Foncier agricole : l’Institut Montaigne propose de lancer des Etats généraux
Dans un rapport dédié à l'agriculture, paru le 28 octobre, l’Institut Montaigne, cercle de réflexion libérale proche de la majorité présidentielle, fait une série de propositions, en vue de l'élection présidentielle, dont une grande partie rejoignent les travaux déjà engagés ou positions partagées par l'actuel gouvernement (clauses miroirs, plan protéines, soutien aux NBT...). Parmi les mesures nouvelles par le groupe de travail présidé par l'ancien ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard, on trouve le lancement d'«Etats généraux du foncier agricole», en vue d'une loi dédiée sur le prochain mandat. Ce chantier doit notamment «mettre sur la table la rénovation du statut du fermage.» Au travers de cette loi, l'Institut plaide également pour «remettre sur la table le fonctionnement actuel du contrôle des structures et le rôle des Safer». Les auteurs souhaitent notamment «confier un rôle bien défini (aux Safer) qui ne laisse plus place aux ambiguïtés.» Autre nouveauté du rapport: la création de deux fonds public-privé, l'un destiné à «déployer les innovations durables» dans les exploitations, l'autre visant la modernisation de l'agroalimentaire. Parmi les adhérents à l'Institut Montaigne, figurent les groupes Avril, Crédit Agricole et Groupama.
Affichage environnemental : Lidl, Monoprix et Biocoop testeront le Planet score
«27 fabricants et huit enseignes lancent aujourd’hui une expérimentation pour afficher le Planet-score de 1000 produits alimentaires sur plusieurs sites de e-commerce d’ici la fin de l’année», annonce un collectif d’association rassemblant FNE, UFC-Que choisir et CIWF-France dans un communiqué du 28 octobre. Le Planet-score a été développé par l’Itab dans le cadre de l’expérimentation sur l’affichage environnemental lancée par l’Ademe. Selon ses architectes, il «permet de corriger les biais et les lacunes de l’analyse du cycle de vie (ACV)» en intégrant notamment les effets des pesticides sur la biodiversité et la santé humaine. Cet affichage sera expérimenté chez plusieurs distributeurs d’envergure dont Lidl, Monoprix, Biocoop, ou encore Franprix. Il sera également testé par de nombreuses marques comme Les 2 Vaches, Gerblé, Prosain ou encore Sojasun. «Par ailleurs, La note globale et Interbev testeront le Planet-score sur un certain nombre de filières, pour enrichir les données déjà disponibles», indique le communiqué.
Porc: le prix de base de Cooperl décroche de celui du MPB
Selon les informations de nos confrères de La France agricole, le groupe coopératif breton Cooperl, principal abatteur de porcs en France, a annoncé le 18 octobre à ses éleveurs adhérents «un prix de base inférieur de huit centimes» à la cotation du Marché du porc breton (MPB). Depuis la crise de 2015, la Cooperl - tout comme le groupe Bigard - ne paie plus ses producteurs selon le prix de base du MPB, mais selon une référence établie par l'entreprise. Après l'avoir quitté un temps, le groupe Cooperl continue toutefois de participer aux achats au MPB et donc à la fixation de ce prix de référence, contrairement au groupe Bigard. Contacté par Agra presse, le président de la Cooperl Patrice Drillet confirme un prix inférieur à la référence de Plérin compte tenu d'une situation de marché très dégradée en Europe, mais ne communique pas le chiffre exact qu'il «réserve à ses adhérents». Il met en avant qu'il s'agit d'un prix à la semaine, et que la référence Cooperl était «supérieure de un à deux centimes depuis un an et demi». Par ailleurs, il souligne que le prix du cadran est une moyenne qui reflète déjà des situations de prix variées: les «groupes intégrés» tels que Kermené (Leclerc) ou Jean Rozé (Intermarché) proposeraient des prix supérieurs à ceux des «indépendants» comme Cooperl «davantage soumis à la concurrence européenne».
Bovins: L214 dénonce de «graves carences» des services vétérinaires dans un abattoir
Dans une vidéo publiée jeudi 28 octobre, l’association de défense des animaux L214 dénonce les «carences» des services vétérinaires et de «nombreuses infractions à la réglementation» entraînant «des souffrances aigües et pourtant évitables aux animaux» dans l’abattoir Bigard de Cuiseaux (Saône-et-Loire). L’enquête a été réalisé par un enquêteur de l’association infiltré dans le service vétérinaire de l’abattoir, sans diplôme ni expérience préalable. Il témoigne du manque de personnel et de formation dans les services vétérinaires entraînant des «contrôles sporadiques». Images à l’appui, il dit également avoir constaté de nombreux manquements à la réglementation dans le traitement des animaux : abattage de vaches gestantes, bovins encore conscients après avoir été égorgés, bêtes blessées, sang prélevé sur des fœtus… L’association annonce porter plainte pour «sévices graves» contre l’abattoir et déposer «un recours en responsabilité contre l’État pour manquement à sa mission de contrôle de l’application de la réglementation.» Réagissant aux révélations de L214, le ministère de l’Agriculture, dont dépendent les services vétérinaires, a ordonné «une enquête approfondie des pratiques de cet abattoir.» Le groupe Bigard se refuse à tout commentaire.
Oeufs: le groupe O.N.E menace Poulehouse de «diffamation publique»
Réagissant aux accusations de la start-up Poulehouse d'avoir mis fin aux relations qui les liaient de façon «unilatérale et illégale», le groupe O.N.E (marque Cocorette), annonce, dans un courrier envoyé à la presse le 28 octobre, qu'il se réserve le droit de porter plainte pour «diffamation publique». Le groupe rapporte qu'il «a joué le rôle de vecteur de (PouleHouse) auprès des éleveurs qui ont sa confiance, et a mis à disposition ses capacités de production et de logistique». Et qu'il «s’est régulièrement trouvé confronté à des défauts de paiement de la part de PouleHouse, l’amenant à devoir rediscuter des modalités de poursuite du partenariat, sans rester fermé à aucune solution de sortie, pourvu que PouleHouse soit en mesure de remédier à ses défaillances.» Pour le groupe basé dans la Somme, les accusations de la start-up «portent incontestablement atteinte à l’honneur et à la considération des intéressés, alors que les contrats n’ont pas été rompus». Et elles «contribuent par ailleurs à décrédibiliser le travail réalisé depuis des décennies par le groupe O.N.E. au bénéfice des éleveurs, à l’égard desquels PouleHouse est en défaut, et au-delà d’eux de toute la filière avicole». Contactée, la start-up n'a pas réagi.
Pomme de terre : la coopérative Arterris rachète Massaferro
La coopérative Arterris acquiert le spécialiste de la pomme de terre Masseferro, ont-ils annoncé le 28 octobre. Ce rachat, sous forme de filiale à 100%, permet au groupe audois d’offrir « un débouché commercial (à ses) adhérents souhaitant se diversifier dans la production de pomme de terre», déclare le directeur des cultures spécialisées Cédric Bonato, cité dans le communiqué commun. L’entreprise familiale Massaferro, située à La Crau (Var), assure la production, le stockage, lavage, calibrage et conditionnement de pommes de terre primeurs. Pour elle, l’intérêt du rapprochement est d’accéder à «un sourcing de pommes de terre Sud de la France car cela offre l’avantage de disposer d’une certaine précocité dans la récolte», expliquent les cogestionnaires Léa et Ugo Massaferro. Cela vient compléter son approvisionnement jusque-là en majorité originaire du nord du pays. Masseferro affiche 23 M€ de chiffres d’affaires avec 35 000 t de pomme de terre. Arterris (chiffre d’affaires: plus de 1 Mrd€ pour ses pôles agricole, agroalimentaire, distribution) souligne sa stratégie visant à renforcer l’activité en légumes, qui comprend déjà un atelier de production, lavage et conditionnement de carottes, navets, radis noirs à La Roque-d'Anthéron (Bouches-du-Rhône) et une station pour les asperges à Bram (Aude).
Lac de Caussade: deux élus de chambre d'agriculture jugés en appel à Agen
Deux dirigeants de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne étaient jugés le 28 octobre en appel à Agen pour avoir fait creuser illégalement il y a deux ans le «lac de Caussade», une retenue d'eau pour irrigation au coeur d'un conflit entre défenseurs de la ruralité, protecteurs de l'environnement et Etat. Quelque 800 personnes -selon la police - s'étaient rassemblées dans le calme devant le Palais de Justice pour défendre le lac et ses «bâtisseurs», Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken, président et vice-président de la chambre d'agriculture du département, respectivement condamnés en juillet 2020 à 9 et 8 mois de prison ferme. Casquettes et t-shirts jaunes aux couleurs de la Coordination rurale (CR 47), les agriculteurs étaient venus des départements voisins, voire même de plus loin comme un habitant de Haute-Savoie. Les peines de MM. Bousquet-Cassagne et Franken avaient été assorties de la révocation d'un sursis, respectivement de 4 et 14 mois, attaché à une condamnation ultérieure. Ils avaient été condamnés chacun à une amende de 7.000 euros et la Chambre d'agriculture à 40.000 euros d'amende, dont 20.000 avec sursis. Mais le tribunal correctionnel n'avait pas ordonné la remise en état du site, contrairement aux réquisitions du parquet et aux demandes des associations de défense de l'environnement. En février, la Cour administrative d'appel de Bordeaux n'avait pas non plus suivi cette voie.
Climat : lancement d’une base de données mondiale sur les engagements privés
À l’occasion de la réunion de la coalition One Planet du 28 octobre en amont de la Cop26, Emmanuel Macron a annoncé la création du One planet data hub, une plateforme mondiale sur laquelle les engagements et résultats climatiques des investisseurs et entreprises «seront recensés et accessibles à tous». «La diffusion répond à une double exigence: rendre compte aux citoyens et donner une visibilité d’ensemble de l’action du secteur privé», a expliqué le président de la République. Le One planet data hub «fonctionnera comme une base de données publique sur une plateforme ouverte, qui réunira les données de toutes les initiatives collectives volontaires, y compris celles des coalitions One Planet», a complété le ministre de l’économie Bruno Lemaire. L’initiative a été saluée par Mark Carney, envoyé spécial des Nations unies pour la finance à la Cop26, et ancien gouverneur de la banque d’Angleterre. «Les institutions financières ne doivent pas être jugées par leurs déclarations mais par leurs résultats, par leur effort de financement de la transition, par le volume d’actifs irrécupérables polluants qu’elles aident à retirer, par les émissions qu’elles aident à éliminer, et par leur horizon pour atteindre la neutralité», a insisté Mark Carney.
Engrais : Yara investit 10,3 M€ pour décarboner son usine d’Ambès
Le spécialiste norvégien des engrais Yara a annoncé le 28 octobre un investissement de 10,3 M€ pour décarboner son usine d’Ambès (Gironde). Il s’agit de «remplacer le réacteur de l’atelier de production d’acide nitrique pour améliorer le processus d’abattement du protoxyde d’azote (N2O), passant de 95 à 99%», selon un communiqué. Lors du process de ce composant de base de l’industrie des engrais, la réaction entre l'ammoniac gazeux et l'oxygène produit en effet du protoxyde d’azote N2O, un gaz à fort effet de serre. L’investissement «évitera la production de 46 000 t de CO2 par an», déclare Nicolas Broutin, président de Yara France. Et de rappeler son objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. «Des projets en faveur d’une réduction de l’empreinte écologique de Yara France sont portés et déclinés sur l’ensemble des trois sites de production» dans l'Hexagone, poursuit-il dans le communiqué. Le 26 octobre, le groupe a accueilli à Ambès une délégation de l’Ademe, emmenée par son président Arnaud Leroy, dont il espère obtenir une aide de 4,2 M€ dans le cadre d'un appel à projets de décarbonation.
Lait : 100 fermes expérimentent une alternative aux antibiotiques à base de plantes
Les laboratoires Biodevas ont lancé, le 28 octobre, la première phase d’expérimentation grandeur nature d’une alternative à base d’extraits de plantes aux antibiotiques et aux intrants chimiques, développée dans le cadre du projet Néolac. Cent fermes adhérentes au groupe Sodiaal se sont portées volontaires pour tester le produit développé par Biodevas pendant un an, à l’instar d’une ferme expérimentale de l’Inrae entrée en phase de test début septembre. Une expérimentation qui doit permettre de «valider l’efficacité de la solution en situation réelle.» L’alternative «naturelle» développée par Biodevas vise à améliorer l’immunité des vaches, prévenir la gestion de la période péripartum et limiter l’apparition des mammites au cours de la lactation et du tarissement. Le laboratoire estime un gain par ferme et par an «de plusieurs milliers d’euros» grâce à l’utilisation de son produit qui, selon lui, permettrait de réduire les frais d’élevage et les pertes économiques liées aux cas de mammites dans les troupeaux laitiers.
Agenda de la semaine agricole du 1er novembre
Samedi 30 octobre
G20 à Rome, jusqu'au 31 octobre
Dimanche 31 octobre
Début de la Cop26 à Glasgow, jusqu'au 12 novembre
Lundi 1er novembre
Suite de l'examen de la 2nde partie du PLF (budget) à l'Assemblée
Début de l'examen du PLF au Sénat
Mercredi 3 novembre
Début de l'examen au Sénat de la PPL Sempastous (foncier)
Présentation d'un rapport parlementaire sur la protection des espèces menacées
Conférence de presse de l'UFS (semenciers) sur la «troisième révolution agricole»
Conférence de presse de l'Unifa (fabricants de fertilisants)
Jeudi 4 novembre
Journées nationales de la MSA sur la souveraineté alimentaire (jusqu’au 5 novembre)
Journée organisée par l'UFS (semenciers)
Journée sur la sélection des pommes organisée par le CTIFL
Conférence de presse du groupe Exel (pulvérisateurs)