en plus en volume, soit entre 24 à 25 000 t, « au pic maximum des vergers ». Les premières récoltes démarreront à la fin du mois, pour un début de commercialisation autour de la mi-octobre. Dans les premières années de forte croissance du bio, le programme de plantation de 100 ha par an (300 ha sur trois ans) a permis d’atteindre un groupe consolidé de 190 producteurs sur 650 ha de vergers. Mais les 20 ans, c’est aussi l’heure de la maturité, sans nouvelles plantation, en attendant un relais de croissance venu d’une diversification de débouchés, en particulier vers l’export. Depuis l’essoufflement du marché bio post-Covid, le grand export a progressé pour atteindre 25 % des ventes, notamment vers l’Asie (Vietnam, Singapour, Taïwan, Malaisie, Philippines, etc.), le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud avec un Brésil émergeant. « Jusqu’à fin février, le grand export représente la moitié de nos ventes », confirme désormais Jean-Noël Carles, producteur et président de l’association Les Amis de Juliet. « On a besoin de cet élargissement commercial pour récréer une dynamique de plantations de Juliet sur le territoire. Le point positif, c’est que l’origine française a de la valeur à l’export. » (Florence Rabut)

Évènementiel/élevage : un Space pourrait ouvrir au Sénégal (presse)

Un salon jumeau du Space de Rennes pourrait bientôt avoir lieu au Sénégal pour répondre aux attentes des éleveurs africains et des entreprises françaises, selon un article de Ouest-France du 18 septembre. « On serait coorganisateur, il reste une date à trouver », a confié au journal Anne-Marie Quéméner, commissaire générale. Plusieurs motifs à ce projet : le développement de l’élevage en Afrique de l’Ouest (en particulier l’aviculture), qui offre des opportunités aux fournisseurs en génétique, équipements ou nutrition animale, ainsi que la demande des professionnels africains, « qui ont parfois des difficultés à obtenir des visas pour venir chez nous », souligne la commissaire générale. Un Space en Afrique est aussi une demande des exposants, « pour leur faciliter l’accès au marché africain », assure-t-elle. Les Africains, du Sénégal, du Bénin, de Côte-d’Ivoire, de Guinée ou encore du Togo, représentent près d’un tiers des 12 000 visiteurs étrangers dans les allées, souligne l’article. Le Space a organisé cette année une formation sur la conduite d’un élevage en zone tropicale.

Évènementiel/élevage : le Space « bat tous ses records » avec plus de 102 000 visiteurs

Le Space, qui s’est tenu du 16 au 18 septembre au Parc-Expo de Rennes, « a battu tous les records » en accueillant 102 528 visiteurs, se sont félicités ses organisateurs dans un communiqué le 22 septembre. Plus de 14 000 d’entre eux venaient de l’étranger – de 125 pays, ce qui « constitue également un record ». Comme le précisent les organisateurs du salon spécialisé dans l’élevage, « la journée du mercredi a été particulièrement fréquentée avec 45 781 visiteurs (record historique du Salon) ». Les exposants, quant à eux, étaient 1 230, en provenance de 40 pays. Côté politiques, un ministre africain a participé « pour la première fois » à l’inauguration du salon : Mabouba Diagne, ministre sénégalais de l’Agriculture. Son homologue française, Annie Genevard, s’est rendue elle aussi à Rennes, mais sans expression publique, le gouvernement démissionnaire ne pouvant gérer que les affaires courantes. Cette 39e édition, également marquée par les maladies animales, était la première sous la présidence de Didier Lucas, élu à la tête du salon en juin. La prochaine se tiendra du mardi 15 au jeudi 17 septembre 2026.

Distribution : feu vert donné à Lidl pour acquérir 19 supermarchés Auchan

L'Autorité de la concurrence a annoncé le 22 septembre qu'elle autorisait « sans conditions » le rachat de 19 supermarchés Auchan par Lidl. Ces supermarchés se situent notamment à Paris, Bordeaux, Lyon, Grenoble, Toulon, Antibes, Cannes et Saint-Raphaël. Après 20 ouvertures nettes prévues cette année, l'enseigne comptera 1 627 magasins. L’extension du nombre de magasins ne pourra que conforter les ambitions de l’enseigne qui rencontre aujourd’hui des difficultés. D'après le média spécialisé LSA, Lidl France a perdu 72 M€ en 2023-2024 et 9 M€ en 2024-2025, pour un chiffre d'affaires de près de 16 Md€. Son p.-d.g. John Paul Scally table sur un retour à l'équilibre pour l'exercice qui sera clos en février 2026. Il vise une part de marché de 10 % en 2030, contre 7,8 % actuellement, et pense pouvoir atteindre jusqu'à 2 000 supermarchés. Alors que Lidl s'est distingué ces dernières années par une volonté de montée en gamme et de bonne entente avec le monde agricole, l’enseigne mise depuis la rentrée sur une campagne de baisse des tarifs sur des produits de première nécessité comme la baguette, passée de 35 à 29 centimes, une initiative dénoncée notamment par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.

Semences : Claude Tabel, nouveau président du Conseil de surveillance du groupe RAGT

Le conseil de surveillance du groupe RAGT a désigné Claude Tabel comme son nouveau président. Il succède à Daniel Segonds, arrivé au terme de son dernier mandat en juin, après avoir occupé ce poste durant douze ans. De juillet 2013 à décembre 2021, Claude Tabel a occupé la présidence du Directoire du groupe. Ce poste est depuis piloté par Laurent Guerreiro. Pour rappel, le conseil de surveillance exerce un contrôle de la gestion et des orientations données par le directoire. Claude Tabel a par ailleurs assuré la présidence de l’UFS, l’Union française des semenciers, de 2019 à 2022. (Anne Gilet)