Plan sécheresse : le montant du plan « global » dévoilé le 3 septembre (Genevard)
Le montant total du plan CASI (canicules, sécheresse, incendies), annoncé fin juillet et attendu pour la rentrée, sera dévoilé le 3 septembre, a indiqué la ministre de l'Agriculture, en marge de sa visite en Gironde avec le Premier ministre. « La semaine prochaine (le 27 août, NDLR), je réunirai tous les préfets pour un retour documenté sur les conséquences des canicules », a précisé Annie Genevard dans un entretien au quotidien Sud Ouest publié le 19 août. Après quoi, « le 3 septembre, (...) je leur dévoilerai le montant des aides ciblées, département par département, afin de soutenir les trésoreries et relancer la production ». Ce « fonds d'urgence » sera « à la main des préfets » et sera déployé « rapidement » à l'automne, a-t-elle précisé. En plus de ces aides à la trésorerie, le plan CASI comprendra également des « prises en charge de cotisations sociales », des mesures sur la gestion de l’eau, ainsi que des « dispositifs de simplification et de dérogation », selon un communiqué du 5 août. Autre mesure prévue : l’exécutif « réfléchit » à des « prêts sécheresse » (bonifiés ou garantis par l’État), a indiqué Annie Genevard le 14 août. Un dispositif également évoqué par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Loi d’urgence : le texte paraît au JO, trois ordonnances attendues dans les prochains mois
Adoptée par le Parlement le 22 juillet, quasi entièrement validée par le Conseil constitutionnel le 14 août, puis promulguée par le président de la République, la « loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » est parue au Journal officiel le 19 août. Outre les textes d’application attendus, la loi habilite le gouvernement à prendre des ordonnances dans trois domaines : police sanitaire (article 7, délai d’un an) ; régime d’autorisation environnementale spécifique à l’élevage (article 46, six mois) ; réforme du système sanitaire animal (article 41, neuf mois). Le texte permet la réintroduction par dérogation de deux néonicotinoïdes interdits ; Générations futures a déjà annoncé saisir la justice, tandis que les députés LFI déposeront une proposition de loi d’abrogation. De leur côté, la FNSEA et Annie Genevard souhaitent réintroduire certaines dispositions censurées par le Conseil constitutionnel. Le dernier grand texte agricole du quinquennat était initialement circonscrit à trois thèmes (moyens de production, prédation, eau). Mais il a été finalement élargi, jusqu’à totaliser 61 articles, embrassant de nombreuses thématiques : relations commerciales (tunnels de prix notamment), foncier, ICPE, intrusions dans les fermes, planification de la production (contrats d’avenir), approvisionnement des cantines, étiquetage de l’origine des viandes, etc.
Néonicotinoïdes : LFI reproposera l'interdiction à l'Assemblée fin octobre
Le groupe LFI va mettre à l'agenda de sa « niche » parlementaire du 29 octobre une proposition de loi visant à abroger la réintroduction sous conditions de deux insecticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, prévue dans la loi d'urgence agricole, a annoncé sa présidente Mathilde Panot le 19 août. Une mesure également évoquée dans une tribune parue le même jour. « Nous utiliserons notre niche parlementaire pour abroger cette loi poison. (...) L'année dernière, 2,2 millions de personnes avaient signé une pétition contre la réintroduction des néonicotinoïdes. L'Ordre des médecins, plusieurs sociétés savantes ont dit qu'il ne fallait pas reproduire le scandale, notamment du chlordécone et de l'amiante », a-t-elle défendu sur France Inter. La loi d'urgence agricole a été publiée le même jour au Journal officiel, après sa validation, le 14 août, par le Conseil constitutionnel. Dans leur décision, les Sages estiment que les dérogations concernant la réintroduction temporaire des pesticides interdits (acétamipride pour la filière noisette et flupyradifurone pour les pommes, les cerises et les betteraves sucrières) relèvent de « l'intérêt général ». « Le danger grave pour l'agriculture, ce ne sont pas les pesticides interdits. Les dangers graves pour l'agriculture, ce sont les accords de libre-échange que les macronistes ne cessent de signer. Et c'est le fait qu'on ne protège pas les agriculteurs d'une concurrence déloyale », a argumenté Mme Panot.
Mal-être : 64 % des agriculteurs de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres songent à arrêter
Une grande majorité des agriculteurs de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres envisageraient sérieusement de quitter le métier, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine le 14 août. En juillet, la chambre d'agriculture a mené une enquête auprès des 8 000 exploitants du territoire, à laquelle 1 400 ont répondu. Trois chiffres paraissent alarmants. 76 % des répondants de l'enquête déclarent être « en très grande difficulté économique ». De plus, 91 % expriment « une souffrance psychologique et un très fort découragement ». Enfin, 64 % envisagent d'arrêter leur activité. La sécheresse – qui a entrainé pertes de 50 à 75 % des productions – reste dans toutes les têtes, mais elle n'apparaît pas comme le seul sujet de préoccupation. 944 répondants affirment avoir des charges d'exploitation trop élevées, 860 manquent d'eau pour leurs cultures tandis que 794 ont besoin d'aide pour leur trésorerie. « Ceux qui nous inquiètent le plus sont ceux qui ne disent rien. Il faut aller les chercher. C'est là qu'il faut que l'on soit extrêmement vigilant », note Denis Mousseau, président de la chambre d’agriculture commune aux deux départements. L'enquête était au départ une demande du ministère de l'Agriculture, voulant répertorier les inquiétudes du monde agricole.
Porc : au Danemark, durcissement réglementaire et baisse de production en vue (Ifip)
Dans un message publié sur LinkedIn le 18 août, l’agroéconomiste à l’Ifip (institut français du porc) Christine Roguet avance qu’une baisse de la production porcine et des exportations de porcelets est en vue au Danemark, sous l'effet du durcissement de la réglementation et de l’arrivée au gouvernement en juin d’une coalition de centre gauche. « Les contraintes envisagées pour la production porcine sont très fortes », explique-t-elle, énumérant l’interdiction de la coupe systématique des queues des porcelets (d’ici à 2030), une durée minimale de quatre semaines d’allaitement, l’interdiction de la contention des truies en maternité ou encore l’augmentation de la surface par porc, etc. Le gouvernement souhaite recentrer la production vers l'abattage au Danemark, avec un objectif de conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays, et encourager la production biologique. L’experte française envisage de fortes hausses des coûts de production, provoquant une perte de compétitivité et l’accélération de la restructuration. Résultat attendu, selon elle : « jusqu'à 10 % des élevages de truies susceptibles de disparaître rapidement » et une forte baisse de la production et des exportations de porcs vivants. En effet, le Danemark, rappelle-t-elle, exporte chaque année 17 millions de porcelets, notamment vers l'Allemagne (7,3 millions) et la Pologne (7,8 millions).
Lait : la production mondiale en hausse de 1,6 % en 2026, selon l’USDA
La production de lait des principaux pays exportateurs devrait être en hausse de 1,6 % en 2026 par rapport à 2025, selon les dernières prévisions du ministère de l’Agriculture américain (USDA). Cette année, 300,8 millions de tonnes (Mt) de lait devraient être produites par les cinq principaux exportateurs. L’Union européenne (UE) reste très largement n°1 avec 150 Mt, devant les États-Unis (107,3 Mt), la Nouvelle-Zélande (22,5 Mt), l’Argentine (12,25 Mt) et l’Australie (8,7 Mt). Toutefois, en termes d’évolution, l’UE devrait enregistrer la plus faible progression (+1 %), grâce à des « gains de productivité faisant plus que compenser une nouvelle diminution du nombre de vaches laitières ». Après des livraisons en forte augmentation début 2026, « la croissance de la production devrait toutefois ralentir, sous l'effet de la baisse des prix du lait à la ferme et de la hausse des coûts de l’énergie et des engrais, qui réduisent les marges des producteurs ». L’USDA souligne que « les réglementations environnementales, les exigences en matière de bien-être animal et les épisodes de maladies animales devraient également peser sur l’augmentation des cheptels dans plusieurs États membres ». À l’opposé de l’UE, les autres bassins exportateurs devraient progresser fortement, à l’image de la Nouvelle-Zélande (+2,6 %), de l’Argentine et de l’Australie (+2,4 %), ainsi que des USA (2,1 %).
Eau/abattoirs : validée sans réserve par les Sages, la loi montagne est publiée au JO
La loi « pour une montagne vivante et souveraine » est parue au Journal officiel le 19 août, quelques jours après avoir été intégralement validée par le Conseil constitutionnel. Dans une décision publiée le 14 août, les Sages n’ont émis aucune réserve et ont rejeté l’ensemble des griefs soulevés par les députés Insoumis et écologistes. Avant cela, le texte avait été adopté par le Parlement le 21 juillet. Déposée fin mars par plus de 120 députés de différents bords, la proposition de loi (PPL) contient des dispositions à portée limitée visant la gestion de l'eau, les abattoirs, les circuits de proximité et les filières qualité. Elle inscrit notamment le stockage multi-fonctionnel de l’eau dans les objectifs de la politique de l’État pour la montagne. La loi ajoute parmi les objectifs de souveraineté alimentaire, listés dans le Code rural, la mission d’« organiser le maillage territorial » des abattoirs et de « reconnaître les spécificités des abattoirs situés dans les zones de montagne ». Elle ajoute enfin l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) aux établissements en charge de la promotion des produits de montagne.
Céréales : rendements incertains et conflit en mer Noire soutiennent les cours
Sur les marchés américain comme européen, les cours des céréales ont poursuivi leur hausse cette semaine, tirés par des perspectives de rendements agricoles incertains et la suspension des livraisons de la mer Noire du fait du conflit Russie-Ukraine. À l'origine de la progression outre-Atlantique, selon l'AFP, la publication de prévisions de l’USDA (ministère), qui anticipe une offre plus tendue que prévu en blé et maïs, en particulier aux États-Unis, tout en relevant les impacts météorologiques subis par des pays concurrents. S'ajoutent à cela les premiers constats du traditionnel "tour des plaines" américaines, organisé chaque année par la revue agricole Crop Farmer, qui font état de rendements possiblement inférieurs à ceux de 2025. Autre grand sujet d'incertitude, le conflit entre la Russie, deuxième exportateur mondial de blé, et l'Ukraine, quatrième, qui multiplient les attaques en mer Noire depuis le début de l'été. L'Ukraine n'a ainsi expédié que 247 000 t de blé dans les deux premières semaines d'août, contre 706 000 t en juillet et 915 000 t un an auparavant, selon le cabinet Inter-Courtage. Cette situation tendue soutient depuis quelques semaines les cours du blé sur Euronext, qui affichait 225 €/t mercredi 19 août, contre 220 €/t il y a une semaine. Mais elle pousse aussi les importateurs à l'attentisme, et les gros achats se font rares.
Climat : plus de 50 jours de vagues de chaleur en 2026, un record (presse)
La France métropolitaine a connu 52 jours de vagues de chaleur depuis mi-juin, un record alors même que l'été n'est pas terminé, devant les 33 jours de 2022 ou les 22 jours de l'été meurtrier de 2003, selon l'analyse par l'AFP des données de Météo-France. En 2026, le territoire a connu trois vagues de chaleur qui se sont succédé rapidement, de 14 jours en juin, 16 jours en juillet, puis 22 jours depuis fin juillet – cette dernière vague n'étant pas encore officiellement terminée au 18 août. Depuis le 17 juin, seuls trois, puis huit jours d'accalmie, se sont intercalés entre ces températures caniculaires. Au-delà de la France, l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud jamais enregistré, avec une période juin-juillet à un niveau record, sur fond de vagues de chaleur à répétition, de sécheresse généralisée et d'incendies dramatiques, alimentés par le réchauffement climatique. En France métropolitaine, 2026 est de loin l'année qui compte le plus de jours passés en vague de chaleur depuis le début des données, en 1947. L'année 2026 a aussi déjà enregistré les journées les plus chaudes en moyenne en France, les 24 et 25 juin. L'indicateur thermique national, qui prend en compte les températures diurnes et nocturnes de 30 stations de référence sur le territoire métropolitain, est ainsi monté à 30°C, battant le record établi en 2003.
Champagne/saisonniers : la précocité de la récolte perturbe l’organisation des vendanges
La précocité des vendanges en Champagne, due aux vagues de chaleur, bouscule l’organisation des vignerons et des saisonniers, rapporte l’AFP le 17 août. Charles-Armand de Belenet, directeur général de Bollinger, explique avoir réussi, non sans difficultés, à rassembler ses équipes à temps malgré la pause estivale : « On a sonné le branle-bas de combat pour faire revenir toutes les équipes, et être prêts pour démarrer dès le 13 août ». « Quand on a commencé à faire les prélèvements, on s’est rendu compte que ça allait très vite, il a fallu rappeler tout le monde », raconte Ophélie Lapie-Lamiable, vigneronne à Tours-sur-Marne, qui reconnait des difficultés pour l’hébergement des saisonniers. Sur ce point, le 14 août, le préfet de la Marne a ordonné la fermeture d’un lieu d’hébergement d’employés saisonniers proposé par un « récoltant-manipulant familial », à Damery. Celui-ci « n’avait fait l’objet d’aucune déclaration préalable et présentait plusieurs non-conformités, dont le logement sous tente, un aménagement défaillant des locaux sanitaires et une hygiène générale insuffisante des locaux ». Une enquête a été ouverte, a confirmé le parquet de Châlons-en-Champagne à l’AFP.
Pommes : en Allemagne, une récolte 2026 attendue en forte baisse
Les arboriculteurs allemands prévoient une récolte de pommes d'environ 934 000 t en 2026, rapporte le site Fruchthandel le 19 août, reprenant une estimation préliminaire de l'Office fédéral de la statistique. Ce volume devrait être inférieur de 52 900 t (-5,4 %) à la récolte moyenne des dix dernières années (2016 à 2025). La récolte de pommes dépendra principalement du Bade-Wurtemberg et de la Basse-Saxe, les deux plus importants bassins de production. Ces deux Länder représentent 61 % de la surface totale cultivée en Allemagne ( 32 700 ha) et représentent les deux tiers de la production nationale (66,6 %). Dans le Bade-Wurtemberg, la récolte devrait atteindre 350 000 t sur une superficie de 11 600 ha, soit 0,7 % de plus que la moyenne des dix dernières années. En Basse-Saxe, la récolte est estimée à 272 000 t, sur 8 400 ha, ce qui représente une baisse de 5,9 % par rapport à la moyenne décennale. Dans d'autres Länder, les volumes de récolte prévus sont parfois même nettement inférieurs à la moyenne décennale. Des récoltes particulièrement faibles sont attendues en Thuringe (-45,1 %), en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (-18,4 %), en Bavière (-16,4 %), en Rhénanie-Palatinat (-15,8 %), en Saxe (-13,3 %) et à Hambourg (-12,8 %).
Robotique agricole : inscriptions ouvertes au projet « Agroboscope » en janvier 2027
Les candidatures pour participer au projet Agroboscope, porté par le CTIFL (centre technique fruits et légumes) et coanimé avec RobAgri (association de la robotique agricole), seront ouvertes à partir de janvier 2027, apprend-on dans un message LinkedIn. Son objectif est de produire des données indépendantes et comparables, puis de les réunir dans un référentiel national en open data. Cela devrait permettre la création d’un outil destiné à sécuriser les choix d'investissement des producteurs et à mieux orienter les politiques d'accompagnement. « Les robots agricoles sont testés selon des méthodes et dans des contextes différents. Résultat : leurs performances techniques, économiques et organisationnelles restent difficiles à mettre en perspective. Sans références communes, les décisions d’investissement restent complexes », argumente le CTIFL. Les tests seront organisés à trois niveaux : en environnement standardisé, sur des parcelles expérimentales et dans les exploitations agricoles. Agroboscope s'inscrit dans le cadre de France 2030 et du Grand défi de la robotique agricole. Sur trois ans, une centaine d’exploitations agricoles devraient être concernées.
Horticulture : le CNPH-Piverdière obtient le label « Végétal local »
Le centre de formation CNPH-Piverdière, basé à La Ménitré (Maine-et-Loire), annonce avoir obtenu le label « Végétal local » délivré par l'Office français de la biodiversité (OFB) pour ses productions, dans un message publié sur LinkedIn le 19 août. En obtenant ce droit d’usage, il s’engage à respecter le règlement d’usage de la marque et à se soumettre au plan de contrôle prévu par l’OFB pendant toute la durée de validité du certificat, soit jusqu’au 4 août 2030. Le cahier des charges prévoit que les végétaux commercialisés sous ce label par le CNPH-Piverdière auront une origine génétique et géographique documentée et vérifiable, seront mieux adaptés au sol et au climat de leur région d’origine, s’intégreront naturellement dans les écosystèmes locaux et contribueront à limiter la propagation d’espèces exotiques envahissantes, parfois issues de plantations mal adaptées. « Cette certification vient récompenser un travail de fond mené par nos équipes depuis plusieurs années. Elle nous engage à respecter le plan de contrôle prévu par le règlement d'usage de la marque », se félicite le CNPH-Piverdière. Depuis sa création en 1969, celui-ci propose des formations centrées sur les métiers de la production horticole (floriculture, pépinière, maraîchage), le machinisme agricole et, plus récemment, la production en agriculture biologique.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.