Cognac : Pékin impose un dépôt de caution aux importations de l’UE
Dans le cadre de son enquête antidumping sur les importations de brandys originaires de l’UE lancée en janvier, le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 8 octobre, la mise en place de mesures temporaires sous la forme d'une caution. Ainsi, à compter du 11 octobre, les importateurs européens de brandys, dont le cognac représente la quasi-totalité, devront fournir une caution en douane chinoise lors de l’importation de leurs produits. Les taux de caution sont déterminés pour chaque entreprise. Ils pourront aller de 30,6% (Martell) à 39% (Hennessy), conformément aux résultats préliminaires de l’enquête publiés le 29 août. De son côté, Bruxelles a déjà annoncé qu'elle contesterait cette décision devant l'OMC. Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales entre l’UE et la Chine. Les États membres ont décidé le 4 octobre de valider la proposition de la Commission européenne visant à imposer des droits compensateurs définitifs sur les importations de véhicules électriques à batterie en provenance de Chine. Cette décision avait été prise au grand dam de l’interprofession du cognac (BNIC) qui militait pour un report du vote et une solution négociée entre les parties.
Vin : la production chute au niveau historiquement faible de 2021 (ministère)
La production viticole 2024 est estimée à 37,5 Mhl (contre 39,3 Mhl précédemment), proche du niveau historiquement faible de 2021, a indiqué le 8 octobre le service statistique du ministère de l’Agriculture. Elle apparaît «inférieure de 22% à celle de l’an dernier et de 15% à la moyenne 2019-2023 (…), équivalente à la faible production de 2021, marquée par le gel», selon une note. Cette baisse est liée aux conditions météorologiques défavorables qui ont affecté tous les bassins viticoles. «Tous les types de vins sont concernés, particulièrement ceux de Bourgogne, du Beaujolais et de Champagne» (respectivement -35 % et -33 % sur un an), «ainsi que les vins destinés à la production d’eaux-de-vie» (-31 % en Charentes) qui avaient connu une récolte 2023 exceptionnelle. Dans de nombreux vignobles, la floraison s’est déroulée dans des conditions fraîches et humides, entraînant coulure (chute de fleurs et jeunes baies) et millerandage (formation de petites baies), précise la note. A cela s’ajoutent des pertes dues au gel, au mildiou, et à la grêle. «Conséquences des précipitations de septembre, les vendanges ont été avancées dans certaines régions pour limiter les risques sanitaires de pourriture et des pertes supplémentaires», souligne le ministère.
Canard : La Quercynoise lève 21,5M€ pour sa rénovation industrielle, dont 4M€ chez Unigrains
L’union de coopératives La Quercynoise, produisant du foie gras et des viandes de canard, a reçu 4 millions d’euros d’Unigrains dans le cadre d’une levée de fonds visant à financer «un projet d’investissements stratégiques» d’un montant de 21,5 M€», apprend-on d’un communiqué des deux acteurs le 8 octobre. La filiale de Natera (issue de la fusion récente des coopératives Capel et Unicor) entreprend en effet de développer et moderniser en plusieurs années son outil industriel situé à Gramat (Lot). Elle a été conseillée et accompagnée sur l’opération par AuxinéA, société de conseil et prestations de services créée au sein du Groupe Unigrains en 2021. «Les modalités de l’investissement d’Unigrains seront, par ailleurs, indexées sur des indicateurs de performance extra-financière tels que la transition environnementale, le bien-être animal ou encore la santé-sécurité des collaborateurs», indique le communiqué. «De nouveaux objectifs économiques et environnementaux» sont attendus d’Unigrains de la part de ce groupement de 150 éleveurs, employant plus de 400 personnes et se positionnant au 5e rang de la filière foie gras avec 80 millions d’euros de chiffre d’affaires. La Quercynoise déclare transformer et commercialiser 2 à 2,5 millions de canards gras par an.
Volaille : crainte pour l’abattoir LDC de Blancafort (Cher), manifestation FNSEA/JA pour son maintien
La FNSEA 18 et les JA du Cher appellent à manifester ce 9 octobre à 14 h à l’abattoir LDC de Blancafort. Eleveurs et salariés réclameront «un avenir pour ce site», selon leur communiqué, au nom de «la Ferme Cher», «source de dynamisme économique». Alexandre Cerveau, secrétaire général de la FNSEA 18, craint la fermeture de cet abattoir de dindes, pour lesquelles les mises en place de dindes sont tombées à 20 000 par semaine cette année, soit «à 30% de ses capacités», estime-t-il. C’est selon lui l’abattoir de dindes de LDC dont l’activité est la plus réduite et qui produit le moins de valeur ajoutée. En cas de fermeture, «des éleveurs vont se retrouver en zone blanche», craint-il, autrement dit à plus de 150 kilomètres de l’abattoir LDC du Loir-et-Cher. Or «une dizaine de bâtiments construits pour se rapprocher de Blancafort sont en plein amortissement», souligne-t-il. A défaut de faire remonter la consommation de dinde au moins localement, le syndicaliste suggère de passer à l’abattage de poulet, moyennant «tout un travail de filière locale» pour motiver l’installation avicole. Interrogé, Sanders indique qu'il «continuera à apporter un débouché» à la production des éleveurs livrés en aliments par Clémont Nutrition «quel que soit l’avenir du site LDC de Blancafort».
Elevage: le commerce du collagène, autre source de déforestation au Paraguay (ONG)
La forêt de Gran Chaco au Paraguay continue à rétrécir face à l'essor d'élevages de bétail dont l'un des débouchés est la production de collagène, substance utilisée dans des compléments alimentaires ou la cosmétique, selon un rapport de l'ONG Global Witness publié le 8 octobre. L'ONG s'est intéressée notamment à une portion de territoire réclamée par le groupe autochtone Ayoreo Totobiegosode. Selon son rapport, basé sur des images satellitaires, le cadastre et une enquête de terrain, des élevages empiétant sur le territoire des Totobiegosode ont abouti en 2021-2023 au déboisement de plus de 18.000 hectares -- plus que la superficie de Paris. Les animaux ont été écoulés auprès de géants sud-américains de la viande, une partie des peaux partant ensuite vers le groupe français Rousselot, spécialisé dans la production de collagène, affirme l'ONG. Plus précisément, selon une base de données du commerce mondial analysée par l'organisation, 3.000 tonnes de matières «pour la production de collagène» sont parties des tanneries paraguayennes de Frigorifico Concepción à destination des usines de Rousselot en France.
Signes de qualité: l'Inao lance une campagne de com' et cherche des budgets
À l'occasion d'une conférence de presse le 8 octobre, le président de l'institut national de la qualité et de l'origine (Inao), Philippe Brisebarre, a annoncé le lancement d'une campagne de communication au bénéfice de l'ensemble des signes de qualité, à partir de novembre. L'objectif est de relancer la consommation de ces produits généralement haut de gamme et dont la consommation a été entamée par l'inflation, en moyenne de 5% selon Philippe Brisebarre. Intitulée «Il y a des signes qui ne trompent pas», la campagne visera les «jeunes», au travers de plusieurs canaux (réseaux sociaux, influenceurs, télévisions, animations en magasins...). Elle sera dotée de 650 000 euros, sur les «réserves» de l'institut, précise Philippe Brisebarre à Agra Presse, soit un budget «modeste» pour une campagne d'envergure nationale. L'institut compte toutefois sur les relais des fédérations et des organismes de défense et de gestion (ODG). Par ailleurs, le président fait état d'une situation financière compliquée au sein de l'Inao, en raison notamment de l'inflation, répercutée dans les salaires des fonctionnaires de l'institution, mais pas, pour l'instant, dans les lignes budgétaires. L'Inao a sollicité une entrevue avec la nouvelle ministre de l'Agriculture Annie Genevard pour aborder notamment ce dossier.
Légumes d’industrie: Bonduelle se donne trois ans pour se transformer
Le groupe Bonduelle a présenté, le 7 octobre lors d’une conférence de presse, son programme de transformation. Face à des performances financières sur 2023-2024 jugées améliorables et après la cession de ses activités de salades quatrième gamme en France et en Allemagne, le groupe nordiste se donne trois ans pour retrouver la voie du développement. «L’année à venir sera une période de transition importante», avec le déploiement de son plan «pour préparer un rebond pour une accélération de nos performances dans les années suivantes», a expliqué Xavier Unkovic, directeur général. Le plan s’articule autour de cinq piliers stratégiques: performance (adoption de l’approche de management stratégique OGSM: objectif, buts, stratégie et mesures); marques et innovation (rénovation de l’offre de conserves, développement de la gamme de solutions repas, arrivée de Cassegrain dans le frais en 2025); implantations géographiques (introduction de la marque Bonduelle aux États-Unis, développement du traiteur en France et Italie, autonomisation des activités russes, etc.); efficacité opérationnelle et organisationnelle (mutualisation digitalisation, etc.). Le dernier pilier est la certification B Corp: après les États-Unis et l'Italie l'année dernière, le groupe a annoncé l'avoir obtenue dans sept pays: France, Pays-Bas, Danemark, Belgique, Espagne, Portugal et Allemagne.
Tomate d’industrie/climat : une première évaluation des émissions de la transformation
Dans une étude publiée en juin dans la revue scientifique Frontiers, une équipe italienne a analysé les émissions de CO2eq d’une entreprise transalpine type de transformation de tomates en appliquant la méthodologie d’analyse du cycle de vie (ACV). Elle démontre que la production de 1 kg de tomates pelées et de purée de tomates entraîne des émissions de gaz à effet de serre de, respectivement, 0,083 kg CO2eq et de 0,135 kg CO2eq. Une analyse plus approfondie portant sur les différentes étapes de transformation souligne que la préparation du jus dans la production de tomates pelées et l'unité de concentration dans la production de purée, deux étapes impliquant un traitement thermique, ont la plus grande contribution au réchauffement climatique. L’étude détaille plusieurs stratégies de conservation (comme l’isolation sur les conduites d'eau et de vapeur) qui, selon l’équipe scientifique, «ont permis de réaliser des économies considérables d'eau (23,4 %), d'électricité (14,7 %) et de méthane (28,7 %) et, par conséquent, de réduire de 16 % et 19 % le potentiel de réchauffement climatique» de ces deux étapes de transformation. L’étude stipule que l’utilisation efficace des ressources et l’adoption de méthodes innovantes peuvent être envisagées comme des mesures stratégiques pour accroître la durabilité.
Oignons doux des Cevennes : volume stade en 2024, demande de retenues d'eau en attente
La commercialisation de l’oignon doux des Cévennes AOP a commencé depuis le début septembre et la coopérative Origine Cévennes table sur un tonnage similaire celui de 2023, soit environ 2000 tonnes d’oignons. «Les orages et les pluies rencontrées au mois d’août compliquent les opérations de tri», explique Thomas Vidal, directeur à Agra Presse, «mais, nous sommes en sous-production et nous essayions malgré cela de satisfaire l’ensemble des clients chaque jour». Les volumes d’Origine Cévennes partent pour 35% en GMS, le même pourcentage vers les marchés de gros, ce à quoi s’ajoutent 15% à l’export (principalement l’Italie). Le reste est écoulé au travers du magasin de la coopérative «qui offre de gros débouchés». Les 60 producteurs adhérents de la coopérative sont par ailleurs toujours en attente d’une réponse des collectivités et des services publics concernant leur demande de création de retenue d’eau. Une étude de faisabilité pour la création de 20 bassins a été menée l’année dernière, à la suite d’un important épisode de sècheresse lors de la campagne précédente. «On ne parle ici pas de méga bassines, mais de retenues de 3000 à 4000 m3, uniquement en captage du ruissellement, sans pompage. Elles permettraient de pérenniser l’activité et de participer à l’installation de jeunes producteurs», souligne Thomas Vidal.
Miel: une récolte 2024 en recul de 40%, estime l’Unaf
La récolte de miel 2024 a chuté de 40% sur un an pour atteindre «à peine 12 000t», indique l’Unaf dans un communiqué le 8 octobre. Cette estimation faite à partir de remontées de terrain vient confirmer la récolte «catastrophique» annoncée par son président Henri Clément dès la fin du mois de juillet. En 2023, l’Unaf avait annoncé une «bonne récolte» avec environ 20 000t de miel produit. «Contrairement aux années précédentes marquées par des sècheresses récurrentes, ce sont bien les gelées tardives, les périodes de pluies, de froid, de vent qui ont fortement handicapé l’apiculture française en 2024», explique le syndicat d’apiculteurs professionnels et amateurs. Comme anticipé dès l’été, les miellées de colza au printemps ont été «décevantes»; et celles de romarin, thym et bruyère blanche «des plus réduites». La récolte de miel d’acacia a été «fréquemment perturbée» par les aléas climatiques. A l’inverse, la miellée de châtaigner «s’est avérée plutôt satisfaisante», tandis que celle de lavande est généralement «bonne» en Provence et «très bonne dans les nouveaux secteurs de production, dans le centre de la France par exemple». Enfin, la récolte de miel de tournesol est «meilleure qu’espérée» grâce au décalage des semis.
Horticulture : les ventes des entreprises du paysage progresse malgré un contexte adverse
Le chiffre d’affaires des professionnels du paysage a enregistré une progression de 2 % au premier semestre 2024, selon le baromètre semestriel de Valhor conduit par Xerfi Specific pour le compte de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep). Elle repose principalement sur l’activité d’entretien des jardins et des espaces de nature, qui affiche une hausse de 6 % par rapport à la même période l’année dernière. En revanche, le marché de la création a subi une légère baisse (-1 %), principalement en raison de la crise immobilière, soulignant la dépendance de l’activité à ce secteur d’activité. Malgré la baisse du pouvoir d’achat des ménages, le marché des particuliers continue d'afficher une légère progression du chiffre d'affaires (+1 %). Cependant, il est indiqué que le prix moyen des commandes signées pour les particuliers s’est réduit sensiblement pour s’établir à 4600 € HT en moyenne, contre 5000 € HT il y a un an. En revanche, les marchés publics ont connu une forte activité au premier semestre (+4%), portée en Ile de France par les JO . «Cette augmentation intervient dans un contexte marqué par la hausse des coûts de financement, une dégradation de l’activité des entreprises, la crise du marché immobilier et des conditions météorologiques défavorables au printemps dans une grande partie de l’Hexagone», souligne l’Unep
Bovins viande: nouveau directeur à la FFCB (négociants), en provenance de Réussir-Agra
Après avoir été directeur commercial et évènementiel du groupe Réussir-Agra, Romain Ferrier va devenir directeur de la FFCB (commerçants en bestiaux). Il était arrivé en 2018 dans le groupe de presse professionnelle, dont fait partie Agra. Avant cela, ce diplômé de l’IAE de Lille (marketing) avait notamment occupé les fonctions de chef de marché au Salon de l’agriculture (2016-2018) et de directeur de la communication à France Limousin sélection (2012-2016), d’après sa page LinkedIn.
Fruits/Légumes : Aurélien Soubeyrand bientôt reconduit au CS FranceAgrimer
Producteur de cerises de bouche et de châtaignes en Ardèche, Aurélien Soubeyrand, devrait rester président du conseil spécialisé Fruits et légumes de FranceAgrimer. Sa reconduction à la présidence a été proposée le 1er octobre durant la première réunion du conseil de la nouvelle mandature de cinq ans (2024-2029). Il avait été nommé en 2023, en remplacement de Patrick Trillon. De même, Christel Teyssedre, productrice de fruits dans le Lot et présidente de Saveurs Commerce (détails fruits et légumes), a été proposée comme vice-présidente. Pour mémoire, le conseil spécialisé « Fruits et Légumes » de FranceAgriMer est composé de 31 membres représentant l’ensemble des filières fruits, légumes et pommes de terre, à l’état frais et transformé, de l’amont à l’aval. Il réunit également des représentants de l’administration, des associations de consommateurs et de protection de l’environnement, des salariés et des Régions.