Amérique centrale: Cuba ouvre la commercialisation des produits agricoles au secteur privé
La commercialisation des produits agricoles à Cuba, jusque-là un monopole de l’Etat, va s’ouvrir au secteur privé, dans un contexte de libéralisation croissante de l’économie de l’île. Les acteurs privés comme les agriculteurs indépendants, les coopératives, les petites et moyennes entreprises privées et les travailleurs à leur compte sont désormais autorisés à commercialiser les produits agricoles, selon une nouvelle norme publiée le 9 avril dans le Journal officiel. Jusque-là, l’Etat était en charge de la commercialisation de la grande majorité de la production agricole, permettant seulement aux producteurs de vendre quelques excédents. Désormais, le secteur privé va pouvoir jouer le rôle d’intermédiaire avec les producteurs et accéder librement aux marchés de gros et de détails. L’Etat va cependant garder le contrôle des prix et des exportations. Cet assouplissement intervient alors que la production agricole a chuté de 52% entre 2018 et 2023, selon les données du Centre d’études de l’économie cubaine de l’Université de La Havane. L’île de 9,6 millions d’habitants connaît depuis six ans une crise sans précédent sous les effets conjugués du renforcement des sanctions américaines, des faiblesses structurelles de son économie centralisée et de l’échec d’une réforme monétaire.
Pesticides : la liste des usages prioritaires publiée au Journal officiel
Le ministère de l’Agriculture a publié le 11 avril au Journal officiel une liste, de plus de 120 usages de pesticides qui doit orienter le calendrier d’examen des autorisations de mises sur le marché de ces produits par les autorités sanitaires, une disposition contestée par des ONG. En juillet dernier, le ministère de l’Agriculture avait publié un décret indiquant que le directeur général de l’Anses devait tenir «compte, dans le calendrier d’examen des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) des produits phytopharmaceutiques» d’un arrêté établissant «la liste des usages» de pesticides ayant pour objet de lutter contre des ravageurs de cultures. Ce décret avait été attaqué par quatre associations. Un arrêté publié le 10 avril établit ainsi la «liste des usages phytopharmaceutiques ayant pour objet de lutter contre des organismes nuisibles ou des végétaux indésirables affectant de manière significative le potentiel de production agricole et alimentaire et contre lesquels les moyens de lutte sont inexistants, insuffisants ou susceptibles de disparaître à brève échéance». Elle recense de nombreux nuisibles (mouches, pucerons...) et maladies (mildiou, rouille...) qui menacent des dizaines de cultures, allant des arbres fruitiers, aux légumes en passant par la vigne, les céréales, les oléagineux et les betteraves sucrières.
Biocontrôle : France Biocontrôle (fabricants) devient IBMA France
Dans un communiqué du 9 avril, l’association France Biocontrôle a annoncé un changement de dénomination, et « adoptera prochainement le nom d’IBMA France ». Via cette nouvelle appellation, l’entité espère renforcer « la cohérence et l’alignement avec les autres organisations nationales d’IBMA en Europe, ainsi que la lisibilité et la reconnaissance de l’association auprès des institutions et des acteurs des filières agricoles ». Pour rappel, France Biocontrôle a été créée en octobre 2023, et regroupe des acteurs ayant souhaité se séparer de l’association originelle, qui portait jusqu’en 2024 le nom d’IBMA France, pour devenir Alliance Biocontrôle. Ainsi, France Biocontrôle se réattribue en réalité la dénomination originelle de l’association dont elle s’est séparée, restant affiliée à IBMA Global, l’association internationale de fabricants de produits de biocontrôles. De son côté, Alliance Biocontrôle avait fait le choix de ne plus rendre obligatoire l'adhésion à IBMA Global pour pouvoir adhérer à sa structure. Alliance Biocontrôle a par ailleurs rejoint en 2024 le réseau européen Biocontrol Coalition.
Biocontrôle : IBMA France (fabricants) confirment la « croissance soutenue » du marché
Le 9 avril, IBMA France (nouveau nom de France Biocontrôle, lire ci-dessous) a présenté le bilan de son deuxième baromètre, basé sur une enquête menée sur l’exercice 2025 auprès de 13 adhérents. Leur chiffre d’affaires biocontrôle avoisine les 50 millions d’euros (M€), sur les 308 M€ du marché national, contre un peu plus de 45 M€ en 2024 (+10 %). « Cette dynamique confirme la croissance soutenue de ce marché, portée par la montée en puissance des alternatives aux produits phytosanitaires conventionnels et par l’évolution des contraintes réglementaires », précise Flora Flimache, secrétaire générale. Dans le détail, 85 % des produits de biocontrôle des membres sont destinés à la viticulture-arboriculture-maraîchage et 7 % aux grandes cultures. Les macro-organismes restent les solutions les plus représentées dans le chiffre d’affaires des entreprises (40 %), devant les substances naturelles (23 %), les médiateurs chimiques (18 %), les micro-organismes (17 %) et les substances de base (2 %). Si les membres de France Biocontrôle ne pèsent que 16 % du marché national, ce sont eux qui, aujourd’hui, « portent la majorité des innovations en protection des cultures ». Quinze dossiers doivent être déposés à l’Anses d’ici 2030 (en plus des dix actuellement à l’étude) dont neuf nouvelles substances actives, pour la vigne (mildiou, oïdium, botrytis), le maraîchage (puceron, noctuelle, botrytis) et les grandes cultures (puceron, noctuelle, mildiou). (Anne Gilet)
Cultures spécialisées : dans le Var, action commune FDSEA-CR pour la venue de Genevard lundi
Dans un communiqué du 10 avril, la FDSEA, les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale du Var annoncent une « mobilisation forte et unie » lundi 13 avril, à l’occasion de la visite d’Annie Genevard à Brignoles. La présence de la ministre de l’Agriculture est annoncée pour l’inauguration de la casserie de la Compagnie des amandes. Les syndicats veulent profiter de la venue de la ministre pour lui « ouvrir les yeux » sur les difficultés de l’agriculture locale, très tournée vers les cultures spécialisées (vin, horticulture, arboriculture). « L’agriculture varoise meurt, nos dirigeants regardent ailleurs », lancent-ils dans leur communiqué, notant que les producteurs du département ont « perdu 300 M€ de chiffre d’affaires » en 2025, « tandis que les investissements ont reculé de 15 % ». « Face à la gravité de la situation, la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs et la Coordination Rurale ont fait le choix de se rassembler », expliquent-ils, tout en jugeant « essentiel (…) de parler d’une seule voix et de défendre l’unité paysanne ». Au-delà des sujets d’urgence comme le prix du GNR, les syndicats défendent une dizaine de revendications, abordant des sujets aussi divers que les phytos, la prédation, les relations commerciales ou encore le stockage de l’eau, en passant par un « plan de sauvegarde de la viticulture » et la « simplification» administrative.
Muguet : face aux fortes chaleurs, la production nantaise en avance
Les températures particulièrement élevées du début du mois d’avril ont avancé précocement la maturité du muguet dans la région nantaise. Historiquement, le bassin maraîcher ligérien représente 95 % de la production nationale. « Certaines parcelles sont très en avance. Les situations sont hétérogènes selon les producteurs et l’exposition des cultures », évoquait Régis Chevalier, président de la Fédération des maraîchers nantais (FMN), à l’occasion d’un événement organisé autour de la fleur à clochette le 9 avril à proximité de Nantes. Selon lui, certaines parcelles pourraient ne pas être récoltées du fait des coûts de stockage frigo d’une récolte précoce. Côté commercialisation, la conjoncture actuelle pourrait freiner les ventes. « Le marché de la fleur est chahuté. Ce n’est pas la priorité des consommateurs actuellement », analyse Marc-André Goulet, producteur de muguet sur la commune de Haute-Goulaine. Pour faire connaître la tradition du muguet auprès des plus jeunes, les maraîchers nantais ont prévu cette semaine de mettre en œuvre une campagne de communication, notamment via Instagram, ainsi que des spots radios. (Tanguy Dhelin)
Muguet : l’Assemblée rejette la PPL sur le travail le 1er mai, le texte en CMP
Le 10 avril, la proposition de loi (PPL), adoptée par le Sénat, visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai, a été rejetée par l’Assemblée nationale, après une séance particulièrement houleuse. Les députés ont adopté (120 voix pour, 105 voix contre) une motion de rejet préalable déposée par le groupe Ensemble pour la République (macroniste) ; ses membres, pourtant favorables au texte, réitèrent ainsi un usage « stratégique » de cette procédure déjà employée pour la PPL Entraves en mai 2025. Elle permet aux soutiens du texte d’éviter des débats trop longs face à la masse d'amendements déposée et de reprendre la main sur le calendrier. Les députés opposés à la PPL ont dénoncé un « court-circuitage » de la discussion en séance. Le texte va ainsi partir en commission mixte paritaire (CMP). Le gouvernement avait engagé la procédure accélérée sur ce texte. Pour mémoire, la proposition de loi, votée en commission des Affaires sociales, prévoit une modification du Code du travail permettant l’ouverture de certains établissements dont ceux « exerçant, à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles » le 1er mai, avec, sur la base du volontariat, un salaire doublé pour les personnels.
Biogaz : la France devient première productrice européenne de gaz renouvelable
La France a augmenté de 13 % ses capacités de production de gaz renouvelable en 2025, se hissant sur la première marche du podium en Europe, avec des capacités équivalentes à la consommation annuelle d'environ un million de foyers, selon le Panorama des gaz renouvelables 2025 publié le 9 avril. « La France, en 2025, est devenue le leader de l'injection de biométhane dans les réseaux, devant l'Allemagne, devant le Danemark », s'est félicitée Sandrine Meunier, la directrice générale de NaTran, principal gestionnaire du réseau de transport de gaz, lors d'une conférence de presse. L’Hexagone disposait de 803 sites d'injection de gaz renouvelable dans les réseaux gaziers à la fin de l'année dernière, qui ont permis de couvrir 3,9 % de la consommation de gaz en France en 2025, selon le rapport annuel de la filière (Syndicat des énergies renouvelables, Gaz et Territoires, GRDF, NaTran et Teréga). Cela représente 15,5 térawattheures (TWh) par an de capacités d'injection en service, qui ont permis de produire 13,6 TWh de biométhane en 2025, précise le document. Les gaz renouvelables injectés dans les réseaux sont majoritairement issus de la méthanisation de biodéchets (agricoles, ménagers, boues de stations d'épuration...).
Lait : Biolait réfléchit à lancer des produits en marque propre
Biolait a annoncé le 10 avril qu’il va lancer une étude pour évaluer l’opportunité de mettre sur le marché un ou plusieurs produits en marque propre. Cette étude, qui va être lancée dans les prochaines semaines et confiée à un cabinet extérieur (non encore identifié), verra ses conclusions présentées lors de l’assemblée générale de Biolait en 2027. L’idée de l’organisation de producteurs (OP) commerciale est de « créer de la valeur ajoutée et diversifier les débouchés du groupement, aujourd’hui principalement centrés sur la vente de matière première » et « renforcer le lien avec les consommateurs ». La collecte de Biolait est en recul régulier ces dernières années (226 millions de litres en 2025, -7 % par rapport 2024), alors que ses frais logistiques ont augmenté de 45 % depuis 2019. L’OP cherche des solutions pour les zones à faible densité laitière où ces coûts sont les plus élevés. Elle compte aussi sur la reprise de la consommation et sur les programmes opérationnels de la Pac qui vont être déployés cette année. En 2025, Biolait a payé le lait 510 €/1 000 l (primes inclues), mais ne donne pas de prévision pour 2026. L’acompte pour le premier trimestre 2026 est de 460 510 €/1 000 l, hors rémunération liée à qualité et aux programmes opérationnels.
Lait : Biolait en quête de rentabilité dans les zones à faible densité
Biolait a décidé de s’attaquer à la question de la perte de rentabilité de la collecte dans les zones à faible densité laitière à l’occasion de son assemblée générale tenue les 1er et 2 avril. Concrètement, les adhérents et leurs partenaires vont devoir « identifier et mettre en place des solutions permettant de garantir un niveau de coût soutenable dans la durée : accueil et recherche de nouveaux adhérents, recherche de débouchés locaux, optimisations logistiques avec d’autres acteurs », selon un communiqué, ou encore travailler sur de nouveaux cahiers des charges spécifiques assortis de débouchés locaux. Si aucune solution n’est trouvée, l’organisation de producteurs (OP) commerciale prévient que « la poursuite de la collecte dans certaines zones pourrait être réévaluée ». Biolait est confrontée depuis plusieurs années à une hausse de ses coûts de collecte. « Les charges de transport et de logistique ont augmenté de 45 % au cours de cinq dernières années », rappelle Philippe Marquet, le président de l’OP, fraîchement réélu. En outre, Biolait connaît une baisse régulière du nombre de producteurs – par cessation d’activité ou passage en lait conventionnel – et donc des volumes collectés, qui sont en retrait de 7 % en 2025 par rapport à 2024, à 226 millions de litres de lait.
Coopératives / porc : Cooperl accusée de harcèlement moral institutionnel
La CFDT a réclamé le 10 avril 1,4 million d’euros à la Cooperl, accusée par le syndicat de pratiquer un harcèlement moral institutionnel. Devant le conseil des prud’hommes de Saint-Brieuc, Jean-Paul Leclère, défenseur syndical de la CFDT a accusé la coopérative bretonne, qui a réalisé plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, de privilégier «les performances économiques à la santé des salariés». Il a cité en exemple l’indice de fréquence des maladies professionnelles à la Cooperl, qui serait six fois plus élevé que la moyenne nationale. En 2023, cela aurait provoqué 17.239 jours d’arrêt dus à la surmaladie d’origine professionnelle, pour un coût salarial annuel d’environ 2,5 millions d’euros, pris en charge essentiellement par l’assurance maladie, selon les conclusions de la CFDT. Le syndicat a réclamé 1,4 million d’euros d’indemnités pour la mise en place de ce «système managérial (...) attentatoire à la santé et à la dignité de ses salariés». M. Leclère a en outre demandé l’annulation du licenciement pour faute grave du salarié d’un abattoir, qui avait refusé d’occuper un poste réservé aux gauchers. Atteint d’un trouble musculosquelettique, ce salarié, qui cumulait 26 ans d’ancienneté, a par la suite été reconnu en accident de travail.
Alimentation animale: à la Réunion, conflit de gouvernance à l'Urcoopa (presse)
A la Réunion, un conflit de gouvernance ébranle depuis plusieurs semaines l’union coopérative Urcoopa, a relaté France Info le 7 avril, le jour d’une décision provisoire de justice maintenant en place l’actuel président contre les représentants de deux coopératives constitutives qui ont tenté de prendre le pouvoir par un conseil d’administration le 20 mars. Le président, Henri Lebon, met en garde les éleveurs de l’île contre le démantèlement de l’union et la cession de son abattoir de volailles, Evollys, à une société privée (Duchemann & Grondin), qui en a la gestion. De leur côté, ses rivaux, représentants des coopératives Terracoop (approvisionnements en élevage) et Sicalait (production laitière), réclament une médiation des pouvoirs publics et une concertation générale sur la souveraineté alimentaire de l’île. Ils ont fait appel de la décision provisoire de justice et saisi le juge du fond, invoquant « des dérives de fonctionnement et de gestion au sein de l’Urcoopa ». Ces turbulences, sur fond de difficultés financières du groupe, font réagir la CFDT Agri-Agro. Dans un communiqué du 9 avril, le syndicat de salariés alerte sur « un risque majeur pour toute la filière agricole réunionnaise ».
Équarrissage : Akiolis produit de l’énergie à partir de farines animales, une « première »
L’équarrisseur Akiolis a inauguré le 10 avril « la première installation française de cogénération biomasse à partir de farines animales », sur son site de Saint-Langis-lès-Mortagne (Orne), d’après un communiqué publié le même jour. Cette centrale produit de la vapeur – utilisée sur place – et de l’électricité – injectée dans le réseau –, avec l’objectif de diminuer de 80 % la consommation d’énergie fossile de l’usine. De quoi « réduire fortement la dépendance au gaz » (-124 GWh/an) dans un « contexte international instable », souligne l’industriel intégré au groupe belge Tessenderlo (2,6 Md€ de CA). Au lieu d’être envoyées en cimenterie, les 29 000 t annuelles de farines animales produites à Saint-Langis-lès-Mortagne seront valorisées sur place, évitant la circulation de « 800 camions par an ». Le procédé consiste à gazéifier les farines animales à 750°C, sans oxygène. Le gaz obtenu est brûlé, « générant de la chaleur tout en traitant les odeurs ». Cette chaleur est enfin valorisée dans une chaudière, qui produit de la vapeur basse pression « nécessaire aux cuiseurs du site » et de l’électricité (9,3 GWh/an). La revente de cette électricité sur le réseau Enedis « renforçant la pérennité du site », d’après Akiolis.
Sécurité sociale : la CFE-CGC s’inquiète de l’évolution des discussions sur la COG
Dans un communiqué de presse du 8 avril, la CFE-CGC Synapsa, deuxième organisation syndicale des cadres dirigeants des caisses de la MSA, alerte sur les orientations envisagées pour la COG 2026-2030 (Convention d’objectifs et de gestion). « Les trajectoires qui semblent se dessiner, portées par nos ministères de tutelle, reposent sur une double contrainte particulièrement préoccupante : une réduction drastique de nos effectifs et une diminution significative de nos moyens budgétaires », indique le syndicat. La CFE-CGC rappelle que le coût de gestion de la MSA ne représente que 2,3 % de son budget total. « Ces orientations interrogent, tant elles apparaissent en décalage avec les réalités de terrain et les besoins croissants du monde agricole », poursuit le syndicat. Il insiste ainsi sur la demande croissante des tutelles à s’engager à accompagner techniquement et financièrement les salariés agricoles et les employeurs de main-d’œuvre. La CFE-CGC Synapsa appelle à une révision profonde des orientations et à engager « une réflexion stratégique cohérente avec les enjeux contemporains et de doter la MSA des moyens nécessaires à l’exercice de ses missions de service public ». Malgré une sollicitation, Agra Presse n’a pas eu confirmation de ces informations auprès de la Sécu agricole.
Négociations commerciales : amende de 6 M€ pour la centrale d'achat de Carrefour
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé le 10 avril avoir infligé à la centrale d’achat Eureca Mayoristas une amende de 6,1 millions d'euros pour non-respect de la date-butoir dans le cadre des négociations commerciales avec ses fournisseurs français. Eureca Mayoristas est la centrale d’achat européenne de Carrefour. Les Fraudes ont relevé « 19 manquements à son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs français au plus tard le 1er mars 2025 », selon la décision. « Dès lors que la négociation commerciale porte sur des produits destinés à une commercialisation en France, et quel que soit le droit du contrat, les accords sont soumis aux dispositions » du code de commerce, affirme la DGCCRF, en référence aux centrales d'achat européennes des distributeurs. Carrefour a dénoncé cette décision qu’il contestera « sur tous les terrains juridiques possibles ». « Il est seulement reproché à notre centrale d’achat européenne d’avoir signé avec quelques jours de retard des contrats avec de grandes multinationales qui avaient tout intérêt à jouer la montre », ajoute Carrefour.
Climat : mars 2026, quatrième mois de mars les plus chaud jamais enregistré
Mars 2026 se classe au quatrième rang des mois de mars les plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, avec une température moyenne de l’air en surface de 13,94 °C, au-dessus des valeurs estimées pour la période préindustrielle (1850-1900), a indiqué l’observatoire européen Copernicus dans son bulletin mensuel du 10 avril. À l’échelle européenne, le mois de mars 2026 se classe au deuxième rang des mois de mars les plus chaud, derrière celui de 2025, avec une température moyenne de 5,88°C, soit 2,2°C au-dessus de la normale 1991-2020. La quasi-totalité du continent a enregistré des températures supérieures à la moyenne, particulièrement marquées dans les pays nordiques, les Etats baltes et le nord-ouest de la Russie. « Les données de Copernicus pour mars 2026 nous donnent à réfléchir », a commenté Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus sur le changement climatique, cité dans le bulletin. « Chaque chiffre est frappant en soi, mais ensemble, ils offrent un tableau d’un système climatique soumis à des pressions soutenues et de plus en plus fortes », a-t-il jugé. Dans ce contexte, le retour de plus en plus probable d’El Niño dans la seconde partie de l’année fait craindre aux climatologues que l’humanité ne se dirige vers de nouvelles chaleurs extrêmes. Le dernier épisode El Niño, en 2023 et 2024, avait fait de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées.
Nappes phréatiques : bilan globalement « satisfaisant » mais l'été reste incertain
Après une recharge « exceptionnelle » en février, les nappes phréatiques françaises présentent des niveaux globalement « satisfaisants », mais certaines ont commencé à se vider après un mois de mars déficitaire en pluies, a annoncé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin du 10 avril. Au 1er avril, la majorité des nappes affiche des niveaux « autour de la normale, de modérément haut à très haut », avec 62 % des points d’observation au-dessus des normales mensuelles, contre 52 % un an plus tôt. Cela s’explique par une « recharge exceptionnelle » en février, mois où la France avait été particulièrement arrosé en raison d’une succession de perturbations. En mars, la situation apparaît « plus contrastée », avec un déficit de pluies observé sur de nombreuses régions qui, couplé au réveil de la végétation printanière, a entrainé un début de vidange sur plusieurs nappes réactives. Ainsi, plus de la moitié (54 %) des points d’observation sont orientés à la baisse à la fin mars. C’est le cas des nappes du socle armoricain ou du socle limousin, des nappes des calcaires jurassiques du grand sud et sud-ouest du pays et de certaines nappes alluviales, y compris en Corse.
Santé animale : Sébastien Huron devient d.g. de Ceva, Marc Prikazsky président exécutif
Dans un communiqué du 10 avril, Ceva santé animale annonce l’arrivée de Sébastien Huron au poste de directeur général, « avec effet immédiat », tandis que le p.-d.g. Marc Prikazsky devient président exécutif, en charge des « priorités stratégiques à long terme ». À la tête du groupe français pendant « près de 20 ans », M. Prikazsky gèrera notamment les relations avec les investisseurs, l’innovation ou encore « le développement des futurs leaders de l’entreprise ». De son côté, Sébastien Huron a été de 2017 à 2024 le directeur général de Virbac, n°6 mondial de la santé animale, qu’il a rejoint en 2006. Ce diplômé de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) a fait toute sa carrière dans la santé animale, en Europe et aux États-Unis (Mars, Intervet). Avec 7 200 salariés et un chiffre d’affaires de 1,92 Md€ en 2025, Ceva est le cinquième groupe mondial de santé animale.