Pac : Strasbourg valide les ajustements proposés face à l'envolée des prix des engrais
Le Parlement européen a donné son feu vert, le 7 juillet en plénière, aux ajustements proposés par la Commission européenne à la Pac permettant aux États membres d’apporter des soutiens supplémentaires aux agriculteurs confrontés à l’envolée des prix des engrais. Il s’agit d’un dispositif complémentaire des 540 millions d’euros débloqués dans le cadre de la réserve agricole. Comme les Etats membres avant eux, les eurodéputés ont adopté la proposition de Bruxelles sans y apporter de modification. Il ne sera donc pas nécessaire de passer par des négociations en trilogue. Les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept devraient donc définitivement valider ce règlement lors de leur réunion du 13 juillet. Le texte prévoit notamment un nouveau régime de liquidités, cofinancé à hauteur de 65 % par le Fonds européen de développement rural (Feader) avec des crédits inutilisés qui pourraient autrement être perdus. Les États membres pourront compléter ces aides avec un financement national pouvant aller jusqu’à 200 %. Les autres ajustements portent sur le versement anticipé des paiements directs et des flexibilités dans les plans stratégiques pour 2027 en permettant une réallocation des enveloppes pour cette dernière année de mise en œuvre de la Pac.
MACF : les eurodéputés s'opposent au mécanisme de sauvegarde pour les engrais
Les eurodéputés de la commission de l’Environnement ont adopté (par 56 voix contre 11 et 12 abstentions), le 6 juin, leur position sur l’extension du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF). Mais ils ont supprimé l'article 27 bis dans lequel Bruxelles propose d’introduire une clause de sauvegarde pour protéger le secteur agricole vis-à-vis, notamment, des prix des engrais. De leur côté, les Etats membres ont au contraire validé ce dispositif. Le vote des députés est « particulièrement alarmant », déplorent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). « Il aurait pourtant été tout à fait possible de préserver les objectifs de soutien à la décarbonation et à la compétitivité de l'industrie européenne des engrais tout en instaurant une garantie ciblée et temporaire pour les agriculteurs en cas de crise », estiment-elles espérant une « rectification » en plénière ou lors des trilogues qui suivront. Mais les députés ont quand même adopté le même jour leur position sur le Fonds temporaire de décarbonation dans laquelle ils se prononcent pour ouvrir celui-ci aux producteurs d’engrais et aux utilisateurs en aval en ajoutant des produits comme l’urée, le nitrate d’ammonium et le sulfate d’ammonium à la liste des marchandises admissibles.
Protéines : Bruxelles dévoile son plan pour réduire ses dépendances et améliorer sa production
En complément de sa stratégie élevage, la Commission européenne a également présenté le 7 juillet, un plan détaillant des actions à mener en faveur de la résilience, de l’autonomie stratégique et de la durabilité du système protéique de l’UE. Comme prévu, le fil conducteur de Bruxelles est la réduction des importantes dépendances européennes en la matière. Elle se fixe ainsi comme objectif de porter la part de protéines provenant des oléagineux et des protéagineux de l'UE à 35 % d'ici à 2035. Cela passe notamment par un encouragement grâce aux outils de la Pac à cultiver davantage de légumineuses, protéagineux et soja. Bruxelles propose également de prioriser les cultures adaptées aux conditions locales et de soutenir les infrastructures de stockage, de transformation et les contrats de filière. En parallèle, l’exécutif européen souhaite améliorer la consommation de protéines végétales via des campagnes de sensibilisation et renforcer son action en matière de recherche et d’innovation. L’autre volet est la diversification des sources d’importation en insistant notamment sur l’Ukraine alors que le pays négocie actuellement son entrée dans l’UE. Pour assurer le suivi de ces actions, l’exécutif compte sur un dialogue au niveau des autorités des Etats membres et l’observatoire du marché avec les parties prenantes.
UE/Mexique : l’application provisoire de l’accord commercial en bonne voie
Après avoir donné leur feu vert à l’accord global entre l’UE et le Mexique, le 23 juin, les eurodéputés de la commission du Commerce international ont, lors de leur réunion extraordinaire du 6 juillet, très largement validé (par 28 voix contre 8 et 2 abstentions) l’accord commercial intérimaire. Cette validation ouvre à présent la voie à une adoption de l’ensemble des textes en séance plénière à Strasbourg dès le 8 juillet. Une fois cette étape passée, l’accord commercial intérimaire pourra entrer rapidement en application puisque la ratification des Etats membres n’est pas nécessaire. Ce texte ne concerne, en effet, que les dispositions commerciales du traité global (comme l'abaissement des droits de douane ou la protection des indications géographiques) pour lequel l’UE dispose d’une compétence exclusive. Au niveau agroalimentaire, l’accord modernisé avec le Mexique est présenté comme très avantageux pour les exportateurs européens. Il devrait ainsi ouvrir l’accès en franchise de droits à de nombreuses exportations agroalimentaires de l’UE vers le Mexique en supprimant certains tarifs douaniers prohibitifs pouvant atteindre actuellement 100 %.
Elevage : Bruxelles promet des propositions sur l'abandon des cages pour les poules et les porcs
La Commission européenne a, comme prévu, dévoilé le 7 juillet sa stratégie sur l’élevage qui insiste sur la compétitivité du secteur et son importance pour les territoires de l’UE en particulier les régions exposées à un risque d'abandon. Par rapport à la première ébauche de cette stratégie qui avait pu fuiter, la version définitive apporte des précisions sur la question du bien-être animal. D’ici fin 2026, la Commission entend proposer une révision ciblée de la législation pour les poules pondeuses et les poulets de chair, axée sur la suppression progressive des cages, des indicateurs pratiques de bien-être en élevage, et des exigences d’importation équivalentes. De plus, elle proposera l’interdiction de l’abattage systématique des poussins mâles d’un jour et envisagera un étiquetage des œufs pour informer les consommateurs sur l’utilisation des méthodes d’ovo sexage. Puis au second semestre 2027, une autre proposition portera sur le bien-être des porcs, pour là encore abandonner les systèmes de cages et passer à des enclos. « Les éleveurs auront besoin de temps et d’investissements », a voulu rassurer le commissaire européen à la Sûreté alimentaire, Oliver Varhelyi, en conférence de presse. Bruxelles indique aussi vouloir lancer des discussions avec les parties prenantes pour mettre fin à l’exportation d’animaux vivants vers des pays tiers » tout en préservant la position des éleveurs européens sur le marché ».
Lait : forte baisse de la collecte de 10,9% lors de la semaine de canicule du 22 au 28 juin
La canicule qui a touché la France du 22 au 28 juin a eu un impact très net sur la collecte de lait de vache selon les données de FranceAgriMer. « La collecte laitière française a fortement baissé au cours de la semaine du 22 au 28 juin. Par rapport à la semaine précédente, le recul est de 10,9%. Comparativement à la semaine équivalente de 2025, la baisse atteint 7,0% sur l’ensemble du pays, avec des évolutions territoriales très contrastées. » A noter en effet que des différences assez importantes apparaissent en fonction des régions. Des reculs sont « très marqués » en Nouvelle-Aquitaine (-8,6%), Pays-de-la-Loire (-10,7%), Centre Val de Loire (-12,0%), Normandie (-12,5%) et Bretagne (-14,4%). Tandis les volumes collectés ont progressé dans les Hauts de France (+ 4,0%), le Grand Est (+1,5%), l’Auvergne-Rhône Alpes (+2,4%) et l’Occitanie (+4,2%), et stagnent en Bourgogne Franche Comté (-0,3%). Les premières estimations partielles émises le 1er juillet oscillaient entre « des baisses de collecte pouvant atteindre 20 % » en fonction des territoires, selon la FNPL (éleveurs), et environ -10% selon Lactalis, premier collecteur de lait en France (5 milliards de litres par an).
Miel : Interapi s’inquiète des effets de la canicule sur les abeilles et la production
En cette troisième vague de fortes chaleurs qui sévit sur l’Hexagone, les apiculteurs tentent de limiter les effets de la canicule sur leurs ruches, alerte l’interprofession apicole (Interapi) dans un communiqué le 7 juillet. Les apiculteurs sont confrontés à une baisse de production de miel, une partie des abeilles ouvrières se détournant du butinage pour aller chercher de l’eau et ventiler la ruche. Sans compter la réduction de la floraison et la diminution de nectar produit par les plantes. De plus, le stress thermique peut augmenter la mortalité du couvain (œufs, larves, nymphe), et aussi des reines et essaims dans les élevages quand la température dépasse 40°C. Interapi est particulièrement inquiète pour les miellées de tournesol et de lavande, productions les plus importantes derrière les miels polyfloraux. Pour essayer de limiter la casse, les apiculteurs mettent en place différentes mesures : mise des ruches à l’ombre, installation de points d’eau, amélioration de la ventilation, utilisation de toits isolants ou réfléchissants et adaptation des pratiques de transhumance.
Eau/abattoirs : les sénateurs adoptent la PPL transpartisane sur la montagne
Avec quelques modifications, le Sénat a adopté, en séance publique le 6 juillet, la proposition de loi (PPL) « pour une montagne vivante et souveraine », qui prévoit notamment des mesures sur le stockage de l’eau et les abattoirs. La principale correction du Sénat concerne les abattoirs ; la chambre haute a adopté un amendement du gouvernement supprimant l'article 7 bis, qu'avaient ajouté les députés, et qui instaurait pour les abattoirs de montagne une dérogation préfectorale au régime des installations classées pour l'environnement (ICPE). Les sénateurs ont par ailleurs ajouté les abris de bergers, cabanes pastorales, et bâtiments de stockage, à la liste des constructions et installations nécessaires aux activités agricoles en zone de montagne. Déposée fin mars par plus de 120 députés de différents bords, la PPL contient des dispositions à portée limitée visant la gestion de l'eau, les abattoirs, les circuits de proximité et les filières qualité. En commission, les sénateurs avaient supprimé la définition de l'«abattoir paysan» (gouvernance par les agriculteurs, approvisionnement dans le «bassin d'élevage»). Députés et sénateurs devront désormais tenter de trouver un accord sur ce texte, avec la convocation probable d’une commission mixte paritaire (CMP) pour aboutir à un texte commun.
Loi d'urgence agricole : Duplomb veut que tous les articles restent dans le texte final
A neuf jours de l'examen du projet de loi d'urgence en Commission mixte paritaire (CMP), le rapporteur du texte au Sénat, Laurent Duplomb (Les Républicains) indique à Agra Presse qu'il est enclin à «bouger sur tous les articles à la seule condition que tous les articles restent dans le texte final». Sur l'article 2 quater (réautorisation de l'acétamipride et du flupyradifurone) - que le Modem souhaite voir retirer du texte et de la discussion en CMP (voir ci-dessous) - l'agriculteur de la Haute Loire fait plusieurs propositions : «une version plus précise qui limite seulement l'acétamipride à la culture de noisettes» ; et pour le flupyradifurone, une dérogation limitée à l'enrobage de semences en betterave, au foliaire en pomme et cerise. Le texte adopté au Sénat aménage des dérogations pour les deux molécules en cas de «menace grave compromettant la production de cerises, de pommes ou de noisettes». Le compromis proposé permet de «réduire à seulement 8500 hectares l'application de l'acétamipride», calcule le sénateur. Et pour le flupyradifurone, qui «n'est pas un néonicotinoïde» (mais agit par un mode d'action similaire), «d'ajouter 37 000 hectares de pommes et 6500 de cerises, en supprimant 350 000 hectares de betterave en foliaire». Au vu de ces premières propositions et en vue de la discussion en CMP, le sénateur estime que l'«on ne peut pas dire que je suis jusqu'au-boutiste». Pour Laurent Duplomb, «c'est la seule solution pour sauver ces filières françaises».
Loi d'urgence agricole : les lignes rouges du Modem, prêt à une seconde lecture
A neuf jours de la réunion d'une Commission mixte paritaire (CMP) sur la loi d'urgence agricole, le groupe Modem à l'Assemblée nationale s'est réuni, le 7 juillet, n'excluant pas une discussion non conclusive en CMP, et une seconde lecture du texte en séance. Le président du groupe, Marc Fesneau a estimé que la réintroduction de l'acétamipride «ne doit même pas être un sujet de discussion, ou une variable de négociation» car elle «n'entre pas dans le périmètre initial de la loi», indique son équipe. L'ancien ministre de l'Agriculture partage donc la position de la présidence de l'Assemblée nationale qui avait jugé irrecevables les amendements allant en ce sens, contrairement au Sénat. Plusieurs dispositions sur l'eau (hiérarchie des usages, zones humides, gouvernance) ne conviennent pas au groupe Modem et «nécessitent une discussion en CMP». Le groupe Modem reconnaît qu'il peut être mis en minorité en CMP sur ces dossiers, mais souligne que le texte doit être adopté à l'Assemblée. A défaut de majorité en première lecture, le groupe Modem «n'a pas d'opposition de principe à une deuxième lecture». «Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée pour faire adopter un texte du Sénat, c'était une donnée connue, c'est donc de la responsabilité des sénateurs de négocier un texte adoptable par l'Assemblée», explique-t-on au sein du groupe Modem. «Ce texte est attendu par la profession sur l'eau, la prédation ou les bâtiments d'élevage, il est de la responsabilité de tous de ne pas le rendre otage des postures ou tactiques politiciennes», ajoute Marc Fesneau.
Eau/loi d'urgence: les collectivités de France eau publique appellent au retrait du volet «eau»
À l’approche de la commission mixte paritaire (CMP), prévue le 16 juillet, les élus des collectivités réunis au sein de France eau publique ont appelé, en conférence de presse le 7 juillet, à supprimer l’ensemble des dispositions relatives à l’eau dans la loi d’urgence agricole. Ils estiment que les articles 5 à 8, consacrés à la gouvernance de l’eau, à la gestion quantitative de la ressource, aux zones humides et à la protection des captages, ont été élaborés dans l’urgence et « sous le seul prisme de l’agriculture ». Le réseau redoute que leur maintien n’accentue les tensions sur la partage de la ressource et ne dégrade la qualité de l’eau, nécessitant des traitements plus coûteux. À cette approche, les collectivités opposent des partenariats construits depuis plusieurs années avec les agriculteurs pour protéger les captages d'eau potable tout en sécurisant les revenus agricoles. Ces démarches montrent, selon elles, qu’il est possible de concilier agriculture, protection et partage de la ressource et préservation des milieux naturels. France eau publique estime qu’un sujet « aussi structurant ne peut être traité dans le cadre d'un texte d'urgence centré sur les seules questions agricoles », mais mérite « un projet de loi spécifique ». Le réseau appelle donc ses adhérents à interpeller leurs parlementaires, en particulier les membres de la CMP, ainsi que le gouvernement et les préfets, afin d’obtenir le retrait de ces dispositions.
Nitrates : la révision de la directive prend un peu de retard
La proposition de révision de la directives Nitrates attendra « quelques semaines de plus que ce qui était initialement prévu », a admis le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen, le 7 juillet lors de lors de sa conférence de presse sur la stratégie élevage. Cette révision, confirmée dans le cadre du plan d’action sur les engrais présenté en mai, était attendue « avant l’été ». Elle doit en particulier permettre de relever le plafond pour l’utilisation de digestat issu de la méthanisation en tant qu’engrais au-delà de la quantité légale de 170 kg d’azote par hectare et par an prévue par la directive, comme cela a été fait il y a quelques mois pour le lisier retraité Renure. Mais Bruxelles attend encore un avis de son centre commun de recherche qui doit évaluer dans quelle limite le plafond pourrait être relevé sans compromettre les objectifs de qualité de l’eau. Parmi les autres mesures prévues dans cette révision figure notamment une plus grande flexibilité accordée aux États membres pour la fixation des calendriers d’épandage (en tenant compte des spécificités climatiques et régionales).
Comptes de l’agriculture : rebond du « PIB agricole » plus fort qu'attendu pour 2024, à +10,7 %
À l’occasion de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) le 7 juillet, l’Insee a publié ses chiffres consolidés pour l’année 2025, marquée par une amélioration des récoltes, une flambée des prix des productions animales, sur fond de problèmes sanitaires en élevage bovin. L’Institut enregistre un rebond de 10,7 % en euros courants de l’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs), contre 8,1 % attendu en décembre selon la parution des comptes prévisionnels. Cette hausse suit deux baisses successives de 11,7 % en 2024 et de 4,8 % en 2023. Cette correction s'explique par des prix meilleurs qu'attendu ; ils augmentent de 2,4% sur un an, contre +1,6% attendu. Du côté des productions végétales, les prix des légumes/pommes de terres (-7,2%), des céréales (-9,7%) et des oléoprotéagineux (-3%) restaient en berne, tandis que les prix des fruits (+1%) et des vins (+1,2%) se maintenaient. En revanche les volumes étaient meilleurs (+3,9%) qu'en 2024. En production animale, les volumes étaient en hausse (+0,7%), sauf le bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) en recul de 1%), et les prix étaient meilleurs dans toutes les espèces (+9,3%). Dans un communiqué, la FNSEA estime que ces chiffres sont «en trompe l'oeil», faisant suite à une année 2024 «particulièrement catastrophique».
Climat : émissions agricoles quasi stables début 2026, entre recul du cheptel et reprise des engrais
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture française sont restées quasiment stables au premier trimestre 2026, avec une légère hausse de 0,1 % sur un an (+ 0,03 Mt CO2e), a indiqué le Citepa (pollution climatique) dans son baromètre du premier trimestre 2026, publié le 8 juillet. Cette stabilité apparente masque toutefois des dynamiques contrastées selon les sources d’émissions. Le recul des cheptels, en particulier bovins, contribue à réduire les émissions de méthane, tandis que la reprise des apports d’engrais azotés entraîne une hausse des émissions de protoxyde d’azote. Cette stagnation tranche avec la forte baisse observée à l’échelle nationale. Hors secteur « Utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie » (UTCATF), les émissions de GES françaises au premier trimestre 2026 sont estimées à 98,5 Mt CO₂e, contre 103,5 Mt CO₂e au premier trimestre 2025, soit une baisse de 4,8 % en un an (-5,0 Mt CO₂e). Cette baisse est principalement tirée par le recul des émissions des bâtiments (‑10,7 %), des transports (-3,8 %) et de l’industrie manufacturière ((-1,0 Mt CO₂e; -5,9 %) qui enregistrent les diminutions les plus importantes en valeur absolue. Dans le secteur industriel, l’agroalimentaire enregistre la plus forte diminution en valeur absolue (-0,3 Mt CO₂e), devant la chimie et la métallurgie des métaux ferreux. (-0,2 Mt CO₂e chacune).
Pesticides : les conditions d'exercice du conseil stratégique global publiés au JO
Dans un décret paru au Journal officiel le 7 juillet, la ministre de l'Agriculture a défini les exigences relatives à l'exercice de la fonction de conseiller pour la réalisation du conseil stratégique global aux exploitations agricoles. Pour rappel, ce décret est la conséquence de la loi Entraves, qui a mis fin au principe de séparation entre vente et conseil en matière de pesticides, et modifié la notion de conseil stratégique, élargi et rendu facultatif. Le texte indique que la personne prodiguant le conseil stratégique aux agriculteurs justifiera ses compétences par la détention d’un diplôme « enregistré dans le répertoire national des certifications professionnelles et classé au moins au niveau 5 du cadre national des certifications professionnelles », ou en d’autres termes un niveau au moins bac+2 . Il pourra également détenir « un diplôme enregistré dans le répertoire national des certifications professionnelles et classé au niveau 4 du cadre national des certifications professionnelles », soit de niveau bac, à condition d’avoir une expérience dans le domaine d’au moins 3 ans. Enfin, le conseil stratégique est « formalisé par écrit et fait figurer le nom et prénom de la personne qui l'a réalisé ».
OFB : contrôles en hausse en 2025, 15% des procédures concernent des agriculteurs
L’Office français de la biodiversité (OFB) a présenté le bilan de son activité de police de l’environnement en 2025, dans un communiqué le 7 juillet. Les inspecteurs de l’environnement ont mené 154 344 contrôles administratifs (+13,7% sur un an), qui ont conduit à 616 rapports (+ 29%) et 11 733 procédures judiciaires (+14,3%). Les contrôles ont ciblé essentiellement les particuliers usagers de la nature. Ces derniers représentent 62% des mis en cause dans les procédures judiciaires ouvertes l’an passé, au sujet du respect d’espaces protégés, de la chasse et de la détention de pesticides interdits. 15% des mis en cause étaient des agriculteurs, 11% des entreprises, puis dans une moindre mesure, les collectivités, sylviculteurs, pêcheurs professionnels et autres acteurs. L’OFB a enregistré « 132 cas de tensions » qui ont concerné 225 usagers (0,15% des personnes contrôlées). Près de la moitié de ces situations ont été réglées par la communication, l’arme de service a été sortie de son étui à 7 reprises et aucune n’a été utilisée. Aussi, l’OFB a mené 5000 contrôles liés à la sécheresse et à la gestion quantitative de l’eau, soit une hausse de 56%.
Fraises/pesticides : PAN Europe s’inquiète des effets cocktail, la France bon élève
Une enquête menée par l’ONG Pesticide Action Network (PAN) Europe, dévoilée le 7 juillet, révèle que les fraises produites en UE sont « significativement contaminées par un cocktail de pesticides hautement toxiques ». Le réseau d’associations a fait analyser 41 échantillons de fraises de onze pays. Selon le rapport qui en découle, 58% des échantillons contiennent des substances actives libérant des PFAS et 56% contiennent des substances actives classées "candidates à la substitution". Parmi ces dernières, le fludioxonil et le cypronidil, toutes deux identifiées comme perturbateurs endocriniens par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). PAN Europe s'inquiète des effets cocktails sur la population et notamment les enfants. « ll n’existe aucune évaluation des risques liés à la toxicité des résidus multiples de pesticides au sein de l’UE. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a été chargée, par la loi, d’élaborer une méthode en 2005, mais aucune n’a été présentée à ce jour », indique le rapport. Les fraises les plus contaminées ont été trouvées en Belgique (jusqu’à neufs résidus dans un même échantillon), Hongrie (8), Slovénie (8) et Irlande (7). En revanche, la France et les Pays-Bas font figure de bons élèves avec respectivement 50% et 66% des échantillons sans résidus. « [Cela] montre qu’il existe des méthodes de culture conventionnelle des fraises permettant de réduire considérablement l’utilisation de pesticides », souligne l'ONG.
Fruits et légumes/canicule : « aucune tension généralisée sur l'approvisionnement » (interprofession)
Dans un communiqué de presse le 7 juillet, l’interprofession fruits et légumes (Interfel) indique que les différents épisodes de très fortes chaleurs n’avaient pour l’heure entraîné « aucune tension généralisée sur l'approvisionnement ». Les premiers constats réalisés sur le terrain montreraient que la campagne se poursuit dans des conditions maîtrisées. « Quelques défauts d'aspect peuvent ponctuellement apparaître sur certains fruits ou légumes exposés aux fortes chaleurs, sans que cela n'altère leurs qualités gustatives ou nutritionnelles », précise Interfel. Récemment, le maillon amont avait demandé à la grande distribution d’accepter ce genre de fruits et légumes. « Nos producteurs sont pleinement mobilisés face à cet épisode climatique exceptionnel. Grâce à leur savoir-faire et à l'engagement de toute la filière, l'approvisionnement des consommateurs est aujourd'hui assuré. Cette canicule rappelle néanmoins l'urgence d'adapter durablement notre agriculture au changement climatique, notamment en renforçant notre capacité à sécuriser l'accès à l'eau et à accompagner les producteurs dans cette transition », souligne Daniel Sauvaitre, président d’Interfel.
Horticulture : hausse des volumes, prix en berne sur le premier trimestre
Selon le panel Kantar Insight pour FranceAgriMer et Valhor (interprofession) les achats de végétaux (ornement et potager) au 1er trimestre 2026 sont en hausse en volume (+8 % par rapport à la même période en 2025). Cependant, une baisse du prix moyen par végétal a été enregistrée, qui explique la stagnation en valeur avec un chiffre d'affaires cumulé de 567 millions d'euros. Pour les végétaux d'ornement (hors potager), l'augmentation est également sensible en volume (+8 %), mais on note également une stagnation (-0,6 %) en valeur, qui concerne toute la gamme. Les végétaux de cérémonie ou destinés au cimetière connaissent également une stagnation en valeur. Les végétaux d'extérieur montrent la plus forte diminution en valeur (-9 %). Pour le potager, on observe une tendance inverse, avec des résultats en hausse en valeur (+9 %). Concernant la répartition des achats de végétaux d'ornement, les végétaux d'intérieur, bien que minoritaires en volume, prévalent toujours en valeur (45 % des dépenses). L’augmentation des volumes bénéficie à la GMS (27% de PDM), aux jardineries (17%), aux libres services agricoles (25%) et aux fleuristes (7%). En valeur, ces derniers renforcent leur part de marché qui passe de 28% à 30% face à la baisse des prix sur les autres circuits de distribution.
Vin : le guichet de 130 M€ pour l’arrachage est ouvert aux demandes de paiement
Prévu dans le cadre des 130 M€ d’aide nationale à l’arrachage de vignes, le guichet de demandes de paiement est ouvert, a annoncé le 7 juillet FranceAgriMer. Les viticulteurs ont jusqu’au 1er mars 2027 pour effectuer leur démarche en ligne, « une fois tous les arrachages réalisés et toutes les déclarations achevées », selon le communiqué. Après un premier dispositif de 120 M€ en 2024-2025, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’était engagée à mettre en œuvre une seconde mesure d’aide à l’arrachage définitif « pour répondre aux difficultés du secteur face à la baisse de la consommation de vins », rappelle l’établissement national. FranceAgriMer avait ouvert, le 6 février, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) ayant reçu 5 923 demandes, pour une surface de 27 926 hectares. Dans ce total, 1 392 viticulteurs avaient dit vouloir arrêter totalement leur activité, soit une surface de 10 342 hectares, d’après le communiqué. Rappelons que l’arrachage partiel est réservé aux surfaces plantées avant le 1er août 2015, à l’exclusion du cépage chardonnay. Le bénéficiaire « ne pourra pas demander d’autorisations de plantations nouvelles pendant les dix campagnes viticoles » suivantes.
Cannabis médical : le décret sur les règles de prise en charge transmis au Conseil d'Etat
Dans un communiqué du 7 juillet, l’Uivec (industriels des extraits de chanvre) s’est réjouie de la transmission du décret fixant les règles de prise en charge des médicaments à base de cannabis par l'Assurance maladie au Conseil d’État le 30 juin par la direction de la sécurité sociale. Le syndicat espère ainsi une publication du décret ainsi que d’autres textes réglementaires pour la prochaine rentrée. Il rappelle que cette publication était prévue initialement pour juin. L’adoption des textes « marquera la première étape vers la généralisation effective du cannabis médical en France ». Toutefois, l’organisation rappelle que plusieurs étapes seront à franchir avant que les médicaments ne soient effectivement accessibles pour les patients. Elle indique que « les laboratoires devront notamment finaliser l'enregistrement de leurs médicaments auprès de l'ANSM (agence nationale de sécurité du médicament) ». Puis, la Haute Autorité de Santé devra « rendre son avis sur les conditions de prise en charge des médicaments ». Conséquence : les premières prescriptions de cannabis médical devraient intervenir en 2027, « près de six ans après le lancement de l’expérimentation initialement conçue pour durer deux ans », rappelle l’Uivec.