Agra Business | LDC, Soufflet Malt, Eliard, Demain la Terre, JPee, Intermarché, Casino

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Poulet : LDC va reprendre France Poultry et construire un nouvel abattoir en Bretagne

LDC a annoncé le 26 février qu’il va reprendre l’abatteur de volailles Grand Export France Poultry (Châteaulin, Finistère) et construire un nouvel abattoir sur place pour orienter progressivement l’activité vers le marché français. Cet accord prévoit la reprise au 31 décembre prochain de la totalité des parts de France Poultry, dernier opérateur français du poulet export (314 salariés, chiffre d’affaires non communiqué). Depuis sa création en 2018 sur une partie des actifs de Doux, liquidé peu de temps avant, France Poultry était propriété à 100 % de l’importateur saoudien de poulets congelés Doux, Al Munajem. Dans ce deal, LDC reprend également la société amont Yer Breizh, qui pilote la production de vif d’une centaine d’éleveurs sous contrat. LDC précise qu’il va progressivement diversifier l’activité de France Poultry avant de la basculer vers un nouvel abattoir qui sera construit à Châteaulin, pour une mise en service prévue « début 2028 (…) afin de pouvoir répondre à la demande croissante en poulet en origine France ». Cette transaction marque donc la fin de l’aventure du poulet grand export à la française qui ne tenait plus face aux prix des grands exportateurs mondiaux (Brésil, Thaïlande, Ukraine…). Si une source assure que l’ensemble des salariés devraient être repris dans le futur abattoir, qu’en sera-t-il pour la centaine d’éleveurs ? La bascule sur l’origine France nécessitera des investissements pour adapter leurs bâtiments au cahier des charges LDC Nature d’éleveurs. (Franck Jourdain)

Malt : Soufflet Malt investit 100 M€ dans une nouvelle usine en Inde

Soufflet Malt (groupe InVivo) a annoncé, le 20 février, la construction d’une malterie de dernière génération dans le sud du Rajasthan, en Inde, dont la mise en service est prévue début 2028. Un investissement de 100 millions d’euros (M€) qui s’inscrit dans la stratégie MALTiply 2030 de l’entreprise pour « mobiliser son expertise au service du développement local ». Le malt produit (110 000 t/an dans un premier temps) sera destiné aux marques de bière et de distillerie, mais aussi aux entreprises de l’alimentation et des boissons. Ce projet prévoit la création de 400 emplois directs et indirects, auxquels s'ajouteront 700 autres postes tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Présents dans le pays depuis 2016, les agronomes de Soufflet Malt ont permis le développement de variétés d’orges exclusives, adaptées aux conditions climatiques locales. À terme, l’usine pourra utiliser près de 250 000 t d’orge par an produites par plus de 50 000 agriculteurs indiens. Soufflet Malt précise donner la priorité dans cette usine « aux énergies vertes, telles que les biocarburants pour l’énergie thermique ». La consommation d’eau et les émissions de carbone seront également contrôlées. La nouvelle malterie sera pilotée par MALTimize, la plateforme numérique de Soufflet Malt fondée sur l’intelligence artificielle. (Anne Gilet)

Agriculture régénératrice : la chambre d'agriculture de la Somme rejoint Transitions by Noriap

Dans un communiqué du 26 février, le groupe coopératif Noriap a annoncé l’intégration de la chambre d’agriculture de la Somme à son programme Transitions by Noriap. La chambre aura un rôle d’accompagnement technique et agronomique auprès des agriculteurs, afin de diffuser les pratiques de l’agriculture régénérative. Pour rappel, l'objectif de Noriap est d’accompagner 250 agriculteurs dans le programme d'ici 2028, que ce partenariat permettra de faciliter. Le programme Transitions a été originellement lancé par Vivescia en 2023, que le groupe coopératif picard a rejoint en 2025 pour le dupliquer dans ses territoires (Hauts-de-France et Seine-Maritime). Les agriculteurs se voient accorder une prime moyenne par exploitation de 100 à 150 €/ha/an. L'agriculture régénératrice a actuellement le vent en poupe. Soufflet Malt et Heineken ont annoncé, le 23 février lors du Sia, un partenariat visant à la promouvoir, via le programme Performances de Soufflet agriculture. Le même jour, Vivescia a annoncé l'intégration de nombreux nouveaux acteurs à son programme Transitions. Parmi eux, citons des poids lourds de la seconde transformation et de l'agroalimentaire, tels que Bimbo, Panzani ou encore McDonald's.

Semences : Eliard acquiert la branche « semences et intercultures » d’Alpha Semences

L’entreprise familiale Eliard-SPCP (90 M€ de chiffre d’affaires), acteur sur le marché des fertilisants et des semences, annonce avoir acquis la branche « semences et intercultures » d’Alpha Semences. Cette reprise, « centrée sur la technologie et le variétal », intègre plusieurs gammes de semences et de mélanges (radis fourrager Alphabet, Radicomplet, Radimust...). L’opération concerne aussi la Méthode Alpha Semences (Mas), protégée par un brevet. Celle-ci consiste, via un enrobage, à associer des éléments nutritifs à un « amas » de graines d’espèces de tailles, de formes et de rugosité différentes, afin d’assurer un démarrage optimal de la culture. L’objectif pour Eliard est d’associer cette technologie MAS à ses solutions de biostimulation racinaire comme azotobacter ou rhizobium pour « consolider sa présence sur trois volets complémentaires de la nutrition azotée : minérale, organique et biologique ». Au-delà des actifs, l’opération comprend aussi la transmission du savoir-faire, des références techniques et des travaux sur le radis fourrager portés par Daniel Caille, fondateur de la société Alpha Semences. Eliard-SPCP confirme ainsi son ambition : « développer des solutions qui associent performance agronomique, sobriété en intrants et durabilité environnementale ». (Anne Gilet)

Fruits et légumes : Demain la Terre fait évoluer son référentiel et transforme sa marque

Dans la filière fruits et légumes, le label Demain la Terre a annoncé, le 24 février, une nouvelle stratégie de marque poussée par les améliorations apportées à la gouvernance et au référentiel Demain la Terre (à consulter ici). La démarche renforce sa transparence autour de quatre piliers, 14 thèmes, 84 critères de progrès et 252 « exigences progressives ». Les quatre thèmes sont : « Piloter avec transparence » (gouvernance et transparence des pratiques RSE) ; « Faire société » (coopération avec les parties prenantes, communauté et développement local, achats responsables) ; « Valoriser l'humain » (gestion des carrières, égalité, diversité…) ; et « S'allier au vivant » (réduction des pesticides, gestion de l'eau, santé des sols, biodiversité, climat…). Le référentiel propose en outre des définitions de l’agroécologie et l’agriculture régénératrice et donne des moyens d’y parvenir. Demain la Terre est aujourd’hui le porte-voix de 26 entreprises adhérentes (375 producteurs engagés sur 8 000 ha, et 4 500 collaborateurs impliqués), pour un CA cumulé de 1 Md€ et 4 % de la production française de fruits et légumes. L’organisation se fixe pour objectif de doubler le nombre d’adhérents d’ici à 2035. (Florence Rabut)

Agrivoltaïsme : l’énergéticien JPee et le Crédit agricole créent une joint-venture

JP Energie Environnement (JPee), producteur d’énergies renouvelables, et Crédit agricole Transitions & Énergies (filiale dédiée à l’accompagnement des transitions environnementales) ont annoncé le 26 février la création d’une plateforme commune de développement dans l’agrivoltaïsme. Cela prend la forme d’une « coentreprise détenue à parts égales (50/50) », selon un communiqué commun. Objectif : « constituer un portefeuille de projets représentant 450 MW de production d’électricité d’origine renouvelable en développement d’ici 2030 ». Le lancement de l’activité concerne quatre caisses régionales (Alsace Vosges, Centre-Loire, Centre-Ouest, Val de France). Concrètement, le Crédit agricole mobilise ce réseau pour accompagner les agriculteurs dans la mise en œuvre de leurs projets agrivoltaïques. JPee assure le pilotage des phases de développement, construction, exploitation et maintenance des installations. Deux projets agrivoltaïques sont déjà en développement dans la région Grand Est : l’un de 16 MW en Alsace, sur une pâture de 22 ha en bovins dans le cadre de l’installation d’une jeune agricultrice ; l’autre de 10 MW dans le Bas-Rhin, sur 15 ha en ovins.

Grande distribution : Intermarché lance six nouvelles filières agricoles françaises

Le Groupement Mousquetaires (Intermarché et Netto) renforce ses approvisionnements en produits frais français en lançant six nouvelles filières en 2026. Les produits concernés sont les haricots verts, les pommes de terre frites, l’épeautre, le morbier, les champignons (blancs et bruns) et la salade iceberg. Chaque contrat entre le distributeur et le fournisseur, signé pour une durée de trois ans, comprend « une visibilité sur les prix et un plan de progrès », selon les Mousquetaires, ainsi qu’un engagement de volume : 4 500 t de pommes de terre frites, 1 500 t d’épeautre, 350 t de morbier, 220 t de haricots verts, 500 t de champignons et un million de salades iceberg. Pour 2027, les réflexions portent sur plusieurs filières de fruits (framboise, myrtille, pêche‑nectarine, cerise) et de légumes (courgette, ail, oignon, carotte bio, pomme de terre grenaille). Autre piste de réflexion : « les filières animales et fromagères telles que le fromage de chèvre, le saint‑nectaire, la dinde et le poulet ». Avant cela, les Mousquetaires avaient déjà mis en place des engagements contractuels avec des producteurs. En 2025, la poire, le reblochon et le bœuf avaient été concernés par des contrats de filières.

Distribution : le chiffre d'affaires de Casino en recul de 2,5 % l'an passé

Casino (Monoprix, Franprix, Cdiscount, etc.) a publié le 26 février un chiffre d'affaires 2025 en baisse de 2,5 % par rapport à 2024, à 8,26 milliards d'euros (Md€), mais en légère hausse de 0,5 % à périmètre comparable, sachant que 1 000 magasins ont été fermés ou vendus l'an dernier. Recentré sur les magasins de proximité, « le groupe Casino poursuit son redressement », a assuré son directeur général, Philippe Palazzi, lors d'une conférence de presse téléphonique. Et ce malgré un « environnement de consommation encore contrasté », surtout en fin d'année, les clients s'étant montrés « prudents » sur les produits festifs, a-t-il ajouté. Au quatrième trimestre, les ventes de Monoprix ont notamment reculé de 0,5 % à périmètre comparable, alors qu'elles ont progressé de 0,6 % sur l'ensemble de l'année. Ce chiffre d'affaires est publié dans un contexte difficile pour le distributeur. Passé sous le contrôle de Daniel Kretinsky en 2024, après des années de pertes et de surendettement, il doit rembourser 1,4 Md€ en mars 2027. Son actionnaire a entamé fin 2025 un bras de fer avec ses créanciers pour diminuer ce montant. La semaine dernière, Casino a indiqué qu’il repoussait jusqu'au 31 mars au plus tard la publication de ses résultats annuels, en raison de la poursuite des négociations.

Agenda de la semaine agricole du 2 mars 2026

Vendredi 27 février
Résultats semestriels du groupe Bonduelle

Lundi 2 mars
Global Food Forum de Farm Europe, jusqu'au 3 mars, à Bruxelles

Mardi 3 mars
Lancement du RMT « Horizon Prairies »
Journée filière cerises, par l’AOP Cerises de France, dans le Rhône
Le Réseau action climat présente son « crash test » pour les programmes aux élections municipales

Mercredi 4 mars
Visioconférence de Valhor (interprofession horticole) sur les Français et les labels végétaux

Jeudi 5 mars
Trilogue sur la révision de l'OCM
Présentation des résultats 2025 d'Auchan Retail

Vendredi 6 mars
Visioconférence sur l'engraissement des veaux laitiers en Nouvelle-Aquitaine