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Etats-Unis/Royaume-Uni: les détails de l’accord commercial de principe

Fumée blanche entre Washington et Londres après l’annonce, le 8 mai, par le président Donald Trump d’un accord commercial de principe entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Il s’agit du premier accord conclu par la Maison Blanche depuis la mise en place de la politique protectionniste. Dans le détail, les Britanniques s’engagent à supprimer le droit de douane de 20% auquel sont soumises les exportations américaines de bœuf dans le cadre du contingent actuel. A cela s’ajoute la création d’un contingent préférentiel en franchise de droits de 13.000 tonnes pour le bœuf américain. En échange, Washington s’engage à mettre en place un contingent tarifaire réciproque de 13.000 t pour la viande bovine britannique. En outre, le texte de l’accord indique que le Royaume-Uni va ouvrir un contingent tarifaire préférentiel en franchise de droits de 1,4 milliard de litres pour l'éthanol américain. Par ailleurs, les deux parties s’engagent à «travailler de manière constructive afin d'améliorer l'accès aux marchés agricoles». Au niveau sanitaire, les normes SPS du pays importateur ou à «d'autres normes convenues d'un commun accord» doivent être respectées, ce qui semble fermer la porte au bœuf aux hormones et au poulet chloré au Royaume-Uni.

Pesticides: le HRI1 et le Nodu en légère baisse, respectivement sur 2022 et 2023

Le ministère de l'Agriculture a publié, le 7 mai, une mise à jour des indicateurs de suivi du plan Ecophyto, dont les deux principaux sont en légère baisse sur leurs dernières années de comptage respectives. Sur l'année 2022, (2023 sera disponible en juillet-août), le nouvel indicateur de suivi du plan, le HRI-1 (volumes/risques santé) est en légère baisse (-2pts). Il est en baisse par rapport à 2011, et en stagnation depuis quatre ans (voir graphique), après avoir chuté de 45 points en 2019. Quant à l'ancien indicateur, le Nodu agricole (doses/ha), il est en baisse de 5% sur l'année 2023. Il suit aussi une courbe de stagnation depuis 2020, (voir graphique) après avoir chuté en 2019, mais reste en hausse par rapport à 2009. En volume, les quantités de substances activités vendues sont en légère (-3%) baisse sur 2022, suivant une tendance de stabilité depuis 2020. En revanche, les ventes de glyphosate augmentent en 2023, après une dynamique de baisse (-32%) sur la période 2020-2022, liée notamment à la menace d'interdiction, et des restrictions réglementaires (interdiction si labour en grandes cultures par exemple). Enfin les ventes de substances classées CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) sont en baisse (-9%) sur l'année 2023, qui suit une tendance à baisse depuis 2009.

Acétamipride: Phytéis attaque l'interdiction, audience au Conseil d'Etat ce mercredi

Alors que les députés de la commission des affaires économiques statueront, les 13 et 14 mai, sur la réautorisation de l'acétamipride proposée par la proposition de loi Entraves, le Conseil d'Etat tiendra quant à lui une audience le 14 mai, pour examiner la demande des fabricants français de pesticides de Phytéis (ex-UIPP) de faire annuler le décret de 2020 interdisant cette molécule, ainsi que le sulfoxaflor et la flupyradifurone. Phytéis avait déjà attaqué, en vain, l'interdiction de l'acétamipride en 2021. Autorisée au niveau européen et interdite en France, cette molécule est demandée par plusieurs filières (noisette, pomme, betterave), mais soupçonnée d'effets neurotoxiques, et décriée par d'autres filières (apiculture), et les ONG environnementales, pour ses effets sur la biodiversité, en particulier sur les pollinisateurs. En septembre, les limites de résidus avaient été revues à la baisse pour l'acétamipride, au vu de nouvelles données de l'Efsa. Lors de l'examen pour avis de sa réautorisation par la commission du développement durable, le 7 mai, les députés ont proposé de rayer cette mesure, avec l'assentiment de la rapporteure Ensemble pour la République, Sandrine Le Feur, de plusieurs députés Modem (Lecamp, Ott), et au moins un député LR (Vermorel-Marques) et Horizons (Violland). Il s'agit d'une petite surprise, alors que le président du groupe Modem, Marc Fesneau, s'était dit favorable à une réautorisation dérogatoire.