Agrafil du 04 novembre 2021

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Photovoltaïque: le dossier des terres agricoles sera traité par le Premier ministre

La question du photovoltaïque sur les terres agricoles sera traitée par le Premier ministre, a indiqué le cabinet de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, le 3 novembre à l'occasion de la présentation à la presse d'un plan d’actions pour accélérer le développement de cette énergie renouvelable. Le ministère de la Transition écologique (MTE) «travaillera sur le sujet avec Matignon, et des annonces seront faites à la fin de l’année», a précisé un membre du cabinet. De son côté, le syndicat Jeunes Agriculteurs a confirmé son opposition aux installations au sol, sachant que 20 000 ha de terres agricoles sont ainsi couverts, et que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit 27 000 ha de plus en 2028, selon le syndicat. Dans une des dix mesures du plan d’actions pour accélérer le développement du photovoltaïque, le MTE indique qu’une étude «approfondie» pour mieux «quantifier l’impact des installations photovoltaïques sur l’artificialisation des sols et la biodiversité» sera lancée début 2022 par les services de l’État et ses opérateurs. La puissance installée en photovoltaïque en France dépasse désormais 12 gigawatts (GW), mais pour tenir les objectifs de la PPE, «elle devra être multipliée par trois dans les sept prochaines années».

Engrais: l’industrie se veut rassurante sur les livraisons de nitrates

L’Unifa (industries de la fertilisation) s’est voulue rassurante le 3 novembre sur les livraisons d’ammonitrates aux agriculteurs, dans un marché sous tension à cause des prix du gaz. «Il y a une volonté forte de continuer à fournir la ferme France», a déclaré le président Renaud Bernardi, lors d'une conférence de presse. Les industriels visent «au moins les mêmes niveaux de livraison» de nitrates que sur la campagne 2020-21, d’après lui. Ce type de produit ne représente toutefois qu'une partie («autour de 60%») des engrais azotés consommés en France. Pour le reste, à savoir l'urée et la solution azotée, des «incertitudes» existent en termes de disponibilités. L'acheminement de ces autres produits, largement importés, dépend des «logistiques maritimes, plus longues, plus aléatoires», a indiqué Renaud Bernardi. Alors que 100% de la consommation française de nitrates est liée aux usines en Europe, cette proportion est inférieure à 50% pour l’urée et la solution azotée, selon ses chiffres. L’Unifa souligne ainsi l’intérêt d’une «production locale, avec des logistiques courtes». Il y a «cinq usines qui produisent des engrais azotés simples en France, ces cinq unités tournent», a souligné Renaud Bernardi.

Rhum: Tereos Océan indien sanctionné pour abus de position dominante à La Réunion

L’Autorité de la concurrence a prononcé une sanction de 750 000 euros à l’encontre de Tereos Océan indien (TOI), mercredi 3 novembre, pour abus de position dominante après une plainte déposée par la société Réunionnaise du Rhum contre le producteur de sucre et de mélasse. Seul fournisseur en mélasse de l’île de La Réunion, la coopérative a «abusé de sa position dominante» en «verrouillant les possibilités de sortie du contrat d’approvisionnement en mélasse», produit essentiel à la fabrication du rhum traditionnel, a estimé l’arbitre français de la concurrence. Issue de la production de sucre de canne, la mélasse est utilisée par les distilleries pour fabriquer le rhum traditionnel, commercialisé sous IGP (indication géographique protégée). Or, TOI possède les deux seules sucreries de l’île. La sanction de l’Autorité de la concurrence s’appuie sur deux clauses des contrats signés entre les trois distilleries réunionnaises et TOI. La première «fixe une indemnité financière de 5 millions d’euros pour la distillerie souhaitant dénoncer le contrat». Un montant jugé «abusif» par l’autorité. Quant à la seconde clause «interdisant aux distilleries de revendre la mélasse sur le marché réunionnais», elle «limite de façon excessive les débouchés potentiels des distilleries», estime-t-elle. Des pratiques «graves» qui auraient duré huit ans.

PPL Sempastous: le ministre soutient l’exemption des sociétés foncières agricoles

Lors du débat qui a commencé au Sénat le 3 novembre sur la proposition de loi Sempastous pour l’accès au foncier agricole, le ministre de l’Agriculture a soutenu un amendement pour exempter de contrôle les sociétés foncières agricoles, s’alliant aux écologistes conduits par le sénateur du Morbihan Joël Labbé. Cet amendement, qui visait à rétablir l’exemption des sociétés foncières agricoles dotées d’un statut d’entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS), initialement prévue par le texte issu de l’Assemblée, a été finalement rejeté par le Sénat. Le rapporteur, Olivier Rietmann (LR, Haute-Saône) a reproché à cet amendement de faire une exception pour une seule société foncière, Terre de Liens, qui loue des terres aux agriculteurs installés en bio, et ainsi de ne favoriser qu’un type d’agriculture. Dans son argumentation, Julien Denormandie a indiqué qu’il défend toutes les formes de portage de foncier pour contribuer à l’installation des jeunes. Tout en rappelant qu’il travaille avec la FNSafer pour la mise en place de fonds de portage permettant à des jeunes, hors cadre familial notamment, d’exploiter des terres en location, qui seront acquises au bout de 15 à 20 ans.

Lait de chèvre: la Fnec demande une hausse des tarifs à 840 €/1000 l

«La filière lait de chèvre n’échappe pas à la flambée des cours des matières premières que subit le monde agricole. […] Pour faire face à cette inflation record, le prix du lait de chèvre devrait être de 840 €/ 1000 L pour assurer une rémunération à l’éleveur de deux Smic/UMO (unité de main-d’œuvre, NDLR)», déclare la Fnec (éleveurs de caprins, FNSEA) dans un communiqué du 3 novembre. Elle demande aux laiteries d’augmenter leurs tarifs et d’appliquer «avec détermination» la loi Egalim 2 qui doit garantir la non-négociabilité du coût des matières premières agricoles dans les négociations commerciales entre industriels et distributeurs et dont les premiers décrets sont entrés en vigueur le 1er novembre. Entre août 2020 et août 2021, le lait a été payé en moyenne 782 €/1000 l, précise le communiqué. La fédération insiste : «Il faudrait une hausse du prix du lait payé au producteur d’au moins 60 €/ 1000L pour couvrir l’intégralité de la hausse des coûts». Elle signale que l’Ipampa lait de chèvre (indice des prix d’achat des moyens de production agricole) est en hausse de 7,7% par rapport à 2020.

Semences: l’UFS fait 12 propositions aux candidats à la présidentielle de 2022

L’UFS (semenciers) a présenté, le 3 novembre, douze propositions aux candidats à l'élection présidentielle de 2022, leur demandant «une vision à moyen terme des politiques publiques, un soutien à l’innovation et un cadre clair pour la production de semences». Sept à dix ans sont nécessaires pour sélectionner et produire de nouvelles variétés, rappelle l’organisation. D’où son appel à «développer une vision à moyen terme des politiques publiques», qui réclame un cadre réglementaire sécurisé, une suppression des distorsions de concurrence au sein de l’UE et une approche systémique. Les entreprises semencières, qui consacrent 13% de leur chiffre d’affaires à la R&D, font aussi des propositions «pour soutenir l’innovation variétale». Elles souhaitent notamment pouvoir utiliser l’édition du génome, et être protégées d’actes de vandalisme «sous prétexte d’OGM cachés». Il s’agit enfin de «garantir un cadre de production de semences conforme aux exigences de qualité». «L’accès à l’eau reste un élément essentiel pour la multiplication de semences afin de garantir leur quantité et leur qualité», illustre l’UFS. Une autre proposition vise à «maintenir l’accès aux solutions de protection des semences en cas d’impasse technique».

Agriculture durable: l'UE et les Etats-Unis créent une plateforme de collaboration

Le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, et le secrétaire américain à l'Agriculture, Tom Vilsack, ont annoncé le 3 novembre la signature d’un arrangement administratif trouvé entre la DG Agri et l'USDA (ministère américain de l'Agriculture) visant à renforcer leur collaboration autour des principaux défis agricoles mondiaux, et en particulier la durabilité et l'adaptation au réchauffement climatique, avec la création d’une nouvelle plateforme permanente de dialogue transatlantique. «Nous devons échanger des informations plus fréquemment que par le passé et travailler ensemble pour résoudre les problèmes que nous ne pouvons pas résoudre seuls», a indiqué Janusz Wojciechowski à l’occasion du lancement de cette initiative dans le cadre d'un événement organisé par le think tank Farm Europe et le Forum pour l'avenir de l'agriculture (FFA). «Nous sommes convaincus que la science et l'innovation permettront de mettre en place une agriculture plus durable. Cela inclut aussi des marchés équitables et ouverts aux niveaux local, régional et international, qui soutiennent la sécurité alimentaire et les systèmes alimentaires durables», a complété son homologue Tom Vilsack. Alors qu'il s'est souvent montré critique envers la stratégie De la ferme à la table de l’UE celui-ci a reconnu que l'UE et les Etats-Unis étaient «tous deux engagés dans des voies multiples et efficaces pour atteindre les résultats mutuellement souhaités».

Évènementiel: le Concours général agricole de retour en 2022

Le Concours général agricole (CGA) «signe son grand retour» lors du prochain Salon de l'agriculture, qui se tiendra du 26 février au 6 mars 2022 à Paris, annoncent ses organisateurs dans un communiqué le 3 novembre. Après l'annulation du Salon de l'agriculture en début d'année, les finales de l'édition 2021 du CGA avaient aussi été annulées en raison de la crise sanitaire, en dépit de leur délocalisation dans quatre villes de province. En conséquence, les lauréats 2020 avaient vu la validité de leur médaille prolongée. Propriété du ministère de l’Agriculture et du Ceneca (organisateur du Salon de l'agriculture), le CGA a distingué en 2020 plus de 5500 producteurs dans cinq catégories: animaux, vins, produits, jeunes professionnels, et pratiques agroécologiques.

Conditionnalité sociale: la FGA-CFDT presse Denormandie d'engager la concertation

La FGA-CFDT a écrit au ministre de l’Agriculture Julien Denormandie pour le presser de consulter les partenaires sociaux sur la mise en œuvre de la conditionnalité sociale dans le cadre de la Pac, informe le syndicat de salariés dans un communiqué le 3 novembre. La France doit en effet remettre son plan stratégique national (PSN, déclinaison nationale de la Pac) à la Commission européenne d’ici la fin de l’année, en vue de l’application de la Pac 2023-2027. Or, la prochaine Pac prévoit de conditionner l’attribution des aides au respect du droit social et du travail européen. «Le projet de règlement européen convenu sur les PSN prévoit que les partenaires sociaux doivent être consultés par les États pour la mise en place du système de conditionnalité sociale», assure la FGA-CFDT dans son communiqué. Le syndicat appelle par ailleurs la France à mettre en œuvre ce nouveau dispositif dès le début de la prochaine Pac, le 1er janvier 2023, sachant que les États membres ont jusqu'au 1er janvier 2025 au plus tard pour le faire. 

Carottes: surfaces en hausse, mais rendements en baisse pour cause de météo (Agreste)

La production 2021-2022 de carottes pour le marché du frais devrait approcher les 320 200 tonnes. Soit une hausse de 3% par rapport à la campagne précédente et par rapport à la moyenne 2016-2020, selon une note de conjoncture d’Agreste parue le 27 octobre. Et ce alors que les surfaces plantées auraient augmenté de 7% en un an, et de 20% par rapport à la moyenne quinquennale, pour atteindre près de 8 900 ha. Ce décrochage des rendements par rapport aux surfaces cultivées s’explique par les froideurs d’avril et la pluviométrie de mai et juin pour les carottes primeurs cultivées essentiellement en Nouvelle-Aquitaine, ce qui se traduit par des petits calibres. Les carottes de saison, dont la récolte commence début août dans le Sud-Ouest et en Bretagne, ont aussi souffert de la météo humide. Côté prix, la campagne a débuté à un niveau similaire à la moyenne quinquennale. Elle est dynamisée par l’export, tandis que le marché national est «calme, voire morose».