Agra Business | InVivo, Maison Duprez, Dijon Céréales, Bio3G, IA

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Coopératives : chiffre d'affaires en baisse chez Invivo, la malterie bondit

À l’occasion du congrès des coopératives agricoles, le 18 décembre à Paris, InVivo a tiré le bilan de la campagne 2023-2024. Le groupement de coopératives enregistre un chiffre d’affaires de 11,7 Mds€, en baisse de 700 M€ par rapport à la campagne précédente. La division agriculture accuse une perte de 16%, passant de 4,3 Md€ à 3,6 Md€. La division négoce est, elle aussi, en chute, passant de 3,9 Md€ en 2022-2023 à 3,3 Md€ en 2023-2024. La filiale retail, Teract, maintient ses ventes à un niveau stable, à 1,3 Md€, mais l’exercice est marqué par l’échec des négociations visant à un rapprochement avec le groupe Casino. Enfin, la division agroalimentaire enregistre une hausse de son chiffre d’affaires, grâce à la malterie : 2,2 Mds€, contre 1,4 Md€ pour l’exercice précédent. Ce résultat positif est dû à l’acquisition de United Malt Group (UMG) en novembre 2023, qui a propulsé Soufflet Malt à la première place de la malterie mondiale, avec une capacité de production annuelle de 3,7 Mt. Episens, la filiale dédiée à la meunerie, aux ingrédients et à la boulangerie industrielle, maintient son chiffre d’affaires à 1 Md€, et voit sa capacité de production accroître, avec l’acquisition de deux nouveaux moulins. Enfin, Cordier, la filiale vin d’InVivo, qui pourrait être cédée prochainement, plafonne à 227 M€ de CA, contre 287 M€ l’année dernière. Le groupe s'est toutefois félicité de son excédent brut d'exploitation, de 384,4 millions d'euros, en hausse de 51 millions d'euros par rapport à l'exercice précédent (9 millions seulement sans compter l'intégration d'UMG). (Elena Blum)

Numérique: La Coopération agricole crée un assistant métier par IA

Solutions +, la branche innovation et formation de la Coopération agricole a dévoilé, le 18 décembre, son assistant métier virtuel, développé en interne. Cet outil, qui repose sur l’intelligence artificielle, a vocation à faciliter les tâches des employés des coopératives, notamment pour les métiers du marketing, de QHSE (qualité, hygiène, sécurité, environnement), du management et pour les techniciens commerciaux. L’outil pourra être enrichi par les bases de données de chaque coopérative, telles que les fichiers adhérents, les catalogues de référencement, les données comptables. «Nous ne nous appuyons pas sur ChatGPT, mais sur un modèle propre, explique Emmanuel Paris, conseiller formation chez Solutions +. Nous voulions protéger les données sensibles des coopératives, mais aussi simplifier l’utilisation de l’outil, qui ne nécessite pas de promptage de la part des utilisateurs.» Le prototype présenté par Solutions+ va désormais être retravaillé par un prestataire français, qui sera sélectionné en début d’année. Puis Solutions + travaillera avec la coopérative Ceresia, pour développer les cas d’usage. L’outil devrait être mis à disposition des coopératives dès le printemps 2025, via un système d’achat de licence. (Elena Blum)

Céréales d’hiver : les semis affichent un «rebond limité», le blé dur au plus bas

Selon les premières estimations publiées le 17 décembre par le ministère de l’Agriculture, les semis des grandes cultures d’hiver montrent un «rebond limité des surfaces». «Les superficies semées augmenteraient sur un an, sauf pour l’orge et le blé dur, mais resteraient toutefois inférieures aux moyennes quinquennales», indique une note. Dans le détail, le blé tendre est prévu à 4,5 Mha, marquant une hausse de 8,7 % après les «très faibles surfaces de la campagne 2024», soit un «niveau bas au regard des trente dernières années». Seulement 1% d’augmentation des surfaces est affiché en Centre-Val de Loire et Grand Est. Le blé dur poursuit sa chute. A 0,2 Mha (-1,9 %), il est au «plus bas niveau depuis trente ans, inférieur de 13% à la moyenne 2020-2024 et même de 21% en Occitanie, première région en surface». L’orge d’hiver est estimée en légère baisse, à 1,23 Mha (-0 ,8 %). Côté triticale, la sole se redresse à 290 000 ha (+14 %) après le point bas de l’an dernier. Le colza se stabilise par rapport aux deux dernières campagnes, à 1,33 Mha (+0,6 %), notamment en Centre-Val de Loire, première région productrice. Dans le Grand Est, une hausse des surfaces de 8 % est revanche annoncée.

Biscuits: Unigrains entre au capital de la Maison Duprez

Le fonds d'investissement de la filière céréalière Unigrains entre au capital de la Maison Duprez, entreprise familiale spécialisée dans la fabrication de biscuits et confiseries artisanaux. Cette opération «coïncide avec un projet d’investissement sur le site de production historique de la filiale bretonne pour augmenter sa capacité de production et élargir son offre avec de nouveaux produits régionaux», précise Unigrains dans son communiqué le 18 décembre. La Maison Duprez s'est constituée par croissances externes successives, autour de marques régionales (Eugène Blond, La Dunkerquoise, Isidore Penyen, Maurice Hu...). La gamme comprend «plusieurs centaines de références distribuées auprès d’une clientèle B2B (professionnels traditionnels et grande distribution) et d’une clientèle B2C à travers un réseau de boutiques». 80% des ventes sont réalisées sous ses marques. La société emploie «près de 180 collaborateurs» et vise un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros à un horizon de cinq ans.

Biostimulants : Bio3G devient filiale à 100 % d’Éléphant Vert

Éléphant Vert, société spécialisée dans les biosolutions a annoncé, dans un communiqué le 17 décembre, être devenue actionnaire à 100 % du groupe français Bio3G (50 M€ de CA en 2023), dédié au développement de solutions naturelles : elle détenait déjà 51 % des parts depuis 2018. L’enjeu: «jouer sur la double complémentarité produits et géographiques des deux groupes pour accélérer leur développement». Présent dans 44 pays, Éléphant Vert possède un solide ancrage en Afrique à travers ses filiales mais déploie, depuis deux ans, une stratégie export «ambitieuse» en Europe et dans le reste du monde. La structure compte 400 salariés et près de 80 homologations en biocontrôle et biostimulation. De son côté, Bio3G dispose d’une gamme de 45 produits, 6 brevets, 3 AMM et 450 collaborateurs. Sa stratégie: développer une approche de vente et de conseil 100 % en direct en France, Suisse, Belgique et Allemagne. Ce projet de rapprochement comprend aussi «des investissements au niveau industriel et informatique pour développer le potentiel de croissance de Bio3G au service du groupe». Pierre-Gilles Gérard, ex-directeur général d’Angibaud et Huon, a été recruté en septembre pour succéder à Marc Guillermou à la direction générale de Bio3G, suite au départ en retraite de ce dernier. (Anne Gilet)

Agrivoltaïsme : Dijon Céréales et TotalEnergies visent 200 MW d’ici à 2030

La coopérative Dijon Céréales et TotalEnergies renforcent leur partenariat visant à codévelopper des projets agrivoltaïques en région Bourgogne Franche-Comté, ont-ils annoncé le 16 décembre, fixant un cap à 200 MW d’ici 2030. «Plusieurs projets (sont) en cours de développement pour plus de 300 hectares», selon un communiqué commun. «TotalEnergies et Dijon Céréales ont ainsi l’ambition d’installer au moins 200 MW de projets agrivoltaïques en région Bourgogne-France-Comté d'ici 2030.» Leur partenariat, démarré en 2020, s’est déjà concrétisé par un démonstrateur à Channay (Côte-d’Or). Le site, ayant accueilli depuis 2021 «plus de 1 000 visiteurs» professionnels et institutionnels, vise à convaincre de l’intérêt des panneaux photovoltaïques bifaciaux verticaux pour l’agriculteur. Il s’agit de «renforcer la résilience de notre agriculture tout en répondant aux enjeux d’une énergie plus verte», déclare Christophe Richardot, directeur général de Dijon Céréales. Les agriculteurs de Bourgogne Franche-Comté sont «de plus en plus soumis aux aléas climatiques, ce qui nécessite de proposer des solutions innovantes pour favoriser la pérennité de leurs exploitations», selon le communiqué.

Mayotte: «pont maritime civil», dons alimentaires de la grande distribution

Les autorités ont annoncé un «pont maritime civil» qui va démarrer dans la nuit au départ de La Réunion, avec 200 conteneurs attendus le 22 décembre dans l'archipel meurtri, dont 88 d'eau. Les distributeurs alimentaires ne sont pas en reste, même si les supermarchés et leurs tarifs plus élevés qu'en métropole sont inaccessibles à de nombreuses bourses mahoraises. Deux grandes enseignes nationales sont présentes sur l'île, via des partenariats: Carrefour et Intermarché, respectivement deuxième et troisième distributeurs français, derrière E.Leclerc. Carrefour est franchiseur du géant des outre-mer Groupe Bernard Hayot (GBH), qui détiendrait environ 40% du marché de la grande distribution à Mayotte, selon une source. Dès dimanche, le p.-d.g. Alexandre Bompard avait annoncé sur le réseau social X le don par Carrefour de «50 tonnes de marchandises de première nécessité (eau minérale, riz, pâtes...) en coordination et avec le soutien de GBH». Selon Carrefour mercredi, les denrées partiront jeudi par bateau de La Réunion. De leur côté, les Mousquetaires/Intermarché ont un contrat d'approvisionnement avec la Sodifram, environ 60% du marché. Son patron Thierry Cotillard a annoncé le 18 décembre «un don de 120 tonnes de nourriture» par Intermarché et Netto, «expédiées dès que possible par avion, en lien avec les autorités».

Mayotte: lourds dégâts en filière avicole, pertes moindres en bovins (interprofession)

À Mayotte, la quasi-totalité du cheptel de volailles de chair et une partie des poules pondeuses ont été anéanties par le cyclone Chido, selon le décompte de l'association interprofessionnelle de Mayotte (AIM) chez ses adhérents, qui forment les filières agricoles formelles de l'île. Pour les œufs, le principal opérateur de l'île – qui représenterait 60% de la production du département – a perdu 30% du cheptel, réduit à 50 000 pondeuses. «L'une des urgences est de les maintenir en vie, pour qu'elles puissent se remettre à produire quand elles seront moins stressées», indique la secrétaire générale de l'AIM, Sophie Dupille. Quant aux volaille de chair, le cheptel évalué à 120 000 poules a été presque anéanti, réduit à 1500 poules. Tous les bâtiments d'élevage sont détruits. Le couvoir et l'usine d'aliments restent opérationnels, de même que l'abattoir qui a subi quelques dégâts. Le recensement est plus compliqué pour les bovins, souvent situés dans des zones sans moyens de communication. Il aurait subi de moindre pertes: «Le cheptel est toujours là», indique Sophie Dupille. En filières végétales, la production maraîchère et les bananiers sont anéantis; la dizaine de serres sont hors d'état de fonctionner. Seulement 10% des arbres fruitiers seraient encore debout (orangers, citronniers, manguiers caféiers...).

«Mégabassines» : la justice déclare illégales quatre réserves de substitution du Poitou

La cour administrative d’appel de Bordeaux a jugé illégales, le 18 décembre, les autorisations délivrées à quatre réserves de substitution du Poitou, dont celle contestée de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), au motif qu’elles «ne comportent pas de dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées», prévue par le Code de l’Environnement. Plus précisément, la cour estime que l'implantation des quatre retenues dans «un secteur sensible» pour l’outarde canepetière, une espèce menacée, est «de nature à détruire tout ou partie de l’habitat de cette espèce et lui porte une atteinte caractérisée». Dans l’attente de «la délivrance éventuelle» d’une dérogation, la cour a donc suspendu les mises en chantier et les futurs remplissages en eau des quatre ouvrages. «L’eau stockée» à la date de décision dans la réserve de Sainte-Soline, la seule des quatre dont la construction est achevée, pourra néanmoins être utilisée cet été «par les agriculteurs raccordés», sans toutefois «donner lieu à un nouveau remplissage», précise la cour. Début décembre, des associations environnementales avaient attaqué les autorisations délivrées par l'État pour construire et exploiter seize réserves de substitution agricoles dans le Marais poitevin, dénommées «mégabassines» par les opposants, dont celle de Sainte-Soline qui cristallise les oppositions depuis une violente manifestation autour du chantier en mars 2023.

Influenza aviaire: comme attendu, la France retrouve son statut «indemne»

Comme attendu, la France a retrouvé le 17 décembre son statut «indemne» de l'influenza aviaire, aucun nouveau foyer ne s'étant déclaré depuis un mois, a annoncé le lendemain le ministère de l'Agriculture. Le niveau de risque sur le territoire métropolitain avait été relevé à «élevé» en novembre, ce qui impliquait par exemple l'obligation de mettre les animaux à l'abri dans certains cas. Le statut «indemne», qui lève ces obligations, «ouvre des perspectives plus favorables pour nos filières», a indiqué le ministère de l'Agriculture dans un communiqué de presse. La France n'avait plus le statut «indemne» depuis août. Douze foyers d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont au total été depuis détectés dans des élevages de volailles, et trois dans des basses-cours. La surveillance des deux derniers sites infectés, dans les Landes et dans l'Allier, a été levée le 15 et 16 décembre. «Une vigilance constante doit néanmoins être maintenue par tous les acteurs de la filière», précise le ministère de l'Agriculture, qui rappelle que le virus circule toujours chez les oiseaux sauvages en Europe, en particulier dans les couloirs de migration.

Pommes : marché du jus et des compotes en croissance, dans un contexte morose

Avec 166,9 millions de litres (Ml) vendus, la pomme est le seul parfum de jus de fruits à avoir enregistré une croissance en 2023, a indiqué FranceAgriMer lors d’une visioconférence le 18 décembre. En tout, cela a représenté 15,7 % des parts de marché des jus de fruits (en volume) en France, marquant une progression de 2,3% des volumes par rapport à 2022, dans un contexte où le marché total des jus de fruits a reculé de 6,7%. À noter que sur les 166,9 Ml de jus de pommes vendus, la France en produit 70,7 Ml, principalement sous forme de «pur jus», soit environ 42,4 % du total. Parallèlement, 228 millions Ml de de jus et nectars multifruits ont été vendus, dans lesquels la pomme sous forme de «pur jus» ou de «jus à base de concentré» peut être utilisé comme base. Dans un contexte marqué par une forte inflation alimentaire, FranceAgriMer souligne que les «purs jus» ont subi «un repli», au profit des jus à base de concentré. Côté compotes, le service du ministère de l’Agriculture observe un regain des achats des ménages en 2023. «La compote est un marché structurellement en hausse depuis plusieurs années grâce à une série d’innovations lancées par des marques fortes : le rayon frais, la gourde, le sans sucres ajoutés ainsi que la diversification des recettes», note-il.

Communication: la championne paralympique Aurélie Aubert sponsorisée par Kinder

La championne paralympique de boccia, Aurélie Aubert, est parvenue à décrocher un premier sponsor, à la faveur de sa médaille d'or à Paris... et de l'appel qu'elle avait lancé avec aplomb à la télévision. Ce partenariat, conclu pour l'année 2025 – mais renouvelable avec pour horizon les Paralympiques de 2028 à Los Angeles –, a été scellé avec la marque Kinder, qui appartient au géant agroindustriel italien Ferrero. En remportant l'or, puis en éteignant la flamme olympique au Stade de France début septembre, Aurélie Aubert est en effet devenue une des figures des Jeux paralympiques de Paris, aidant à populariser la boccia, le sport de boules qu'elle maîtrise. L'entreprise va prendre en charge l'ensemble de ses frais sportifs, gestion, déplacement, logistique, équipement pour «pouvoir envisager l'avenir dans l'optique de Los Angeles», a expliqué Fausto Rotelli, directeur des affaires extérieures de Ferrero en France, à l'AFP. Si la durée de ce contrat est d'un an, celui-ci est renouvelable, car «l'idée c'est vraiment de continuer jusqu'à Los Angeles, de lui donner une visibilité, une stabilité pour affronter l'avenir, parce que c'est ça la difficulté pour les athlètes para-sportifs», a ajouté M. Rotelli.

Banque : le Crédit agricole nomme Olivier Gavalda comme nouveau d.g.

Le Crédit agricole SA a désigné le 17 décembre Olivier Gavalda comme prochain directeur général. Sa nomination interviendra à l’issue de l’assemblée générale du 14 mai 2025, d’après un communiqué. Il succédera ainsi à Philippe Brassac. Entré au Crédit agricole en 1988, Olivier Gavalda y a fait toute sa carrière, jusqu’au poste de directeur général délégué de Crédit agricole SA en charge de la Banque universelle.

Betterave à sucre: Alexis Hache devient président de l'ITB

Dans un communiqué paru le 18 décembre, le conseil d'administration de l'institut technique de la betterave (ITB) annoncé la nomination d'Alexis Hache à sa présidence, épaulé par Anne Despouy comme vice-présidente. Ils succèdent respectivement à Alexandre Quillet et Bruno Labilloy.

Luzerne déshydratée: Olivier Morant nommé président de Luzerne de France

Dans un message posté sur le réseau X le 18 décembre, la section Luzerne de France de la Coopération agricole indique avoir nommé Olivier Morant à sa présidence. Il remplace Éric Masset, qui occupait cette fonction depuis neuf ans. Olivier Morant est agriculteur dans la Marne, président de la commission Luzerne de Tereos et membre du conseil coopératif de Tereos, indique-t-il sur son compte LinkedIn.