Agra Fil du 7 septembre 2026

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Sécheresse : Genevard présente un plan CASI à environ 1 milliard d'euros

À l'occasion d'une conférence de presse le 4 septembre, la ministre de l'Agriculture a présenté un plan de soutien d'urgence aux agriculteurs victimes de la sécheresse (plan CASI). Le fonds de gestion des risques (FNGRA) va recevoir environ 400 millions d'euros (M€) pour abonder l'indemnité de solidarité nationale (ISN), dont le besoin pour la sécheresse est estimé à 520 M€. L'acompte de l'ISN va passer de 50 à 70 %. La ministre a aussi annoncé une enveloppe de 300 M€ dédiée au dégrèvement de TFNB (taxe sur le foncier non bâti). Par ailleurs, un « fonds de réarmement », doté de 220 M€ va être mis à disposition des préfets, pour aider les agriculteurs à poursuivre la production (p.ex. : achat d'intrants). 20 M€ supplémentaires vont être alloués aux prises en charge de cotisations. La période d'éligibilité au guichet d'aide aux achats d'engrais va être prolongée jusqu'au 31 décembre. Le niveau d'avance d'aide Pac va passer de 70 à 75 %. Un « plan de rebond » sera annoncé dans un second temps, qui dépendra des débats budgétaires de l'automne. La ministre a d'ores et déjà annoncé que la période de référence du système assurantiel va passer des cinq aux huit dernières années à partir de 2027.

Sécheresse : le montant du plan d’aide est insuffisant aux yeux des syndicats

Après la présentation du plan CASI (canicules, sécheresse, incendies) le 4 août, totalisant environ 1 Md€ d’aides d’urgence, « le compte n’y est pas », a réagi la FNSEA dans un communiqué le même jour. Le syndicat appelle le gouvernement à « corriger le tir », et son secrétaire général Hervé Lapie « n’exclut pas des actions syndicales », d’après l’AFP. La FNSEA regrette notamment l’absence de mesures bancaires, un « montant totalement insuffisant » (20 M€) pour les prises en charge de cotisations sociales, ou encore des annonces qui ne vont pas assez loin sur l’ISN (indemnité de solidarité nationale) : « absence d’élargissement d’accès et d’indemnisation », pas d’enquêtes terrain pour évaluer les pertes. Les JA dénoncent aussi « un premier geste qui reste insuffisant », estimant que les jeunes installés sont « les grands oubliés de ce plan ». Quant à la Confédération paysanne, elle se dit « très en colère », pointant un montant « très faible face à l’ampleur exceptionnelle de la crise ». Le syndicat souligne que les fonds alloués à l'ISN relèvent du fonctionnement normal du dispositif. Pour la Conf', la « seule mesure nouvelle » est le fonds piloté par les préfets, qui écarte selon elle « la question de l'adaptation de la production ». Pour le Modef, enfin, ce plan est « très insuffisant », et devrait être « au minimum doublé voire multiplié par dix ».

Viande : interdit d’exporter vers l’UE, le Brésil menace Bruxelles de contremesures

Dans une déclaration conjointe publiée le 3 septembre, les ministères brésiliens des Affaires étrangères et de l’Agriculture expriment leur « profonde préoccupation » après la mise en œuvre effective de l'exclusion de la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux dans l’UE en lien avec l’utilisation d’antibiotiques. Ils s’estiment ainsi lésés par rapport aux acquis obtenus dans le cadre de l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Les autorités brésiliennes vont plus loin et menacent à présent l’UE d’utiliser les « mesures de réciprocité » prévues dans la législation brésilienne et les « mécanismes pertinents » issus de l’accord UE-Mercosur et des règles de l’OMC si les discussions pour la réintroduction du pays dans la liste n’aboutissent pas. Le Brésil considère avoir « mis en œuvre les mesures nécessaires » pour satisfaire aux exigences de l’UE et avoir fourni la documentation et les informations pertinentes concernant les produits destinés à l'exportation. De son côté, Bruxelles assure poursuivre sa collaboration avec les autorités brésiliennes afin de trouver une solution. « Dès lors que cette conformité sera confirmée, les exportations de ces produits vers l'UE depuis le Brésil pourront reprendre », assure Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du Commerce international.

Contrôles sanitaires : la Commission européenne renforce encore ses audits dans les pays tiers

La Commission européenne a publié, le 3 septembre, son programme d’audits pour 2027 en matière sanitaire et phytosanitaire. Comme en 2026, Bruxelles va encore augmenter le nombre de visites de contrôle prévues dans les pays tiers. «Le programme de l'année prochaine met fortement l'accent sur les audits sur site liés au commerce dans les pays tiers – avec une augmentation prévue de 107 % par rapport à 2025 – et sur les audits aux postes de contrôle frontaliers de l'UE – avec une augmentation prévue de 60 % par rapport à 2025», souligne la Commission européenne. Elle prévoit de réaliser 144 audits et huit visites d’information afin de renforcer les contrôles sur les produits importés dans l’UE. Alors que l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur est entré en vigueur de manière provisoire au mois de mai, quatre audits sont prévu en Argentine, deux au Brésil, un en Uruguay et un au Paraguay en particulier dans le secteur de l’élevage. La Commission européenne interdit depuis le 3 septembre le Brésil à exporter vers l’UE des produits animaux destinés à l’alimentation. Un audit des services de la DG Santé s’est tenu jusqu’au 4 septembre auprès de producteurs de volailles et de miel du Brésil pour évaluer si cette interdiction pouvait être levée.

Assises du sanitaire : reprise des travaux sur la gouvernance, objectif mi-octobre (GDS)

Lors d’une réunion le 3 septembre, « les travaux ont repris » sur le financement et la gouvernance du système sanitaire, dans le cadre des Assises du sanitaire animal, indique Kristel Gache, directrice de GDS France (groupements de défense sanitaire) à Agra Presse le 4 septembre. Le calendrier s’accélère « en vue d’un Cnopsav (« Parlement » du sanitaire, NDLR) à la mi-octobre, probablement pour conclure ». La loi d’urgence agricole, publiée au Journal officiel le 18 août, a habilité le gouvernement à prendre des ordonnances pour réformer le système sanitaire animal dans un délai de neuf mois (soit le 18 mai). Principal sujet sur la table, d’après Kristel Gache : les programmes sanitaires d’intérêt collectif (PSIC). Ces plans sont « portés à l’initiative des professionnels pour aller plus loin que la réglementation » en matière de lutte ou de prévention des maladies animales. Un outil créé par une ordonnance d’octobre 2021, mais encore jamais utilisé faute de décret d’application. Pour la directrice de GDS France, le recours aux PSIC fait consensus pour faire davantage participer la sphère professionnelle au sujet sanitaire ; reste à se mettre d’accord sur leurs modalités. Par ailleurs, au moins deux autres sujets seraient à l’ordre du jour : le fonctionnement du Cnopsav et « l’élargissement du périmètre du FMSE » (fonds professionnel).

Foie gras et volaille : Arterris envisage de fermer l’abattoir de Fermiers Occitans

La coopérative Arterris envisage de céder l’abattoir de canards et volailles de sa filiale Fermiers Occitans, dans le Tarn, n’ayant pas trouvé de repreneur pour cette activité « fortement déficitaire depuis plusieurs années », après une « démarche active de recherche de repreneurs » engagée depuis plusieurs mois et restée infructueuse, indique l'entreprise à Agra Presse confirmant l’information parue dans la presse. D’après Réussir Aviculture en mai 2024, Fermiers Occitans abattait et transformait à l’époque les canards gras IGP de 41 éleveurs (400 000 à 500 000 têtes avant la pénurie de cannetons de 2023 due à l’influenza) et les volailles Label Rouge de 17 éleveurs (400 000 têtes). L’entreprise développait aussi une filière de poulet certifié. En juin 2025, Arterris avait annoncé son alliance avec la coopérative aveyronnaise Natera, concernant Fermiers Occitans et le groupement de Natera de plus de 150 éleveurs (source Unigrains en 2024) La Quercynoise. Cette alliance « se poursuit, avec pour objectif de consolider et pérenniser la filière palmipède dans le Sud-Ouest », rapporte l’attachée de presse d’Arterris. Les outils du canard gras sont, pour Arterris, l’abattoir de Labruguière (Tarn) et l’outil de transformation de Montauban (Tarn-et-Garonne), et pour Natera, l’abattoir et l’outil de transformation de Gramat (Lot), en phase de rénovation. 

Fonds d'indemnisation des victimes de pesticides: plus de 1000 demandes en 2025

Le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reçu plus de 1000 demandes en 2025, une première, selon son rapport annuel, qui souligne qu’il a dû de manière inédite piocher dans ses réserves pour payer les prestations aux victimes. Le fonds a reçu 1044 demandes en 2025, soit une augmentation de 6,8%, la plupart venant de victimes exposées professionnellement et le reste (20 demandes) concernant des enfants exposés durant la période prénatale, selon le rapport publié jeudi sans communication officielle. Les demandeurs sont à 92,5% des hommes, avec une part de retraités qui augmente, travaillant ou ayant travaillé dans des fermes en polyculture élevage (30%), des cultures céréalières, légumineuses ou industrielles (13,4%) ou en viticulture (12,6%). Le rapport souligne un découpage nord-sud, avec plus de demandes venant du nord, notamment des zones Armorique (ouest de la Bretagne), Maine-et-Loire et Bourgogne. Le cancer de la prostate reste l’affection prédominante dans les demandes. En 2021, première année pleine de fonctionnement du fonds, celui-ci avait reçu plus de 300 demandes, un chiffre qui avait doublé en 2022 et s’était stabilisé en 2023 à près de 700. L’année 2024 avait enregistré une progression exceptionnelle de 44%, à 978 demandes.

Sucre de canne: en Guadeloupe, la sécheresse met en péril la future récolte

Après une récolte 2026 catastrophique, les planteurs de cannes à sucre n’ont toujours pas pu replanter en vue de la saison prochaine. La raison: une sécheresse sévère qui s’abat depuis plusieurs mois sur les Antilles. Certains champs sont jaunis, presque brûlés par le soleil, d’autres sont fraîchement labourés. Mais aucun n’a encore en terre les précieux plantules de canne à sucre, qui devraient être semés depuis déjà plusieurs semaines. En effet, sous l’effet du dérèglement climatique, la région Caraïbes subit une sécheresse importante, alors même que la saison des pluies a déjà officiellement commencé. Et les prévisions anticipent des mois encore très secs jusqu’en février. Alors chez les planteurs de cannes, le moral est en berne, d’autant plus que la récolte de 2026, qui s’est achevée en juillet, «aura été particulièrement difficile (...) avec environ 312.700 tonnes de cannes récoltées, soit une baisse d’environ 35% par rapport à 2025», selon la coopérative Union cannière de la Guadeloupe qui s’inquiète de l’avenir de la filière. Les parcelles de canne occupent près de 50% des sols agricoles, quand les légumes représentent «environ 6,9% de la surface agricole utilisée, les fruits, environ 3% et la banane 6,6%», selon les chiffres de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (Iédom).

Bolivie : manifestation de paysans contre la hausse du prix du diesel

Plusieurs centaines de paysans et de partisans de l’ex-président socialiste Evo Morales ont défilé le 4 septembre à Cochabamba, dans le centre de la Bolivie, contre un décret qui a doublé le prix du diesel pour certaines catégories, a constaté l’AFP. La police n’a pas cherché à disperser la manifestation, alors que le pays est toujours sous le régime de l’état d’exception, décrété en juin par le président Rodrigo Paz après des semaines de manifestations antigouvernementales. Les manifestants ont brandi des drapeaux indigènes et des pancartes exigeant du président de centre droit l’abrogation de la norme. L’un d’eux tirait un tracteur avec une corde. Mi-août, le gouvernement a publié un décret qui a doublé le prix du litre de diesel pour les consommateurs qui en achètent de grandes quantités, parmi lesquels figurent les producteurs agricoles. Le prix est passé pour eux de 0,8 à 1,5 dollar. «Cela contribue fortement à la hausse du coût du panier de base», a déploré Elena Aine, une agricultrice de 40 ans. Le gouvernement a indiqué mercredi que les petits agriculteurs qui s’inscriront dans un registre pourront acheter jusqu’à 2.500 litres par mois au prix de 0,8 dollar le litre. Mais les paysans réclament toujours la suppression du décret.

Agroalimentaire : FrenchFood Capital lance un nouveau fonds visant les 150 M€

La société de gestion spécialiste du secteur agroalimentaire FrenchFood Capital a annoncé le 4 septembre le lancement d’un nouveau fonds d’investissement. Ce fonds de « flex equity » a une taille cible de 120 à 150 millions d’euros de collecte, avec l’objectif d’atteindre un premier closing d’ici la fin de l’année 2026. « Cette stratégie de flex equity viendra compléter son offre actuelle pour répondre notamment aux besoins de renforcement en fonds propres des PME et ETI familiales liés à la transmission, au développement et aux opérations de croissance externe grâce à une solution de financement peu dilutive », détaille FrenchFood Capital. La société de gestion estime que ces entreprises familiales qui représentent près de 70% des 22 000 entreprises du secteur, sont confrontées à ces enjeux d’investissement « dans la compétitivité et la décarbonation de leurs outils industriels, dans leur filière et dans leur croissance » et de « transmission, alors que 40% des dirigeants de PME seront concernés par une problématique de transmission d’ici 2030 ». FrenchFood Capital compte 500 millions d’euros d’actifs sous gestion, répartis entre quatre fonds différents qui investissent entre 3 et 25 millions d’euros dans les PME. Les derniers investissements concernent Fabulous French Brasseurs en juin 2026 et Boulangeries Emma en juillet 2026.

Agroalimentaire : Jorge Boucas (ex-DG Sodiaal) rejoint French Food Capital

FrenchFood Capital a annoncé le 4 septembre la nomination de Jorge Boucas en tant qu’associé, aux côtés de Perrine Bismuth et Paul Moutinho, les deux co-fondateurs de la société de gestion. Jorge Boucas « accompagnera notamment les ambitions européennes de FrenchFood Capital et mettra sa solide expérience opérationnelle au profit de l’accompagnement des participations et de la montée en puissance de la plateforme de création de valeur qui a fait la réputation de la société de gestion », indique un communiqué. « Diplômé de l’École polytechnique et de l’Ensta, il débute sa carrière dans le conseil, chez McKinsey & Company, avant de rejoindre le Groupe Roullier, où il exerce plusieurs responsabilités opérationnelles puis devient président du directoire. Entrepreneur, il cofonde NextEnergies, société spécialisée dans l’énergie biomasse, qu’il développe avant de la céder au Groupe Roullier en 2012. De 2017 à 2023, il prend la direction générale de Sodiaal où il conduit le redressement et la transformation de la première coopérative laitière française, avec notamment l’acquisition de Yoplait. Il rejoint ensuite Tereos comme directeur général avant de reprendre la direction du Groupe Roullier de 2023 à 2025. »

Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 7 septembre 2026

Mercredi 9 septembre
Visioconférence de l'Institut de l'élevage sur la sécheresse et ses conséquences sur les élevages de ruminants