Agra Business | Manifestations, Arla, Bel, Novagrain, Marine Olie/STX

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Manifestations: mobilisation multiforme partout en France contre l’accord UE/Mercosur

Barrages filtrants, «feux de la colère», manifestations devant les préfectures, dépôts de panneaux de signalisation: c’est une journée de mobilisation multiforme que les militants FNSEA/JA ont menée lundi 18 novembre. Au micro de RMC, le président de JA Pierrick Horel recensait «85 points de manifestation» dans l’Hexagone. Les syndicalistes protestent notamment contre l’accord UE/Mercosur, tout en pressant le gouvernement de mettre en œuvre les promesses obtenues lors des précédentes mobilisations de l’hiver 2023-2024. Dès dimanche soir, des manifestants ont partiellement bloqué la RN 118 à Villacoublay (Yvelines), non loin de l’aéroport militaire d’où décolle fréquemment le président de la République pour ses déplacements à l’étranger; de son côté, Emmanuel Macron est arrivé à Rio de Janeiro (Brésil) le 18 novembre pour participer au G20. «Nous allons continuer de nous opposer» à l'accord UE/Mercosur, a-t-il déclaré la veille depuis l’Argentine. Autres actions notables: le blocage du pont de l’Europe à Strasbourg, cinq convois de tracteurs convergeant vers Périgueux, ou encore le blocage d’un pont à Avignon. Les autres syndicats ne sont pas en reste. Dans les P.O., la Coordination rurale a promis de bloquer «tous les camions dans le sens Espagne-France» le 19 novembre. Du côté de la Confédération paysanne, «plus de 150» ont manifesté devant la chambre d’agriculture à Tulle, pour «dénoncer les conséquences de l’agrivoltaïsme sur l’installation».

Protéines laitières: Arla Foods Ingrédients acquiert l’activité de nutrition sportive de Volac

Dans un communiqué du 18 novembre, Arla Foods Ingrédients, filiale de la coopérative laitière européenne Arla Foods (12 000 producteurs), explique qu’elle acquiert l’activité de production de nutrition sportive et médicale de Volac (Royaume-Uni) après avoir obtenu l’approbation de l’autorité de la concurrence britannique. Cette activité est centrée autour de la fabrication de protéines de lactosérum isolées («whey»), vendues sous forme de poudre. Le rachat comprend un site industriel, celui de Felinfach au Pays de Galles. Arla Foods Ingrédients indique vouloir faire de l’usine «une pierre angulaire de son outil de production» avec des projets «d’investissement et d’agrandissement prévus dans les prochaines années», peut-on lire dans le communiqué. Le site de Felinfach produit également de la «whey» concentrée – à incorporer dans des produits de tous les jours, comme des glaces ou des barres chocolatées – et du lactose. L’acquisition des activités de Volac conforte la position de «leader» d’Arla Foods sur le marché des protéines de lactosérum, souligne le vice-président d’Arla Foods Ingrédients, Luis Cubel. Selon le panéliste Euromonitor, cité dans le communiqué, la demande pour l’isolat de protéines de lactosérum a augmenté de 9% (en taux de croissance annuel composé) entre 2010 et 2023.

Huiles végétales: Bruxelles valide le rachat du néerlandais Marine Olie par STX

La Commission européenne a approuvé, le 18 novembre en vertu du règlement européen sur les concentrations, l’acquisition du contrôle exclusif du néerlandais Marine Olie par STX Commodities Holding B.V., lui aussi originaire des Pays-Bas. Dans le cadre d’une procédure simplifiée, Bruxelles a estimé que cette transaction, qui concerne principalement le commerce de matières premières (en particulier le commerce des huiles et graisses végétales), ne présente pas de problèmes de concurrence, en raison de «la position de marché limitée des entreprises résultant de l'opération proposée». STX est l'une des principales entreprises mondiales s’agissant du commerce de matières premières physiques, avec un accent sur les biocarburants et les produits connexes (dont les huiles et graisses végétales). De son côté, Marine Olie est une entreprise se consacrant à la collecte, l'agrégation, le mélange et le commerce d'huiles et de graisses (végétales), principalement utilisées comme matières premières pour la production de biocarburants avancés et d'huile de chauffage biologique (BHO), ainsi que pour la production d'aliments pour animaux.

Élections des chambres d’agriculture: PPL en vue sur les élus coopérateurs (presse)

La députée EPR (Ensemble pour la République, ex-Renaissance) Nicole Le Peih compte déposer une proposition de loi (PPL) qui autoriserait les administrateurs de coopératives à siéger au bureau des chambres d’agriculture, indique Contexte le 18 novembre. Une disposition interdite par la loi Egalim, qui a instauré la séparation entre la vente et le conseil sur les pesticides. Le texte empêcherait toutefois aux élus visés toute «participation aux délibérations sur le conseil phytopharmaceutique», selon le média. Cette mesure est réclamée par Chambres d’agriculture France, qui espère sa mise en place avant les prochaines élections, prévues le 31 janvier 2025. Selon le réseau consulaire, «11% des élus en place» au niveau départemental sont potentiellement concernés par cette règle. Élue du Morbihan, Nicole Le Peih aurait obtenu le «soutien» du ministère de l’Agriculture, et le texte «devrait être inscrit à l’ordre du jour de la commission des Affaires économiques lors d’une semaine gouvernementale, avant janvier 2025», selon Contexte. Une autre PPL plus large, déposée par les sénateurs Duplomb et Menonville et portant sur les «contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur», prévoit la suppression de la séparation vente-conseil; mais son examen ne devrait pas aboutir avant les élections des chambres.

Carbone: les élevages danois taxés à partir de 2030, une première mondiale

Le gouvernement danois de coalition a annoncé le 18 novembre un accord entre partis majoritaires sur l’introduction d’une taxe carbone sur l’élevage à compter de 2030. À noter que l’extrême-droite ne s’y est pas associée. Baptisé «tripartite verte», l'accord vise plus précisément à taxer les rejets de méthane causés par les flatulences des bovins et des cochons. «Nous serons le premier pays au monde à introduire une taxe carbone sur l’agriculture», a déclaré le ministre danois du Climat Lars Aagaard à l’AFP. Les rejets de méthane de l’élevage seront taxés à hauteur de 300 couronnes par tonne (kr/t) d’équivalent CO2, soit 40,2 €, pour atteindre 750 kr/t en 2035. Grâce à une déduction fiscale de 60%, le coût pour l’éleveur ira de 120 kr/t en 2030 jusqu’à 300 kr/t en 2035. Un premier accord de principe avait été conclu fin juin entre le gouvernement et des représentants des éleveurs, de l’industrie et du monde syndical. Le nouveau texte prévoit un budget de 43 Mdkr (environ 5,76 Md€), soit trois milliards de plus qu'annoncé cet été. Le projet dévoilé ce jour entre le gouvernement et quatre partis majoritaires doit encore être voté au Parlement à une date qui n’a pas été décidée. Mais les premières mesures de l’accord, sur la transformation des terres agricoles, doivent intervenir dès cette année.

Lait/alternatives végétales: Bel investit 7,5 M€ dans son site de recherche et développement

Le groupe Bel (Babybel, Vache qui rit, Boursin, Materne) a annoncé, le 18 novembre, investir 7,5 millions d'euros (M€) dans son centre de recherche et de développement de Vendôme, notamment pour accélérer son développement de nouveaux produits végétaux et réduire son impact environnemental. Avec ces investissements, prévus sur trois ans dans ce site du Loir-et-Cher qui emploie 80 salariés, le groupe prévoit d'améliorer la qualité nutritionnelle et de rendre ses produits plus éco-responsables et respectueux de l'environnement. «Le groupe travaille activement à repenser ses matériaux d'emballage, en essayant de réduire l'utilisation de plastique, d'aluminium et de bois, pour s'orienter vers des alternatives éco-responsables», a déclaré sa directrice générale Cécile Béliot, affirmant que l'engagement 2030 de rendre tous ses emballages recyclables serait respecté. À titre d'exemple, à partir de 2026-2027, les emballages de ses portions de la marque Kiri seront entièrement en papier. Ce sera même plus tôt pour les Babybel, selon le groupe. Quant au projet Cocagne, développé en partenariat avec les groupes Avril, Lallemand et Protial, grâce à un investissement collectif de 9 M€ sur trois ans, il doit accroître le développement de produits végétaux fermentés ou affinés, ainsi que des substituts aux différentes catégories de fromages.

Lait: la production européenne stable en 2023, à 160,8 Mt

La production des fermes laitières européennes est estimée à 160,8 millions de tonnes (Mt) de lait cru en 2023, d’après les données publiées par la plateforme Eurostat. La production est en légère hausse de 0,8 Mt par rapport à 2022, et de 15,8 Mt par rapport à 2013. Dans le détail, la grande majorité du lait a été livrée à des laiteries (149,3 Mt). Les industriels laitiers ont produit 22 Mt de lait liquide et 7,8 Mt de produits laitiers fermentés, comme des yaourts. La majorité du lait a été utilisée pour fabriquer du beurre et du fromage, soit 2,3 Mt de beurre et 10,6 Mt de fromages. L’Allemagne est le principal producteur européen de produits laitiers. Le pays produit 19% du lait liquide, 20% du beurre, 22% du fromage et 27% des produits laitiers fermentés (yaourts, etc.). La France se classe troisième producteur de lait liquide (13%), juste derrière l’Espagne (15%). Elle est aussi le deuxième producteur de beurre et de fromages. L'Hexagone produit environ 18% de la production totale de l’Union européenne pour les deux produits, devant l’Irlande pour le beurre (13%) et l’Italie pour le fromage (13%).

Coopératives: en Champagne, Novagrain inaugure son nouveau siège social à Sézanne

La coopérative champenoise Novagrain a inauguré le 6 novembre son nouveau siège social à Sézanne (Marne). Le bâtiment, d’une superficie de 862 m², accueille les bureaux de la direction et les services administratifs. «La circulation dans le bâtiment a été pensée comme un parcours adhérent, avec la facturation, la comptabilité, la qualité, la sécurité et l'environnement», explique Louise Guillier, responsable communication. Les services «approvisionnement» se situent dans un bâtiment dédié à la logistique, inauguré en 2022. Le nouveau siège de la coopérative accueille également les collaborateurs de Novaltrans, la filiale transport de Novagrain, ainsi que, à temps partiel, ceux de l’Union Scara Novagrain, un outil de commercialisation partagé avec la coopérative Scara. Le siège social de Novagrain, dont les travaux avaient commencé en septembre 2023, est construit en matériaux biosourcés, notamment, à 85% de bois (ossature, bardages) et de la laine de bois pour l’isolation. 150 m² de panneaux photovoltaïques produiront l’énergie qui sera autoconsommée pour les besoins du bâtiment, bien que celui-ci soit déjà peu énergivore. Si le montant des travaux est resté confidentiel, Novagrain précise que le budget annoncé à l’occasion de l’assemblée générale 2023 a été respecté. (Elena Blum)

Pommes: production finalement en hausse, tirée par un fort rebond en Provence

Dans une note de conjoncture parue le 14 novembre, le service de statistique du ministère de l'Agriculture (Agreste) estime finalement la production française de pommes à 1,7 million de tonnes (Mt) en 2024, soit une hausse de 7% en un an, et de 16% par rapport à la moyenne 2019-2023 – en juillet, elle était estimée en légère baisse de 1%. La production est notamment tirée par un fort rebond en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où elle augmenterait encore plus nettement qu’attendu (+35%) après la faible récolte de 2023, et après plusieurs années de rendements inférieurs au potentiel. Dans le Centre-Val de Loire, la production devrait être proche de 2023, et nettement supérieure à la moyenne quinquennale. En Pays de la Loire, elle reculerait de 8%, en raison notamment des conditions humides persistantes depuis le printemps et d’épisodes de grêle. À l’inverse, les conditions météorologiques ont eu un effet moins important que prévu en Nouvelle-Aquitaine, où la production augmenterait de 6% par rapport à 2023, et de 14 % par rapport à la moyenne quinquennale. En Occitanie, la production devrait, quant à elle, se maintenir au niveau de l’année dernière, tout comme en Auvergne-Rhône-Alpes, où elle devrait être proche de celle de 2023, et supérieure à la moyenne quinquennale. En matière de prix, ils affichent par rapport à l’année dernière une légère baisse de 2%, tout en restant nettement supérieurs à la moyenne 2019-2023 (+16%).

Poires: production meilleure qu'attendu, portée par un rebond des variétés estivales

Dans une note de conjoncture parue le 14 novembre, le service statistique du ministère de l'Agriculture (Agreste) estime la production française de poires à 143 000 tonnes en 2024, en hausse de 12% par rapport à 2023 – elle était annoncée en hausse de 6% en juillet. Cette augmentation résulte principalement du rebond de la production de poires d’été, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur. La production devrait, dans cette première région française en surfaces de poiriers, y dépasser de 31% le niveau de 2023. Dans la vallée du Rhône, la récolte des variétés tardives touche à sa fin, malgré quelques ralentissements dus aux intempéries. La production devrait y être supérieure de 13% à celle de 2023, avec une contribution notable de la variété d’été Guyot. La récolte devrait également progresser en Occitanie (+6%), où les bons calibres des fruits devraient compenser les pertes consécutives aux phénomènes de coulure. C’est également le cas dans le Centre-Val de Loire (+6%), où les variétés tardives récoltées en octobre affichent de bons calibres. En revanche, la production devrait reculer en Pays de la Loire, avec une baisse de 13% par rapport à l’année précédente, principalement en raison d’une floraison insuffisante qui a conduit à une mauvaise nouaison. D’un point de vue économique, les prix reculent de 5% en un an, tout en restant supérieurs de 14% à la moyenne des cinq dernières années.

Lait: du changement à la direction de Yoplait en France et à l’international

La coopérative laitière Sodiaal annonce, dans un communiqué du 18 novembre, la nomination de Gaël Durand comme directeur général de Yoplait France et de Myriam Riedel-Kienzi comme directrice générale de Yoplait international. Les nouveaux d.g. ont pris leurs fonctions le 1er novembre et intègrent le comité exécutif de Sodiaal dirigé par Antoine Colette. Ancien directeur commercial France et directeur général Europe de Candia, Gaël Durand prend la direction de l’ensemble des activités de la filiale de la coopérative spécialiste de l’ultra-frais en France qui comprend trois sites de production. Il avait rejoint la marque à la petite fleur en 2021, en tant que directeur du marché français, puis directeur général adjoint en charge du service commercial Europe à partir de 2023. Quant à Myriam Riedel-Kienzi, elle prend la direction des activités internationales de Yoplait «intégrant les filiales anglaises et irlandaises, les franchises et l’export». «Elle supervisera également les futures activités de Yoplait-Liberté au Canada» et «assure la direction des fonctions globales de Yoplait», précise Sodiaal. Myriam Riedel-Kienzi avait intégré Yoplait au moment de la reprise de la totalité des activités par Sodiaal en 2021 en tant que directrice «marketing global» puis directrice marketing et du service commercial international en 2023.