Viande « in vitro » : Aleph Farms va se doter d’une « base de production » en Suisse
Le producteur israélien de viande « in vitro » Aleph Farms a signé un protocole d’accord en vue d’établir sa « première base de production européenne à Kemptthal, dans le canton de Zurich », en Suisse, annonce-t-il sur LinkedIn. Ce protocole a été signé avec The Cultured Hub – une coentreprise de Migros Industrie (filiale de production du distributeur Migros) –, l’industriel des arômes Givaudan et l’équipementier industriel Bühler Group. Cette coentreprise a été constituée afin d’accélérer la recherche et le lancement de start-up de la viande « in vitro » et de la fermentation de précision. Selon Aleph Farms, l’objectif de cette démarche est d’introduire son produit Aleph Cuts sur les marchés européens, et de faire « un pas en avant dans la mise en place de chaînes d’approvisionnement en viande résilientes et décentralisées à travers l’Europe ». Aleph Cuts a obtenu des autorisations de commercialisation en Israël et à Singapour et a déposé une demande d’autorisation en Suisse en 2023. Ce produit est composé de cellules non modifiées et non immortalisées d’une vache et d’une matrice de protéines végétales composée de soja et de blé.
Protéines alternatives : une seule entreprise pour The Vegetarian Butcher et Vivera
Willem van Weede, p.-d.g. de Vivera, a annoncé, dans un post LinkedIn, la naissance de la société The Vegetarian Butcher Collective, qui va chapeauter les deux marques néerlandaises Vivera et The Vegetarian Butcher. Cette annonce fait suite à un changement important dans le secteur des alternatives végétales à la viande : l’acquisition en mars 2025 de The Vegetarian Butcher (propriété d’Unilever), par Vivera (société détenue par l’industriel de la viande brésilien JBS). « The Vegetarian Butcher dispose d’un portefeuille de produits dans différentes catégories de supermarchés et d’une forte position dans les réseaux food service et restauration rapide. Vivera est très présente en distribution avec une large gamme de produits sous la marque Vivera ou en MDD, et possède une palette de technologies complémentaires à The Vegetarian Butcher », indiquait Vivera en mars 2025. Les deux sociétés néerlandaises sont des précurseurs des alternatives végétales à la viande : Vivera a débuté son activité dès 1990 avant d’être acquis par JBS en 2021, et The Vegetarian Butcher a été lancé en 2010 avant de passer dans le giron d’Unilever en 2018. Vivera compte environ 500 employés et « figure dans le top 3 des producteurs européens du secteur », indique la société.
Orge : renouvellement d’un partenariat entre Soufflet et Kronenbourg pour une filière responsable
Dans un communiqué du 15 septembre, Soufflet Malt, Soufflet Agriculture (filiales d’InVivo) et Kronenbourg ont annoncé le renouvellement d’un partenariat au sujet d’une filière « 100 % d’orge responsable tracée » pour deux années supplémentaires, soit les récoltes 2026 et 2027. Les orges servent à la production de malt dédié à la production de la bière de marque « 1664 Blonde ». Pour rappel, la démarche en question avait été lancée en 2022. Elle fixe des objectifs « de traçabilité (via la technologie blockchain), de haute qualité, de rémunération des agriculteurs et de réduction de l’impact environnemental ». Le renouvellement du partenariat comprend quelques modifications du cahier des charges. Citons l’intégration de pratiques issues de l’agriculture régénératrice, l’objectif « d’obtenir une reconnaissance avec le « Regenerating Together Framework » à l’horizon 2030 » et le renforcement d’indicateurs de suivi de la biodiversité. Les trois entreprises se félicitent du succès de la filière : en trois ans, « le nombre d’agriculteurs partenaires (de la filière, NDLR) est passé de 45 à 216 », sur plus de 5 800 ha. Kronenbourg espère que sa bière 1664 Blonde sera intégralement produite à l’aide de malt issu de la démarche en 2026.
Légumineuses : Terres Inovia cherche des agriculteurs pour le projet européen Legumes
Doté d’un budget de six millions d’euros sur quatre ans, le projet européen LegumES, lancé en 2024, réunit un consortium de 22 partenaires dont Terres Inovia. L’institut technique invite, dans un communiqué du 11 septembre, les agriculteurs français à rejoindre ce programme. L’enjeu : implanter les cultures de légumineuses de leur choix, sur une période de deux ans, pour les comparer à d’autres espèces. À terme, l’objectif est de valoriser les services rendus par les légumineuses pour faire évoluer les systèmes agricoles et alimentaires avec, notamment, la volonté de réduire la dépendance aux engrais azotés synthétiques et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, tout en améliorant la santé des sols et diversifiant les systèmes de culture. Les volontaires participeront aux essais, assureront le suivi des espèces via des méthodes établies. Un soutien financier ainsi que des conseils pour la mise en place de l’expérimentation sont prévus. Les dossiers de candidature sont à déposer avant le 15 octobre. (Anne Gilet)
Légumineuses/formation : les fondations Avril et de l’Institut Agro lancent une chaire commune
Selon un communiqué commun du 11 septembre, la Fondation Avril et la Fondation de l'Institut Agro ont annoncé le lancement de la chaire « Légumineuses : la formation en partage Afrique-France » (sous l’acronyme LEAP) sur le campus Agro de Montpellier. L’ambition est de proposer une offre de formation dédiée à ce type de culture et de structurer des filières qui ont en besoin, des deux côtés de la Méditerranée. Le projet est le résultat d’un travail d’un an entre les deux fondations. « L’idée de cette chaire est née lors des Rencontres francophones Légumineuses organisées au Sénégal en 2024. Ces rencontres ont mis en évidence combien les enjeux, contraintes, mais aussi les innovations liées aux légumineuses, sont partagés entre l’Afrique et la France », explique dans le communiqué Hélène Marrou, titulaire de la chaire et enseignante-chercheuse à l’Institut Agro Montpellier. Une première phase de deux ans sera engagée afin de déterminer précisément les besoins de formation. S’ensuivra une seconde de trois ans, dédiée au financement, aux bourses de mobilité entre les universités françaises, aux stages, aux doctorats, etc.
Agroalimentaire : les salariés d’une biscuiterie à Montauban étaient en grève
D’après un communiqué du 15 septembre, la CFDT, représentant les salariés de la biscuiterie de Montauban appartenant à Biscuit International France (ex-Biscuiterie Poult), a indiqué qu’une grève de l’ensemble des salariés était survenue le 11 septembre. L’objectif : dénoncer la dégradation des conditions de travail et des « acquis sociaux », ainsi que l’arrêt des investissements industriels depuis le rachat de l’usine par le fonds de pension américain Platinum Equity. « Pendant cinq ans, [les salariés] ont multiplié les efforts et accepté de nombreux renoncements. Mais la réduction des temps de pause imposée récemment a été la goutte d’eau de trop », a déploré le syndicat. Ce dernier se félicite néanmoins « de l’accord de fin de grève signé entre la direction et les représentants syndicaux » le 12 septembre. Malgré la signature, la CFDT prévient qu’elle restera vigilante. Elle s’assurera que « les acquis sociaux ne soient plus attaqués ». Le syndicat veillera à ce que des mesures concrètes et immédiates soient prises pour apaiser le climat social. Enfin, la CFDT espère « que les rythmes et conditions de travail restent décents et permettent aux salariés de pouvoir exercer leurs tâches dignement ».
Agrivoltaïsme : au Conseil d’État, vers le renvoi d’une QPC sur le décret
Lors d’une audience publique au Conseil d’État le 15 septembre, le rapporteur public a proposé le renvoi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de Verso Energy concernant le décret du 8 avril 2024 relatif au développement de l'agrivoltaïsme et aux conditions d'implantation des installations photovoltaïques sur des terrains agricoles, naturels ou forestiers. Le producteur d’énergie conteste notamment une disposition prévoyant que les projets d’installation agrivoltaïque sont soumis à l’avis conforme de la CDPenaf. D’après le Code rural, ses décisions sont prises « au regard de l’objectif de préservation des terres agricoles ». Or, le Code de l’énergie prévoit d’encourager la production d’électricité issue de l’agrivoltaïsme, en la conciliant avec l’activité agricole. Aux yeux du rapporteur public, les deux textes poursuivent des objectifs différents. Et l’un prime sur l’autre dans l’avis conforme de la CDPenaf : « Le législateur a surpondéré la préservation des sols et relégué au second plan le développement des énergies vertes. » Reste « un doute sérieux » sur la manière de concilier ces objectifs. Le rapporteur public veut donc laisser au Conseil constitutionnel le soin de trancher.
Installation: le Crédit agricole va proposer des quasi-fonds propres aux agriculteurs
A la veille de l'ouverture du Space à Rennes, le Crédit agricole a annoncé à Agra presse le 15 septembre qu'il va proposer une nouvelle offre de quasi-fonds propres aux candidats à l'installation, pour répondre à l'augmentation des montants investis lors de ces opérations. «L'objectif est d'aider des jeunes qui portent des projets fortement capitalisés, notamment en élevage, et qui n'ont pas toujours les fonds propres nécessaires», explique Olivier Desportes, président du comité de l'agriculture de la fédération (FNCA). Concrètement, il s'agit d'un différé: les fonds sont alloués durant une période de 7 à 9 ans, durant laquelle l'agriculteur paie uniquement les intérêts, et à l'issue de laquelle il rembourse le capital. «Ce dispositif permet un taux d'endettement plus faible de l’agriculteur et lui donne donc plus de capacité à faire face aux aléas qu’il pourrait rencontrer au cours des premières années de son installation». L'an passé, le groupe bancaire avait annoncé qu'il planchait sur une offre de portage de capital avec prise de participation minoritaire. Après réflexion, le Crédit agricole a finalement changé son fusil d'épaule : «l'offre de quasi-fonds propres permet de mieux s'adapter aux typologies d'exploitations, et laisse une plus grande liberté aux agriculteurs», explique Olivier Desportes. Le fonds sera doté dans un premier temps de 10 millions d'euros par le groupe, et pourrait être abondé en cas de succès. «Les premières discussions avec les organisations professionnelles ont reçu un accueil favorable», assure M. Desportes.
Gaspillage alimentaire : le supermarché en ligne Beans a sauvé 300 000 produits en deux ans
Dans un communiqué du 15 septembre célébrant ses deux ans d’existence, le site commerçant Beans dit avoir récupéré auprès des industriels plus de 300 000 produits de grande consommation pour les revendre aux consommateurs à des prix bien inférieurs à ceux de la grande distribution. Le « supermarché en ligne anti-gaspi » annonce qu’il va « nouer des partenariats renforcés avec des producteurs et industriels français », revendiquant « déjà plus de 300 marques partenaires », comme Bonduelle, Nestlé, Ekibio, Nutrition & Santé, Michel & Augustin, etc. S’affichant comme une start-up, Beans se prévaut d’avoir été sélectionné cette année par Danone France « pour tester et piloter des solutions anti-gaspi » dans le programme « 100+ accelerator » de l’industriel. Son mode d’approvisionnement, explique-t-il à Agra Business, consiste à récupérer les stocks d’invendus pour des raisons de « contrats dates » (nombre de jours de consommation garantis par un fournisseur à un distributeur), de saisonnalité, de fin de série, de changements de recette ou de packaging, etc. « Chez Beans, 67 % des produits en ligne sont encore consommables pendant plus de six mois », précise le communiqué. Plus de 10 000 commandes ont été livrées – à domicile ou en points relais – en France à travers une « communauté » de plus de 70 000 membres.