Agra Business | Isagri/Sencrop, Berny, LDC, UE/Mercosur

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Météo: Isagri rachète les stations connectées Sencrop (presse)

Isagri, déjà présent dans l’agro-météo, rachète les stations connectées Sencrop, ont annoncé le 6 janvier nos confrères de NGPA (dont le groupe informatique est actionnaire). L’opération fait de lui le leader européen du secteur. Avec plus de 40 000 stations actives, une communauté de 30 000 agriculteurs et 600 groupements d’utilisateurs dans 35 pays, l’entité devient «la plateforme leader des données et des risques en agro-météo en Europe», peut-on lire dans le média en ligne Terre-net. Isagri (chiffre d’affaires de 340 M€) possède déjà Météus et ses 5000 stations météo. Sencrop (chiffres d’affaires de 8 M€) en revendique 35 000. «Cet adossement intervient dans un contexte de consolidation de l’ag-tech, et Isagri est le partenaire idéal pour accélérer le développement de notre plateforme collaborative unique, créer de fortes synergies et faire émerger le leader de l’agriculture de précision de demain, où les data et l’IA joueront un rôle primordial», affirment les cofondateurs de Sencrop, Martin Ducroquet et Michaël Bruniaux, cités par Terre-net. Et le d.g. d’Isagri France, Philippe Seguin, de préciser que «pour le moment, nous conservons les deux marques, qui ont chacune leur réseau de distribution».

Emballages: fin de l’aventure pour Berny, pionnier des contenants en inox réemployables

Le p.-d.g. de Berny, start-up développant des contenants en inox operculés pour la grande distribution et l’agroalimentaire, annonce sur LinkedIn la fin d’activité, faute de repreneur. «L’histoire de Berny se termine, mais la question du réemploi, elle, est loin d’être résolue. Et quelque part, nous savons que les graines plantées continueront de grandir», déclare-t-il sur le réseau social professionnel. «Les barquettes en inox de Berny ont pris une place indétrônable dans l'histoire de l'emballage réemployable», commente Fabrice Peltier, expert réputé du monde de l’emballage. Berny avait débuté son projet en 2020 et collaboré avec le constructeur Guelt, pour l’operculage. Ces partenaires avaient été remarqués au salon des fournisseurs de l’agroalimentaire CFIA à Rennes en 2022, ainsi qu’au salon Prod&Pack à Lyon en 2023. L’operculeuse sur inox de Guelt a reçu un Oscar de l’emballage en 2024 dans la catégorie «Production, débuts prometteurs» et a été nommée pour la catégorie «Zero Impact Packaging, nouveaux usages».

UE/Mercosur: Macron veut croire que la «messe n'est pas dite» avec des alliés européens

À l’occasion de la 30e conférence des ambassadrices et ambassadeurs le 6 janvier, le président Emmanuel Macron est revenu sur le sujet de l’accord UE/Mercosur dont la fin des négociations a été annoncée le 6 décembre. Le locataire de l’Élysée estime que la «messe n'est pas dite» quant à la signature de l’accord, ajoutant que la France «continuera de défendre avec force la cohérence de [ses] engagements et donc une politique commerciale cohérente». Paris n’est pas isolée dans ce dossier, puisque la Pologne, autre opposant à l’accord, a officiellement pris, le 1er janvier, la tête du Conseil de l’UE pour le premier semestre 2025. Et le traité commercial avec le bloc d’Amérique latine figure parmi ses priorités. «Nous travaillons actuellement à la constitution d’une minorité avec d’autres pays de l’UE pour bloquer la mise en œuvre de cet accord», a d’ailleurs déclaré le sous-secrétaire d’État à l’Agriculture, Adam Nowak. Une position soutenue aussi par le nouveau ministre de l’Agriculture lituanien, Ignas Hofmanas, qui a estimé, le 30 décembre dans une interview sur la chaîne LRT, que son pays devrait s’opposer à la ratification du traité.

Volailles: LDC veut dépasser un chiffre d’affaires de 6,2 Md€ en 2024-2025

Le groupe LDC, grâce à ses récentes acquisitions et au vu de ses ventes de fin d’année, confirme son objectif visant à dépasser un chiffre d’affaires (CA) de 6,2 milliards d’euros, associé à une marge opérationnelle courante d’environ 5% pour son exercice 2024-2025. Le volailler traiteur expose ces perspectives en communiquant sur son chiffre d’affaires du troisième trimestre 2024 (septembre-novembre). Les acquisitions d’Indykpol (dinde en Pologne), de Calibra (produits élaborés en Roumanie) et de Favid (viandes séparées mécaniquement en France) ont déjà contribué aux performances du troisième trimestre, indique le communiqué. L’intégration de Konspol (produits traiteurs en Pologne) participera aux résultats à compter du 1er octobre 2024 (CA de 35 M€ sur l’exercice 2023) et celle d’ECF (élaborés de volailles et végétaux en Allemagne) à compter du 1er décembre 2024 (80 M€ de CA en 2024). De plus, LDC, ayant obtenu l’autorisation de l’Autorité de la concurrence pour acquérir le groupe Routhiau (traiteur en France, CA de 75 M€ en 2023), pourra l’intégrer à compter du 1er janvier 2025. Concernant le traiteur Pierre Martinet, LDC reste en attente de la décision de l’Autorité de la concurrence pour son acquisition de 100% du capital. Le groupe réaffirme sa confiance quant aux négociations commerciales qui s’engagent et espère ainsi franchir le cap des 7 Md€ de chiffre d’affaires sur l’exercice 2026-2027, visant déjà un Ebitda de près de 560 M€.

Laine: l’ONG Peta dénonce des faits de maltraitance dans 11 élevages en Nouvelle-Zélande

L’association internationale de protection animale Peta a publié le 6 janvier une enquête montrant des faits de maltraitance animale dans «onze élevages et hangars de tonte en Nouvelle-Zélande». Ces sites «produisent de la laine certifiée ZQ», un label qui appartient à l’entreprise The New Zealand Merino Company (filière néo-zélandaise) et se revendique «la première marque de laine éthique au monde». Les enquêteurs de Peta ont filmé des employés «en train de fouetter, de plaquer et de frapper des moutons». Leur enquête montre aussi des animaux «laissés avec des plaies béantes grossièrement recousues, tout cela sans antidouleur», ou encore des animaux entassés avant la tonte au point d’en mourir. Selon l’ONG, les élevages incriminés fournissent «des marques comme Allbirds, Fjällräven, Helly Hansen, icebreaker, Smartwool, et Loro Piana». L’association, qui appelle les entreprises à cesser d’utiliser de la laine, rappelle qu’il s’agit là de sa quinzième enquête sur ce sujet. Peta dit avoir ainsi inspecté «plus de 150 installations de l’industrie de la laine dans sept pays» (Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Australie, Etats-Unis, Chili, Argentine).

Légumes: allégement des contrôles pour les plants à la frontière britannique

Le gouvernement britannique a annoncé que les contrôles des plants de tomates, de concombres, de poivrons et d'aubergines seront désormais soumis à des contrôles à hauteur de 10%, contre 30% précédemment, rapporte la NFU (principal syndicat agricole anglais) sur son site internet fin 2024. La filière britannique des tomates s'était inquiétée à l’été 2024 des contrôles mis en œuvre dans le cadre du Brexit, entraînant de forts retards dans les livraisons. Cette réduction du nombre des contrôles «fait suite à un dialogue soutenu et cohérent entre la NFU et les associations de cultures concernées avec le Defra (ministère de l’Agriculture, NDLR) et l'APHA (agence sanitaire, NDLR)», est-il rapporté. Les autres plantes non ligneuses sont toujours soumises à des contrôles à hauteur de 30% à la frontière. «Comme dans tous les cas, cette fréquence sera réexaminée à la lumière de nouvelles informations, notamment des résultats des inspections et de la surveillance des importations», tient cependant à rappeler le ministère britannique de l’Agriculture.

Nutrition: hausse du scorbut chez les enfants en France, corrélée à l'inflation (étude)

Une équipe de chercheurs français, rattachés pour la plupart à l’hôpital pédiatrique Robert-Debré (Paris), a analysé la hausse des cas de scorbut – une carence sévère en vitamine C – chez les enfants en France, dans une étude publiée dans la revue The Lancet Regional Health et repérée par Le Monde le 3 janvier. Entre 2015 et 2023, les pédiatres ont recensé 888 cas de scorbut chez des enfants dans la base de données « Programme de médicalisation des systèmes d’information » (PMSI), qui recueille l’ensemble des données d’hospitalisation en France. Dès 2015, ils ont observé une augmentation « significative et régulière », de l’ordre de 0,05 % par mois. Constatant par la suite une accélération en 2020, avec une hausse de 1,9 % par mois, les auteurs ont établi une corrélation avec la hausse de l’indice des prix à la consommation. « La hausse du scorbut est un symbole de la précarité alimentaire, définie à la fois comme un manque d’accès à de la nourriture de qualité et à l’éducation à une alimentation saine », souligne Ulrich Meinzer, professeur de pédiatrie à l’hôpital Robert-Debré et à l’université Paris-Cité et coordinateur de l’étude, au quotidien Le Monde. Une autre piste est à aller chercher dans les cas d’hypersélectivité alimentaire, décrite par Haude Clouzeau, pédiatre au CHU de Bordeaux. 

Chocolat: en Suisse, des chocolats d’Aldi trop semblables à ceux de Lindt interdits de vente

Le tribunal de Commerce du canton d’Argovie, en Suisse, a interdit le 14 décembre à la filiale helvétique d’Aldi de vendre ses boules en chocolat de la marque «Roser Moth», donnant ainsi raison à Lindt & Sprüngli qui accusait le distributeur d’avoir imité ses produits. Selon RTS, l’enseigne allemande vendait depuis octobre 2024 «une édition de Noël de ses produits, emballés dans des emballages rouge et bleus» similaires aux chocolats Lindor de Lindt & Sprüngli. «Rien qu'en Suisse, les boules Lindor rapportent 44,8 millions de francs de chiffre d'affaires à Lindt & Sprüngli», note le média public. Après ce jugement en sa faveur, le chocolatier suisse (5,5 Md€ de chiffre d’affaires en 2023) a désormais «jusqu'au 13 mars 2025 pour porter plainte principale contre Aldi Suisse», explique RTS. En 2022, c’était un autre distributeur, Lidl, qui avait été condamné pour avoir vendu, en 2018, des lapins de Pâques dans un emballage doré similaires à ceux de Lindt.

Coopératives: Eureden crée le poste de directrice de la performance

Clémence Loy-Meesseman, jusque-là directrice de la transformation des ressources humaines au sein de la coopérative bretonne Eureden (3,8 Md€ de chiffre d’affaires, 17 000 adhérents, 8000 salariés), occupe désormais le poste de directrice de la performance. Sa mission est, comme elle l’explique sur LinkedIn, de «piloter les projets stratégiques transversaux ou de branche», de «veiller à ce que les portefeuilles projets soient priorisés et arbitrés pour maximiser leur impact» et d’«ancrer une culture de la performance au quotidien». (Anne Gilet)

Intrants: Éric Ribault passe des biosolutions de Kimitec aux toitures végétalisées

Directeur France de Kimitec, société espagnole spécialisée dans la recherche et le développement de biopesticides et de biostimulants, depuis avril 2021, Éric Ribault est désormais directeur de production chez Ecovégétal, la référence des professionnels pour la végétalisation des toitures, des parkings et la stabilisation des sols. Éric Ribault bénéficie d’une expérience de plus de trente ans au service des productions agricoles, avec de nombreuses années passées chez Yara et dans le négoce agricole. Il a notamment dirigé, de 2015 à 2021, le négoce CIC (Gironde), membre du réseau Actura. (Anne Gilet)