Agra Business | Viterra/Bunge, Olam/Salic, GPMD, Airsprid

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Négoce : feu vert sous conditions d'Ottawa pour le rachat de Viterra par Bunge

Les autorités canadiennes ont annoncé le 14 janvier autoriser le rachat par le négociant international Bunge des activités locales de son concurrent Viterra. Au Canada, Viterra possède, entre autres, des usines de trituration de graines oléagineuses. Le gouvernement a posé certaines conditions, peut-on lire dans un communiqué, afin d'empêcher la création d'une situation monopolistique potentiellement néfaste pour les marchés locaux des céréales ainsi que l'économie nationale. Bunge devra, entre autres, céder six silos à grains qu'ils possède dans l'ouest du Canada ; instaurer un programme de protection des prix pour certains acheteurs d'huile de canola «afin de garantir des prix équitables et la stabilité du marché» ; conserver le siège social de Viterra à Régina pendant au moins cinq ans ; investir 520 millions de dollars dans le pays dans les cinq prochaines années ; se soumettre à des contrôles strictes pour sa participation minoritaire dans une société locale, G3, spécialisée dans la logistique des grains, qui garantiront que «Bunge n'influencera pas ses décisions d'investissement». Rappelons que la Commission européenne avait également validé le deal sur le territoire européen durant l'été 2024, sous certaines conditions similaires : ventes de certains actifs, comprenant des usines de trituration de graines oléagineuses en Pologne et en Hongrie.

Négoce : Olam proche de vendre ses actifs dans l’agribusiness à un fonds saoudien (presse)

Le Wall Street journal indique, dans un article paru le 21 janvier, que le négociant international Olam group (basé à Singapour) serait proche d'un accord avec la Saudi Agricultural and Livestock Investment Company (Salic), organisme étatique, pour la vente de la totalité de sa filiale Olam Agri, gérant ses activités liées à l'agribusiness, incluant les céréales et les oléagineux. L’opération pourrait avoir lieu à la fin du mois de janvier, voire début février, avance le média. Toutefois, les négociations étant en cours, un retournement de situation n'est pas à exclure, précise la source. Contactés par Agra Presse, Olam group et Salic n’ont pour l’instant pas répondu à nos sollicitations par mail. Ce projet de rachat est en discussion depuis un certain temps. Le groupe singapourien révélait par exemple à Reuters avoir reçu une première offre de Salic le 1er novembre 2024 pour le rachat intégral de sa filiale Olam Agri. Depuis le 23 décembre 2022, Salic détient 35,43 % d’Olam Agri. Les 64,57 % appartiennent toujours à Olam Group. La transaction s’était montée à 1,24 milliard de dollars. Le dirigeant de Salic, Sulaiman AlRumaih, expliquait à l’époque dans un communiqué que l’opération s’intégrait dans «la stratégie nationale de sécurité alimentaire et aux aspirations de la vision 2030 du Royaume d’Arabie saoudite». 

Tourteau de soja: le port de Dunkerque teste son importation pour la première fois

À l'occasion d'une conférence de presse le 21 janvier, son directeur général adjoint, Daniel Deschodt, a annoncé que le grand port maritime de Dunkerque (GPMD) avait importé «pour la première fois du tourteau de soja, à hauteur de 15 000 t», afin d'alimenter des fabricants d'aliments pour animaux dans le nord de la France. Il s'agit en réalité d'un test, afin de savoir si ce genre d'opération est économiquement viable pour les importateurs, précise le représentant du GPMD. Traditionnellement, les ports de Gand, ou encore de Rotterdam, constituent les principaux points d'entrée du tourteau de soja pour les industriels du nord de l'UE, incluant ceux basés dans le nord de la France. «Nous espérons stabiliser ce genre de flux dans les années à venir», précise Daniel Deschodt. Le GPMD intensifie actuellement sa stratégie de diversification de ses activités, dans un contexte céréalier particulièrement difficile en 2024-2025. Selon nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier, la cargaison correspond à du soja non déforestant et tracé, en provenance du Brésil. La marchandise est arrivée en Panamax (dénommé Star Amethyst) le 18 décembre dernier. Toujours d'après le média, le projet d'importer des protéines végétales depuis Dunkerque est porté par l’association Nutriarche, regroupant les industriels de la nutrition animale de Normandie, des Hauts-de-France et du Grand-Est, soit environ 1,1 Mt d'aliments composés.

Tomate/robotisation : levée de fonds de 10 millions d’euros pour le breton Airsprid

La start-up malouine Aisprid, spécialisée dans la robotique, annonce, dans un communiqué le 21 janvier, la réalisation d’une levée de fonds de 10 millions d’euros, dont 6,2 millions d’euros de financement dilutif. Elle est menée par Innovacom (Turenne Groupe) aux côtés du fonds French Tech Seed géré par BPIFrance dans le cadre de France 2030, de business angels (dont des producteurs de tomates) et des fonds historiques (Demeter, Go Capital, Breizh Up). Aisprid est connue pour son robot autonome d’effeuillage de plants de tomates sous serre, aujourd’hui largement déployé : en 2024, 30 robots étaient en opération au sein des cinq plus grandes coopératives de tomates françaises (70% du marché français). Cette levée de fonds devrait permettre à l’entreprise d’accélérer sa croissance. Aisprid annonce ainsi pour cette année une nouvelle version de son robot (amélioration de la qualité de coupe, augmentation de la vitesse). Certaines évolutions ont déjà été intégrées : autonomisation totale dans le changement de rang, possibilité d’effeuillage de nuit. La montée en cadence de la production devrait par ailleurs la conduire à intégrer de nouveaux locaux. Enfin, Aisprid prévoit une accélération de la commercialisation de ses robots autonomes, notamment à l’international.

Bien-être animal : le fonds souverain de la Norvège veut faire respecter des standards

Le fonds souverain de la Norvège, le plus gros au monde avec environ 1.700 milliards d'euros d'actifs, a exhorté les entreprises dans lesquelles il investit à respecter le bien-être animal, une nouveauté saluée par ses défenseurs. «Nous mettons régulièrement à jour nos attentes vis-à-vis des entreprises en matière de durabilité et nous avons récemment inclus le bien-être animal», a déclaré Caroline Eriksen, une responsable du fonds, dans un courriel à l'AFP. En pratique, le fonds qui pèse près de 20.000 milliards de couronnes (1.695 milliards d'euros), demande aux groupes dans lesquels il détient des parts de respecter le code sanitaire pour les animaux terrestres de l'Organisation mondiale de la santé animale. Ce code recense de nombreuses recommandations visant notamment à épargner les animaux de la faim et de la soif, de la peur et du stress, de la douleur, des maladies et des blessures, ou encore de l'inconfort. Le bien-être animal, inclus fin décembre dans un document d'orientation sur les intérêts des consommateurs, sera débattu avec les entreprises dans le cadre du dialogue avec leurs directions et lors de votes des actionnaires, indique le fonds.

FCO : ouverture du guichet des soldes «la semaine prochaine», versements «d'ici fin février»

A l'occasion de ses voeux au secteur agricole le 21 janvier, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé que le guichet pour déposer des demandes de solde d'indemnisation des pertes dues à la fièvre catarrhale ovine (FCO) ouvrira «la semaine prochaine» et que «les paiements débuteront d'ici fin février». Le 12 décembre, la ministre avait annoncé pour «fin janvier» l'ouverture simultanée d'un guichet pour le solde des indemnisations du sérotype 8 de la FCO (ovins et bovins) et d'un guichet pour l'indemnisation des pertes dues au sérotype 8. Restait alors à fixer les critères d'indemnisation du guichet solde avec les professionnels ; c'est fait depuis «ce weekend», a annoncé la ministre lors des voeux: «j'ai tenu compte des pertes sur les veaux de moins d'un mois, pour étendre à cette catégorie le bénéfice des pertes directes, et augmenté la valorisation des veaux de moins de six mois». Annie Genevard a par ailleurs indiqué que l'Etat «viendra en aide» au FMSE (fonds sanitaire professionnel), qui prend en charge des pertes indirectes. Annoncé le 4 octobre, le fonds d’urgence FCO de 75 M€ visait d’abord uniquement la FCO-3, avant d'être étendu à la FCO-8. Au 2 janvier, la France comptait 9155 foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3), ainsi que 3750 cas de maladie hémorragique épizootique (MHE). Sans oublier des milliers de cas de FCO-8.