Agra Business | Noriap, Andermatt, Agronutris, Bayer

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Insectes: EAP Group, holding d’Agronutris, placée sous procédure de sauvegarde

Agronutris, qui élève et transforme des mouches soldats noires, a annoncé le 23 janvier que le tribunal de commerce de Sedan a donné suite à sa demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde pour sa holding EAP Group. EAP Group (chiffre d’affaires de 156 K€ en 2023, résultat net négatif de 5,37 M€), basé à Toulouse, compte 40 collaborateurs répartis entre la R&D et une partie des fonctions administratives. EAP Group est la maison mère du site de Rethel (société Ardennutris), inauguré en octobre 2023. Pour construire ce site, une levée de fonds de 100 M€ avait été réalisée fin 2021, comme le rappelle Agra Innovation. Pour expliquer ses difficultés, Agronutris déplore l’accès au financement rendu «plus difficile par un contexte économique incertain et des investisseurs freinés par l’actualité du secteur et les annonces faites récemment par d’autres acteurs industriels.» Autre poids lourd du secteur, Ynsect a été placé sous procédure de sauvegarde en septembre 2024. EAP Group doit désormais stabiliser la situation financière, renégocier la dette avec les créanciers, tout en garantissant la continuité de l’activité. (Cyril Bonnel, Agra Innovation)

Coopératives: Noriap dévoile son projet d'entreprise à 2030, part belle à la diversification

À l’occasion de son assemblée générale le 21 janvier, le groupe Noriap (959 M€ de chiffre d’affaires, 1,38 Mt collectées, 1232 collaborateurs, 5700 adhérents) a présenté son projet d’entreprise «Nouvelle ère 2030», articulé autour de cinq piliers stratégiques: «valeur humaine, mutation économique, ambition environnementale, vivre l’innovation, synergies et partenariats locaux». «Il nous faut passer d’une vision centrée "coopérative" à une vision "groupe", puisque 48% de notre chiffre d’affaires est désormais réalisé en dehors de la coopérative», explique David Saelens, président de Noriap. Comment devenir «un acteur incontournable de la transition agricole et territoriale», comme veut le devenir le groupe? «En captant la valeur ajoutée partout où elle se trouve, en se diversifiant, même en dehors du métier agricole», illustre Damien François, le directeur général. Le groupe compte injecter près de 50 M€ sur cinq ans dans différents projets parmi lesquels: investir dans les boulangeries, via le réseau Louise; doubler les parts de marché de sa marque Cocorette (œufs), en installant 400 000 nouvelles poules; structurer une nouvelle filière régionale de production de frites françaises destinées à la restauration; développer de nouveaux projets agrivoltaïques; ou encore aménager une plateforme agri-logistique connectée au canal Seine-Nord Europe. (Anne Gilet)

Biocontrôle: Andermatt France veut doubler son chiffre d'affaires d'ici cinq ans

La société spécialisée dans les produits de biocontrôle Andermatt France vise «les 18 millions d'euros (M€) de chiffre d'affaires à l'horizon 2029», contre 9,4 M€ en 2024, a indiqué son directeur général Alain Querrioux, lors d'une conférence de presse à Paris le 23 janvier. L'entreprise connaît une croissance soutenue depuis sa création en 2014, année durant laquelle elle générait seulement 0,1 M€ de chiffre d'affaires. Pour 2025, l'entreprise se veut optimiste, sachant que «nous avons enregistré d'importantes commandes dès fin décembre 2024», se réjouit le dirigeant dans un communiqué. À l'origine investie dans l'arboriculture, la vigne ou le maraîchage, Andermatt France souhaite s'implanter davantage dans le secteur des grandes cultures et des céréales, afin d'atteindre ses objectifs de croissance. Commercialisant déjà des produits pour le stockage des grains, l'entreprise souhaite s'impliquer dans les traitements au champ. Dans les cinq prochaines années, «nous espérons proposer deux solutions de biocontrôle: une de type insecticide, et une de type fongicide», ajoute Ludivine Manoury, chef de marché Soins des cultures. Et une solution herbicide? «Le sujet est d’actualité, mais nous n’avons pas de solution, et nous n'avons pas encore lancé de recherche», explique Alain Querrioux.

Meunerie/biogaz: une consommation record de son par la méthanisation

«2024 est la première année où la méthanisation s’est montrée aussi intéressée par nos sons», pointe Jean-Jérôme Javelaud, administrateur de l'ANMF (meuniers) et dirigeant du moulin de Signy-l'Abbaye (Ardennes), auprès d'Agra Presse. Issu du broyage de blé, le son s'oriente habituellement en quasi-totalité vers la nutrition animale. Si aucun chiffre officiel n'a pu être obtenu (le marché étant difficilement observable en raison de sa petite taille), quatre sources souhaitant conserver l'anonymat confirment l'assertion du représentant de l'association française des meuniers. La principale raison de ce constat: la mauvaise récolte française 2024. Les blés sont cette année dotés de faibles poids spécifiques (PS), engendrant une production accrue de son lors du broyage des grains. Le surplus d'offre conjoncturel a exercé une forte pression sur les prix, rendant la matière première attractive aux yeux des méthaniseurs. Selon les données de la Dépêche - Le petit meunier, les cours sont passés de plus de 200 €/t en mai 2023 à 120 €/t environ en novembre 2024 (base départ Île-de-France). Ceci cumulé à une baisse de l'intérêt des fabricants d'aliments pour animaux français, «qui préfèrent acheter directement du blé à faible PS, compétitif en formulation», témoigne une des sources anonymes. Enfin, «le produit est doté d'un faible taux d’humidité, rendant les sons attractifs pour les méthaniseurs», ajoute Jean-Jérôme Javelaud.

Alimentation animale: l’Écosse a lancé une consultation pour l’utilisation des PAT

L’Écosse a lancé une consultation en vue de l’autorisation des PAT (protéines animales transformées) dans les aliments pour volailles et porcs; l’Angleterre et le Pays-de-Galle devraient faire de même en 2025, selon le conseiller technique de l’association professionnelle des sous-produits animaux, Adrian Kesterson, cité sur Poultry World. Adrian Kesterson précise que la traçabilité s’imposera afin d’éviter que les PAT d’une espèce soit consommée par la même. «Si le résultat de la consultation est positif, a déclaré, Adrian Kesterson, le gouvernement rédigera la législation pertinente, mais cela prendra du temps. De manière réaliste, les règles ne changeront pas avant 2026 au plus tôt.» L’initiative écossaise est soutenue par l’industrie européenne des sous-produits animaux, selon le président de l’Efpra qui la représente, Robert Figgener, cité dans le même article. «La consultation porte également sur l’utilisation de farines d’insectes et de gélatine de ruminants dans l’alimentation animale», souligne ce dernier. De son côté, l’UE a modifié la législation en septembre 2021 pour autoriser l’utilisation des PAT.

NGT/viande in vitro: des citoyens partagés à travers le monde (sondage)

D'après un sondage sur l'image de la science et des technologies dans le monde, commandé par la filiale de capital-risque de Bayer et la société de conseil Boston Consulting Group (BCG), dont une partie des résultats ont été dévoilés dans un rapport le 23 janvier, une courte majorité de la population mondiale a un avis positif sur les nouvelles techniques génomiques (NGT). 56% des personnes interrogées ont une opinion «positive» des NGT, 31% sont neutres et 8% négatifs. Par comparaison, 74% ont un avis positif de la thérapie génique pour les humains. L'image des NGT est plus dégradée en Europe, avec 47% d'avis positifs, 34% de neutres et 12% de négatifs. La même question a été posée sur la viande in vitro: 39% déclarent avoir un avis positif, 19% un avis négatif. L'opinion est significativement plus favorable chez les «millenials» (48% d'avis positif) que chez les babyboomers (27%). Les différences sont encore plus marquées selon la richesse des pays des répondants: au Nigéria, 86% se déclarent prêts à essayer, 70% au Brésil, contre 41% en Allemagne, 39% en France, 29% au Japon. Et les végétariens se déclarent moins souvent prêts à essayer (42%) que les omnivores (54%).

Outre-mer: l'Assemblée facilite le plafonnement des biens de première nécessité

L'Assemblée nationale a approuvé ce 23 janvier une proposition de loi socialiste visant notamment à faciliter le plafonnement par l'État du prix d'un panier de biens de première nécessité, de façon à l’abaisser à un prix total comparable à ce qui se pratique en métropole. Cette proposition présentée par Béatrice Bellay (PS, Martinique) a été adopté par 180 voix pour (celles de la gauche et du Rassemblement national) et une seule contre, les élus de la droite et du centre s'étant abstenus. Ainsi, les députés du «socle commun» ont préféré s'abstenir, Maud Petit (Modem) considérant qu’aligner les prix sur ceux pratiqués dans l'Hexagone est «irréalisable et inapplicable». «On va empêcher les nouveaux investisseurs d'arriver dans nos territoires et de faire fonctionner la concurrence», s'est inquiété Nicolas Metzdorf, élu macroniste de Nouvelle-Calédonie. De son côté, le ministre chargé des Outre-mer Manuel Valls a reconnu que les écarts de prix d'au moins 30% entre la métropole et les outre-mer posent un «défi à la cohésion sociale».

Pesticides: Frederic Derolez nouveau directeur de affaires publiques de Bayer France

Frederic Derolez est nommé directeur des affaires publiques pour la division agriculture de Bayer. Responsable réglementaire pour la France et le Nord-Ouest de l’Europe, en poste depuis 24 ans à Bayer, il remplace Eugénia Pommaret, qui occupait cette fonction depuis janvier 2022. (Elena Blum)

Agenda de la semaine agricole du 27 janvier 2025

Vendredi 24 janvier
Réunion interministérielle sur la PPL Entraves

Lundi 27 janvier
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (pratiques commerciales, simplification, libre-échange)
Examen de la PPL Entraves en plénière au Sénat
Examen du PLFSS (sécurité sociale) par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée
Suite de l'examen de la PPL Fugit (drones) à l'Assemblée

Mardi 28 janvier
Les députés de la Coméco examinent la PPL sur les clauses miroir agricoles 
Cérémonie des vœux du ministère de la Transition écologique
Journée sur le lin fibre organisée par Arvalis, à Amiens
Journées Agroécologie et numérique, organisées par l'Inrae et l'Inria, jusqu'au 30, à Dijon
Conférence de presse de la FNB (éleveurs bovins viande, FNSEA)
Conférence de presse Sofiprotéol (investissement)
Conférence de presse de la Collective du bioéthanol 
Conférence de presse de France biogaz 
Conférence d'Ocapiat sur l'avenir des métiers agricoles et agroalimentaires
Conférence de la fondation Farm (pays en développement) sur la transition de l'agriculture
Conférence de l'Académie de l'agriculture sur l'effet du changement climatique
Visioconférence d'Afterres sur la vulnérabilité des exploitations
Salon IPM Essen (horticulture) en Allemagne , jusqu’au 31
Journée Gestion intégrée des systèmes de cultures maraîchers péri-urbains (CTIFL)

Mercredi 29 janvier
Audition du commissaire européen à l'Agriculture (Christophe Hansen) sur l'avenir de l'agriculture en commission de l'Agriculture du Parlement européen
Assemblée générale de l'Iteipmai (institut technique des PPAM) jusqu’au 30, dans le Morbihan
Présentation d'un rapport sur l'IA et la R&D (LVMH, Avril, GRTgaz, CNRS, Inrae)
Forum d'agriculture urbaine (emploi, formation, foncier)        
Conférence de presse du Citepa sur les résultats de la Cop29

Jeudi 30 janvier
Lancement des Assises du sanitaire (élevage)
Audition des commissaires européens à l'Agriculture (Christophe Hansen) et au Commerce (Maros Sefcovic) sur l'accord UE/Mercosur en commission de l'Agriculture du Parlement européen 
Examen de la PPL sur la reconquête de la haie au Sénat
Rencontres de droit rural sur les collectivités, organisées par Agridées
Rencontres Agrofret (enjeux de l’agroalimentaire conteneurisé français) de FranceAgriMer
Assemblée générale de l’AFC (cueilleurs de plantes sauvages), jusqu’au 31, dans le Puy-de-Dôme
Conférence de presse annuelle d'Adivalor (recyclage)

Vendredi 31 janvier
Fin de la période de vote pour les élections des chambres d'agriculture
Conférence de la Coopération agricole Métiers du grain