Maec : le ministère de l'Agriculture veut réduire leur durée pour la fin de programmation
Considérant qu'il est encore trop tôt pour connaître les règles Pac qui s’appliqueront en 2028, le ministère de l'Agriculture a proposé, le 20 janvier aux syndicats agricoles, de réduire la durée d’engagement des Maec surfaciques, de cinq à trois ans, afin «d’éviter les cas de chevauchement d’engagements» entre la programmation actuelle et la suivante. En conséquence, certaines Maec «dont les cahiers des charges ne peuvent pas être adaptés à une durée réduite» ne pourront plus être souscrites à partir de 2026, est-il écrit dans un document qu'Agra presse a pu consulter. Par ailleurs 49 Maec, souscrites par moins de 20 exploitations, seront fermées à la souscription en 2026. La plupart d'entre elles sont liées aux grandes cultures, aux réductions de pesticides et de fertilisation. Restent 41 Maec (dont 15 dans les Dom) dont les cahiers des charges vont être modifiés. Dans un communiqué, le 5 février, la Confédération paysanne «s'oppose fermement » à la proposition du ministère. Le syndicat estime qu'«aucun élément ne démontre à ce stade que la réglementation européenne imposerait de limiter la durée des Maec ou d’empêcher le chevauchement d’engagements.» Pour rappel, en l'état des négociations, la Pac post-2027 pourrait induire de profonds changements dans les mesures environnementales : sont prévues des mesures de transition, qui pourront être annuelles (comme les actuels éco-régimes) ou pluriannuelles (comme les MAEC), et qui pourront aller au-delà de la simple compensation des pertes liées aux pratiques.
UE-Mercosur : des eurodéputés plaident pour l'ajout une clause sur la réciprocité dans les sauvegardes
Quelques semaines après avoir validé la saisine de la Cour de justice de l’UE, les eurodéputés auront à nouveau l’opportunité de batailler au sujet de l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur. Ils sont ainsi appelés, le 10 février en séance plénière à Strasbourg, à se prononcer sur le compromis concernant la clause de sauvegarde agricole. Pour l’occasion, près d’une centaine d’amendements a été déposée, preuve que le sujet reste sensible dans l’hémicycle strasbourgeois. Au-delà de l’abaissement des seuils de déclenchement des enquêtes de 8% à 5 %, un amendement transpartisan propose notamment l’ajout d’une clause de réciprocité des normes et d’une clause sanitaire et phytosanitaire. Une demande figurait initialement dans la position du Parlement européen en vue des négociations interinstitutionnelles mais avait finalement été rapidement écartée par les colégislateurs en décembre. Les signataires de cet amendement souhaitent contraindre la Commission européenne à déclencher l’ouverture d’une enquête en cas de preuve crédible de non-satisfaction aux exigences de l’UE ou de risque avéré pour la santé d'importations des pays du Mercosur bénéficiant de préférences tarifaires.
UE/Etats-Unis : Bruxelles prolonge la suspension des mesures de rééquilibrage jusqu’en août
Par un règlement d’exécution publié le 5 février au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne prolonge la suspension des mesures de rééquilibrage commercial visant certains produits américains. Cette prolongation est applicable à partir du 7 février jusqu’au 6 août. Bruxelles précise également qu’elle réexaminera la suspension de ces dispositions de manière régulière « à la lumière de l’évolution des relations commerciales avec les États-Unis », se gardant la possibilité de « décider de nouvelles mesures ». Ces contremesures, d’une valeur de 93 milliards d’euros touchant plusieurs marchandises (soja, alcools), étaient un élément de réponse de l’UE aux droits de douane réciproques annoncés en grande pompe par le président américain Donald Trump après son retour à la Maison Blanche. Elles avaient été suspendues après la conclusion de l'accord commercial en juillet. Leur mise en œuvre avait un temps été envisagée au cours du mois de janvier parmi les ripostes potentielles aux velléités du milliardaire américain de s’emparer du Groenland.
UE/Royaume-Uni : les députés britanniques veulent des garanties dans l’accord SPS
Un rapport du comité de l'Environnement, de l'alimentation et des affaires rurales (Efra) du Parlement britannique, publié le 5 février, pointe les problèmes potentiels pour l'agriculture outre-Manche qu’entraînerait l’accord sanitaire et phytosanitaire (SPS) en cours de négociation avec l’UE. « Les réglementations européennes relatives à la présence de mycotoxines naturelles dans les fruits et légumes, ainsi qu'à l'utilisation de certains pesticides et autres produits, ne devraient pas être imposées aux producteurs britanniques », expose-t-il dans un communiqué. Le rapport incite le gouvernement à exiger l'intégration des données scientifiques britanniques dans toutes les nouvelles décisions fondées sur la science et ayant un impact sur l'agriculture. « Ce serait une erreur que l’harmonisation des réglementations conduise à l’interdiction au Royaume-Uni de produits bannis dans l’UE sans qu’ils aient été testés dans notre climat et nos systèmes de production. Nous ne devons pas laisser l’harmonisation réglementaire anéantir les bénéfices tirés de nos innovations scientifiques en matière de sélection de précision », souligne Alistair Carmichael, président du comité. Le rapport souligne que 39 substances actives sont autorisées au Royaume-Uni mais pas dans l’UE, contre 68 dans l’autre sens.
Pesticides : compétence conjointe entre la Comagri et la Comenvi sur l’omnibus
La conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen a décidé, le 5 février, de confier l’examen de la proposition de paquet omnibus concernant la simplification de la législation sur les pesticides conjointement aux commissions de l’Agriculture (Comagri) et de l’Environnement (Comenvi). Elles devront donc, chacune, nommer un rapporteur et disposeront de compétences partagées sur le dossier. Ce vaste texte prévoit notamment d’accorder une autorisation illimitée à certaines substances actives mais s’attaque aussi à de nombreux autres sujets (limites maximales de résidus, autorisation des produits de biocontrôle, pulvérisation par drones…). Par ailleurs, la Conférence des présidents a fait le choix de confier la proposition de règlement omnibus sur la législation environnementale – qui comprend, notamment, quelques allégements des procédures pour les éleveurs dans le cadre de la directive sur les émissions industrielles – à la seule Comenvi.
Pesticides : 49 molécules pourraient être concernées par une autorisation illimitée (ONG)
La proposition de règlement omnibus sur la sûreté alimentaire présentée en décembre par la Commission européenne aboutirait à «la levée de la limitation dans le temps» de l'autorisation de «49 substances de synthèse», s'alarment l'ONG PAN Europe et sa branche française Générations Futures dans une analyse publiée le 5 février. Après analyse du statut des 421 substances actives approuvées dans l'UE, elles ont établi une liste de produits - dont font partie l'acétamipride, le glyphosate ou le 2,4 D - qui bénéficieraient de cette exemption «sans qu’aucune évaluation supplémentaire ne vienne conforter scientifiquement cette décision». Selon la proposition de Bruxelles, des périodes d’approbation illimitées seront accordées sauf pour les substances actives candidates à la substitution et celles pour lesquelles «des incertitudes pertinentes découlant de l’évaluation des risques» ont été identifiées. Pour les ONG cette notion «d’incertitudes pertinentes (...) ouvre la voie à toutes les interprétations possibles». Elles demandent donc dans un courrier aux commissaires européens Olivér Várhelyi (Santé) et Jessika Roswall (Environnement) des clarifications «afin que les négociations en cours puissent être réalisées dans des conditions d’informations des parties répondant à un minimum d’exigence».
PPL Captages : en commission, les députés recentrent le texte écologiste
Lors de l'examen en commission de la proposition de loi écologiste sur les aires de captage, le 4 février, les députés ont recentré le dispositif, qui systématise la délimitation d’aires d’alimentation des captages (AAC), assortis de plan d’actions pluriannuel et d'une interdiction, à l’horizon 2030, de l’usage de pesticides de synthèse et d’engrais azotés minéraux. Sur proposition de la députée LREM Nathalie Coggia, les députés ont réduit le périmètre d'application de ces mesures aux captages prioritaires, «soit à ce stade les captages dits Grenelle, dont la liste pourra être complété en fonction de l’exposition des captages et de l’évolution des situations locales». Ils précisent que les mesures «de restrictions ou d’interdictions» concerneraient «les zones les plus contributives, déterminées par la collectivité, au sein de ces captages prioritaires, avec obligation de résultats». Et qu'un décret pourrait déterminer une liste de captage non-concernés par l’obligation de résultats. Un amendement LFI a aussi été adopté qui systématise la mise en place systématique de zones soumises à contrainte environnementale (ZSCE) au sein d’une aire d’alimentation du captage, et le renforcement des contrôles des métabolites de pesticides au sein des programmes d'actions.
OGM : la CJUE valide les interdictions nationales de culture
«La procédure permettant à la Commission, à la demande d’un État membre, de restreindre la zone autorisée à la culture d’un OGM avec le consentement tacite du titulaire de l’autorisation» est valide, estime la Cour de justice de l’UE dans un arrêt du 5 février. Elle se prononçait le cas d’un agriculteur italien ayant décidé en 2021, au mépris de l’interdiction en vigueur en Italie, de cultiver du maïs MON 810. Cette variété OGM est une des seules dont la culture est autorisée dans l’UE. En 2015, l’UE a adopté un régime commun établissant des conditions dans lesquelles les États membres peuvent restreindre ou interdire la culture d’OGM sur leur territoire. Quelque 19 États membres y ont eu recours pour la culture du maïs MON 810, dont l’Italie, sans que Monsanto s’y oppose. Selon la CJUE, cette procédure «dans une logique de subsidiarité» n’est pas contraire au droit de l’Union. La Cour juge en particulier qu’un tel mécanisme ne viole pas le principe de proportionnalité ni ne crée de discrimination entre les agriculteurs des différents États membres. Elle estime que l’interdiction de cultiver un OGM ne constitue pas non plus une violation de la libre circulation des marchandises, car elle n’empêche ni les entreprises d’importer des produits contenant cet OGM, ni les consommateurs d’en acheter.
Soja : Trump annonce que la Chine va augmenter ses achats, Pékin ne confirme pas (presse)
À la suite d’une discussion avec le dirigeant chinois Xi Jinping le 4 février, le président américain Donald Trump a déclaré, sur son réseau Truth Social, que la Chine envisageait d’augmenter ses achats de soja états-unien, rapporte Reuters le même jour. Ceux-ci passeraient à 20 Mt pour la campagne 2025-2026, contre un volume de 12 Mt accordé précédemment. Ce dernier objectif a d’ailleurs été accompli. Néanmoins, les autorités chinoises n’ont, pour l’instant, pas confirmé les propos du locataire de la Maison Blanche. Cela n’a pas empêché les marchés de progresser hier (soja à Chicago, colza sur Euronext). « Cette nouvelle a pris de court les opérateurs et notamment les fonds, qui se sont fortement repositionnés à l’achat », commente le cabinet d’analyse Argus Media dans sa note quotidienne le 5 février. D’autres analystes ont affiché leur prudence au sujet de la déclaration de Donald Trump. Interrogé par Reuters, Arlan Suderman, économiste en chef des matières premières de StoneX, estime que « l’offre états-unienne n’est pas suffisante pour exporter encore 8 Mt vers la Chine, tout en répondant à la demande attendue des autres importateurs ». Et d’ajouter que « les prix du soja aux États-Unis pourraient augmenter, et certains acheteurs pourraient se tourner vers le Brésil à la place ».
Pomme de terre : l’UNPT dénonce « une dérive préoccupante de dé-contractualisation »
Dans un communiqué du 5 février, l’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) dénonce « une dérive préoccupante de dé-contractualisation » en ce début de campagne 2026-2027 « dans le secteur de la transformation européenne de la pomme de terre ». Les relations entre producteurs et industriels ne semblent donc guère s’améliorer depuis l’an dernier. Dans le détail, le syndicat pointe la baisse des volumes contractualisés à l’hectare « pouvant atteindre jusqu’à 20 % » sur certaines exploitations. La structure des nouveaux contrats proposés par les industriels pose également problème. D’après l’organisation, ils permettront « à certains opérateurs de se replier sur le marché libre en cas de retournement conjoncturel défavorable au producteur ». Ensuite, l’UNPT constate que les prix contractuels proposés « sont largement inférieurs aux coûts de production sur la partie engagée, avec des niveaux annoncés en recul de 25 % » par rapport à la campagne précédente. Cette baisse des prix est « en rupture manifeste avec l’esprit et les objectifs des lois Egalim ». Dans ce contexte difficile, le syndicat rappelle sa principale demande depuis l’an dernier : éviter les plantations excessives.
Vin/changement climatique : une PPL centriste pour sécuriser le travail nocturne
Une proposition de loi (PPL) centriste, déposée le 4 février à l’Assemblée nationale, vise à sécuriser la viticulture par rapport aux règles de bon voisinage et d’urbanisme. Par son article 1er, le texte du député Hubert Ott (Modem) propose de « renforcer le rôle des ODG dans la concertation locale, en les associant officiellement à l’élaboration des documents d’urbanisme sur les territoires qui comprennent des aires d’appellation », selon l’exposé des motifs. Il s’agit d’éviter que les règles d’urbanisme exercent une « pression » sur le foncier et les pratiques agricoles en « rendant difficiles les relations avec les nouvelles constructions ». L’article 2 propose d’exonérer les agriculteurs de responsabilité civile pour trouble de voisinage « dans le cas où les modifications des horaires d’exercice de l’activité agricole sont liées à l’adaptation au changement climatique ». En viticulture, « la multiplication des épisodes de fortes chaleurs impose de recourir à des horaires décalés, y compris nocturnes, afin de protéger la santé des travailleurs et de garantir la qualité des productions », explique le député.
Fleurs : mauvais début d’année pour le marché d’Aalsmeer
Le début de l’année 2026 a été marqué par une baisse conséquente du chiffre d'affaires pour la coopérative néerlandaise Royal FloraHolland (marché d’Aalsmeer, principale place de négoce européenne), rapporte le site Floral Daily le 4 février. Ainsi, le chiffre d'affaires total pour les fleurs coupées a chuté de 17,4 % en janvier. Le nombre d'unités vendues a diminué de 4,2 %. Pratiquement aucune variété n’est épargnée : -23,3 % pour les roses, -21,3 % pour les chrysanthèmes spray et même -35,8 % pour les jacinthes, la plus forte baisse parmi les fleurs coupées. Les chrysanthèmes à grandes fleurs ne sont pas épargnés, mais dans une moindre mesure (-10,2 % sur le mois de janvier). Les gypsophiles, les limoniums, les alstrœmères et les freesias ont également terminé le mois avec des baisses de chiffre d'affaires à deux chiffres. Par ailleurs, si les ventes de tulipes ont augmenté de 9,8 %, la baisse du prix moyen (-21,4 %) a affecté le chiffre d’affaires, qui baisse de 13,8 %. La tendance est similaire pour les plantes d’intérieur : le recul du chiffre d’affaires est de 10,5 %, avec de fortes baisses pour les plantes succulentes (-24,5 %) et les orchidées papillon (-13,6 %).
Bovins/DNC : l’Espagne accepte les bovins vaccinés issus du Sud-Ouest (ministre)
L’Espagne a donné son accord pour recevoir des bovins vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) issus de la zone vaccinale du Sud-Ouest (ZV 1), jusque-là exclue, a annoncé Annie Genevard sur X le 5 février. Les exportations d’animaux (en premier lieu des petits veaux et des broutards) pourront « reprendre dès le mois de mars sous certaines conditions », non précisées, indique la ministre de l’Agriculture. La ZV 1 regroupe les départements concernés par la campagne de vaccination préventive élargie qui ne présentent pas de foyer de DNC : Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gers, Tarn et Hérault. Le 27 janvier, la Rue de Varenne avait annoncé avoir obtenu l’accord de l’Espagne pour les importations des seuls bovins issus de la ZV 2. Cette zone vaccinale comprend les départements ayant connu des foyers ou inclus dans des zones réglementées : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et 500 communes dans le Sud-Ouest. Les sorties de bovins sont encore interdites dans la dernière zone réglementée, qui englobe les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Ariège, ainsi qu’une partie de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées. Par ailleurs, la campagne de vaccination dans les dix départements du Sud-Ouest est quasiment achevée (à 96,5 %, selon le bilan du ministère au 29 janvier).
Bovins/DNC: un vétérinaire jugé par son Ordre pour avoir critiqué l'abattage total
Le conseil régional de l’Ordre des vétérinaires de Bretagne a demandé le 5 février des sanctions contre un vétérinaire d’Ille-et-Vilaine pour avoir publiquement critiqué la stratégie officielle d’abattage total des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Le président national de l’Ordre, Jacques Guérin, avait déposé plainte contre le Dr Gaël Gounot pour des propos tenus lors d’un webinaire organisé par la Coordination rurale le 23 juillet 2025, moins d’un mois après l’identification d’un premier cas de DNC en Savoie. Le Dr Gounot y répétait à plusieurs reprises être «contre l’abattage total», une position qu’il a maintenue jeudi à Rennes devant la chambre de discipline régionale de l’Ordre, chargée de sanctionner d’éventuels manquements au code de déontologie des vétérinaires. Pour l’Ordre des vétérinaires, cette prise de position publique va non seulement à l’encontre d’une mesure légale mais porte aussi atteinte à l’image et à la dignité de la profession de vétérinaire. En s’exprimant dans ce webinaire de la Coordination rurale, Gaël Gounot aurait en outre «aliéné son indépendance professionnelle au profit d’une cause militante syndicale». Dans la plainte, il est également reproché au Dr Gounot d’avoir donné une expertise sur un sujet sur lequel «il n’a a priori pas les connaissances scientifiques suffisantes» et d’avoir fait une «communication inappropriée» pouvant «induire en erreur le public».
Lait cru : les propositions de l'Anses pour diminuer le nombre de toxi-infections
L’Anses a diffusé le 5 février de nouvelles mesures à prendre pour réduire le nombre de cas de toxi-infections liées à la consommation de fromages au lait cru. Cet avis, dont une première partie a été publiée en 2022, fait suite à une saisine de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) datant de 2019. L’Anses préconise de rendre les troupeaux bovins indemnes de bactéries identifiées comme particulièrement à risque pour l’être humain comme les Salmonella Dublin et des Escherichia coli producteurs de shigatoxines, plus précisément celles du sérogroupe O26 appartenant au groupe I (STEC O26 groupe I). En fonction des pathogènes, les auteurs recommandent de tester (sérologie) le lait ou les animaux, ou d'introduire dans les troupeaux uniquement des nouveaux animaux issus de troupeaux indemnes, ou de renforcer l'hygiène. Des propositions visent aussi la fabrication : l'acidification rapide du lait ralentit la multiplication des bactéries, toute comme l’utilisation de ferments lactiques adaptés. « Les auto-contrôles réalisés par les professionnels constituent un outil efficace », notent les auteurs. Enfin, l’Anses rappelle que « les populations les plus à risques devraient éviter de manger des fromages au lait cru, à l’exception des fromages à pâte pressée cuite » et qu’il faut conserver les fromages à une température ne dépassant pas 4°C. La filière du lait cru rassemblée au sein du Cnaol demande la mise en place depuis plusieurs mois d’un plan de sauvegarde du lait cru.
Camemberts hors AOP : vers un examen partiel des recours des fromageries au Conseil d'Etat
Lors d’une audience au Conseil d’État le 5 février, le rapporteur public a proposé d’admettre partiellement les recours déposés par plusieurs sociétés fromagères qui souhaitent continuer d’apposer des mentions et images relatives à la Normandie sur leurs camemberts non AOP. Ces quatre sociétés, dont Lactalis, contestent la décision de la cour administrative d’appel de Nantes, qui a confirmé le 10 janvier 2025 l’injonction de la DGCCRF leur imposant de modifier leur étiquetage. Le 5 février 2026, le rapporteur du Conseil d’État a appelé les juges à se prononcer sur la possibilité de continuer à exploiter une marque déposée avant l’enregistrement d’un signe de qualité – et donc à préciser l’application du règlement européen n°1151/2012 sur l’information des consommateurs (article 14). Les requérants demandent aussi que l’administration se prononce sur la validité de chaque étiquetage pris individuellement, après une procédure contradictoire. Le rapporteur public, dont l’avis est souvent suivi par les juges, n’a pas appelé à se saisir de ce volet de l’affaire. La décision d’instruire ou non les recours sera connue d’ici trois semaines. Si la procédure se poursuit, une nouvelle audience devrait se tenir courant 2026, selon l’avocat des fromageries, interrogé par Agra Presse.
Lait : la Fnil veut exclure les produits laitiers les centrales d’achat européennes
A l’occasion d’un point presse le 5 février, François-Xavier Huard, le PDG de la Fnil (industriels), s’est montré particulièrement offensif pour dénoncer le comportement des centrales d’achat européennes. Selon lui, une centrale d’achat comme Everest (Intermarché, Auchan, Casino, Edeka, Picnic…) déréférence 100% des produits de grande consommation de Lactalis en Allemagne et 30% en France depuis deux semaines, dans le cadre des négociations commerciales annuelles. Or cela est « illégal », a-t-il souligné. Autre grief : l’obligation faite aux industriels par les distributeurs d’acquérir des données auprès des centrales de services, alors que ces données sont « inutilisables », avant même de pouvoir accéder aux centrales d’achat. Or les tarifs des centrales des services relèvent du « racket ». La Fnil dénonce aussi une concentration renforcée des centrales d’achat européennes. Face à ce constat, la Fnil demande d’exclure des alliances internationales les produits à forte composante agricole comme les produits laitiers et d’imposer la négociation à l’échelle française pour les produits fabriqués, vendus et consommés en France. La Fnil veut aussi alourdir les sanctions infligées aux distributeurs pour dissuader les pratiques déloyales.
Lait : les origines du différentiel de valorisation Allemagne-France, selon la Fnil
Dans une étude commandée par les collèges du Cniel, présentée le 5 février, la Fnil (industriels) a expliqué comment se distribuait, segment de marché par segment de marché, le différentiel de valorisation du lait entre la France et l'Allemagne, où le prix aux producteurs est supérieur. L’étude, qui ne fait pas mention des coûts de transformation des laiteries, se base sur un prix du lait sur 9 mois de 2025 à 470 euros/1000 litres en France et 520 euros/1000 litres en Allemagne. 15 à 20 euros de différence viennent d’une meilleure valorisation auprès des grandes surfaces, et 10 à 15 euros s’expliquent par le segment des fromages. Vient ensuite une meilleure valorisation à l’export (10 à 15 euros). Enfin, 5 à 10 euros restent inexpliqués ; une hypothèse étant une volonté des laiteries d’assurer la pérennité des élevages situés autour d'elles. En septembre 2025, la Fnil avait présenté une étude réalisée par le Banque de France montrant que les industries laitières françaises obtenaient un résultat net particulièrement faible, de l’ordre de 1,1 % en 2024 et en baisse continue depuis 2020, bien loin derrière le résultat net des industries agroalimentaires à 3%. La FNPL (éleveurs, FNSEA) reproche régulièrement aux industriels laitiers français leur manque de compétitivité comparé à leurs collègues allemands, avec pour conséquence un prix du lait payé aux éleveurs moins élevé.
Lait : Biolait a payé 510€/1000 litres en 2025, en hausse de 27 € sur un an
Le collecteur Biolait a annoncé le 5 février qu’il avait payé le lait aux éleveurs 510 euros/1000 litres en 2025, contre 483 euros/1000 litres en 2024. En outre, Biolait a collecté et commercialisé davantage de lait en 2025 qu’en 2024, soit 9 millions de litres en plus, grâce à « des conditions météorologiques favorables et une production fourragère de qualité. » Le premier collecteur de lait bio en France note aussi « une baisse du taux de déclassement (19% contre 28% en 2024), une optimisation des coûts logistiques grâce à la réorganisation de certaines tournées de collecte et le maintien de la prime Biocoop intégralement reversée aux adhérents. » Biolait aborde 2026 positivement, affirmant vouloir « maintenir ses efforts pour sécuriser au mieux les volumes et améliorer encore le prix du lait ». La reprise de la consommation de lait bio devrait permettre de faire encore baisser les déclassements en lait conventionnel, selon Biolait, qui a accueilli 30 nouveaux adhérents en 2025 contre 14 en 2024. Les programmes opérationnels obtenus récemment devraient aussi aider aux dépenses de la structure et des fermes. Toutefois, Biolait reconnaît qu’il faut poursuivre la baisse des coûts logistiques et qu’une « réflexion structurelle stratégique » doit être menée.
« Souveraineté alimentaire » : un député propose des « zones d’accélération »
Le député Modem des Côtes-d'Armor Mickaël Cosson a déposé, le 4 février, une proposition de loi instaurant des « zones d'accélération de la souveraineté alimentaire ». Inscrites dans le Code rural, ces zones verraient leurs contours proposés par les communes, après consultation publique, puis validés par les « autorités administratives compétentes », notamment à l'échelle régionale, et révisés tous les cinq ans. Concrètement, les zones ne sont assorties d'aucune disposition d'assouplissement réglementaire. La proposition de loi les définit simplement – afin d'en délimiter le périmètre – comme des zones qui visent à « favoriser le développement de projets concourant au renforcement de la résilience des systèmes de productions agricoles, des filières et de l’industrie agroalimentaire ainsi qu’à l’adaptation au changement climatique de nos modes de production ». Elles doivent aussi « contribuer à la capacité de la France à assurer son approvisionnement alimentaire et à surmonter les crises susceptibles de porter atteinte à sa sécurité alimentaire ».
Climat : l’adoption de la SNBC 3 attendue au printemps après consultations
Le ministère de la Transition écologique a fait part, le 5 février, de son souhait de publier un décret relatif à la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) au printemps, à l’issue d’une phase de consultations. Pour l’heure, le texte est soumis pour avis au Conseil national de la transition écologique (CNTE), au Haut conseil pour le climat (HCC), à l’Autorité environnementale (AE) et au Conseil national d’évaluation des normes (CNEN). La SNBC 3 fixe comme cap la neutralité carbone de la France à l’horizon 2050 et une baisse moyenne des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 5 % par an d’ici 2030. Malgré des chiffres plutôt décevants en 2025 et un contexte économique contraint, le ministère de la Transition écologique a affirmé le « réalisme » de ces objectifs. Concernant le secteur agricole, la SNBC prévoit une baisse de 28 % des émissions d’ici 2030 et de 54 % d’ici 2050 (par rapport à 1990). Un objectif de baisse « moins rapide » que pour d’autres secteurs, selon le ministère. En revanche, la SNBC ne fixe aucun objectif chiffré de réduction de la consommation de viande, une absence critiquée par les associations environnementales. Interrogé à plusieurs reprises sur ces critiques, le ministère n’a pas répondu. En décembre dernier, le cabinet de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait indiqué que la SNBC « n’a pas vocation à être prescriptive sur les habitudes alimentaires des Français ».
Alimentation infantile : une PPL veut interdire les sucres ajoutés
Une proposition de loi (PPL), déposé le 4 février par le député Cyrille Isaac-Sibille (Les Démocrates), vise à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge. Le texte s’inscrit dans un contexte de progression du surpoids et de l’obésité en France. « Or, ce que nous consommons durant l’enfance façonne durablement nos habitudes alimentaires à l’âge adulte », souligne la PPL dans l’exposé des motifs. Selon une enquête de l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers publiée en octobre 2023, de nombreux produits alimentaires destinés aux enfants contiennent des quantités excessives de sucres ajoutés ou d’ingrédients sucrés. Ainsi, 22 % des préparations céréalières et 14 % des produits à base de fruits destinés aux enfants en bas âge en contiennent. Pour enrayer ce phénomène et lutter contre la progression de l’obésité en France, l’article unique de la PPL prévoit cette interdiction des sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants entre un an et trois ans, à l’exception des laits de croissance et des denrées alimentaires à usage médical.
Salon de l'agriculture : la Conf' boycottera l’inauguration avec Macron
Après avoir participé cette semaine à la traditionnelle rencontre entre le Président de la République et les syndicats agricole, en amont du Salon de l'agriculture, la Confédération paysanne a annoncé, dans un communiqué paru le 5 février, qu'elle ne participera à l'inauguration de l'évènement par Emmanuel Macron. «Lundi, comme hier lors de son déplacement en Haute-Saône, le discours du Président de la République ne répond en rien aux colères du monde paysan qui enflamment les campagnes ces derniers mois», explique le syndicat minoritaire, qui regrette notamment «l’absence de remise en cause de l’abattage total et de mesures de protection structurelle pour le revenu paysan». La Conf' n'a pas suivi l'appel de sa fédération de l'Ariège qui appelait à boycotter l'entièreté du Salon de l'agriculture. La Conf' sera présente sur son stand, comme chaque année, et organisera en parallèle une nouvelle édition de son Salon à la ferme ; depuis 2021 et la pandémie de Covid-19, le syndicat organise des évènements en exploitation durant le Salon de l'agriculture. A son lancement, son porte-parole Nicolas Girod avait regretté le peu d'intérêt porté par le gouvernement à cet évènement.
Agenda de la semaine agricole du 9 février 2026
Lundi 9 février
Salon Wine Paris, jusqu'au 11
Salon Foodorama (restauration) à Paris, jusqu’au 10
Rapport de la Cour des comptes européenne sur la proposition de budget de la Pac post-2027
Cnopsav sur la stratégie vaccinale 2026 contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC)
Présentation du rapport de l’IBPES sur le business et la biodiversité
Conférence de presse d'Euralis consacrée aux résultats financiers
Mardi 10 février
Vote en séance plénière du Parlement européen sur la mesure de sauvegarde agricole de l'accord UE-Mercosur
Salon BioFach à Nuremberg (Allemagne), jusqu’au 13
Conférence de presse du Salon de l'agriculture
Petit-déjeuner presse de l’Agence bio sur la bio dans la restauration
Colloque à l'Assemblée sur l'urgence sanitaire face aux pesticides, par LFI
Troisième édition d’AgroFret (transports de denrées) de FranceAgriMer
Conférence de presse de Pink Lady (pommes)
Conférence de presse d'Inaporc
Conférence de presse d'Oxol (portage foncier)
Conférence de presse de présentation d'un outil de détection des salmonelles
Conférence de presse d'Inter Rhône, au Wine Paris
Conférence de presse d'IGP Pays d'Oc, au Wine Paris
Conférence de presse du Comité Champagne, au Wine Paris
Conférence de presse de la FEVS (exportateurs de vins et spiritueux), au Wine Paris
Mercredi 11 février
Débat à l’Assemblée sur la pétition contre la loi Entraves
Guillaume Garot présente un Agenda 2030 contre le gaspillage alimentaire
Déjeuner annuel de Cidres de France
Mobilisation nationale contre les pesticides et la loi Entraves, par le collectif Se nourrir
Conférence de presse de Sofiprotéol
Conférence de presse d'Inter Beaujolais, au Wine Paris
Colloque des Cuma à l'Assemblée (restitution de dix ans de recherche)
Jeudi 12 février
L’Assemblée examine la PPL contre le cadmium dans l’alimentation
L’Assemblée examine la PPL pour protéger l’eau potable
L'Assemblée examine la PPL pour une génération sans sucre
Conférence de presse annuelle de Phyteis (fabricants de pesticides)
Présentation de la démarche « Serres d’avenir » de l’AOPn Tomate et concombre de France
conférence de presse du CNPO (œufs)
Vendredi 13 février
18ᵉ Salon international de l’orchidée à Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône), jusqu’au 15
Visioconférence des réseaux d’élevages Inosys (résultats économiques bovins viande)
Point presse de Sipcam France (pesticides, biocontrôle)