Maïs : Euralis alerte sur des rendements « historiquement bas » en parcelles non irriguées
Dans un communiqué du 29 septembre, Euralis (Pyrénées-Atlantiques) alerte sur des rendements de maïs 2025 dans sa zone d’influence « historiquement bas » dans les parcelles non irriguées et semées tardivement. « Sur les parcelles de maïs non irriguées, semées tard, les prévisions sont très mauvaises : de 30 à 50 q/ha », déplore le groupe coopératif. L’été s’est avéré particulièrement chaud et sec, dégradant les potentiels des cultures. Bien entendu, toutes les parcelles ne sont pas logées à la même enseigne. Celles semées tôt devraient mieux s’en sortir. Euralis rappelle que les travaux d’emblavement ont débuté exceptionnellement tôt : « La moitié de la sole de maïs a été semée au 10 avril. C’est un record en termes de précocité et cela a été rendu possible par la météo favorable à cette période », précise la coopérative. La première moitié des tonnages devrait donc être récoltée en septembre et octobre « dans de bonnes conditions ». Mais, par la suite, les pluies entre mi-avril et fin mai ont retardé les travaux, et les cultures ont subi de plein fouet le manque d’eau et les fortes températures de l’été. En plus de volumes décroissants, les agriculteurs subissent la faiblesse des prix, plombés par la concurrence internationale.
Betterave : les ex-producteurs de Cagny perdent en appel contre Saint Louis (presse)
Quatre ans après la fermeture définitive de l'usine de Cagny (Calvados), la cour d'appel de Paris a débouté, le 10 septembre, une soixantaine de producteurs de betteraves normands qui avaient attaqué le groupe Saint Louis Sucre pour « rupture brutale des relations commerciales », rapporte Ouest-France le 25 septembre (article payant). Les planteurs estimaient que l'annonce de la fermeture du site avait été faite trop tardivement, leur causant « un préjudice économique et moral », rappelle France 3 Normandie. Ils demandaient des indemnités forfaitaires et à la tonne. Selon le média régional, la cour a donné raison à Saint Louis Sucre, qui estimait que le délai de préavis était suffisant par l'envoi d'une lettre le 23 avril 2019. La dernière campagne sucrière avait eu lieu en 2020, avant la fermeture définitive du site en 2021. Toujours selon France 3, la cour a également rejeté l'existence d'une dépendance économique des agriculteurs, considérant qu'il n'était pas démontré que la betterave excédait 25 % de leur chiffre d'affaires.
Céréales : l’Argentine rétablit ses taxes à l’export trois jours après leur suspension
Le gouvernement argentin a annoncé, le 25 septembre, le rétablissement, seulement trois jours après leur levée, de ses taxes sur les exportations de céréales tout en maintenant celles sur les viandes (volaille et bœuf) jusqu’au 31 octobre. Dans un rapport, l’ARCA (Agence de recouvrement et de contrôle douanier) précise que « le quota d’enregistrement de 7 milliards de dollars » prévu pour les céréales a été atteint. Initialement, la suspension des taxes à l’exportation visait à « générer un plus grand apport en dollars », à un moment où l’Argentine cherche à obtenir un prêt du Trésor américain pour faire face aux échéances de sa dette et calmer les turbulences financières. Depuis, le gouvernement de l’ultralibéral Javier Milei a reçu des assurances de soutien de la part de Donald Trump, sous la forme d’un échange de devises (en discussions, pour 20 milliards de dollars), voire de facilités de crédit ou de rachat d’une partie de la dette argentine. Pour le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, l’idée est « de l’aider (Milei, NDLR) à tenir le cap jusqu’à l’élection », en évitant un « déséquilibre financier qui causerait un recul dans ses réformes ». Des élections législatives de mi-mandat sont prévues le 26 octobre en Argentine.
Légumes : Bonduelle vise les 90 M€ de résultat opérationnel en 2025-2026
Lors d’une conférence de presse à Paris le 29 septembre, Xavier Unkovic, directeur général de Bonduelle, a déclaré que l’entreprise visait les « 90 M€ de résultat opérationnel l’an prochain, contre 75 M€ il y a deux ans ». Pour ce faire, le groupe agroalimentaire espère poursuivre sa croissance sur le marché états-unien, actuellement dynamique. Il vise une hausse du chiffre d’affaires de plus de 6 % sur ce marché en 2025-2026 (4,8 % entre 2023-2024 et 2024-2025). De manière générale, Bonduelle souhaite investir davantage dans ses marques (Cassegrain, Globus, etc.) plutôt que dans les MDD (marques de distributeur). Il croit également beaucoup dans les plats préparés. « Les Français n’ont plus le temps de cuisiner, mais ils aiment s’investir dans ce qu’ils mangent », argue Xavier Unkovic. Céline Barral, directrice de la stratégie, des marques et de l’impact, ajoute que « les produits ingrédients (conserve de maïs, de haricots, etc.) seront toujours proposés. Mais nous nous adaptons à la demande. » Par ailleurs, Bonduelle voit d’un bon œil l'instauration par l'UE de droits antidumping sur les importations chinoises de maïs doux, qui facilitera l’atteinte de ses objectifs financiers.
Légumes : Bonduelle remonte la pente et limite ses pertes pour son exercice 2024-2025
Dans un communiqué du 27 septembre, le spécialiste français des légumes en conserve et surgelés Bonduelle a remonté la pente pour son exercice décalé 2024-2025, avec une perte nette limitée à 11,5 M€, en ligne avec ses objectifs affichés. Un déficit en nette régression par rapport aux près de 120 millions de pertes de l'année précédente, pendant laquelle l’industriel avait pâti d'une dépréciation d'actifs en Amérique du Nord, en dépit de ventes stables. Bonduelle « atteint les objectifs de la première année de son plan de transformation (Transform to win) et amorce son rebond », affirme le groupe. S'il n'a pas renoué avec les bénéfices, le groupe (marques Bonduelle, Cassegrain et Globus) tient ses « objectifs de chiffre d'affaires », avec des ventes en très léger repli (-0,8 %), s'établissant à 2,2 Md€. Ces résultats sont notamment « portés par l'amélioration de la performance aux États-Unis » et « la réorganisation du portefeuille d'activités en Europe », selon son directeur général Xavier Unkovic. La rentabilité opérationnelle courante progresse annuellement de 11,7 % (à 83,8 M€), des chiffres conformes aux objectifs de l’entreprise.
Relations commerciales : l’Ilec dénonce la généralisation des demandes de renégociations
« Les demandes de renégociations émanant des distributeurs se généralisent depuis ces derniers mois », déplore Nicolas Facon, p.-d.g. de l’Ilec (grandes marques), alors que les négociations commerciales entre distributeurs et industriels doivent théoriquement se terminer le 1er mars. Le changement de positionnement de Lidl – qui revient à sa stratégie initiale de discounter pur et dur – alimente un retour en force de la guerre des prix, ce qui a un effet d’entraînement sur toutes les autres enseignes. Autre sujet de préoccupation : les centrales d’achat européennes, dont le nombre « explose », selon Nicolas Facon, déséquilibrant encore davantage le rapport de force entre distributeurs et fournisseurs. Dans ce « contexte très dégradé », l’Ilec demande que la loi Egalim soit respectée, avec plus de contrôles et plus de sanctions de la part de la DGCCRF (Répression des fraudes). L’Ilec veut aussi agir au niveau européen en orientant la révision en cours de la directive sur les relations commerciales déloyales, afin qu’elle s’applique aux entreprises de toutes tailles, qu’elle se penche sur les centrales d’achat européennes et que les autorités de contrôle nationales puissent travailler de concert.
Bio : des mutuelles réfléchissent à un fonds de soutien à l'« agriculture sans pesticides »
Regroupées au sein de l’association Mutuelles pour la santé planétaire, qui couvre actuellement 12 millions de personnes en France et en Belgique, 20 groupes mutualistes réfléchissent à la création d'un « fonds mutualiste de soutien à l'agriculture sans pesticides ». Dans le cadre d'une visite à un projet de micro-sucrerie bio, qu'elles souhaitent soutenir, elles rencontreront le secteur bio le 6 octobre pour la signature d'un « Serment de Cambrai pour un nouveau chapitre de la santé publique ». Le fonds en est encore à l'état de réflexion, explique le président de l'association Martin Rieussec-Fournier, co-auteur avec plusieurs autres cadres du secteur mutualiste d'un livre à paraitre intitulé « Santé planétaire : le temps des solutions mutualistes ». Dans cet ouvrage, ils estiment que « la contribution la plus efficace et accessible à la transition semble être la création d'un fonds d'investissement mutualiste dédié à l'agroécologie, soutenu par des mutuelles et d'autres partenaires engagés dans la transition vers une alimentation et agriculture durable ». Les auteurs imaginent plusieurs axes : des « fonds solidaires » dédiés à « soutenir des fermes, des coopératives agricoles et des projets de transition », mais aussi des infrastructures (marchés, épiceries...). Autre forme de soutien évoquée : des micro-crédits ou prêts à taux zéro pour aider à la conversion en bio.
Semences bio : rebond des surfaces et besoin de diversifier les espèces
Au premier semestre 2025, les surfaces de semences bio sont en hausse de 4 % environ, ont annoncé les professionnels lors du salon Tech & bio. Après une croissance continue des surfaces de semences bio au cours des dix dernières années, le marché avait connu une stabilisation en 2022 et 2023, autour de 23 000 ha, puis une baisse des surfaces en dessous de 20 000 ha en 2024. Côté production, les agriculteurs multiplicateurs sont passés d’environ 1 000 en 2019 à près de 1 600 en 2022, avant de décroître, pour atteindre 1 127 au premier semestre 2025. Les entreprises productrices de semences ont suivi une courbe similaire : d’une centaine en 2019, elles sont passées à 150 trois ans plus tard, et sont aujourd’hui 124 ; soit la moitié environ des acteurs de la production de semences français. « Aujourd’hui, l’enjeu, pour la filière, est de parvenir à produire des semences bio pour toutes les espèces », indique Michel Straebler, directeur de l’animation filières de Semae (interprofession des semences). En effet, en cas de manque de disponibilité en semences AB, les agriculteurs peuvent demander une dérogation pour utiliser des semences conventionnelles. Mais, dès 2036, un règlement européen impose la fin de ces dérogations. Si la filière peut d’ores et déjà fournir suffisamment de semences bio en grandes cultures, elle est encore dépendante des dérogations pour les semences potagères et fourragères. (Elena Blum)
Vin : la coop Le Vigneron savoyard investit 900 000 € dans un chai en prestation de service
La coopérative Le Vigneron savoyard a annoncé le 26 septembre avoir investi dans un chai en prestation de service pour attirer de jeunes producteurs. « Environ 900 000 € » ont été injectés dans le nouvel outil d’une capacité de 700 hectolitres, d’après le communiqué. Son usage est destiné à la prestation de service, une initiative que d’autres coopératives, notamment en Champagne, proposent déjà à leurs adhérents. « Les nouvelles générations de viticulteurs, souvent issues de reconversions, souhaitent s’investir au-delà de la seule culture de la vigne et participer pleinement à la transformation de leurs raisins et à la vente de leur production », affirme le directeur Fabien Danjoy. C’est là l’originalité de la démarche du Vigneron savoyard : soutenir l’installation en offrant aux jeunes la possibilité de vinifier à la coop, puis de commercialiser eux-mêmes. Deux premiers domaines bénéficient déjà du dispositif : le Château de Châtillon et le Domaine de l’Arbessieux. Avec son nouveau « chai partagé », la coopérative souhaite « accompagner, d’ici à cinq ans, au moins trois nouvelles installations, pour compenser chaque départ à la retraite et garantir la survie du vignoble de Chautagne ».
Vin : les crémants lorgnent un segment de prix délaissé par le champagne
La Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNEPC) a présenté le 23 septembre une stratégie de valorisation consistant à investir un segment de prix délaissé par le champagne. En grande distribution, « l’absence d’effervescents concurrents sur le segment entre 9 et 15 euros libère une zone de conquête pour les crémants, dont le cœur de marché se situe aujourd’hui sur le segment entre 6,50 et 9 euros », selon le communiqué de presse. La FNEPC vise donc une montée en gamme « progressive ». Cette stratégie repose sur le développement de cuvées spéciales (millésimées, en monocépage, issues de longs élevages, etc.). Il s’agit aussi de renforcer la place des cépages autochtones dans les cahiers des charges des appellations. En plus de permettre au crémant de se démarquer, cela renforce ses capacités d’adaptation au changement climatique, avance la fédération. Plusieurs démarches sont d’ailleurs en cours : intégration du savagnin dans le Jura, de plusieurs cépages anciens en Savoie (mondeuse grise, corbeau, dousset, hibou noir…), plus grande place accordée au chenin en Loire, expérimentation sur le petit verdot et l’ugni blanc à Bordeaux. Quelque 114,5 millions de bouteilles de crémant ont été commercialisées en 2024 (+6 %).
Coopératives : certaines régions manquent d’un « vrai groupe leader » (consultants)
Dans son « Manifeste agriculture et territoires 2030 » (publié en 2018), le groupe Triangle (consultants) avait évoqué la nécessité d’engager « un mouvement global de structuration du paysage coopératif ». Sur son compte LinkedIn, le cabinet de conseil estime que le projet de rapprochement entre Agrial et Terrena montre que ce mouvement existe bel et bien, après celui d’Euralis avec Maïsadour, « le début de structuration dans le grand Massif central autour de Natera » ou « les efforts de structuration d’Océalia dans le Centre Ouest ». Mais, pour le groupe Triangle, plusieurs régions manquent encore « d’un vrai leader cohérent ». C’est le cas « de la Beauce à la frontière belge » ; dans le Centre Est où « rien ne justifie l’éparpillement actuel dans des structures moyennes se méfiant les unes des autres alors qu’aucune ne dispose de la taille critique » ; en Lorraine et en Alsace « malgré le projet entre la Cal et Lorca, qu’il faut encourager et poursuivre » ; dans le Sud, « malgré le dynamisme appréciable de Terres du Sud ». Et d’évoquer deux facteurs limitants : « l’Autorité de la Concurrence qui n’intègre pas suffisamment le fait que les projets coopératifs ne visent pas à fausser la concurrence au détriment du consommateur » et « l’attitude de bien des dirigeants qui ne se battent pas, ou pas suffisamment, pour faire naître ces projets ». (Anne Gilet)
Négoce : dans l’Orne, Appro-Vert a acquis les Ets Hamard
Le négoce Appro-Vert, implanté à Argentan (Orne), a repris l’entreprise voisine Hamard. « La transaction est officielle depuis le 1er juin 2025 », explique Florian Baloche, gérant d’Appro-Vert. « Les patrons des Ets Hamard, Jean-Philippe et Karine, souhaitaient céder leur négoce : nous nous sommes positionnés pour acquérir cette structure familiale dont la zone d’activité côtoyait la nôtre. » L’enseigne Hamard (30 000 t de collecte et près de 10 M€ de chiffre d’affaires) passe donc dans le giron d’Appro-Vert. Ce dernier pèse désormais 100 M€ de chiffre d’affaires, pour une collecte proche des 230 000 t. Appro-Vert récupère également les huit salariés de l’entreprise Hamard, ainsi que ses deux sites de stockage de respectivement 6 000 et 9 000 tonnes. « Cette acquisition permet de consolider notre activité et d’optimiser certains postes, notamment sur l’approche logistique », confie-t-il. (Anne Gilet)
Porc : en Allemagne, les abattoirs Tönnies prennent le contrôle du n°2 de la saucisse
Tönnies International Management GmbH, propriété de Premium Food Groupe, peut prendre la majorité du capital de The Family Butchers, a annoncé l’Office fédéral allemand des cartels dans un communiqué le 18 septembre. Le premier abatteur européen met ainsi la main sur le deuxième charcutier allemand, l’autorité de la concurrence ayant constaté que le regroupement des deux industriels de la saucisse (Tönnies étant le premier) cumulerait moins de 40 % du marché national. Dans son avis, elle rappelle que les propres fabrications des enseignes de la grande distribution aident à constituer une concurrence suffisante pour le consommateur. The Family Butchers (groupe familial de 2 300 salariés, essentiellement présent en Allemagne) souffre de la forte déprise en élevage porcin et est déficitaire depuis plusieurs années, selon le journal Les Marchés, du fait du prix élevé du porc. Son chiffre d’affaires de 700 M€ vient rejoindre les 7,3 Md€ de Premium Food Group (réalisé pour moitié en Allemagne). En juin, l’Office des cartels s’était au contraire opposée à la reprise par Tönnies d’abattoirs allemands du groupe Vion.
Évènementiel : en raison de la DNC, le Sommet de l’élevage « se tiendra sans bovins »
« En raison des mesures sanitaires liées à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) », le Sommet de l’élevage, qui se déroulera du 7 au 10 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), « se tiendra sans bovins », ont annoncé ses organisateurs dans un communiqué le 29 septembre. Une « mesure préventive, guidée par le principe de précaution », expliquent-ils, alors que le foyer de DNC le plus proche se situe dans le Rhône, à une centaine de kilomètres. Vingt-quatre races bovines étaient attendues pour cette 34e édition. Par ailleurs, dans le communiqué du salon de Cournon, les organismes de sélection des races aubrac, charolaise et limousine annoncent l’annulation de leurs concours prévus au Sommet. La race bazadaise en a fait de même sur Facebook le même jour, s’ajoutant aux cinq races allaitantes et aux cinq races laitières qui ont déjà annulé leur concours. Même sans animaux ni concours, « les représentants des races bovines seront bel et bien présents », rassurent les organisateurs. Les concours et présentations d’ovins, caprins et équins sont maintenus, de même que le reste du programme. « Cette année, nous franchissons de nouveaux records avec 1 770 exposants » et 99 000 m2 de stands, relativise Benoît Delaloy, le commissaire général du salon.
Horticulture : possible pénurie de tourbe, alertent les fournisseurs
L’Afaïa (fournisseurs de supports de culture) alerte dans un communiqué de presse le 25 septembre d’une possible pénurie de tourbe. Cette pénurie, liée à des conditions climatiques défavorables ayant empêché la récolte de la tourbe en Europe, fragilise la production horticole : « Depuis le printemps, les pays baltes principalement font face à des pluies persistantes impactant fortement les volumes de récolte. À ce jour, leurs niveaux de récolte sont nettement inférieurs aux années précédentes avec des volumes moyens récoltés entre 40 % et 50 % de la normale et pouvant descendre jusqu'à seulement 25 % à 35 % des volumes moyens attendus pour la tourbe blonde », est-il expliqué. Les fabricants de supports de culture ont également connu de fortes difficultés pour l’approvisionnement de fibre de coco dues aux importantes moussons en Asie. « Ces phénomènes climatiques de plus en plus fréquents représentent une source d’incertitude pour la disponibilité des différentes matières pour les mois et années à venir, d’où l’importance de maintenir une diversité dans les matières et leurs zones d’approvisionnement », souligne l’Afaïa. Le syndicat recommande aux distributeurs et utilisateurs de se rapprocher de leurs fournisseurs afin d’anticiper les besoins.
Biomasse : une start-up veut extraire du nickel des sols grâce aux plantes pour le vendre
Genomines, pionnière dans l’extraction des métaux à l’aide des plantes, vient de lever 45 M$ à l’occasion d’un financement de série A (lire l’article complet sur Agra Innovation). L’opération a été menée par Engine Ventures, aux côtés de Forbion BioEconomy et de nombreux investisseurs. « Ce financement servira à accélérer le déploiement de la solution de Genomines, avec des démonstrations sur le terrain à grande échelle de la production de nickel à partir de plantes génétiquement modifiées et l’obtention de contrats commerciaux avec ses clients », indique-t-elle dans son communiqué. Genomines utilise une approche exclusive de phytoextraction, où des plantes « hyperaccumulatrices » génétiquement améliorées, absorbent et concentrent les métaux comme le nickel du sol. Ces plantes, récoltées et traitées, « produisent des métaux de qualité batterie plus rapidement, à moindre coût et avec une fraction des émissions de l’extraction minière traditionnelle », explique la société, cofondée en 2021 par Fabien Koutchekian (CEO) et Dali Rashid, PhD (CTO). Présentée dans Nature Biotechnology (avril 2025) et par BCG X, la technologie de Genomines a déjà plus que doublé les rendements en nickel et la productivité de biomasse, ouvrant la voie à des preuves de concept avec des constructeurs automobiles tels que Hyundai Motor Group et Jaguar Land Rover ; et des collaborations sont en cours avec des fabricants de batteries notamment. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Impression 3D : Steakholder se diversifie dans la teinture numérique avec Twine
L’israélien Steakholder Foods, leader des technologies d'impression 3D pour les protéines alternatives, a annoncé le 22 septembre la signature d'un accord en vue de l’acquisition de Twine Solutions, spécialiste de la teinture numérique de fils et de fibres (lire l’article sur Agra Innovation). La technologie développée par Twine repose sur le premier système de teinture numérique de fils sans eau et à la demande, protégé par dix brevets accordés et en instance. Arik Kaufman, p.-d.g. de Steakholder Foods, cité sur le site de Vegconomist a souligné que, « bien que la technologie de Twine ait fait ses preuves dans le textile, nous voyons un potentiel pour l'adapter à d'autres secteurs, à commencer par la production alimentaire ». Si l’acquisition se réalise, les actionnaires de Twine recevront une participation minoritaire dans Steakholder Foods en échange de la totalité des actions Twine en circulation, après dilution. Cette participation d’environ 25 % pourrait atteindre « jusqu’à 35 % si certaines étapes importantes sont franchies », précise le communiqué. La société d’investissement américano-israélienne Gefen Capital est actuellement le principal actionnaire de Twine. Cette acquisition reste soumise à l'approbation des actionnaires de Steakholder et aux diverses conditions réglementaires habituelles. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Consommation : les Français prennent le temps de cuisiner mais mangent vite
Les trois quarts des Français cuisinent au moins trois fois par semaine, selon un communiqué d’Ikea du 29 septembre, rendant compte d’un sondage Ifop auprès de plus de 3 000 personnes de France métropolitaine réalisé pour l’enseigne d’ameublement. Une activité valorisante sur les plans personnel et social (selon les deux tiers). Autre enseignement : les répondants ne passent que 26 minutes en moyenne à déjeuner et 30 minutes à dîner. Cette tendance aux repas courts est tirée par les moins de 35 ans et les Parisiens. « Cuisiner beaucoup, c’est parfois cuisiner trop », souligne le communiqué, constatant que 68 % des Français reconnaissent jeter de la nourriture ; un gaspillage qu’ont avoué les trois quarts des sondés des Hauts-de-France.
Bien-être animal : Laurence Parisot présidente de la Fondation droit animal (LFDA)
Dans un communiqué du 29 septembre, la Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) annonce la nomination à sa tête de l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot. Après avoir dirigé la fédération patronale de 2005 à 2013, elle s’était investie dans la cause animale, en devenant vice-présidente de la Fondation Brigitte Bardot (jusqu’en 2019), puis de la LFDA (à partir de 2020). Mme Parisot est aussi connue pour avoir été présidente et actionnaire majoritaire de l’institut de sondages Ifop. Depuis 2018, elle est présidente de la branche française de Citi, une banque d’affaires américaine. Citée dans le communiqué, Laurence Parisot demande au Premier ministre Sébastien Lecornu de nommer un ou une ministre en charge de la Condition animale. Elle succède à Louis Schweitzer, qui présidait la LFDA depuis 2012. L’ancien patron de Renault a « marqué l’histoire de la Fondation par sa hauteur de vue, sa détermination et son approche rassembleuse », salue l’association.