Agra Business | Lactalis/Fonterra, Auchan, taxes Trump

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Lait : Fonterra cède à Lactalis la majorité de ses produits de grande consommation

Dans un communiqué du 22 août, le n°1 mondial du lait Lactalis annonce avoir « conclu un accord avec Fonterra » pour acquérir la majorité des activités de produits de grande consommation (PGC) de la coopérative néo-zélandaise (hors Chine). Après l’approbation des adhérents de Fonterra et de plusieurs autorités de la concurrence (les instances australiennes l’ont déjà approuvée), l’opération devrait se concrétiser au premier semestre 2026. La transaction comprend aussi les activités RHD et ingrédients de Fonterra en Océanie et au Sri Lanka, ainsi que ses branches RHD au Moyen-Orient et en Afrique. En tout, 16 usines et 4 300 employés viendront grossir les rangs de Lactalis Australie (12 sites, 2 800 employés). Montant de l’opération : 3,8 Md$ NZ (environ 1,9 Md€), selon le communiqué de Fonterra. Par ailleurs, l’accord prévoit que la coopérative néo-zélandaise continuera à vendre du lait et des ingrédients à Lactalis « sur le long terme » pour les activités cédées. En 2024, Fonterra avait annoncé son intention de se séparer de certaines de ses activités PGC et Ingrédients, pour un total de 5,6 Md$ NZ (2,8 Md€). S’en est suivi « un processus de vente très concurrentiel », rappelle l’entreprise, Lactalis étant en compétition avec le japonais Meiji et l’australien Bega.

Bovins/DNC : un premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse dans l'Ain

Alors que la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) semblait ralentir en Savoie et Haute-Savoie ces derniers jours, un premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté dans l'Ain, a indiqué la préfecture de ce département le 24 août. Ce nouveau foyer de DNC a été confirmé la veille « au sein d’une estive dans l’est du département ». Il s’agit du premier cas de DNC dans l’Ain depuis la détection du premier foyer en Savoie le 29 juin, souligne la préfecture dans un communiqué. L’ensemble des bovins appartenant au foyer contaminé devront être abattus « dans les prochains jours », précise-t-elle. Afin d’éviter la propagation de la maladie à d’autres animaux, la préfète a pris des « mesures immédiates, en particulier le renforcement de la surveillance et de l’interdiction des mouvements des bovins présents dans l’alpage ». Un accompagnement humain et psychologique est mis en place en lien avec la chambre d’agriculture pour les éleveurs touchés par le dépeuplement, qui seront indemnisés financièrement par l’État. Le premier cas de DNC en France avait été détecté le 29 juin en Savoie, avant que cette maladie non transmissible aux humains ne se propage rapidement. Selon le dernier bilan du ministère au 22 août, 76 foyers ont été recensés, répartis dans 41 élevages.

Distribution : des « centaines de milliers » de données de clients d'Auchan piratées

L'enseigne de grande distribution Auchan a annoncé le 21 août avoir été victime « d'un acte de cyber-malveillance » ayant causé le vol de données des comptes de fidélité de « quelques centaines de milliers » de ses clients. Les données piratées comprennent le « nom, prénom, adresses email et postale, numéro de téléphone, numéro de carte de fidélité » des clients affectés, a signalé le groupe dans un communiqué, tout en assurant que « l'incident a été circonscrit ». « Les données bancaires, mot de passe et code pin des cartes de fidélité » ainsi que les « montants des cagnottes » des clients ne sont pas concernés, a assuré Auchan, ajoutant qu'il avertissait l'ensemble des personnes concernées et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). « Quelques centaines de milliers » de clients d'Auchan sont concernés, a précisé à l'AFP une porte-parole du groupe. L'enseigne nordiste avait déjà été victime d'une attaque similaire en novembre 2024. Ce groupe phare de l'empire Mulliez – qui a annoncé fin 2024 un grand plan de restructuration avec près de 2 400 suppressions de postes – a invité ses clients à « rester vigilants » face aux risques de sécurité liés à l'hameçonnage, c'est-à-dire des SMS ou courriels frauduleux destinés à tromper des personnes pour les inciter à transmettre des données personnelles ou bancaires.

Vin/taxes Trump : « La situation ne peut en rester là », affirme Annie Genevard

« La situation ne peut en rester là », a affirmé la ministre française de l'Agriculture, dénonçant le 21 août sur X un accord « déséquilibré » entre l'UE et les États-Unis, qui imposeront des droits de douane de 15 % sur les vins et spiritueux européens. « Cet accord, déséquilibré, porte atteinte aux intérêts français et européens en matière agricole : il impose des droits de douane de 15 % aux produits européens exportés vers les États-Unis, tout en offrant un accès accru aux produits américains sur le marché européen », déplore Annie Genevard. « Je regrette particulièrement l’absence d’exemption pour les vins et spiritueux, alors même que la France et d’autres pays avaient souligné l’importance prioritaire de ces produits », ajoute-t-elle, alors que la France exporte un quart de ses alcools vers les États-Unis. « La situation ne peut en rester là. Ce point n'est d'ailleurs pas clos », estime la ministre, qui « demande instamment aux négociateurs européens qu'ils en fassent une priorité des prochains échanges qu'ils auront avec les autorités américaines, dans les semaines et les mois qui viennent ». « J'attends en outre des mesures européennes fortes pour soutenir les producteurs qui seraient pénalisés par ce résultat inacceptable », a-t-elle ajouté.

Légumes transformés : le bio marche mieux en restauration collective que dans les foyers (syndicat)

Les tendances de consommation des légumes transformés biologiques (en conserves et surgelés) en 2024 révèlent une dynamique à deux vitesses : alors que les achats à domicile reculent sous la pression des prix, la restauration collective consolide ses achats dans ce segment, décrypte le Cénaldi (producteurs) dans une publication en août. En 2024, les ménages français ont acheté 4 % de légumes bio en conserve et 5 % en surgelé, en baisse par rapport à la période 2019–2023 (respectivement -8 % et -12 %). « Cette diminution des achats en volume traduit une réelle sensibilité au prix, particulièrement marquée chez les foyers modestes », souligne le syndicat. En valeur cependant, les achats de légumes en conserve dégringolent de 6 %, ceux des surgelés enregistrent une hausse de 1 % par rapport à la moyenne 2019-2023. En restauration collective, les légumes en conserve progressent de 26 % en volume et de 60 % en valeur, tandis que les surgelés enregistrent une hausse spectaculaire de 37 % en volume et 70 % en valeur. À eux seuls, les légumes surgelés bio représentent 14,5 % des quantités achetées par les professionnels, contre 6 % pour les conserves. « Le décalage entre sphère privée et restauration collective souligne l’enjeu d’accessibilité économique du bio transformé », conclut le Cenaldi.

À nos abonnés : possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agra Business pourra être diffusé à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.