Agrafil du 9 février 2026

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Commerce extérieur : le solde agricole et agroalimentaire tombe à 200 M€ en 2025

Comme attendu, le solde commercial agricole et agroalimentaire français se dégrade nettement en 2025, de 5 Md€, et son excédent atteint seulement 200 M€, « plus bas historique depuis au moins l’an 2000 », selon une note publiée par l'Insee le 6 février. Le solde agricole (produits bruts) est déficitaire, à -300 M€. La dégradation du bilan agricole s’explique notamment par l’augmentation des importations, en particulier de cacao, de café et de graines de colza. Les exportations ont rebondi (+4 % sur un an) après deux années de baisse, mais elles n’ont pas compensé. La dégringolade est nette aussi du côté des produits agroalimentaires, dont l’excédent se réduit à 500 M€, avec des exportations en légère hausse (+1,6 %) tirées par les produits à base de cacao ou de viande ; les importations, elles, ne cessent de croître depuis 2020, et sont en hausse de 8,5 % sur un an. Lors d'une conférence de presse le 6 février, le CNPA (Ania, FNSEA) a demandé un « sursaut », s'interrogeant sur les normes en vigueur en France, et demandant que « le gouvernement nous accompagne plus fortement sur l'exportation, vers certains marchés émergents ». L'élu FNSEA Yannick Fialip a dénoncé une « nouvelle baisse » des moyens alloués dans le budget de l'État 2026.

UE/Royaume-Uni : les députés britanniques veulent des exemptions à l’alignement dynamique

Dans un rapport rendu public le 5 février relatif à l’accord SPS UE/Royaume-Uni, en cours de négociations, les parlementaires britanniques du comité Efra (Environnement, alimentation et affaires rurales) recommandent à leur gouvernement de demander certaines dérogations à l’alignement dynamique sur les normes de l'UE. En matière de bien-être animal, les membres du comité Efra craignent notamment des charges supplémentaires pour les agriculteurs britanniques si le Royaume‑Uni est tenu de modifier ses réglementations chaque fois que l’UE révise les siennes. Ils souhaitent par ailleurs empêcher la concurrence déloyale d’importations de l'UE produites selon des normes de bien-être animal inférieures. Ils proposent ainsi de fonder les discussions sur le modèle du protocole UE-Suisse. En matière d’agriculture de précision, les parlementaires considèrent qu’il s’agit d’un domaine dans lequel le Royaume‑Uni est en avance et que, sans exemption, les producteurs britanniques pourraient perdre cet avantage. Enfin, un accord sur les produits vétérinaires et pharmaceutiques est espéré par le comité Efra, mais, pour l’heure, ce sujet est en dehors du champ des pourparlers.

Maïs doux : l’UE impose des droits antidumping définitifs sur les importations de Chine

Par un règlement d’exécution publié le 6 février au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne institue des droits antidumping définitifs sur les importations de maïs doux originaires de Chine. Les entreprises chinoises sont donc frappées par des droits antidumping pouvant aller de 31 % à 54,3 % en fonction de l’entité. Ces taux sont exprimés en pourcentage du prix CIF frontière de l’UE, avant dédouanement. L’exécutif européen a notamment confirmé que le préjudice important subi par l’industrie de l’UE avait été causé par l’afflux continu d’importations faisant l’objet d’un dumping en provenance Chine. Ce règlement d’exécution entre en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel. La mise en place de ces mesures définitives fait suite à l’ouverture, en décembre 2024, d’une enquête antidumping à la suite d’une plainte, déposée le 25 octobre 2024, par l’AETMD (Association européenne des transformateurs de maïs doux). L’organisation faisait valoir l’existence de distorsions significatives de la part des produits chinois, entraînant un préjudice pour l’industrie de l’UE. Des droits provisoires s’appliquaient depuis août 2025.

Blé dur : le plan de souveraineté raboté, de 43 M€ à 28 M€

Lors de la Journée blé dur organisée à La Rochelle le 6 février par Arvalis, des représentants de l’institut technique ont indiqué que le budget du plan de souveraineté et de développement de la filière avait été raboté durant l’année 2025, passant de 43 M€ à 28 M€. Le repli de la participation étatique, compte tenu de l’instabilité gouvernementale et des restrictions budgétaires, a obligé certains acteurs privés à revoir eux aussi leurs ambitions à la baisse. Le soutien public passe de 11 M€ à 7,6 M€ environ. Parmi ces 7,6 M€, 2,2 M€ sont actés. Ce qui n’empêche pas la filière d’être optimiste. « Vu les délais d’instruction de l’État imposés par la conjoncture, nous n’avons pas attendu pour commencer à travailler. Des essais ont déjà été lancés dès la campagne antérieure pour le projet décarbonation (intitulé Blé Car Dur, NDLR), et dès l’automne dernier pour DuraSel », déclare Frédéric Gond, président du comité de pilotage de la filière blé dur d’Arvalis. « Il s’agit du premier plan blé dur financé, avec des actions concrètes sur le terrain », assure Matthieu Killmayer, animateur de la filière blé dur pour Arvalis. Les deux experts se montrent ainsi confiants quant à l’accomplissement des objectifs du plan, à savoir proposer des solutions à la fois productives, qualitatives, et durables.

Blé dur : légère baisse attendue des surfaces françaises en 2025-2026

Lors de la Journée blé dur organisée par Arvalis à La Rochelle le 6 février, Matthieu Killmayer, animateur de la filière blé dur de l’institut technique, a indiqué que la sole française 2025 (récolte 2026) « se replie légèrement par rapport à l’an dernier, de 2 %, à 218 000 ha ». Ce chiffre reste provisoire, les travaux d’emblavement n’étant pas encore totalement achevés. Néanmoins, les experts d’Arvalis veulent croire en un signal positif : le relèvement de l’aide couplée à l’hectare a permis de limiter la casse dans certains secteurs, et donne des perspectives d’avenir à la filière. « Dans le Sud-Ouest, nous tablions, courant septembre 2025, sur une baisse de surface de 10 %. Finalement, nous observons une hausse de 5 %, selon les échos des opérateurs », précise l’expert. L’état des cultures est bon à très bon en France, malgré quelques attaques de pucerons et cicadelles, dans le Sud-Ouest notamment. Si la situation des adventices n’a rien d’alarmante pour le moment en raison des conditions climatiques favorables, Frédéric Gond, président du comité de pilotage de la filière blé dur d’Arvalis, a tenu à prévenir « qu’une épée de Damoclès est au-dessus de nos têtes. Seules deux solutions herbicides sont encore disponibles : le prosulfocarbe et le chlortoluron, sachant que le prosulfocarbe est menacé. »

Blé dur : peu de perspectives de rebond des prix dans les prochains mois

Lors de la Journée blé dur organisée par Arvalis à La Rochelle le 6 février, l’institut technique, tout en restant prudent, estime – pour le moment et sauf incident majeur – peu probable une remontée des prix du blé dur dans les prochains mois de la campagne 2025-2026. La raison : le marché mondial est jugé assez lourd. Arvalis rappelle que, après plusieurs campagnes de tensions, de bonnes récoltes dans le monde lors des deux dernières années ont permis de recharger les stocks, aujourd’hui abondants. L’offre a même dépassé la demande, précise l’institut technique. Se référant aux chiffres de Stratégie Grains by Expana, la production planétaire est attendue à 38,5 Mt en 2025-2026, contre 37,7 Mt en 2024-2025. Les moissons sont particulièrement bonnes au Canada (environ 7,1 Mt selon StatCan), et dans une moindre mesure en Russie (environ 2 Mt, selon Stratégie Grains by Expana). Fait notable : la montée en puissance de la production de blé dur en Europe centrale, spécialement en Slovaquie. La production cumulée en Hongrie, Autriche, République tchèque et Slovaquie a dépassé les 1 Mt cette année. Le changement climatique constitue la principale justification de cette évolution, selon Ondrej Fackovecdirecteur général d’OF MILL, groupe semoulier slovaque, intervenant lors de la journée.

Coopératives céréalières : les comptes se dégradent entre 2023 et 2024

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 6 février, le Haut conseil de la coopération agricole (HCCA) a rapporté une dégradation de la santé financière des coopératives agricoles spécialisées dans le secteur des grains entre les 30 juin 2023 et 2024. À titre illustratif, leur chiffre d’affaires s’effrite, passant de 65,7 Md€ à 60,1 Md€. De son côté, le ratio résultat net sur chiffre d’affaires passe de 0,14 % à -0,34 %. Les raisons de cette détérioration sont la chute des prix des céréales et la hausse des charges (taux d’intérêt, énergie, salaires, etc.). Si les chiffres ne sont pas encore disponibles pour 2025, la tendance n’est guère à l’amélioration de la situation. François Macé, président de la section économique et financière du HCCA, a insisté « sur le besoin important d’investissements » dans les infrastructures jugées vieillissantes des coopératives, afin de regagner en compétitivité. Il pointe un besoin de « rationaliser les coûts », via notamment les rapprochements ou fusions de coopératives. « Il y a une dizaine d’années, ces mouvements étaient assez rares. Aujourd’hui, on remarque un regain d’activité, qui pourrait se poursuivre dans les prochains mois, voire années », précise de son côté Antoine Hacard, président de la Coopération agricole Métiers du grain.

Sucre : face aux difficultés, Nordzucker ferme une usine en Slovaquie

Dans un communiqué du 5 février, le groupe allemand Nordzucker a informé de l’arrêt de la production de sucre à partir de betterave d’une usine en Slovaquie, basée à Trenčianská Teplá, après la campagne commerciale 2025-2026. L’installation sera transformée et continuera d’opérer en tant que hub commercial et logistique. Nordzucker justifie l’interruption de la production par l’environnement particulièrement difficile touchant le secteur. Les prix du sucre sont particulièrement bas, alors que les coûts de production restent élevés, dégradant fortement la rentabilité. Le groupe allemand évoque par ailleurs la multiplication des problèmes phytosanitaires, à l’origine de la baisse des rendements et de la détérioration de la qualité des betteraves. Il pointe enfin le manque de débouchés. Afin d’assurer sa survie à long terme, Nordzucker opère donc un changement de cap stratégique, et décide de concentrer sa production en Suède sur son site d’Örtafta, et de sucre liquide en Allemagne, sur son installation de Nordstemmen. De son côté, la filière française a récemment rappelé les importantes difficultés rencontrées par le secteur sucrier.

Grandes cultures: l'administration Trump autorise à nouveau le dicamba, deux fois interdit

L’administration Trump a autorise à nouveau le 6 février l’utilisation du pesticide dicamba, pulvérisé sur les cultures de coton et de soja génétiquement modifiées, suscitant une vive réaction de la part des ONG y compris au sein du mouvement Make America Healthy Again du ministre de la Santé Robert Kennedy Jr. «Cette décision répond directement au plaidoyer vigoureux des producteurs américains de coton et de soja, en particulier ceux de la Cotton Belt, qui ont clairement et constamment fait part des défis critiques auxquels ils sont confrontés sans cet outil pour lutter contre les mauvaises herbes résistantes dans leurs cultures», a déclaré l’agence de protection de l’environnement (EPA) dans un communiqué. En 2020 et 2024, la justice fédérale a invalidé les autorisations précédentes accordées par l’EPA pour cet herbicide controversé. Un motif d’inquiétude persistant concernant le dicamba est la «dispersion»: lorsque le produit chimique se volatilise sous l’effet d’une chaleur intense, il peut se propager sur des kilomètres, empoisonnant d’autres exploitations agricoles, des jardins privés ainsi que des arbres et des plantes. La décision de justice de 2020, qui a initialement annulé l’autorisation du dicamba, a conclu que celui-ci avait causé des dommages sur des millions d’hectares et «déchiré le tissu social de nombreuses communautés agricoles».

Acétamipride : dizaines de rassemblement en France contre les loi Duplomb

Des militants écologistes, paysans ou simples «citoyens concernés» ont participé le 7 février à des rassemblements à l’appel de plus de 80 organisations contre la loi anti-contrainte agricole du sénateur Laurent Duplomb et à sa nouvelle proposition visant à réintroduire des pesticides interdits. Partout, le même message: «Duplomb, non c’est non» ou encore: «Plus de paysans, moins de pesticides». Une dizaine à Brest, devant la mairie, ils étaient jusqu’à 300 à Lille, place du Théâtre, et une centaine à Bordeaux, ont constaté des journalistes de l’AFP.À Lyon, 150 personnes étaient réunies place Bellecour, en majorité des agriculteurs de la Confédération paysanne, selon la préfecture. De Boulogne-sur-Mer à Albi, une trentaine de rassemblements étaient organisés pour dénoncer une «accumulation d’annonces» sur l’agriculture et l’environnement qui «tournent le dos à l’intérêt général», selon le collectif Nourrir, qui rassemble notamment Greenpeace, la Confédération paysanne, Oxfam, Foodwatch, WWF. En cause, les «lois Duplomb» en France, mais aussi des projets législatifs européens, porteurs selon eux de «reculs environnementaux majeurs», au «mépris de la santé publique» et sans pour autant répondre aux problèmes du monde agricole.

Vin : Macron donnera le coup d'envoi du salon Wine Paris ce lundi

Emmanuel Macron donnera le 9 février le coup d’envoi de Wine Paris, salon international de référence dédié au vin, afin de marquer son soutien à cette «filière emblématique» de l’économie française en pleine tourmente géopolitique et climatique, a annoncé l’Elysée. Le chef de l’Etat inaugurera ce rendez-vous annuel des professionnels du secteur, le plus grand du monde selon les organisateurs, à 09H30 au Parc des Expositions à Paris avant d’aller à la rencontre des producteurs, négociants et représentants des différentes AOC. Il échangera avec eux sur «les conditions de leur activité, leurs attentes et les enjeux auxquels ils sont confrontés, notamment en matière d’adaptation au changement climatique, de revenus et d’exportation», précise la présidence. «Il redira sa volonté de construire, avec les professionnels, des réponses concrètes et adaptées aux défis auxquels ils font face», a-t-elle ajouté. Le secteur est secoué par le changement climatique, qui affecte les vendanges de manière répétée depuis plusieurs années, les nouvelles préférences de consommation et les guerres des droits de douane, alimentées par le président américain Donald Trump et la Chine. Wine Paris attend pendant trois jours 6.200 exposants et 60.000 visiteurs du monde entier, avec cette année une place d’honneur pour les vins et spiritueux sans alcool.

Lait : accord Unell-Lactalis pour un prix en hausse, à 406,53 €/1000 litres sur février et mars

Lactalis et l’Unell se sont mis d’accord sur le prix du lait pour les mois de février et de mars 2026, en moyenne nationale à 406,53 € / 1000 L en 38/32 (38 g de matière grasse et 32 g de matière protéique) et à 421,53 € / 1000 L en 41/33, hors prime RSE. Selon l'industriel et l'organisation de producteurs, qui ont fait cette annonce le 4 février, « ce niveau de prix reflète : l’engagement pris par Lactalis de maintenir la valorisation des prix PGC France 2026 au niveau de 2025, en lien avec le niveau du prix de revient agricole tel que déterminé avec l’Unell ; la dégradation spectaculaire des marchés des ingrédients laitiers, ainsi que du prix du lait en Allemagne, indicateur caractérisant les marchés PGC à l’export. » Par rapport à la formule de prix habituelle, le prix est au-dessus car il prend en compte « un ajustement positif de 3,5 € / 1000 L, appliqué par Lactalis France sur la base des indicateurs de février 2026 et de ceux estimés pour mars 2026. »  Ce prix est en recul d’environ 50 euros par rapport à l’année passée, comme le soulignent des éleveurs cités par Ouest-France manifestant le 4 février devant le site Lactalis à Domfront-en-Poiraie (Orne) à l’appel de la FDSEA.

Produits laitiers : le chiffre d'affaires de Savencia recule de 2,6% en 2025

Le groupe Savencia Fromage & Dairy a communiqué le 5 février son chiffre d’affaires pour 2025 qui est en recul de 2,6% par rapport à 2024, à 6,957 milliards d’euros. Ce recul s’explique par « un fort effet de change défavorable de 4,3% principalement en lien avec la dévaluation des monnaies sud-américaines », explique Savencia. « La croissance organique globale du groupe reste néanmoins résiliente à +1,6%, soutenue par la bonne performance des Autres Produits Laitiers (46,6% du chiffre d’affaires, NDLR). L’effet de structure de 0,2% résulte de l'intégration de la société Ugalait à compter du 2 juillet 2024. » Plus spécifiquement, toujours hors effet de change et de périmètre, le chiffre d'affaires des produits fromagers (56,8% du chiffre d’affaires) est stable, avec une baisse des volumes dans un contexte de consommation fragile en France et en Europe, mais une hausse des prix. Pour 2026, Savencia, qui est l'un des principaux exportateurs européens de crème vers la Chine, devra aussi composer avec une hausse de droits de douane imposés par Pékin, qui a lancé une enquête anti-subvention concernant les produits laitiers européens.

Lait infantile : Danone amplifie ses rappels de produit

Danone a élargi le 5 février ses rappels de lait infantile en France et dans plusieurs pays européens dont la Pologne, l'Autriche, l'Allemagne, la Hongrie, la Roumanie et la Suisse. Plusieurs centaines de lots sont concernés, dont plus de 120 en Autriche et Allemagne (Aptamil et Milumil), et quasiment autant (119) en France où 19 références de laits Gallia et Blédilait sont citées par le site officiel Rappel Conso. Ces rappels font suite à la mise à jour par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) de ses recommandations concernant le seuil toléré de céréulide dans les préparations, une toxine pouvant provoquer diarrhées et vomissements. La taille des lots peut varier d'un industriel à l'autre ou selon les commandes reçues par ces derniers. Les fabricants ne communiquent pas sur le nombre de boîtes concernées par les rappels. Danone a procédé à plusieurs rappels successifs depuis la mi-janvier. De premiers lots ont été bloqués par les autorités de Singapour le 17 janvier. Les grands industriels fabricants des laits infantiles ont rappelés des lots pouvant contenir la toxine.

Bovins viande : en 2025, flambée des prix et hausse généralisée des revenus (Inosys)

Malgré l’impact des maladies animales, les revenus des exploitations spécialisées en bovins viande ont connu en 2025 « des niveaux historiquement hauts, aussi bien les naisseurs que les naisseurs-engraisseurs », selon les résultats du réseau d’élevages Inosys présentés dans le bilan annuel de l’Institut de l’élevage (Idele). « Les étoiles étaient alignées en 2025 », résume l’institut technique : prix moyen des gros bovins en hausse de 23 % sur l’année, « repli salutaire du prix des intrants » et « année climatique plutôt clémente » par rapport aux précédentes. Dans les élevages spécialisés conventionnels, les résultats courants moyens par actif s’étalent entre 34 600 € (naisseurs engraisseurs de veaux sous la mère) et 57 700 € (naisseurs en zones de plaine). Entre les deux, les naisseurs engraisseurs de jeunes bovins (JB) s’établissent à 51 200 € et les naisseurs de montagne à 44 900 €. Dans les systèmes avec cultures, la première place revient aux naisseurs engraisseurs de JB (69 700 €), suivis par les naisseurs (34 900 €). Enfin, les éleveurs en production biologique profitent eux aussi de cette « conjoncture générale favorable », avec 35 400 € pour les naisseurs et 30 100 € pour les naisseurs engraisseurs.

Bovins viande : jusqu’à 11 000 € d’impact sanitaire sur le revenu en 2025 (Inosys)

Dans son bilan annuel de la filière bovins viande, l’Institut de l’élevage (Idele) note que, « selon les bassins touchés par la FCO et/ou la MHE, les pertes moyennes estimées sur le revenu s’échelonneraient entre 2 300 € et 11 000 € » par actif. Des chiffres issus du réseau d’élevages Inosys (géré avec les chambres), qui compte 315 exploitations spécialisées en bovins viande. Depuis 2023 sévissent la maladie hémorragique épizootique (MHE) et la fièvre catarrhale ovine (FCO). Ces maladies vectorielles provoquent notamment des problèmes de fertilité, de la surmortalité et des retards de croissance pour les veaux. Des impacts « déjà notables en 2024 dans certains bassins » et qui « sont accentués en 2025 », voire « arriveront davantage en 2026 » dans certaines régions, selon l’Idele. Au niveau de la ferme France, l’impact économique a atteint 294 M€ pour la filière bovins viande en 2024 (après 42 M€ en 2023), et devrait être similaire en 2025, selon une étude Idele/Interbev présentée au dernier Sommet de l’élevage. Premier poste de pertes : le recul des naissances (143 00 naissances en moins), synonyme de moins d’animaux à valoriser (pour 223 M€). S’y ajoutent la surmortalité des veaux (20 000 têtes) et le manque de jeunes bovins à engraisser en France (28 000 têtes).

Broutards : forte progression des exportations vers l’Espagne en 2025 (Idele)

Malgré le manque criant de disponibilités en bovins vifs, « l’Espagne a fortement augmenté ses importations » de broutards français en 2025, note l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bilan annuel paru le 4 février. Quelque 140 000 jeunes bovins ont été expédiés vers le deuxième débouché hexagonal (+24 % par rapport à 2024). L’année dernière, l’Espagne a absorbé 15 % des broutards exportés par l’Hexagone, contre 11 % en 2024. Une progression nourrie par les exportations de viande espagnoles : « Dès le début de l’année, les engraisseurs espagnols ont massivement importé des broutards français pour répondre à la demande en viande des pays du Maghreb », rapporte l’institut technique. Sur les quatre premiers mois de 2025, les envois vers l’Espagne ont ainsi bondi de 68 % sur un an. Autre fait inédit : « Pour la première fois, les envois de broutards lourds vers l’Espagne ont dépassé ceux de broutards légers », constate l’Idele. Quant à l’Italie, elle est restée, de loin, le premier débouché des broutards français, avec 732 000 têtes. Toutefois, « faute d’offre, les envois vers l’Italie ont nettement reculé en 2025 », de 6 %. Toutes destinations confondues, les exportations françaises de broutards ont continué de reculer (-3,2 %, à 915 000 têtes).

Bovins : Trump facilite l'entrée de boeuf argentin aux Etats-Unis

Donald Trump a signé le 6 février un décret favorisant l’entrée de davantage de boeuf argentin aux Etats-Unis afin de rendre la viande rouge hachée plus abordable pour les Américains. Des quotas d’importation «à droits de douane nuls» sont ainsi augmentés de 80.000 tonnes pour l’année 2026, par tranches de 20.000 tonnes par trimestre, d’après la Maison Blanche. Il s’agit, selon le texte du décret présidentiel, de compenser l’insuffisance de l’offre locale, provoquée notamment par des sécheresses à répétition touchant plusieurs Etats concentrant une large part des élevages américains. Une situation qui a provoqué une hausse des prix dans le pays, «au plus haut depuis que des relevés sont réalisés par le ministère de l’Agriculture», est-il souligné. Les prix de la viande de boeuf et de veau ont augmenté de 16,4% en 2025, une tendance qui pourrait se poursuivre alors que le cheptel américain tarde à se reconstituer. L’objectif est donc d’augmenter l’offre afin de tirer les prix vers le bas, au bénéfice du consommateur américain.

Climat/viande : une étude chiffre les pertes d’actifs causées par l’arrêt des protéines animales

Une étude parue dans la revue Nature food le 19 janvier évalue le montant des actifs écartés en Europe (UE et Royaume-Uni) par un arrêt ou une réduction des protéines animales en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En se basant sur les régimes alimentaires du EAT-Lancet, les chercheurs estiment qu’un arrêt de la consommation de protéines animales écarterait 255 Md€ d’actifs, soit presque les trois quarts des actifs agricoles totaux (terres, machines, bâtiments, cheptel, etc.). Une baisse de 9,5 % écarterait 61 Md€ d’actifs ; un recul de 60 % en écarterait 168 Md€. L’étude souligne que 78 % des actifs agricoles européens sont utilisés pour la production de protéines animales (158 Md€ pour l’élevage et 100 Md€ pour l’alimentation animale). À raison d’un taux d’amortissement moyen de 9 %, l’élimination complète de tous les actifs non-utilisés pourrait prendre « environ 30 ans », avec une « valeur résiduelle minimale ». Les scientifiques estiment qu’« une intervention politique ciblée est essentielle » (réorientation des aides Pac, soutien à la transition pour les agriculteurs, ainsi qu’à la gestion de la dette et de la dépréciation des actifs). Ils esquissent aussi des pistes pour reconvertir les moyens de production de l’élevage vers les protéines végétales, même si les pertes dépasseraient « largement » les gains attendus.

Viande : un abattoir de proximité prévu entre Nantes et la Vendée pour 2027

Les élus du conseil de Nantes Métropole ont voté le 6 février le soutien de principe de la collectivité au projet de création d'un abattoir de proximité multi-espèces à Machecoul (44), entre Nantes et le Nord Vendée. Baptisé Salvae (Solution d’abattage locale et sur le lieu de vie des animaux d’élevage), ce projet répond à la «zone blanche» créée après la fermeture de l’abattoir de Challans (85), qui fragilise particulièrement les éleveurs engagés en circuits courts. Il a été initié en 2018 par un groupe d’éleveurs réunis au sein d’Aalvie (Abattage des Animaux sur leur Lieu de VIE). Le projet a ensuite évolué vers un abattoir multimodal intégrant abattage à la ferme dans un rayon d'une heure de transport, abattage sur site et abattage d’urgence. Il est soutenu par 13 intercommunalités et 147 éleveurs, qui ont pris des parts dans la SAS. Implanté dans un bâtiment de 4 000 m², cet abattoir multi-espèces (bovins, porcins, ovins, caprins) visera un objectif de 600 tonnes-équivalent-carcasse par an. Son ouverture est prévue en 2027. Le financement du projet, non définitif, serait à 60 % assuré par des aides publiques. Nantes Métropole pourrait verser 750 000 €, soit un tiers du financement public, a indiqué Aziliz Gouez, vice-présidente de la collectivité lors de la présentation du projet (Thierry Goussin)

Elevage/évènementiel : mouvement social parmi les salariés du Space (presse)

Selon les informations de nos confrères de Réussir, les salariés de la société organisatrice du Space, le salon de l'élevage de Rennes, sont en grève, en raison d'«un conflit avec le nouveau bureau du GIE qui a été élu en juin 2025, et en particulier avec le nouveau président Didier Lucas». Une partie de cette petite équipe de neuf personnes serait en grève depuis la première semaine de février, le reste en arrêt maladie. Selon nos confrères, Didier Lucas «aurait remis en cause de nombreux points du fonctionnement du salon, et lancé un audit financier et organisationnel par un cabinet extérieur». Et «un retard important» aurait été pris dans la préparation de la prochaine édition, du 15 au 17 septembre prochain. Eleveur porcin de 54 ans, président de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, Didier Lucas est engagé dans le syndicalisme depuis 2004 ; il a notamment présidé la FDSEA des Côtes-d’Armor de 2010 à 2019. Il est également vice-président de la chambre d’agriculture Bretagne. Contacté par Agra presse, il n'a pas donné suite pour le moment. En 2024, le Space avait attiré plus de 100 000 visiteurs.

Municipales : les syndicats appellent les agriculteurs à se présenter, sauf la Conf'

À l'exception de la Confédération paysanne, les syndicats agricoles ont appelé les agriculteurs à se présenter aux élections municipales qui se dérouleront les 15 et 22 mars. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, l'a fait dans une tribune diffusée cet automne. « Osez vous engager », insistait le leader syndical – qui est aussi maire de Torcy-en-Multien (230 habitants), en Seine-et-Marne – pour « faire société », « créer les conditions d’un dialogue », « être présents là où se décident les projets de vie de nos villages : l’eau, l’énergie, l’alimentation, la mobilité, l’aménagement ». Cette demande « d’ancrage » est appuyée par l’allié de la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs, et partagée par la Coordination rurale (CR), qui dit avoir relayé ce « mot d’ordre » dans ses antennes départementales. L’élection d’agriculteurs est « très importante » pour « essayer d’infléchir la politique réglementaire qui nous entrave » et « lutter contre les fausses images véhiculées sur la profession », estime le nouveau président de la CR, Bertrand Venteau. La Confédération paysanne n’a pas appelé ses adhérents à se présenter aux élections. « Nous travaillons plutôt à porter nos propositions auprès des élus et candidats », explique à l’AFP le syndicat.

OFB : Barbut estime que les compétence d’Anne Le Strat sont « reconnues »

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut estime que les compétences de la nouvelle directrice déléguée de l’OFB, Anne Le Strat, sont « reconnues » et que « c’est l’existence même de l’OFB qui est - une fois de plus – visée », rapporte l’AFP le 6 février. Anne Le Strat, ex-cadre des Ecologistes et ex-dirigeante d’Eau de Paris, a été nommée le 1er janvier directrice générale déléguée à "la mobilisation de la société" de l’établissement public. « Si la neutralité des fonctionnaires est exigée dans leur travail, rien ne leur interdit d’avoir eu des engagements politiques ou militants par le passé. Ce principe, essentiel, doit être défendu », a ajouté la ministre dans une interview accordée à Ouest-France le même jour. Le 27 janvier, après des critiques de la Coordination rurale  et de la droite, et par la suite de la FNSEA, Monique Barbut avait annoncé une enquête administrative sur la nomination d’Anne Le Strat. « Le Premier ministre a, dès [le 26 janvier au] soir, saisi l’Inspection générale de l’administration, le CGAAER (ministère de l'Agriculture), et l’IGEDD (ministère de la Transition écologique) pour enquêter sur les modalités de son recrutement », avait-elle annoncé devant les députés. 

Oiseaux : l’utilisation de pesticides modifie la charge parasitaire des passereaux (étude)

Une étude de chercheurs français conduite sur plus de 1000 passereaux montre que le modèle agricole modifie la charge parasitaire des oiseaux, selon un communiqué de l’université de La Rochelle le 4 février. Dans cette analyse publiée à l’automne par la revue Agriculture, Ecosystems and Environment, les chercheurs observent que les oiseaux vivant dans un milieu dominé par l’agriculture conventionnelle portent moins de parasites externes (tiques, poux) que lorsque domine l’agriculture biologique. En revanche, ils présentent « davantage de parasites sanguins, dont certains proches des agents de la malaria aviaire ». D’après les scientifiques, « la contamination des oiseaux par les pesticides affaiblirait leur système immunitaire, favorisant ainsi la multiplication des parasites internes » ce qui « pourrait ainsi augmenter leur mortalité ». L’étude a été réalisée dans la plaine agricole du sud de Niort (Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre).