Agra Business | LDC/ECF, Unicoque, Raya Foods, Bigard, Business France, Slasheurs-cueilleurs

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Exportations : les destinations conseillées par Business France pour 2025

Business France a publié son livre blanc « Où exporter agro 2025 », réalisé en partenariat avec le ministère de l’Agriculture. Cette 17e édition souligne des perspectives comme la nutrition animale dans les pays européens, le malt d’orge, les ingrédients, produits sucrés et de la BVP (boulangerie viennoiserie pâtisserie), substituts aux produits laitiers et biologiques ou encore le canard gras vers les pays tiers ; et plus précisément la pomme en Amérique du Sud, les légumes bio en Allemagne, la pomme de terre au Vietnam. La naturalité, les emballages innovants et la décarbonation apparaissent fréquemment parmi les nouvelles tendances. Les pays de la zone rhénane (Allemagne, Autriche, Suisse, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) se distinguent, ayant absorbé 33 % des exportations françaises de produits agroalimentaires en 2023. Comme les précédentes éditions, ce guide se compose d’une série de fiches thématiques par secteur (avec conseils pratiques et nouvelles tendances), un tour d’horizon réglementaire et une revue détaillée de chaque pays client, ainsi que les contacts à l’étranger, réseaux utiles et experts en France. Les exportations françaises de produits agricoles et alimentaires s'élevaient en 2023 à 61 Md EUR), en légère hausse de 2%. La France est en 4e position en produits agroalimentaires, derrière le trio de tête (Pays-Bas, Etats-Unis, Allemagne), en 10e en produits agricoles.

Exportations : un déficit d’organisation et de tutelle selon le président de l’Ania (presse)

Evoquant la perte de part de marché de l’industrie agroalimentaire française à l’export, le président de l’Ania Jean-François Loiseau, déplore, dans un article du Figaro, daté du 21 octobre, le manque d’organisation de l’industrie agroalimentaire française à l’export et le défaut de visibilité du fait que le secteur dépende de de plusieurs ministères. «Nous avons toujours du mal à nous organiser pour conquérir ensemble des marchés à l’étranger», dit le nouveau président de l’Ania, cité dans le quotidien. En matière de tutelle, l’article rappelle que l’Ania souhaite un délégué interministériel aux industries alimentaires. Dans son projet France 2030, l’Ania souhaite également que les PME de l’agroalimentaires soient davantage incitées à exporter grâce au crédit d’impôt, grâce à l’augmentation de l’enveloppe de cette mesure fiscale de 40 à 200 millions d’euros, afin d’augmenter le plafond d’aide pour un poste de responsable export de 40 000 euros à 200 000 euros. Un dîner, inscrit pour le 21 octobre à l’agenda d’Emmanuel Macron entre le président et des dirigeants d’entreprises françaises, se présentait comme l’occasion pour l’Ania de formuler des suggestions. 

Noisettes : récolte grevée de moitié chez Unicoque, «premier déficit de son histoire» annoncé

La coopérative Unicoque (Lot-et-Garonne) annonce, dans un communiqué le 22 octobre, qu'elle projette une perte de plusieurs millions d’euros sur son exercice 2024/2025, «premier déficit de son histoire». La raison est liée à une crise de la matière première. En effet, des «attaques massives de punaises diaboliques et de balanin (ver de la noisette) ont dévasté la récolte cette année en parallèle d’une météo défavorable », rapporte l'entreprise. Sur un potentiel de 13 000 tonnes, seules 6500 tonnes ont pu être récoltées. De plus, en septembre, l’analyse des premiers lots livrés ont révélé que près de 30% des noisettes étaient non commercialisables à cause des ravages de la punaise diabolique. «La majorité des lots ne permettent pas de fournir des produits finis conformes aux normes internationales de commercialisation», explique Unicoque, qui réalise 55% de son chiffre d’affaires à l’export. La coopérative pointe du doigt l’absence de molécules phytos efficaces ayant une autorisation d’usage et «la politique ultra-restrictive» en la matière de la France: «Nous demandons toutes les procédures nécessaires face à l’urgence phytosanitaire qui nous emporte ainsi que l’harmonisation des règles entre la France, l’Espagne et l’Italie».

Volaille de char: LDC met un pied en Allemagne en rachetant ECF

La société allemande European Convenience Food (ECF), produisant des élaborés de volaille cuits et surgelés ainsi que des produits végétaux, est en passe d’entrer dans le groupe LDC, a informé le groupe français par un communiqué le 18 octobre. Sur les 80 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé, l'entreprise allemande en a réalisé 86% dans la RHD (Restauration hors domicile) en 2023. Sur ses 10% de CA à l’export, moins de 3 millions d’euros sont réalisés aujourd’hui en France, précise LDC pour Agra Presse. Par cette acquisition, LDC poursuit son internationalisation en Europe en entrant dans un nouveau pays, l’Allemagne, présenté dans le communiqué comme «premier marché agroalimentaire en Europe», et «sur le segment prometteur des produits surgelés à base de volailles et de produits végétaux». ECF est connue dans le foodservice allemand à travers ses marques Vegeta et Karl Kemper. Ses produits sont distribués par «plusieurs réseaux de grossistes spécialisés dans ce secteur». L’accord conclu avec les actionnaires d’ECF prévoit l’acquisition par LDC de la majorité du capital et un investissement du management de la société allemande dans le groupe français.

Bovins viande: vers la fin de l’abattage au site Bigard de Sablé, crucial pour l’Ouest

Le n°1 français de la viande bovine Bigard a annoncé la fin, dès 2025, de l’activité d’abattage de bovins à l’usine Charal de Sablé-sur-Sarthe, un site crucial pour les élevages des Pays de la Loire, d’après nos confrères de Réussir. D’une capacité d’environ 1200 bêtes par semaine, l’abattoir deviendra une plateforme logistique (avec congélation) et poursuivra une activité de découpe de têtes de porc, a indiqué Laurent Ragot, de la FDSEA de la Sarthe, à Agra Presse, après une réunion avec les dirigeants du site le 22 octobre. Responsable de la section bovine du syndicat, l’éleveur déplore une «décision stratégique» de l’industriel: celui-ci compte transférer les salariés et les animaux à Cholet (Maine-et-Loire) et à Cherré-Au (Sarthe). Deux sites actuellement en sous capacité, plus récents, mais aussi plus éloignés des élevages de Sarthe et de Mayenne. D’après Laurent Ragot, le groupe Bigard s’est engagé à «prendre en charge les frais de transport pour l’abattage familial et la boucherie traditionnelle», des débouchés où le transport est à la charge de l’éleveur. «Tous les éleveurs ne vont pas suivre [Bigard] à Cholet», prévient toutefois Laurent Ragot, ajoutant que les abattages de l’usine Elivia (Terrena) à Le-Lion-d’Angers «sont déjà à la hausse à la suite de l’annonce».

Viande: la démarche «Viandes de Normandie» prend de l’ampleur

Nouveaux adhérents, officialisation d’une «synergie» avec le logo «Saveurs de Normandie»: lors du Fêno (Festival de l’excellence normande) le 18 octobre à Caen, la démarche interprofessionnelle «Viandes de Normandie» a franchi une étape dans son développement. La marque d’Interbev Normandie accueille plusieurs nouveaux adhérents, d’échelle industrielle (Socopa Gacé, Elivia) comme artisanale (Le Philou normand / boucherie Lemarinier). Ceux-ci vont commercialiser des produits floqués «Viandes de Normandie» dans «les semaines à venir», précise la marque à Agra Presse. Les premiers produits estampillés «Viandes de Normandie» sont déjà disponibles notamment dans la vingtaine de boutiques des Éleveurs de la Charentonne, partenaires historiques de la démarche au même titre que le grossiste Socodn ou les abattoirs EVA et Socopa Coutances. Créé en 2022, le label «Viandes de Normandie» garantit des animaux nés, élevés et abattus dans la région, ainsi que le respect des engagements du Pacte sociétal d’Interbev (démarche RSE). La marque concerne notamment les filières bovines (2,1 millions de têtes en Normandie en 2019) et ovines (84 000 animaux).

Veaux laitiers: la FCO perturbe le marché, les éleveurs dénoncent des abus

Entre rebond des naissances en août et restrictions à l’export en raison de la fièvre catarrhale ovine (FCO), le marché des veaux laitiers se grippe et les prix chutent, selon le bulletin Tendances publié par l’Idele le 21 octobre. «Le cours du veau mâle laitier de 45-50 kg a ainsi perdu 9 € en quatre semaines», note l’Institut de l’élevage. À 70 € par tête en semaine 41 (du 7 octobre), il reste «toutefois supérieur aux niveaux des trois dernières années». Pour pouvoir être exportés, les petits veaux laitiers doivent présenter un test PCR négatif pour la FCO; les animaux positifs (autour de 60% des cas) ne peuvent être écoulés que sur le marché français. Toutefois, l’export «ne représente que 25% des veaux français», rappelle la FDSEA du Cantal dans un communiqué le 21 octobre. «Le nombre de veaux positifs n’est pas suffisamment conséquent pour faire fluctuer le marché intérieur et justifier une baisse des prix», estime le syndicat, qui dénonce des «tentatives» dans ce sens. La FDSEA pointe aussi «les pratiques abusives de certains opérateurs qui ramènent les veaux positifs au sein des exploitations», ce qui fait courir un «risque sanitaire majeur pour les élevages». Et le syndicat d’exhorter: «En aucun cas les éleveurs [ne] doivent accepter de reprendre un veau sur leur exploitation».

Fruit et légumes surgelés : l'égyptien Raya Foods cède 49% de ses parts et se diversifie

Raya Foods, principal transformateur égyptien spécialisé dans la production et la commercialisation de fruits et légumes surgelés, a conclu un accord pour céder 49 % de ses actions au fonds de capital-investissement britannique Helios Investment Partners, selon l’agence Ecofin. Les 37 millions d’euros issus de cette transaction devrait permettre à l’entreprise de financer la construction d’une nouvelle installation basée sur un site de 2,5 hectares à Sadat City pour la lyophilisation de fruits et légumes. «Cet investissement permettra d’accélérer notre croissance et d’étendre nos activités à l’échelle mondiale, ce qui renforcera considérablement notre compétitivité», a expliqué Omar Abdelaziz, pdg de Raya Foods. Cela devrait aussi le positionner favorablement sur un marché mondial des produits surgelé en expansion : ne serait-ce que pour les fruits surgelés et transformés, la plateforme Statista estime que les ventes devraient croître en moyenne de 6,9% jusqu’en 2029. Créée en 2016, Raya Foods produit chaque année environ 50 000 tonnes de produits transformés  (principalement des fraises, mais aussi mangue, figues, abricots et une large gamme de légumes : épinard, artichauts, choux, pois, carottes…). L’entreprise exporte dans plus de 50 pays dont la France.

Pomme de terre fécule: vers un doublement du montant unitaire de l'aide couplée

À l'occasion d'une réunion préparatoire avec les syndicats agricoles le 18 octobre, la DGPE (ministère de l'Agriculture) a présenté son projet de modification annuelle du PSN (déclinaison nationale de la Pac) pour 2025, incluant une revalorisation de l'aide couplée à la production de pommes de terre féculières. Le montant unitaire devrait passer de 84 €/ha à 173 €/ha. Cette hausse provient de la division par deux des surfaces éligibles, engendrée par la fermeture, à partir de la campagne 2024-2025, de l'usine d'Haussimont (Marne), l'une des deux féculeries françaises. L'été dernier, la filière avait obtenu une aide exceptionnelle de 5 millions d'euros, qui n'avait pas empêché l'annonce de fermeture d'Haussimont quelques semaines plus tard. La filière demandait depuis plusieurs mois un système d’aides exceptionnelles aux planteurs, évalué à 500 €/ha de pommes de terre féculières, soit une enveloppe globale de 8 à 9 M€ par an pour les années 2023 et 2024, pour l’aider à faire face aux sécheresses à répétition et à la baisse des surfaces. Le projet de modification du PSN pour 2025 doit être présenté officiellement aux parties prenantes ce 24 octobre.

Récolte des tournesols: les pluies mettent agriculteurs et OS sous tension

Si le retard des chantiers de récolte des tournesols diffère selon les régions, il est, partout, assez exceptionnel. Chez Centre Ouest Céréales, dans la Vienne, «à peine 35% des tournesols sont récoltés», confirme Ulrich Housseau le directeur général. En Lorraine, ce pourcentage monte à 50%, avec toutefois de grandes différences, de 20 à 80% selon les secteurs. «Les fenêtres climatiques propices pour entrer dans les sols gorgés d’eau sont peu nombreuses, précise Aurore Baillet, de Terres Inovia. Les rendements aussi font le grand écart. La moyenne de certaines exploitations ne devrait pas dépasser les 10 q/ha. En cause notamment une forte nuisibilité des maladies, arrivées précocement. Cette situation génère beaucoup de stress chez les agriculteurs d’autant que la récolte du tournesol entre désormais en concurrence avec celle du maïs.» Chez les OS, la gestion de ces flux est compliquée, notamment pour les opérations de séchage, les volumes arrivant par vagues. Si l’idéal est de récolter des tournesols autour de 15% d’humidité, certaines parcelles l’ont été à 19 ou 20%. Ces décalages dans les chantiers de moisson d’automne compliquent bien évidemment ceux des semis de céréales. Chez COC, au 21 octobre, à peine 5% des blés étaient en terre, contre 50 % habituellement au 15 octobre. (Anne Gilet)

Installation : «slasheurs-cueilleurs», un nouveau site pour promouvoir la double-activité

Rendre plus compréhensibles et accessibles les métiers agricoles, via le temps partiel : c’est l’objectif de la plateforme Slasheurs-cueilleurs (un slasheur est une personne exerçant plusieurs activités professionnelles en même temps). Créé en 2024 par Julien Maudet et Lola Dubois, le site vise à promouvoir une double activité, non plus entre chasse et cueillette mais entre secteur tertiaire et agriculture, pour faciliter des installations souvent peu rémunératrices. Aujourd'hui, «un quart des chefs d'exploitation sont double actifs» et environ «40 % de ceux qui commencent en agriculture gardent un métier à côté», affirme le cofondateur Julien Maudet. «On vient inverser ce constat. Cette double activité doit permettre à des gens qui ne sont pas issus du monde agricole, en gardant leur métier pour se sécuriser, d'y aller de façon sereine, sans changer radicalement de mode de vie.» Depuis peu, Julien Maudet et Lola Dubois animent des formations à Paris, entre conseils pour gérer ses deux métiers et sa vie personnelle, et informations sur les différents statuts d'exploitation. Signe que l'initiative est attentivement scrutée par les pouvoirs publics, la mairie de Paris a décidé le 18 octobre de subventionner les formations slasheurs-cueilleurs.

Négoce: avec l’arrivée de Thierry Di Mascio, le groupe Perret renforce son équipe de direction

Thierry Di Mascio a pris, le 21 octobre, la direction générale de Viséa-Couturier, la filiale du groupe Perret implantée dans le Vaucluse et spécialisée dans le matériel et les process de vinification. Ce poste, qui n’existait pas en tant que tel, marque un renforcement de l’équipe de direction. Thierry Di Mascio, âgé de 55 ans, a effectué toute sa carrière dans des PME et grands groupes du secteur industriel (pharmacie, papeterie, énergie…), occupant des fonctions de direction et direction opérationnelle. Il sera secondé par Éric Paolini pour la partie commerciale. (Anne Gilet)

Cabinet du ministre de l'industrie: un nouveau conseiller à l'agroalimentaire

Par un arrêté paru au Journal officiel de ce 22 octobre, le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, s'est doté d'un nouveau conseiller en charge des industries de santé, ainsi que des biens de consommation et de l’agroalimentaire. Il s'agit de Louis Culot, qui était jusqu'ici Chef de projets souveraineté sanitaire - décarbonation des industries de santé à Bercy.