Agra Business | LDC/Green Label, Ynsect, Le Fourgon/La Tournée, Concordis, Veragrow

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Volaille: le français LDC acquiert le spécialiste britannique du canard Green Label

Le volailler français LDC (6,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires) a annoncé, dans un communiqué le 2 décembre, avoir acquis une participation majoritaire dans la société britannique Green Label, présentée comme «producteur et fournisseur réputé de canards et d'autres spécialités de volailles grâce à un large portefeuille de produits crus et transformés sous la marque Gressingham.» Selon le journal des Entreprises, le chiffre d'affaires de Green Label était de 170 millions d'euros en 2024. Cette acquisition, qui a été finalisée le 1er décembre 2025, «soutient la stratégie internationale de LDC en renforçant sa présence au Royaume-Uni aux côtés de sa filiale galloise et de ses importations européennes, permettant ainsi une offre plus large aux clients britanniques», explique LDC. Le volaille français est implanté dans les îles britanniques depuis sa prise de participation en 2021 dans la société Capestone, au Pays de Galles. Green Label compte 700 employés, plus de 250 000 mètres carrés de bâtiments, couvrant la moitié de son approvisionnement. Elle détient également de l'élevage de parentaux, des couvoirs et une usine de transformation située dans la région d'Est-Anglie.

Insectes : le pionnier français Ynsect placé en liquidation judiciaire

Ynsect, producteur et transformateur d’insectes, a annoncé le 2 décembre sa liquidation judiciaire prononcée à l’issue d’une audience au Tribunal de commerce d’Evry tenue la veille. « La société n’a pas réussi à réunir dans les délais les fonds nécessaires au financement de son plan de continuation », précise Ynsect, qui bénéficiait d’une « période d’observation » depuis le 25 septembre. Ses dirigeants vantent toutefois ses forces : 43 salariés, une méthode d’élevage « robuste », un portefeuille « de plus de 400 brevets et des produits uniques aux bénéfices environnementaux et fonctionnels reconnus. » La société fondée en 2011 et dirigée depuis ces derniers mois par Emmanuel Pinto n’a donc pas réussi son pari, « confirmant les difficultés des start-ups des secteurs liés au climat ou à l’agriculture à lever des fonds ». A partir des insectes tenebrio molitor, elle obtenait des protéines et de l’huile destinées à l’alimentation animale. Mais ces produits ne sont pas parvenus à être compétitifs économiquement, ni à convaincre les clients de leur intérêt environnemental. La société était longtemps présentée comme une icône de l’agtech française et était parvenue à mobiliser 600 M$ de fonds, dont des fonds publics issus de Bpifrance.

Livraison à domicile : Le Fourgon et La Tournée, spécialistes des produits consignés, fusionnent

Le Fourgon, leader national de la consigne et du réemploi, très présent en province, annonce son rapprochement avec son concurrent La Tournée qui opère quant à lui en Ile-de-France (Lire l’article complet dans Agra Innovation). A la suite du rachat de leurs parts, Juliette Poiret et Camille Perbost, cofondateurs de La Tournée, entrent au capital du Fourgon et poursuivent l’aventure aux côtés des cofondateurs du Fourgon, Charles Christory, Stéphane Dessein et Maxime Tharin. A l’issue de cette opération « le nouvel ensemble couvrira « désormais 45% de la population française, » précise Le Fourgon dans son communiqué du 2 décembre 2025, soit plus de 3 000 villes. Depuis leur création en 2021, les deux entreprises visent un même objectif : réduire les déchets liés aux emballages à usage unique en réintroduisant le système de la consigne. Initialement positionné sur les boissons, leur service de livraison à domicile de produits consignés s’est progressivement étendu aux produits secs, produits d’hygiène et de beauté, produits ménagers, etc. Le nouvel ensemble compte développer de nouvelles offres, notamment le frais (yaourts, fromages blancs, crèmes fraîches, beurres et kéfirs), que La Tournée, qui devient Le Fourgon, avait récemment déployée et dont elle avait l’exclusivité. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation). 

Relations commerciales : la centrale d’achat européenne Concordis opérationnelle

Les distributeurs Carrefour, Coopérative U et RTG International ont annoncé que leur « alliance à l’achat » nommée Concordis Trading était opérationnelle « à l'issue des délais réglementaires d'examen du projet par les autorités de la concurrence », selon un communiqué. Le premier conseil d'administration de Concordis Trading, réuni le 1er décembre, « a donné mandat à Eureca Trading et à CWT Partners, au nom de chacun des partenaires concernés (RTG International ne faisant pas encore partie de CWT Partners), de mener, pour son compte, les négociations de conditions d'achat et de services internationaux, avec les plus gros industriels européens. » L’annonce de ce lancement coïncide avec la date de début des négociations commerciales, le 1er décembre, date à laquelle les industriels doivent envoyer aux distributeurs leurs conditions générales de vente. Les centrales d’achat européennes, rassemblant des distributeurs à l’échelle du continent, sont régulièrement accusées de représenter un contournement des lois françaises Egalim. Les parties prenantes de Concordis tiennent à préciser que « ces négociations seront menées dans le cadre strict d'un code de bonne conduite, favorisant des plans d'affaires ambitieux, promouvant des relations respectueuses des parties et protégeant les filières agricoles. »

Biostimulants : le guyanais Solicaz dépose une demande d'AMM en maraîchage

La start-up guyanaise Solicaz, spécialisée dans la mise au point de biostimulants pour la régénération des sols dégradés, a déposé une demande d’autorisation de mise en marché (AMM) en octobre pour un produit destiné aux culture maraîchères en Guyane (lire l’article complet dans Agra Innovation). Sa fondatrice Elodie Brunstein revendique une approche sur mesure, avec des microorganismes adaptés à chaque culture, que ce soit le cacao, la banane, la papaye, les cultures maraîchères, le soja, la canne à sucre et même les pâturages. En attendant l’accord du régulateur, qu’elle espère pour fin 2026, Solicaz poursuit la construction de sa première usine à Kourou, d'une capacité de production annuelle de 360 000 litres. « Nous espérons qu’elle sera opérationnelle fin 2026 », explique sa fondatrice. Elle continue d’affiner son processus de sélection des microorganismes d’intérêt avec le projet Malditof, financé à hauteur de 100 000€ par France 2030. « Nous avons identifié une machine, le Malditof, qui permet de scanner plus de 70 microorganismes en quelques secondes », explique Élodie Brunstein. « Aujourd’hui utilisée en milieu médical, nous voulons savoir si cette machine peut nous permettre une sélection beaucoup plus rapide des microorganismes environnementaux afin de nous faire gagner en rentabilité et en compétitivité. » (Irina Lafitte, Agra Innovation)

Biostimulants : Veragrow lève 4,5 M€ pour accélérer le déploiement de ses solutions

Veragrow, spécialiste des biostimulants agricoles à base de lombricompost, annonce la finalisation d’une levée de fonds de 4,5 M€ (Lire l’article complet dans Agra Innovation). Pour mémoire, la société utilise le lombricompost (les déjections) de ses 25 millions de vers de terre nourris à partir des coproduits organiques non valorisés, comme matière première pour fabriquer des biostimulants. Ses solutions liquides, associant lombricompost et extraits végétaux, répondent à une large diversité de problèmes en agriculture et s’utilisent facilement par les agriculteurs. Une part importante de ces fonds levés sera utilisée pour accélérer le développement commercial de Veragrow en France, dans l’est et dans le sud essentiellement, en Europe, mais aussi à l’international, au Maroc et au Brésil notamment. L’entreprise dispose aujourd’hui de plusieurs autorisations de mise sur le marché (AMM) dans sept pays en Europe, sur ses 3 gammes (foliaire, sol, semence) comprenant plus de 10. Veragrow financera également la montée en puissance de son site de production de Val-de-Reuil (Eure), qui d’une capacité de production annuelle de 500 000 litres actuellement, devrait atteindre 1,7 millions de litres par an en 2027. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)

Machinisme : Emil Frey France regroupe ses activités agricoles et de véhicules industriels

Après avoir racheté plusieurs concessionnaires agricoles dans l’Ouest ces derniers mois, le groupe de distribution automobile Emil Frey France a annoncé, le 2 décembre dans un communiqué, « la création d’une branche entièrement dédiée aux clients professionnels », regroupant ses activités agricoles et de véhicules industriels (camions). Prévue pour être lancée « au premier semestre 2026 », la nouvelle branche pèsera 680 M€ de chiffre d’affaires (avec « une première ambition à 800 M€ ») et emploiera 1 600 collaborateurs. Elle sera dirigée par Christophe Deshayes (actuel président de Renault Trucks Europe). Pour boucler cette opération, le groupe automobile (n°1 en France avec 5,7 Md€ de chiffre d’affaires) « accélèrera la montée au capital du groupe Kertrucks à hauteur de 100 % au premier semestre 2026 ». C’est à travers cette entreprise qu’Emil Frey France avait commencé son incursion dans le milieu professionnel, avant de multiplier les rachats dans le secteur agricole : Bretagri en février 2024, Gabagri en juin 2024 et enfin le groupe Douillet en février 2025. Au-delà d’Emil Frey, ses confrères Dubreuil et Gueudet 1880 nourrissent aussi des ambitions dans la distribution de machines agricoles, avec plusieurs rachats ces derniers mois (lire notre enquête).