Pac : les États membres veulent un maximum de flexibilités, Hansen s'en inquiète
La plupart des ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 28 septembre à Bruxelles, ont confirmé vouloir finaliser une approche générale partielle sur la Pac lors de leur prochain Conseil, les 26 et 27 octobre à Luxembourg. Néanmoins, de nombreux points restent disputés : définition de l’agriculteur actif, octroi des aides à la transition et, bien sûr, la question du plafonnement et de la dégressivité des soutiens. Pour parvenir à un accord, la présidence irlandaise du Conseil de l’UE a tendance à proposer de rendre la plupart de ces dispositifs volontaires. Une orientation qui inquiète le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen : « Bien que je convienne de la nécessité d'un cadre flexible, il est essentiel de préserver une véritable politique agricole commune, garantissant des conditions de concurrence équitables pour les agriculteurs. Or, cet objectif ne pourra être atteint si toutes les règles et interventions deviennent facultatives. » Lors d’une réunion en groupe de travail les 30 septembre et 1er octobre, les experts agricoles des Vingt-sept devraient finaliser l’examen technique du texte pour ne laisser sur la table que les sujets politiques, qui seront négociés d’abord en Comité spécial Agriculture (les 5, 12 et 19 octobre), puis par les ministres.
Sécheresse : les ministres de l'Agriculture de l'UE à la recherche de solutions
À l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, le 28 septembre à Bruxelles, plusieurs États membres (Autriche, Slovénie, Slovaquie, Croatie) ont une nouvelle fois solliité l’aide de la Commission européenne face aux conséquences des vagues de chaleur et des sécheresses qui ont affecté l'Europe cet été. Le préjudice global subi par le secteur agricole est estimé par Bruxelles entre 14 et 17 Md€ pour l’instant. L’Autriche a rappelé que, dans ce contexte, la Pac « ne doit pas être affaiblie », mais au contraire « dotée d’un financement fiable, capable de stabiliser les revenus et d’amortir l’impact des crises ». La Slovaquie a, elle, proposé d’augmenter de manière « substantielle les ressources financières de la réserve agricole ». La Slovénie souhaiterait pour sa part que la méthode de calcul des pertes soit mise à jour pour rendre le système plus efficace. Enfin, la Croatie a plaidé pour « une aide financière exceptionnelle en mobilisant tous les fonds disponibles, au sein comme en dehors de la Pac ». Pour l’instant, le commissaire européen à l’Agriculture se contente de rappeler que la réserve agricole pour 2026 est entièrement consommée et qu’il va falloir examiner « avec beaucoup de soin » les nombreuses demandes déjà déposées pour 2027. « Je constate aussi un consensus croissant sur le fait que les outils de gestion des risques devraient constituer des éléments obligatoires des plans nationaux de la prochaine Pac, même en l'absence de financement de l'UE. Cela revêt une importance capitale », a salué Christophe Hansen.
OCM : les Vingt-sept divergent encore sur le financement des programmes sectoriels
Alors que les discussions au Conseil de l’UE concernant la révision du règlement OCM se poursuivent, en vue de parvenir à un compromis fin octobre, la question des programmes sectoriels reste particulièrement sensible. À l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture du 28 septembre, la Belgique a appelé au maintien d’un « cadre européen cohérent » en ce qui concerne l’OCM Fruits et légumes afin de préserver des conditions de concurrence équitables. Une position soutenue par plusieurs autres délégations, notamment l’Italie, la Roumanie, l’Espagne ou la Pologne, qui plaident pour un financement adéquat. La nouvelle proposition de la présidence visant à modifier la méthode de calcul des aides européennes a été rejetée par la Hongrie. Au-delà des fruits et légumes, les débats concernent aussi la possibilité de rendre les interventions dans le secteur viticole obligatoires uniquement pour les États membres qui reconnaissent des organisations de producteurs (OP). « Les OP doivent pouvoir bénéficier d’avantages clairs par rapport aux autres », a ainsi salué le ministre autrichien. Mais cette question demeure au contraire un point de blocage pour la France.
Volailles brésiliennes : audit favorable de Bruxelles, vers un retour des exportations vers l'UE
La DG Santé de la Commission européenne a rendu le 28 septembre un rapport d’audit favorable, à la suite des inspections menées au Brésil du 24 août au 4 septembre pour les filières volaille et miel, ouvrant ainsi la voie à une levée de la suspension des exportations vers l’UE. Dans les deux secteurs en question, l’audit de Bruxelles a notamment conclu que le système de contrôles officiels mis en place au Brésil « fournit une base solide permettant à l’autorité compétente brésilienne d’attester de manière fiable le respect des dispositions relatives aux restrictions d’utilisation de certains antimicrobiens dans les certificats sanitaires destinés à l’exportation vers l’UE ». L’exécutif européen devrait à présent proposer de réintégrer le Brésil à la liste des pays autorisés à exporter vers l’UE des animaux destinés à la production alimentaire et des produits d’origine animale destinés à la consommation humaine, mais seulement en ce qui concerne les filières volaille et miel. Un vote des experts nationaux en comité permanent (Scopaff) sur les contrôles et exigences à l’importation reste nécessaire. La prochaine réunion de cette instance est prévue les 20 et 21 octobre.
Viande bovine : Bruxelles ne prévoit pas de lever la suspension du Brésil avant deux ans
Alors que, avec son rapport d’audit favorable, la Commission européenne a ouvert la porte à un retour des exportations brésiliennes de volailles et de miel, la situation est différente pour la viande bovine. La DG Santé a confirmé, le 28 septembre lors d’un débat avec la commission de l’Agriculture du Parlement européen, qu’aucun audit n’est prévu à court terme concernant la filière bovine brésilienne et que, par conséquent, la suspension d'exportation en place depuis le mois de septembre ne peut pas être levée. « Le cycle entre la naissance et l’abattage d’un bovin est d’environ deux ans. Vous pouvez donc en déduire que, dans le meilleur des cas, aucune reprise ne peut être envisagée avant ce délai », a ainsi précisé le représentant de la DG Santé. Et d’ajouter : « Nous n’y procéderons que lorsqu’une perspective réelle de reprise des échanges existera ». Lors du précédent audit en 2024, la situation demeurait insatisfaisante en ce qui concerne l’utilisation d’œstradiol, une hormone interdite dans la chaîne alimentaire de l’UE. En effet, la ségrégation des filières n’était pas respectée. « Lors de l’audit, nous avons constaté que certaines exploitations censées ne pas utiliser d’estradiol y avaient eu recours, et que des produits qui n’auraient pas dû être exportés l’avaient été malgré tout », a ainsi indiqué le représentant de la DG Santé.
Sécheresse/assurance des prairies : des actions FRSEA-JA pour exiger la « transparence »
Alors que la sécheresse a fait plonger la production fourragère, les syndicats majoritaires du Massif central* appellent à des mobilisations afin « d’exiger la reconnaissance des pertes réelles [et] l’indemnisation rapide de toutes les exploitations touchées ». Un mot d’ordre lancé « dans tous les départements » de la région, à quelques jours de l’ouverture du Sommet de l’élevage, le 6 octobre à Cournon. Les syndicats auvergnats reprennent la demande faite au niveau national par les associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA : dans une lettre ouverte du 25 septembre, celles-ci réclament « la publication urgente des taux de pertes constatés à date, commune par commune, pour toute la France ». L’indice de pousse des prairies (IPP), établi par satellite depuis la réforme de 2023, est publié à trois reprises pendant la campagne de pousse de l’herbe (15 juillet, 15 septembre, 15 novembre). Les associations spécialisées demandent à y accéder chaque mois ; un mode de diffusion aujourd’hui réservé aux assureurs afin de gérer les contrats. Pour les AS, « ce n’est qu’avec cette transparence que les éleveurs pourront savoir si les données satellites reflètent vraiment la réalité des pertes subies », et éventuellement les contester. * FRSEA et JA d’Auvergne-Rhône-Alpes, Copamac (chambres et syndicats), Berceau des races à viande
Viande bovine : Genevard attendue sur les tunnels de prix au congrès de Culture Viande
Lors d’une conférence de presse la veille du congrès de Culture Viande, le 29 septembre, le président de la fédération de l’abattage-découpe Yves Fantou a signalé que la ministre de l’Agriculture Annie Gennevard, devant intervenir à l’ouverture, est attendue sur la question des tunnels de prix, qui viennent d’être étendus par la loi d’urgence agricole. L’industriel a expliqué que la borne basse du mécanisme, assise sur un indicateur de coûts de production en élevage bovin, pourrait éloigner de la réalité du marché les contrats de production, qui concernent essentiellement l’engraissement des jeunes bovins. La directrice de Culture Viande, Hélène Courades, a souligné que l’indicateur de coût de production avait été créé pour suivre les tendances, mais pas pour contractualiser. Par ailleurs, le syndicat déplore la décapitalisation, en filière porcine et surtout bovine, qui entraîne l’importation de viandes. Dans un communiqué, Culture Viande souligne enfin que le cheptel bovin a reculé de 8,9 % entre 2020 et 2025. Pour enrayer cette déperdition, le syndicat prône le développement des naissances et le renforcement de l’engraissement, avec l’aide des contrats.
Transport de veaux : ultimatum des ONG avant une procédure contre Irish Ferries
En parallèle d’une mobilisation au port de Calais le 28 septembre, trois associations de protection animale annoncent avoir envoyé, le même jour, une mise en demeure à Irish Ferries pour lui demander de cesser son activité de transport de veaux non sevrés entre l’Irlande et l’Europe. Le transporteur « dispose désormais de quinze jours pour répondre avant que d’éventuelles poursuites judiciaires ne soient envisagées », précisent CIWF France, Welfarm et Quatre pattes dans un communiqué (également signé par l’OABA). Elles pointent des « manquements présumés à la réglementation sur le bien-être animal » lors de ces transports. « Lorsqu’ils arrivent en France, ces veaux ont déjà subi plusieurs heures de transport routier et environ 18 heures de traversée maritime sans être nourris », selon elles. Également visée par les autorités néerlandaises, « cette situation constitue une infraction » au règlement européen (CE) n°1/2005, qui prévoit un délai maximal de 9 h entre deux repas pour les veaux non sevrés. Irish Ferries est la dernière entreprise à transporter des veaux sur ces lignes depuis que le français Brittany Ferries s’est retiré du marché, en septembre. Avec plus de 200 000 têtes expédiées depuis le début de l’année, l’export de veaux est crucial pour la filière bovine irlandaise.
Canards de Pékin : Bruxelles soumet les importations chinoises à enregistrement
Dans le cadre de l’enquête antidumping ouverte en août, la Commission européenne a soumis à enregistrement, par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 25 septembre, les importations de canards de Pékin en provenance de Chine. Ce règlement prendra fin neuf mois après son entrée en vigueur. Cette étape est cruciale dans l’hypothèse où les conclusions de l’enquête aboutiraient à l’institution de droits antidumping afin de percevoir rétroactivement ces sanctions sur les importations enregistrées. L’exécutif européen a décidé le 9 juillet d’ouvrir cette enquête antidumping, à la suite d’une plainte déposée le 26 mai par cinq producteurs de l’UE présentant plus de 25 % de la production totale de canards de Pékin de l’UE. Ces pays soulignaient l’existence d’un dumping important (compris entre 132 % et 223 %) de la part de la Chine, provoquant un préjudice pour l’industrie européenne, directement lié à la hausse des importations. Selon les plaignants, le niveau d’élimination du préjudice se situerait entre 152 % et 210 % pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025.
Protéines de pois : Bruxelles institue un droit définitif sur les importations de Chine
Par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 25 septembre, la Commission européenne impose un droit antidumping définitif sur les importations de protéines de pois en provenance de Chine. En l’espèce, Bruxelles institue des taux de droit antidumping définitifs pouvant aller de 40,5 % à 67,1 % du prix CIF à la frontière de l’UE, avant dédouanement, en fonction des entreprises chinoises. Dans le cadre de l’enquête, Bruxelles déjà décidé le 28 avril 2026, de soumettre les importations de protéines de pois originaire de Chine à un droit antidumping provisoire. Ce règlement d’exécution est entré en vigueur le lendemain de sa publication au JO de l’UE. Pour rappel, Bruxelles avait lancé cette procédure à la suite du dépôt d’une plainte, le 15 juillet 2025, d’une « coalition ad hoc des producteurs européens de protéines de pois » représentant plus de 25 % de la production totale de l’UE, faisant valoir l’existence de distorsions significatives de la part des produits chinois.
Blé tendre : Harmony devient une certification indépendante
Dans un communiqué du 28 septembre, le spécialiste du snacking Mondelez International annonce que son programme de blé tendre durable Harmony change de statut et devient une certification indépendante. Initié en 2008, sa gouvernance est désormais confiée à la Fondation ProTerra, organisation à but non lucratif spécialisée dans les systèmes de certification en matière de durabilité. Ce changement implique que des audits de certification seront réalisés par des tiers, et couvriront l’ensemble de la chaîne, de l’exploitation au produit fini, pour renforcer transparence et crédibilité, dans le cadre de la directive européenne Empowering Consumers for the Green Transition. Cette dernière impose une certaine communication envers les consommateurs, engendrant « des changements sur les informations pouvant figurer sur les emballages, qui doivent répondre à des critères renforcés de transparence et de vérifiabilité », explique le communiqué. Comptant 68 agriculteurs en 2008, le programme rassemble aujourd’hui plus de 1 200 exploitants, sur environ 57 000 ha en Europe – dont 614 en France, sur 14 370 ha. Mondelez précise qu’il ne se retire pas du projet malgré le changement de gouvernance.
États-Unis/Chine : vers une baisse des tarifs sur des produits agroalimentaires américains
En marge de la visite diplomatique du Président chinois Xi Jinping aux Etats-Unis, le conseil de commerce Etats-Unis/Chine a publié, le 27 septembre, les listes de produits susceptibles de bénéficier de baisses de droits de douane dans le cadre d'un arrangement portant sur 30 milliards de dollars d'échanges commerciaux dans chaque sens. Les taux et le calendrier n'ont pas encore été précisés. Dans le détail, les Etats-Unis pourraient réduire les droits de douane sur 77 catégories de produits chinois tandis que de son côté, Pékin pourrait faciliter l’accès à 1 600 catégories de biens américains, dont plusieurs produits agroalimentaires comme la viande de bovine, porcine et de volaille, les produits de la mer, les produits laitiers, le blé, le maïs ou encore le whisky. Le soja américain n'est toutefois pas inclus. Les valeurs attribuables aux produits figurant sur les deux listes ont été déterminées sur la base des valeurs annuelles des échanges commerciaux bilatéraux pour l’année civile 2024. Mais pour l’heure, aucun tarif douanier n’a encore été modifié. Selon les termes de référence publié le même jour par le bureau du représentant américain au Commerce, « les futures réductions tarifaires […] seront déterminées et mises en œuvre conformément aux procédures juridiques internes de chacune des parties ».
Sénatoriales : les spécialistes agricoles réélus, Montaugé ne s'est pas représenté
Les élections sénatoriales du 27 septembre, qui ont concerné 178 sénateurs, soit la moitié de la chambre haute, ont réservé peu de surprise pour les spécialistes de l'agriculture. Tous les candidats à leur réélection ont été reconduits. Chez Les Républicains (LR), Daniel Gremillet (Vosges) a été largement réélu, avec 882 voix sur 1 196, rapporte Vosges Matin. Même sort pour Olivier Rietmann (Haute-Saône), réélu avec 58,64 % des voix, selon Ici (ex-France Bleu). Chez les socialistes, Nicole Bonnefoy (Charente) est réélue au second tour, d'après la Charente Libre. Serge Mérillou (Dordogne) passe au premier tour, selon le Démocrate de Bergerac, tout comme Christian Redon-Sarrazy (Haute-Vienne), selon Ici (ex-France Bleu). Seule surprise du scrutin : dans le Gers, Franck Montaugé (65 ans) n'a finalement pas brigué un troisième mandat. Enfin, l'écologiste Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) reste lui aussi en poste, selon Ouest-France, et la centriste Anne-Catherine Loisier (Côte-d'Or) préserve son siège, d'après Dijon Actualités. 64 circonscriptions étaient concernées, dont 58 départements de métropole, un département d’outre-mer (Guyane), quatre collectivités d’outre-mer et six sièges pour les Français de l’étranger. Les sénateurs démarrent un mandat, d’une durée de six ans, qui débutera le 1er octobre, avec l’élection du président du Sénat.
Tomates industrie : en Espagne, des coopératives pourraient déconseiller de planter
En Espagne, la fédération des coopératives agroalimentaires d'Estrémadure (Cooperativas Agroalimentarias Extremadura) déconseillera la culture de tomates pour la transformation en 2027 si le prix négocié ne permet pas de couvrir les coûts de production, rapporte le site espagnol FYH le 26 septembre. Elle qualifie la campagne 2026 de « désastreuse » en raison d'une baisse significative de la production et d'un prix contractuel « insuffisant » pour garantir la rentabilité. D’après la fédération, canicule et sécheresse ont fait fondre les rendements, qui ont atteint environ 83 t/ha, contre 92 t/ha initialement prévu. Résultat : une perte de 10 à 11 % du volume total contractuel, initialement prévu à 1,989 Mt sur 21 553 ha. « Les températures ont diminué le taux Brix des tomates livrées, entraînant des pénalités. Ainsi, alors que le prix contractuel était de 107 €/t, les producteurs n'ont perçu, dans de nombreux cas, qu'environ 100 €/t », précise-t-elle. La fédération précise que « la hausse du coût du carburant et des engrais n'a pas été prise en compte dans les conditions convenues et a encore davantage érodé la rentabilité des exploitations ». Les coopératives dénoncent enfin « les lacunes de l'assurance pour le secteur, avec des polices très coûteuses, aggravées par le système de surtaxe approuvé par le ministère, qui peut doubler le prix de l'assurance pour certains producteurs ».
Salades : au Royaume-Uni, des pucerons mettent en péril la production (syndicat)
Une infestation de pucerons de la laitue (Nasonovia ribisnigri) pourrait toucher environ 30 millions de laitues au Royaume-Uni, entraînant des pertes économiques estimées à 10 millions de livres sterling (11,65 M€), selon le syndicat de producteurs British Leafy Salad Association (BLSA), rapporte la BBC le 26 septembre. Elle a éclaté précisément au moment où les produits britanniques approvisionnent encore le marché intérieur, généralement jusqu'au milieu de l'automne. Une situation « grave », selon Dieter Lloyd, porte-parole de la BLSA, qui précise que l'infestation n'affecte pas l'intégralité de la production britannique. L’épisode pourrait néanmoins avancer d'environ deux semaines le début des importations de laitues destinées au marché britannique. Parmi les variétés les plus affectées figurent la laitue pommée, la romaine et la laitue iceberg, dans plusieurs régions productrices (Midlands, East Anglia, le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest). La succession d’un hiver particulièrement doux et d’un été chaud et sec pourrait avoir créé un environnement propice à la prolifération du puceron de la laitue, contre lequel il existe peu de moyens de lutte. Le marché britannique de la laitue représente environ 200 000 t par an, dont la moitié est importée. Les producteurs anglais produisent environ 500 millions de laitues par an.
Agriculture urbaine : en banlieue parisienne, une ferme urbaine en toiture de 5 000 m2
À l’occasion de portes ouvertes le 26 septembre, la société « Ma salade sur le toit » a officiellement lancé sa ferme légumière sur le toit de la dalle Gustave-Courbet du Centre commercial Les Arcades, à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), dans un quartier de sièges sociaux et d’ensembles d’habitations. Installée sur 5 000 m2, l’installation permet la culture de salades, poireaux, tomates, courges, etc. dans un sol de 45 cm de profondeur, ainsi que des arbres fruitiers en jardinières. Après de lourds travaux d’étanchéité du toit, les légumes poussent désormais dans un substrat mêlant bris de brique, d’huître et compost de déchets verts, arrosés en goutte-à goutte. Le modèle se détourne résolument des expériences similaires basées sur des systèmes high-tech (hydroponie, aéroponie), pour la plupart disparues aujourd’hui. « On voulait que ça ressemble à une ferme, que des gens y travaillent la terre et que les gamins de leur chambre voient ça », explique Grégory Schepard, co-associé, à l’AFP. La ville a assuré la reprise d’étanchéité. Le reste de l’investissement (1,5 M€ ) est porté par des aides de collectivités et de l’emprunt. Un restaurant a été construit sur le site qui propose le midi des repas réalisés avec les produits récoltés pour les employés. « On produit, on transforme sur place et on vend. L’objectif est que le modèle se pérennise et soit rentable, on espère », explique Margot-Lys Duval, ingénieure formée à Agro Paris Tech et co-associée.
Installation : en Seine-et-Marne, TotalEnergies partenaire de la chambre d’agriculture
TotalEnergies et la chambre d’agriculture d’Île-de-France ont annoncé le 28 septembre un partenariat de 500 000 €, accordés par l’énergéticien via des subventions, pour accompagner « plus de 60 projets agricoles » cette année en Seine-et-Marne. « Destiné à soutenir l'installation d'agriculteurs, la reprise d'exploitations, les projets de diversification et les initiatives en faveur de la transition énergétique et écologique, ce dispositif vient compléter des financements déjà accordés » par la Région, l'État ou les fonds européens, selon un communiqué commun. La chambre régionale assure la mise en œuvre, se voyant confier l'identification, l'accompagnement et le suivi des exploitations bénéficiaires. Les aides financeront des études préalables et des investissements liés à l'installation ou à la reprise d'exploitations ainsi qu'à la diversification des activités agricoles. Elles pourront notamment concerner les équipements de première transformation, le maraîchage, l'élevage, les outils logistiques, mais aussi les projets contribuant à la transition écologique et énergétique des exploitations. « Plus de 60 projets » sont visés, avec « une attention particulière » aux projets des jeunes agriculteurs, indiquent les partenaires.
Agroalimentaire : l'Ania s'oppose à la taxe sur les produits sucrés prévue dans le PLFSS (presse)
L’Ania (industries agroalimentaires) s’est montrée résolument opposée à une taxe sur les produits sucrés qui serait présente dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. « L'Ania met en garde contre une catastrophe annoncée », écrit l’association le 28 septembre, en raison de ces conséquences sur les entreprises agroalimentaires. Imposer aux entreprises « une nouvelle taxe, qui viendra s'ajouter aux 5 milliards d'euros de taxes spécifiques pesant déjà sur la filière agroalimentaire, reviendra purement à les condamner. » Selon l’Ania, « beaucoup d'entre elles verront dans cette taxe un véritable arrêt de mort. » Autre argument : le pouvoir d’achat des ménages. « Une telle mesure pèsera (…) directement sur le pouvoir d'achat des Français, et en premier lieu sur celui des foyers les plus modestes. Ce sont les produits du quotidien qui augmenteront en rayon, pour des ménages touchés de plein fouet par l’inflation sur les transports et l’énergie et que tout expose à une nouvelle poussée des prix dans les mois qui viennent. » Le projet d'instaurer telle taxe, dévoilé par le média Contexte, intervient dans un climat de fragilité accrue des industries agroalimentaires françaises frappées par la hausse de l’énergie, la sécheresse et les restrictions d’usage de l’eau.
Photovoltaïque/biogaz : appel à un rassemblement pour préserver l'emploi
Les salariés de la filière des énergies renouvelables sont appelés à se mobiliser le 29 septembre face à la crise que traverse le secteur du fait de l'absence de politique énergétique « stable », qui se traduit par des suppressions de postes dans de nombreuses entreprises, selon les organisateurs. « Nous dénonçons les revirements politiques du gouvernement en place, encouragés par de nombreux partis, ainsi que la politique énergétique guidée par les prix de marché, décorrélés des coûts de production », publient des syndicats et CSE d'entreprises*. Des rassemblements sont prévus à Paris et à Montpellier. Après une première mobilisation en février, les organisateurs affirment que cette instabilité se traduit par « des appels d'offres revus à la baisse, des investissements ralentis et une casse sociale qui s'accélère avec déjà plus d'une dizaine de milliers d'emplois directs et indirects supprimés depuis 2025 ». « Les annonces inquiétantes continuent de se succéder : Plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), ruptures conventionnelles collectives, licenciements, suppressions de postes, gels des embauches et départs non remplacés », dénoncent-ils. Selon eux, la feuille de route énergétique de la France (PPE3), publiée en février, « manque d'ambition » et « reste tout à fait insatisfaisante », alors même que la transition énergétique est érigée en priorité par le gouvernement.* Mexens Solaire, Akuo Energy, RWE, Enerfip, Valorem, entre autres