Agra Business | Dijon Céréales, Terre Atlantique, Cristal Union, Agrial, Lactalis

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Coopérative : changement de directeur et de président chez Dijon Céréales

Christophe Richardot, directeur général de Dijon Céréales depuis huit ans, quittera ses fonctions le 31 décembre 2025, « dans le cadre d’un accord serein fondé sur une divergence d’orientation stratégique », précise le groupe. Il sera remplacé, le 1er janvier, par Simon Bilbot qui pilotait, depuis 2021, le pôle distribution. Autre changement : celui de président. Didier Lenoir va céder sa place à l’issue de l’assemblée générale du 9 décembre. Cette nouvelle gouvernance s’inscrit dans « une nouvelle étape stratégique pour Dijon Céréales fondée sur un recentrage territorial et un renforcement des synergies locales ». Elle intervient après « une campagne 2024 éprouvante » ayant généré « une augmentation significative des coûts de fonctionnement qui ont pesé sur le résultat du pôle agricole ». L’idée est désormais de « construire des synergies pertinentes, adaptées au terrain » avec les coopératives voisines, à commencer par Bourgogne du Sud présente également dans l’Alliance BFC. Mais pas question pour l’heure de fusion mais plutôt de quête de « convergences organisationnelles et économiques » pour « gagner en efficacité, optimiser les flux du grain et créer de la valeur pour les adhérents ». (Anne Gilet)

Coopératives : Terre Atlantique va distribuer un montant de ristournes record

« La trésorerie de nos associés coopératives est tendue, a confié Christian Cordonnier, directeur général de Terre Atlantique (135 M€ de chiffre d’affaires, 370 000 t collectées en 2025, 900 adhérents) le 25 novembre, quelques jours avant l’assemblée générale. Dans ce contexte, nous essayons, depuis le mois de juillet, d’anticiper dès que possible les versements financiers et les primes filières. » Autre action notable : la redistribution cette année, sous forme de ristournes, de près de 864 000 €, « un montant historique » soit 4,49 % d’intérêt des parts sociales, le taux maximal légal. Pour accompagner au mieux ses adhérents et créer de la valeur ajoutée dans les exploitations, Terre Atlantique souhaite poursuivre le développement de filières tracées. « Près du tiers de nos adhérents sont aujourd’hui impliqués dans de telles démarches, en blé meunier, blé dur, pois et lin avec une plus-value moyenne de 10 €/t, précise-t-il. Cela représente près de 70 000 tonnes. D’ici deux ans, nous visons 90 000 t. » La production de semences, 4000 ha, reste également au cœur de l’activité de la coopérative de Charente-Maritime même si, en 2024, 60 % des 1600 ha de tournesol ont dû être déclassés du fait de problèmes de germination. Heureusement, qualité et quantité étaient de nouveau au rendez-vous en 2025. (Anne Gilet)

Sucre : un site de Cristal Union accroît ses capacités de production et ses économies d’énergie

Dans un communiqué du 25 novembre, Cristal Union a indiqué que sa sucrerie située à Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) était en mesure d’augmenter ses capacités de production de sucre de 15 % à partir de la même quantité de betterave consommée, en plus d’avoir réduit sa consommation d’énergie de 26 % entre 2024 et 2025. Ces innovations sont le fruit d’un projet lancé il y a deux ans, représentant un investissement de 12 M€. Plus en détail, la hausse des capacités de production a été permise par « l’installation d’une cristallisation de troisième jet, capable de cristalliser les sirops les moins purs », et donc de maximiser l’extraction de sucre contenu dans les betteraves. La sucrerie gagne ainsi en flexibilité, et peut accroître sa production de sucre ou d’alcool selon les besoins des marchés. Par ailleurs, le site a porté sa capacité de transformation de betterave de 11 000 t à 12 000 t. Les économies d’énergie ont de leur côté été permises par l’installation de deux nouvelles caisses d’évaporation haute performance et d’un réseau d’échangeurs thermiques. Cristal Union prévoit l’installation en 2027 de huit hectares de panneaux photovoltaïques. À une date indéterminée, le groupe projette également de moderniser ses presses à pulpes et d’installer un « sécheur vapeur de pulpes ».

Phytos : BASF porte plainte suite à l’intrusion dans son site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf

Dans un communiqué du 24 novembre, BASF a annoncé avoir porté plainte contre X suite à l’intrusion sur son site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf le 17 novembre dernier. L’agrochimiste se justifie en expliquant que l’opération en question avait été conduite « au mépris des règles évidentes de sécurité industrielle, exposant les personnes présentes (collaborateurs, manifestants, pompiers et forces de l’ordre) à des dangers considérables ». Il ajoute que « les activités du site sont par ailleurs parfaitement connues, déclarées et soumises à des contrôles réguliers par les autorités. BASF respecte ainsi pleinement les lois et règlements ». En plus d’intimidations envers les pompiers, les manifestants auraient provoqué des dégradations de véhicules personnels appartenant aux salariés, pointe BASF. Pour rappel, plusieurs organisations (Confédération paysanne, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest (CSVPO), Cancer Colère, Faucheurs volontaires et Soulèvements de la Terre) avaient revendiqué l’intrusion, affirmant qu’il s’agissait d’une « inspection des stocks afin de récupérer des preuves supplémentaires de la fabrication et du stockage de pesticides interdits, notamment à base de fipronil ».

Lait : le plan caprin d’Agrial vise l’installation de 40 éleveurs par an d’ici 2035

La coopérative Agrial a dévoilé le 25 novembre son plan caprin 2035, qui vise à « installer une quarantaine d’éleveurs par an d’ici 2035 » et « soutenir le développement des élevages existants. » L’objectif de ce plan est d’augmenter la collecte de la coopérative de 35 millions de litres de lait de chèvre en 10 ans. Pour rappel, la filière lait d’Agrial représente 160 millions de litres de lait de chèvre collecté par an. Elle possède notamment la marque Soignon, leader du fromage de chèvre en France. Le nouveau plan s’articule autour de trois piliers : des formations, un suivi individuel par un référent conseiller lait, et un accompagnement financier. La coopérative prévoit notamment « un prix garanti pendant 5 ans, réévalué pour les nouveaux installés et les développements d’exploitation, une dotation Soignon versée dès la première année pour les nouveaux producteurs et les développements d’exploitation, pouvant aller jusqu’à 15 000 € par associé, et une aide à l’achat de reproducteurs de bonne qualité sanitaire et génétique. » Le premier plan d’accompagnement de la filière caprine lancé en 2016 a permis de collecter plus de 25 millions de litres de lait de chèvre supplémentaires, de réaliser 300 installations et d’accompagner 77 projets de développement.

Lait : 500 salariés attaquent Lactalis pour obtenir leurs primes

Selon Me Renaud Portejoie, représentant « plus de 500 salariés » de Lactalis, une action en justice est enclenchée, depuis le 20 novembre, contre le géant laitier pour obtenir le versement de primes de participation « indûment réduites ». Ces salariés se sont constitués partie civile dans l’enquête menée actuellement par le Parquet national financier sur des faits de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale contre la SAS BSA, société mère de Lactalis. Ils s’estiment victimes de fraude fiscale puisque la participation qui leur a été versée a été calculée sur la base de bénéfices minorés par Lactalis. La société a déjà réglé au fisc 475 millions d’euros fin 2024 pour éviter des poursuites sur ce dossier. Les salariés déposent aussi plainte contre X pour escroquerie. Il est reproché à la SAS BSA de ne pas avoir publié ses comptes consolidés, ce qui « interdit tout recours des salariés en remboursement des primes de participation spoliées », selon le courrier de l’avocat qu’Agra Presse a pu consulter. Contactée, la communication de Lactalis indique que « les comptes sociaux sont publiés auprès du tribunal des affaires économiques de Paris» et que «le règlement d'ensemble conclu avec l'administration fiscale fin 2024 a permis de mettre un terme à un différend d’interprétation portant sur l’imposition de deux sociétés internationales, lesquelles ne sont en aucun cas concernées par le dispositif de participation aux résultats des salariés. »

Lait : Besnier assigné en référé pour non-publication des comptes de Lactalis

Emmanuel Besnier, représentant légal de la SAS BSA, maison mère de Lactalis, a été assigné en référé, le 25 novembre devant le tribunal des affaires économiques de Paris par Alexandre et Maxime Renahy, rapporte leur avocat Renaud Portejoie. Ils demandent qu’Emmanuel Besnier dépose et publie les comptes consolidés et les « procès-verbaux de chacune des décisions de l’assemblée générale », selon le document consulté par Agra Presse, sous astreinte de 20 000 euros par document et par jour de retard. Ces demandes couvrent les exercices 2020 à 2024. L’audience est fixée au 11 février 2026. Le but de l’action en justice est de pouvoir vérifier que la minoration des bénéfices, pour laquelle Lactalis a bénéficié d’un règlement d’ensemble fin 2024 contre le paiement de 475 millions d’euros au fisc, s’est bien concrétisée par le versement aux salariés de primes de participation réduites (voir ci-dessus). Lactalis précise que « les comptes sociaux sont publiés auprès du tribunal des affaires économiques de Paris » et que les deux sociétés internationales concernées par le règlement d’ensemble « ne sont en aucun cas concernées par le dispositif de participation aux résultats des salariés. »

Influenza : en Vendée, plus de la moitié des mises en place bloquées à la Ciab

Du fait de l’élargissement des zones réglementées autour des foyers d’influenza en Vendée, les mises en place de poussins sont bloquées pour l’équivalent de 60% de la production de la coopérative Ciab (fournissant Arrivé du groupe LDC), a confié son son directeur général Patrick Pageard en marge de la conférence de presse de l’interprofession Anvol le 25 novembre. Le professionel a mis en avant le récent renforcement volontaire des mesures de prévention dans le territoire, notamment le dépeuplement préventif dans des zones « pare-feu » et l’organisation des flux de camions de telle sorte qu’ils terminent leur tournée dans les zones de sécurité. Ces dispositions volontaires s’ajoutent aux mesures rendues obligatoires le 21 novembre par le ministère en Vendée et trois départements voisins. « Grâce à la coopération de tous les acteurs, on échappe à l’emballement des contaminations que l’on connaîtrait du fait d’une pression infectieuse qui surpasse tout ce qu’on a connu », a-t-il estimé auprès d’Agra Presse. Patrick Pageard a aussi donné un exemple de la rapidité du traitement des « alertes à la moindre suspicion » : « Celle de ce matin à 9h44 [le 25 novembre] a été infirmée à 11h54, comme d’autres, tous les jours ».

Pistaches : Wonderful Pistachios lance un emballage recyclable pour ses pistaches en coque

La marque américaine Wonderful Pistachios & Almonds a annoncé, dans un communiqué du 25 novembre, le lancement en Europe d’un nouvel emballage recyclable pour sa gamme de pistaches en coque, prévu pour 2026. La transition permettra de remplacer plus de 25 tonnes de plastique non recyclable sur le marché européen, selon l’entreprise. Les nouveaux sachets, conçus en polypropylène recyclable, sont présentés comme conformes au règlement européen relatif aux emballages et déchets d’emballage, adopté en 2024. L’objectif global est d’atteindre 70 % de recyclage d’ici 2025 et 75 % d’ici 2030. Wonderful Pistachios & Almonds affirme que son matériau est d’ores et déjà accepté dans les filières de recyclage des plastiques souples opérationnelles dans plusieurs pays européens (Allemagne, Italie, Norvège). Cette annonce intervient après l’adoption d’emballages recyclables pour les sachets pratiques de 125 grammes en 2024. Plus largement, l’entreprise américaine rappelle avoir investi plus d’un milliard de dollars dans des projets environnementaux, allant de la production agricole alimentée par des énergies renouvelables et optimisée pour l’efficacité hydrique, jusqu’au développement de solutions d’emballage plus respectueuses de l’environnement.

Etiquetage : le groupe Delhaize assure que sa sauce carbonara est juridiquement conforme

Le groupe de distribution agroalimentaire belgo-néerlandais Delhaize a assuré, le 21 novembre, qu’il ne changera pas la recette de son pot de sauce carbonara, au cœur d’une polémique orchestrée par le ministre italien de l’Agriculture Francesco Lollobrigida lors d’une visite dans un supermarché du Parlement européen à Bruxelles. Le groupe avance que son produit est conforme et qu’il ne mérite aucune modification. Selon des informations rapportées par plusieurs médias, dont le quotidien belge néerlandophone Het Laatste Nieuws, une inspection officielle aurait été menée par les autorités italiennes chez le fournisseur de la marque. Celle-ci n’aurait pas révélé d’irrégularité. Cette affaire a mis en avant le phénomène marketing dit de produits «à consonnance italienne» (ou « italian sounding » en anglais). Dans un communiqué du 18 novembre, la Colidiretti, une des principales organisations agricoles italiennes, évalue à 120 milliards d’euros par an les pertes pour les producteurs italiens en raison de produits à consonance italienne.

Machines agricoles: Karnott lance une solution pour la gestion des chantiers

Karnott, le leader français du suivi d’activité des machines agricoles et viticoles, annonce le lancement de son nouveau module de gestion de chantiers (Lire l’article entier sur Agra Innovation). Dès son origine, la société a remplacé les relevés manuels sur papier par un système capable d’enregistrer automatiquement quelle machine travaille, où, combien de temps, et sur quelle parcelle. En 2023, elle lançait son Module Phyto, pour automatiser la gestion des traitements phyto. Aujourd’hui, Karnott va encore plus loin avec son nouveau module de gestion de chantiers conçu pour les entreprises de travaux agricoles (ETA) et viticoles (ETV) afin de leur permettre « de piloter, suivre et gérer leurs chantiers depuis un seul et même outil grâce à une solution unifiée, simple et automatisée », indique-t-elle dans son communiqué. « Avec ce nouveau module, nous confirmons notre position de leader et d’innovateur, en offrant une solution unifiée qui rassemble tout ce dont les ETA et viticulteurs ont besoin, au même endroit, », estime Alexandre Cuvelier, un des cofondateurs, cité dans le communiqué. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)