Présidence française de l'UE: les attentes de la FNSEA
Deux jours après que la France a pris la présidence de l'Union européenne (PFUE) pour six mois, la FNSEA a proposé dans un communiqué, le 3 janvier, «quatre axes stratégiques» aux pouvoirs publics. Le syndicat majoritaire plaide en premier lieu pour «la généralisation et l'obligation de l'étiquetage de l'origine des denrées alimentaires, brutes ou transformées». Pour l'heure, ce dossier ne figure pas parmi les grandes priorités de la PFUE, une proposition de Bruxelles étant attendue fin 2022. Le second dossier en fait partie: il s'agit de la «réciprocité des normes pour les produits importés». Le gouvernement français souhaite notamment faire avancer le débat autour des «clauses miroirs» dans la politique commerciale européenne. Le troisième axe de la FNSEA consiste à «allier compétitivité et durabilité de l'agriculture». Le syndicat fait ici référence aux objectifs de la stratégie De la ferme à la table, auxquels doivent se conformer les plans stratégiques nationaux (PSN) pour la Pac 2023, qui doivent être validés durant la PFUE. La FNSEA fait également référence au projet européen de taxe carbone aux frontières, dont elle veut exempter les engrais, ainsi que le fer et le béton destinés à l'agriculture. Enfin la FNSEA demande «des moyens financiers et techniques» pour l'agriculture bas carbone. Des discussions informelles sont attendues durant la PFUE sur ce sujet, mais les premières propositions de Bruxelles devraient paraître en fin d'année.
Phytos: les pistes de Bercy pour mieux contrôler les produits importés
Dans une réponse parue le 30 décembre dans le JO du Sénat, le ministère de l’Économie et des finances détaille plusieurs mesures pour «renforcer la politique de contrôle des résidus de pesticides sur les produits importés, en adoptant une approche plus volontariste et prospective». Lors de l’interdiction de nouvelles molécules sur le sol européen, Bercy envisagerait notamment «l’établissement systématique d’une étude d’impact», et ce «afin d’éviter les contournements de l’interdiction». Plus spécifiquement, sur les produits issus de l’agriculture biologique, le ministère de l’Économie envisage «l’augmentation des audits de pays tiers, en particulier auprès des organismes certificateurs de produits importés». Autant de suggestions qui, précise le ministère, sont promues auprès de la Commission européenne. Sur l’oxyde d’éthylène (désinfectant gazeux interdit dans l'UE), objet de la question du sénateur Christian Cambon (LR, Val-de-Marne), le gouvernement défend à plus court terme «une surveillance spécifique par l’ensemble des États membres», en vue «de décider de contrôles renforcés à l’import sur ces produits».
Chanvre: le SPC s’insurge contre le maintien de l’interdiction de la fleur brute
Le Syndicat professionnel du chanvre (SPC) veut attaquer devant le Conseil d’État l’arrêté gouvernemental publié le 31 décembre qui maintient l’interdiction de la vente des fleurs et des feuilles sous leur forme brute, annonce-t-il dans un communiqué le 3 janvier. Cet arrêté autorise la récolte de la fleur et de la feuille de chanvre seulement pour les extraits industriels de cannabidiol (CBD, molécule non psychotrope du chanvre). Le SPC «attaquera cette décision devant les tribunaux administratifs dans les prochaines semaines», indique-t-il dans son communiqué. Il souligne «le manque à gagner que représente cet arrêté»: les fleurs de chanvre «représentent 50% du marché du CBD, soit près d’1 Mrd€ de volume d’affaires». L’interdiction de la vente des fleurs de chanvre «ne peut ainsi qu’engendrer une vague de licenciements de plusieurs milliers d’emplois pour tous les acteurs de la filière, notamment chez les commerçants». Cette situation «profitera aux acteurs économiques des autres pays européens qui pourront continuer d’expédier vers la France», dénonce le syndicat. Le SPC rassemble «les acteurs des secteurs du chanvre bien-être, du cannabis médical et du chanvre textile».
Brucellose bovine en Haute-Savoie: le troupeau abattu, la Conf’ demande des dérogations
Les services de l’État vont procéder, le 4 janvier, à l’abattage du troupeau de bovins parmi lequel un cas de brucellose avait été confirmé début novembre dans le massif du Bargy (Haute-Savoie), informe la Confédération paysanne dans un communiqué le 3 janvier. Conformément à la réglementation européenne qui classe la brucellose comme une maladie «à éradication obligatoire», les 220 bovins doivent être abattus, même s’ils ont été testés négatifs à la maladie. Le syndicat condamne «l’application d’une réglementation inadaptée» et s’inquiète pour «le devenir de l’élevage en plein air, si à la moindre alerte sanitaire, la seule réponse serait la vaine tentative d’éradication par l’abattage total d’un troupeau». Il demande des dérogations à l’abattage obligatoire «lorsque le troupeau présente une très faible prévalence et que les animaux sont sains», similaires à celles accordées depuis 2015 pour «une autre maladie réglementée»: la tuberculose. Après le lancement d'une pétition (85 000 signatures), le collectif Sauvons la ferme de Saint-Laurent organise une manifestation en soutien aux éleveurs le 4 janvier. Dans son propre communiqué, le syndicalisme majoritaire de Haute-Savoie (FDSEA, JA et chambre d'agriculture) dénonce aussi un abattage «injuste». Les organisations demandent «la reconstitution dans la population de bouquetins (vecteurs de la maladie, NDLR) du Bargy d’un noyau d’animaux sains», ainsi que des «mesures sélectives» pour les élevages touchés.
Endives: la crise conjoncturelle se poursuit depuis 32 jours ouvrés
Voilà 32 jours ouvrés (depuis le 22 novembre) que l’endive est en crise conjoncturelle, selon le Réseau des nouvelles des marchés (RNM, FranceAgriMer). Après un record au plus bas fin novembre, le prix de première mise en marché de l’endive stagne 29% au-dessous de la référence hebdomadaire depuis le 22 décembre. Interrogé le 3 janvier, le directeur de l’association des producteurs d'endives de France (APEF) Frédéric le Vigoureux a reconnu que la situation est «difficile». «Le dispositif de modération des marges ne fonctionne pas: la distribution n’a pas baissé ses prix ou en tout cas pas suffisamment», a-t-il réagi, rappelant que les enseignes doivent diminuer leur prix de vente au détail lors d’une crise conjoncturelle. D’après lui, les volumes produits sont «8 à 10% supérieurs à ceux de 2020» grâce à la météo très favorable, face à une demande atone. «Depuis trois ans, nous avons été sur un marché en sous-offre où il y avait tout de même un certain niveau de consommation, donc l’endive s’est très bien valorisée. Quand tout d’un coup il n’y a plus de consommation alors que l’offre est plus importante grâce à de meilleurs rendements, on se casse la figure», a-t-il lâché, tout en appelant à «garder la tête froide».
Label bas-carbone: le rôle des préfets officialisé au Journal officiel
Par un décret publié au Journal officiel le 30 décembre à l’issue de la consultation publique, le ministère de la Transition écologique a officialisé la déconcentration de la gestion du label bas-carbone. «L’autorité compétente pour attribuer le label à un projet, pour vérifier et reconnaître les réductions d’émissions associées» ne sera désormais plus le ministère lui-même, mais les préfets de région. Le décret précise également que les réductions d’émissions seront validées par les préfets «sur présentation d’un rapport d’audit effectué par un organisme compétent et indépendant». La nouvelle rédaction prévoit que les bénéficiaires de ces réductions reconnues pourront alors être des «personnes physiques ou morales», ouvrant la possibilité à l’État ou aux collectivités de se porter acheteurs. La consultation publique de ce texte comprenait par ailleurs un arrêté, dont l’annexe à paraître détaillera le fonctionnement précis du label.
Betteraves: l’expérimentation des camions de 48 tonnes précisée par arrêté (JO)
Un arrêté, paru le 1er janvier au Journal officiel, précise les conditions d’expérimentation jusqu’au 1er mars 2022 des camions de betteraves de 48 t (contre 44 t actuellement). Le texte, qui porte application du décret du 23 décembre, fixe notamment les périodes concernées, les spécifications des véhicules et des itinéraires, les conditions particulières de circulation. Cette expérimentation, portée par la filière, résulte d’un plan stratégique remis au gouvernement en novembre 2019. Objectif: gagner en compétitivité. La mesure concerne la circulation des véhicules articulés, de plus de quatre essieux, pour le transport des betteraves depuis leurs lieux de récolte jusqu'aux lieux de leur première transformation. D’après l’arrêté, elle s’achève le 31 mars 2022 et se limite aux départements des Ardennes et de la Marne.
Phytos: Adama change de directeur général
Simon Cheylan est le nouveau directeur général d’Adama France, spécialiste de la protection des plantes, a annoncé le 3 janvier cette filiale du groupe suisse Syngenta. Il remplace Jacques Esquerré, en poste depuis 2016. Jusque-là directeur Marketing stratégique, Simon Cheylan est entré chez Adama France en 2014. L’entreprise met en avant son expérience de «plus de vingt ans» dans l’industrie de la protection des plantes, en France et à l’étranger. Il a travaillé dix ans chez Nufarm, notamment aux fonctions de chef produit, directeur des ventes.