Betterave/néonicotinoïdes: pression jaunisse «faible à modérée» en France (CGB)
Malgré la nouvelle interdiction des néonicotinoïdes en début d'année, les surfaces de betterave touchées par la jaunisse sont «faibles à modérées au niveau national», indique la CGB (betteraviers, FNSEA) dans un communiqué de presse du 10 août. Et de préciser qu’il existe notamment des foyers où la pression jaunisse est déjà forte, avec des parcelles touchées à plus de 50% dans les régions Centre-Val de Loire et Ile-de-France. La CGB ajoute qu’il est toutefois «prématuré» de dresser un bilan définitif de la jaunisse pour 2023: «Les symptômes continuent à apparaître dans plusieurs régions et il sera nécessaire d’attendre le début de la récolte à la mi-septembre pour mesurer précisément l’ampleur de l’épidémie et ses conséquences sur les rendements», souligne-t-elle. Dailleurs, le président de la CGB Franck Sander demande que «l’engagement de compenser intégralement les pertes de rendement» soit «respecté pour les agriculteurs concernés, quelle que soit l’ampleur de la jaunisse». Sa prise de parole intervient alors que l’interprofession dit avoir reçu un courrier du délégué interministériel auprès de la filière sucre indiquant «qu’en l’absence de crise de grande ampleur, il ne sera très vraisemblablement pas possible de justifier l’activation de l’article 221 de l’OCM», qui définit les «mesures d’urgence nécessaires et justifiables pour résoudre des problèmes spécifiques».
Sécheresse: 72% des nappes toujours sous les normales, malgré les pluies
La situation des nappes phréatiques reste préoccupante en France avec plus des deux tiers sous les normales de saison, les pluies estivales ne permettant pas de les recharger efficacement, selon les derniers chiffres dévoilés le 10 août par le gouvernement. Le pays comptait «72% de nappes qui sont en-dessous des normales de saison» au 1er août, contre 68% un mois auparavant, a indiqué le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. 20% des nappes sont mêmes jugées «très basses» contre 19% il y a un mois. «On est sur des données qui sont comparables à l'année dernière à la même époque» mais la situation est «très contrastée» selon les régions, a expliqué le ministre à quelques journalistes. «On a à la fois une situation qui est meilleure dans le grand ouest de manière générale, en particulier en Bretagne, une partie de l'Aquitaine, mais on a à l'inverse une situation qui est plus inquiétante avec des niveaux historiquement bas du côté par exemple de la vallée du Rhône et de la Saône», a détaillé Christophe Béchu. Les pluies estivales n'auront donc pas permis de corriger une situation difficile car elles pénètrent peu en profondeur et ne permettent ainsi pas de recharger des nappes phréatiques en souffrance depuis l'an dernier.
Céréales : incendie au-dessus des silos de la Sica Atlantique, à La Rochelle
Un incendie s’est déclaré sur une bande de chargement de céréales appartenant à l’opérateur portuaire Sica Atlantique, dans le port de La Rochelle (Charente-Maritime) le 10 août, a-t-on appris auprès de nos confrères de l’Agriculteur Charentais. Plus d’une centaine de pompiers et une vingtaine de véhicules ont été mobilisés dans le quartier de La Pallice, à proximité du pont conduisant à l’île de Ré, rapporte l’AFP. Et d’ajouter que le sinistre, qui n’a pas fait de blessés, a été «contenu» dans l’après-midi. Parallèlement, des opérations de vidange des silos ont été mises en œuvre afin de stocker les grains ailleurs dans le port, a fait savoir la préfecture de Charente-Maritime. Selon les pompiers en présence, les réservoirs contenaient du blé, souligne l’AFP. Dans un communiqué, le groupe Sica Atlantique a remercié «la communauté portuaire qui se mobilise pour nous permettre de préserver les céréales dans de bonnes conditions». Grâce à quatre silos présents à La Rochelle Pallice, le groupe peut y stocker jusqu’à 300 000 tonnes de grains. Le port de La Rochelle est quant à lui le deuxième port français exportateur de produits céréaliers, après Rouen, avec un tonnage de céréales et oléagineux d'environ 4 millions de tonnes en 2022.
Céréales: Kiev dit avoir ouvert des couloirs sur la mer Noire, malgré les menaces russes
Kiev a annoncé le 10 août avoir ouvert dans la nuit des couloirs «temporaires» sur la mer Noire pour permettre la circulation de navires transportant ses céréales, malgré les menaces de la Russie avertissant ces bateaux qu'ils pourraient être visés par son armée. «Des corridors temporaires ont été annoncés pour les navires commerciaux à destination ou en provenance des ports maritimes ukrainiens de la mer Noire», a annoncé la marine ukrainienne dans un communiqué. «Les couloirs sont ouverts depuis minuit», a détaillé à l'AFP un porte-parole de la marine, Oleg Tchalyk, sans préciser combien de temps cela serait le cas. Il n'était pas clair dans l'immédiat si des navires avaient déjà quitté la côte ukrainienne ou non. Selon M. Tchalyk, tout navire qui circulera sur la mer Noire depuis les ports ukrainiens «sera équipé de caméras de surveillance» afin de rendre le trajet «aussi transparent que possible». Ces bateaux exportant les céréales ukrainiennes «ne représentent aucune menace militaire», a-t-il affirmé auprès de l'AFP. Mi-juillet, la Russie avait mis fin à l'accord qui permettait aux céréales ukrainiennes, depuis l'été dernier, de quitter les ports du sud du pays malgré le blocus mis en place par la Russie.
Abricot : redressement net après plusieurs semaines de crise, bilan 2023 moyen (AOP)
Après plusieurs semaines de crise, la campagne commerciale de l’abricot français devrait mieux se terminer, selon l’AOP Pêches et abricots. «On assiste à un redressement net de la situation par rapport à la mi-juillet où le marché était encombré de 25 000 tonnes d’abricots, la moitié en stocks. Après discussion avec l'aval, «la mobilisation a été forte autour de promotions prix pour écouler les volumes», souligne Raphaël Martinez, directeur de l’AOP à Agra Presse. Les cours avaient dévissé fin juillet avec des prix inférieurs de 19% à ceux de 2022, comme l’a souligné le ministère de l'Agriculture dans une récente note Agreste, qui annonce une production de 124 000 tonnes cette année. La variété Bergeron terminera sa campagne le 15 août, ce qui est un peu long pour l’AOP qui prognostique une fin de campagne plutôt sereine avec des prix fermes. Cependant, le bilan 2023 sera globalement moyen pour la filière: «Nous avons connu une saison chaotique avec des problèmes de qualité en début de saison, une baisse drastique de la consommation, déjà frappée par le contexte économique, pour cause de mauvais temps, une exportation en berne redirigeant des volumes sur le marché intérieur… Par ailleurs, la concentration de la GMS la rend impitoyable pour les opérateurs de petite et moyenne taille», analyse le directeur de l’AOP.
Lavande: en pleine infestation de noctuelles, le ministère rouvre le guichet d'aide
Alors que la filière lavande subit cette année d'importants dégâts de chenilles noctuelles, le ministère de l'Agriculture a rouvert une seconde période de dépôt pour les aides aux producteurs. Pour rappel, la Commission européenne a annoncé le 23 mai qu’elle autorisait la France à verser 9 millions d’euros à ses producteurs de lavande «dans le contexte de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine». Il s’agissait alors de «privilégier le maintien des prix de vente» dans un contexte de «forte concurrence», de «pression des ravageurs» et de «changement de réglementation européenne», avait expliqué le ministère. Après une ouverture de guichet du 19 juin au 28 juillet, le ministère explique avoir constaté que «certains exploitants n’avaient pu effectuer de demande dans les délais». Il ouvre en conséquence une seconde période de dépôt du 16 août au 8 septembre (14h), pour des paiements qui auront lieu «à l’automne». Cette année, la production de lavande a été particulièrement touchée par la noctuelle, notamment dans la Drôme, le Vaucluse ou les Alpes-de-Haute Provence, avec des pertes pouvant aller de 20% à 100% selon les parcelles.
Volailles: vidéo de L214 dans un élevage de pintades reproductrices, plainte déposée
Après la diffusion d'une nouvelle vidéo clandestine filmée en avril dans un élevage de pintades reproductrices, l'association abolitionniste L214 annonce, dans un communiqué paru le 10 août, qu'elle porte plainte pour «mauvais traitements» contre le couvoir Goubaud, propriétaire du bâtiment incriminé et récemment racheté le groupe LDC. La vidéo met en avant des animaux blessés, souffrant de plaies ouvertes, ou agonisants, et des cadavres. Plus largement, l'association dont c'est la première vidéo dans ce type d'élevage, critique «les conditions d’élevage particulièrement difficiles des pintades reproductrices». Et de constater qu'«elles n’ont pas la place de se redresser ni d’étendre leurs ailes», qu'«incapables de se percher, ce qui fait partie de leurs besoins fondamentaux, les pintades sautent et se blessent entre elles». Réagissant auprès de nos confrères de France3, le groupe LDC estime que «L214 montre une réalité biaisée par un montage d’images faites pour choquer», et que «l’élevage de pintades reproductrices est à ce jour toujours en cage en raison des spécificités liées à l’espèce». LDC ajoute que «des essais de reproduction naturelle et hors cage ont été menés par la profession et n’ont pas abouti à ce jour».
Bien-être animal: la fondation Bardot dénonce la position de la France, «cancre de l'UE»
Au lendemain du dévoilement de la position de la France par le ministère de l'Agriculture dans le cadre des discussions sur la révision de la réglementation européenne sur le bien-être animal, la fondation Brigitte Bardot dénonce son «manque d'ambition pour faire évoluer la condition» des animaux d'élevage. «Face aux enjeux majeurs d'une révision de la législation européenne sur les conditions d'élevage, de transport et d'abattage des animaux, la France est un boulet qui défend des mesures cosmétiques qui ne serviront qu'à maquiller son manque d'ambition pour faire évoluer la condition animale», tance l'organisation de défense des animaux dans un communiqué. Selon elle, la France «reste le cancre de l'UE». La Commission européenne devrait annoncer en fin d'année ses propositions pour améliorer le sort des animaux d'élevage. L'exécutif européen s'est déjà prononcé en faveur de la fin progressive des cages pour les poules pondeuses ou les truies qui mettent bas et allaitent, conformément aux préconisations des scientifiques qui plaident aussi pour que les animaux disposent de davantage d'espace.
Biodiversité: la notion d’espèce nuisible est «scientifiquement dépassée» (tribune)
Le «concept d’espèce utile ou nuisible est scientifiquement dépassé», affirme l’écologue Nicolas Loeuille dans une tribune publiée le 10 août dans le journal Le Monde (article payant). Cette idée est pourtant à la base du récent arrêté Esod qui renouvelle, pour trois ans, la liste de neuf espèces de mammifères et oiseaux pouvant être détruites car susceptibles d’occasionner des dégâts. Professeur d'écologie à la Sorbonne, Nicolas Loeuille explique que chaque espèce est prise dans «un tissu complexe d’interactions», produisant des effets certes directs mais aussi «indirects, beaucoup plus difficiles à estimer» sur le réseau écologique. Il cite en exemple l’otarie, vue comme néfaste pour la pêche d’anchois alors qu’elle peut être «l’alliée insoupçonnée» dans la mesure où elle consomme aussi les prédateurs et compétiteurs du petit poisson. «Comme ce tissu [d’interactions] varie de lieu en lieu et dans le temps, il n’est pas possible de décréter la nuisibilité, ni même l’utilité d’une espèce de manière générale», conclut l’écologue qui appelle à «mieux considérer la valeur intrinsèque de la nature».
Fruits: aux Etats-Unis, ouragans et maladie font exploser le cours du jus d'orange
Les cours du jus d'orange aux Etats-Unis ont culminé ces derniers jours à de nouveaux records historiques, alors que les récoltes ont été décimées par des ouragans et la maladie du dragon jaune. Le contrat à terme sur le jus d'orange congelé et concentré pour livraison en septembre, à la Bourse de Chicago, évoluait le 10 août au-dessus de 3 dollars la livre (450 grammes environ). Fin juillet, il a même atteint 3,20 dollars. «Il se peut qu'on ait enfin atteint un sommet mais il y a aussi une chance pour cela monte encore jusqu'à 3,50 dollars», pronostiquait Jack Scoville, analyste des marchés agricoles pour Price Futures Group. Les agriculteurs de Floride, deuxième producteur mondial de jus d'orange après le Brésil, ont subi deux ouragans d'affilée, Ian et Nicole, à la fin de2022 qui ont ravagé les vergers. A cela s'ajoute l'avancée de la maladie du dragon jaune ou Huanglongbing (HLB) véhiculée il y a plus de 15 ans par un insecte, le psylle asiatique des agrumes. Les arbres infectés produisent des fruits qui durcissent, verdissent, deviennent âpres et impropres à la consommation. Dans ces conditions, les récoltes d'orange ont diminué comme peau de chagrin. Le département américain de l'agriculture USDA a projeté dans son dernier rapport en juillet que la production américaine d'oranges va chuter de 25% à 2,3 millions de tonnes, «le plus bas niveau en 56 ans».
Vin: le cofondateur de Castel va devoir payer 60M€ de plus au fisc suisse
Le cofondateur du géant du vin Castel, le Français Pierre Castel, va devoir payer près de 58 millions de francs suisses (60 millions d'euros) au fisc genevois dans le cadre du litige qui les oppose, selon une décision de justice rendue publique jeudi. Ce volet du litige avec le fisc genevois porte sur les années fiscales 2010 et 2011. Le Tribunal fédéral, la plus haute cour de justice en Suisse, a rejeté les arguments selon lesquels l'administration fiscale aurait instruit le dossier "à charge". En décembre, le milliardaire français, qui fait partie des fondateurs de ce groupe propriétaire du réseau de cavistes Nicolas et de marques de vin à succès comme Baron de Lestac, Kriter ou Listel, avait déjà été condamné à verser 286 millions de francs suisses dans un premier volet de la procédure en rappel d'impôt portant sur ses déclarations fiscales de 2007 et 2008. Début octobre, le site suisse d'investigation judiciaire Gotham City avait révélé que le nonagénaire, qui s'était installé en Suisse après l'élection de François Mitterrand en 1981, avait été condamné en appel par une Cour à Genève pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune. Les autorités fiscales avaient fini par faire le rapprochement à la lecture d'articles de presse et lui avait réclamé 410 millions de francs suisses.
Ovins: dans le Gard, des centaines de brebis tuées dans un incendie
Environ 360 brebis ont été tuées le 10 août dans l'incendie d'une bergerie dans un village du Gard, où une centaine de pompiers ont été mobilisés avec un hélicoptère pour éteindre les flammes qui s'étaient propagées à la végétation, a-t-on appris auprès des pompiers du Gard. «Le propriétaire des lieux, un homme d'une quarantaine d'années légèrement blessé à la jambe a été évacué» vers un hôpital, ont expliqué les pompiers dans un communiqué. Ce feu de bergerie est survenu dans la commune de Blandas, au nord de Montpellier. «Malheureusement seules une quarantaine de brebis ont pu être sorties à temps du bâtiment agricole qui est entièrement détruit», ont-ils précisé, indiquant que la bergerie contenait «initialement environ 400 brebis». En pleine saison estivale propice aux incendies dans cette région méditerranéenne, «l'engagement massif et rapide d'une centaine de sapeurs-pompiers, de 25 véhicules et d'un hélicoptère bombardier d'eau a permis de circonscrire rapidement le feu de végétation qui reste limité à environ 5 hectares malgré la forte sècheresse», ont affirmé les pompiers.