Agra Business | Fonds décarbonation, Huguier Frères, Danish Crown, AB InBev

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Décarbonation : la France lance son dispositif de soutien aux «très grands projets industriels»

À la suite d’une consultation publique et d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) entre juin et septembre 2024, le gouvernement a lancé son nouveau dispositif de soutien à la décarbonation de l’industrie, rapporte un communiqué de presse du 31 décembre. Opéré pour le compte de l’État par l’Ademe et validé par la Commission européenne, cet appel d’offres baptisé «Grands projets industriels de décarbonation» vise plus précisément à accompagner les très grands projets industriels de décarbonation des sites soumis au système d’échanges de quotas d’émission européen (SEQE), qui sont les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Les projets de décarbonation visés consistent en la mise en place de leviers technologiques permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) des sites industriels concernés, parmi lesquels l’électrification, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la modification du mix énergétique ou du mix matières, et le captable et stockage (CCS) ou le captage et utilisation (CCU) du carbone. «Les subventions octroyées [permettront] de couvrir sur une période de quinze ans les surcoûts des grands projets de décarbonation profonde, qui sont vertueux mais non rentables à court et moyen terme», précise le gouvernement. Et d’ajouter qu’un projet devra représenter un montant d’aide total supérieur ou égal à 20 M€ pour être éligible.

Climat : les émissions agricoles de GES stagnent début 2024, les ventes d'engrais rebondissent

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2024, les émissions françaises de gaz à effet de serre (GES) ont baissé de 2,4 % tous secteurs d'actifs (hors puits de carbone) par rapport à la même période en 2023, indique le Citepa (pollution climatique) dans un baromètre publié le 24 décembre. En détail, les émissions de GES ont enregistré une baisse, respectivement de 5 % et de 2,2 % aux deux premiers trimestres, avant de connaître une légère hausse de 0,5 % au troisième trimestre. Pour l’heure, la tendance sur douze mois glissants est donc à la baisse (-3,1 %). La baisse était déjà de 6% au cours des neuf premiers mois de 2023 par rapport à ceux de 2022. «Nous devrions respecter l’objectif de (…) 2024, de l’ordre de 363 millions de tonnes de CO2», commente Antoine Pellion, secrétaire général à la planification écologique (SGPE), sur le réseau social Linkedin. Et de constater toutefois que «si nous respectons l’objectif 2024, c’est que nous avions pris de l’avance en 2022 et 2023». Côté agriculture, le baromètre ne donne qu’un aperçu des émissions agricoles, avec une stagnation estimée des émissions (+0,3 %) au cours des neuf premiers mois, après une baisse en 2023 notamment due à la chute des ventes d'engrais. Dans une note publiée en octobre, le ministère de l’Agriculture observe un rebond de 6,8 % des livraisons d’engrais azotés entre juillet 2023 et mars 2024, par rapport à la même période lors de la précédente campagne. 

Viandes : Huguier Frères s’intègre à Alliance (Cobevial) pour poursuivre sa croissance

La société champenoise Huguier Frères, réalisant 30 millions d’euros de chiffre d’affaires dans la BCT (boucherie charcuterie traiteur) cède 85% de ses titres au groupe Alliance, informe un communiqué du cabinet Lerins ayant conseillé la famille propriétaire. Le trio de tête, Agathe Huguier, son cousin Alexandre Huguier et un autre membre de la famille, reste aux commandes avec l’intention de poursuivre la «croissance dynamique», selon le communiqué, de leur groupe familial. L’entreprise se pose en acteur clé des filières viandes du sud de la Champagne en circuit court. Elle écoule 100% de sa matière première transformée sur deux sites par divers canaux commerciaux et dans ses sept boutiques implantées dans le Grand-Est. Elle avait créé sa propre marque en 2009 : les Viandes des plaines champenoises. Les dirigeants actuels, qui représentent la 5e génération, avaient donné en 2007 une impulsion à la croissance en ouvrant un outil de transformation neuf de 3000 m2 à Arcis-sur-Aube, en remplacement du site historique de 700 m2 à Mailly (Aube), spécialisant ce dernier dans les pâtisseries charcutières et plats cuisinés. Huguier Frères rejoint dans Alliances, filiale de la coopérative Cobevial dans la Somme, une quarantaine de PME impliquées dans la chaîne agroalimentaire, dont le charcutier belge Detry, entré début 2024. (Huguier Frères : 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023, 150 salariés)

Viande bovine : la Chine annonce lancer une enquête globale sur les importations

A la demande de son industrie de l’élevage, le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 27 décembre, le lancement d’une enquête sur les mesures de sauvegarde visant les importations de viande bovine. Les associations professionnelles justifient cette demande par le fait que «les importations de viande bovine en Chine ont augmenté de 65% entre 2019 et 2023», et que «le volume des importations au premier semestre 2024 a plus que doublé par rapport au premier semestre 2019», lui causant « de graves dommages». L’Empire du milieu précise que l’enquête ne cible pas de pays ou de région spécifiques, ne distingue pas l'origine des produits et n'affectera pas les échanges commerciaux. Cette enquête, qui concerne la période entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2024, doit durer huit mois mais que ce délai pourra être prorogé «de manière appropriée dans des circonstances particulières». Le porte-parole du ministère chinois du Commerce ajoute que son pays est disposé «à maintenir la communication avec toutes les parties, à mener des consultations amicales, à prendre en compte les préoccupations de chacun et à œuvrer ensemble pour maintenir un environnement commercial international sain et stable».

Porc : Danish Crown va faire «un atout» de son abattoir allemand d’Essen (presse)

Le géant danois du porc Danish Crown veut rendre son abattoir déficitaire allemand d’Essen profitable, jugeant de son utilité pour ses activités de transformation dans ce pays. Niels Duedahl, arrivé à la tête du groupe en septembre 2024, a visité cet outil d’une capacité de 72 000 porcs par semaine, rapporte Euromeatnews.com, et constaté que les abattages reprennent significativement depuis octobre. Il a affirmé que la rentabilité pourrait être recouvrée par une nouvelle politique commerciale des viandes crues non transformées par le groupe. «Je suis convaincu que l’abattoir d’Essen jouera un rôle important dans la future couronne danoise», a déclaré le p.-d.g, cité par Euromeatnews, poursuivant: «Nous estimons que l’accès aux matières premières peut devenir un paramètre concurrentiel clé dans les années à venir. Par conséquent, il est très logique pour nous d’avoir notre propre abattoir en Allemagne, où nous avons également un certain nombre d’usines de transformation qui ont besoin d’un approvisionnement continu de matières premières.» L’abattoir d’Essen a repris en 2023 la plus grande part de l’activité d’un abattoir fermé près de Hambourg. Il a fait perdre environ 200 millions de couronnes danoises (26 M€ au taux actuel) à Danish Crown lors du dernier exercice financier. Le groupe coopératif, en quête d’économies, a annoncé 500 licenciements administratifs cet automne après l’arrivée de Niels Duedahl.

Influenza aviaire : deux élevages français atteints, «en lien épidémiologique» (GDS)

Deux foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été détectés consécutivement, le 27 décembre dans l’Eure, et le 28 décembre dans le Calvados, annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué. L’élevage normand est «en lien épidémiologique» avec le premier, affirme le directeur du GDS (Groupements de défense sanitaire) du Calvados, Etienne Gavart. Il rapporte que cet éleveur s’était approvisionné en volailles auprès de l’élevage de l’Eure et qu’il avait appris la contamination de celui-ci au moment où il constatait des cas cliniques dans son propre élevage. Cet élevage, situé près de Honfleur, comprenait environ 500 poules, pintades et chapons élevés en bâtiment, qui sont sacrifiées ce 31décembre». Alors que le niveau de risque «élevé» reste en vigueur, le ministère rappelle les «piliers complémentaires de la prévention contre l’IAHP» : la surveillance, la biosécurité et la vaccination des élevages de canards. La campagne de vaccination a débuté le 1er octobre et sera prise en charge à 70% par l’Etat en 2025, jusqu’au 30 septembre. En conséquence de ces détections, «la France perd son statut d’indemne d’IAHP qu’elle venait de recouvrer depuis le 15 décembre», confirme le ministère.

Bière : en Russie, une coentreprise AB InBev mise sous contrôle d’une société locale

Selon un décret présidentiel publié le 30 janvier, le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a confié temporairement le contrôle de la coentreprise russe d’AB InBev à une société locale, indique l’agence de presse Belga. Le géant brassicole belgo-brésilien se retrouve ainsi dans l’incapacité de quitter définitivement le marché russe. Précisément, cela concerne une joint-venture d’AB InBev et son homologue turc Anadolu Efes. Les parts dans AB InBev Efes sont désormais sous le contrôle du groupe Vmeste, selon le décret, qui ne donne pas plus de détails sur la société russe, relate Belga. En réaction à l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, de nombreuses entreprises étrangères ont quitté la Russie. AB InBev avait annoncé en décembre 2023 son intention de faire de même, en cédant ses parts de la coentreprise à Anadolu Efes. En août, le refus des autorités russes quant à ce deal a été rendu public.