Présidentielle: le Conseil de l'agriculture française présente ses propositions
Le Conseil de l'agriculture française (Caf*) a publié le 9 janvier son manifeste en vue de l'élection présidentielle d'avril. Le document est structuré en cinq axes, le premier étant intitulé «mieux produire»: les organisations professionnelles y appellent notamment à «valoriser l'acte de production en France», à «ne pas sur-contraindre les agriculteurs avec des réglementations nationales», ou encore à «traquer les pratiques de concurrence déloyale». Le deuxième axe vise à «mieux promouvoir les métiers», notamment en levant «les contraintes qui pèsent sur l'installation de nouveaux agriculteurs». Troisième axe: «Mieux valoriser les expertises et services environnementaux rendus par l’agriculture», notamment la «captation du carbone». Le Caf appelle aussi les candidats à «mettre au cœur des priorités l’activité économique des zones rurales et le vivre ensemble qui en découle» (quatrième axe). Dernier thème: l'Europe, avec la volonté de «préserver les capacités de production de l’agriculture européenne, en l’accompagnant d’une politique commerciale intra et extra-européenne juste et équitable». Par ailleurs, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a annoncé le 8 janvier dans le Journal du Dimanche que les candidats à la présidentielle seront conviés à un «grand oral» le 31 mars, dernier jour du congrès de la FNSEA à Besançon (Doubs).
* FNSEA, Jeunes Agriculteurs, APCA (chambres d'agriculture), CNMCCA (mutualité, coopération et crédit agricole).
Covid-19: «La chaîne alimentaire tient bon» malgré l’absentéisme (ministère)
Face à la reprise de l’épidémie de Covid-19 et à l’augmentation de l’absentéisme dans les entreprises, «la chaîne alimentaire tient bon», a assuré le ministère de l’Agriculture à la presse le 10 janvier. Il précise qu’il n’y a «pas de rupture dans l’approvisionnement». Plus tôt dans la journée, le gouvernement avait réuni les acteurs de la chaîne alimentaire (agriculteurs, industriels, transporteurs et distributeurs) pour faire le point sur la situation alors que les contaminations explosent dans le pays (296 000 cas confirmés le 9 janvier). «Il n’y a pas d’alerte systémique, nous ne sommes pas dans la même situation qu’au printemps 2020. Les nouvelles règles d’isolement et le maintien des écoles ouvertes permettent d’assurer la continuité pédagogique et économique», a déclaré le cabinet du ministre. En une dizaine de jours, le taux d’absentéisme a doublé dans les entreprises de l’agroalimentaire, passant «de 5% à 10-15%». Il était d’environ 35 à 40% au premier confinement. Le gouvernement suit avec attention l’allongement des délais de livraison, notamment pour les produits frais (fruits et légumes, volaille, viande bovine…), tout en rappelant que la loi Egalim 2 interdit aux distributeurs d’appliquer des pénalités logistiques à leurs fournisseurs en cas de difficultés «majeures» indépendantes de leur volonté.
Accord UE-Australie: une «pause» en attendant des «signaux politiques» (Commission)
Après la crise des sous-marins, l’accord commercial entre l’UE et l’Australie «demande clairement de la réflexion et des signaux politiques», a estimé le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis à l’occasion d’une conférence de presse le 10 janvier à Paris. «Nous devons faire une pause pour réfléchir à la manière d’avancer», a poursuivi le commissaire. Décalé plusieurs fois à l’automne par les autorités européennes, le prochain rendez-vous de négociation devrait avoir lieu d’ici mars. Alors que la présidence française de l'UE a fait des clauses miroirs l’une de ses priorités, Valdis Dombrovskis a aussi rappelé que la Commission travaille sur un rapport sur leur «faisabilité technique et juridique» à paraître en juin 2022. Cependant, «il y a certaines restrictions dans le cadre de l’OMC», a rappelé le commissaire, évoquant la difficulté d’imposer les méthodes de production européennes aux partenaires commerciaux. «Il faut distinguer ces clauses des mesures de sécurité alimentaire, qui ne sont pas négociables dans les accords commerciaux. Tout produit alimentaire entrant en UE doit respecter nos exigences en matière sanitaire», a insisté Valdis Dombrovskis.
Homologations des phytos: cinq ONG déposent un recours contre l’État
Cinq ONG ont déposé un recours contre l’État le lundi 10 janvier devant le tribunal administratif de Paris, a appris l’AFP. Pollinis, Notre affaire à tous, Aspas, ANPER-TOS et Biodiversité sous nos pieds accusent le gouvernement de ne pas protéger suffisamment l’environnement, lui demandant de revoir le processus d’homologation des pesticides. En septembre 2021, deux d’entre elles, Pollinis et Notre affaire à tous, avaient envoyé des injonctions à l’État, «première étape d’une action en justice». «On attend la réparation du préjudice écologique causé par les carences et insuffisances de l’État en matière d’évaluation des risques et d’autorisation de mise sur le marché des pesticides», a détaillé à l’AFP Julie Pêcheur, directrice du plaidoyer pour Pollinis. Pour les ONG, la procédure actuelle d’autorisation est «totalement obsolète», car certains effets néfastes pour les pollinisateurs ne sont pas testés, comme la toxicité chronique. Autre écueil, selon Pollinis, les tests concernant les pollinisateurs sont effectués sur les abeilles domestiques, mais pas sur les abeilles sauvages - un millier d’espèces différentes. Les ONG, insiste Julie Pêcheur, demandent «une réforme du processus d’homologation» et que l’État «rende accessible au public l’ensemble des études réglementaires menées par l’agrochimie».
Climat: concentration record de méthane atmosphérique en 2021 (Copernicus)
En 2021, la concentration atmosphérique moyenne de méthane a atteint un nouveau record à 1876 ppb (partie par milliard), selon des données publiées par le programme européen Copernicus le 10 janvier. «Le méthane est un gaz à effet de serre très puissant, et nous sommes inquiets de voir que le rythme d’augmentation dans l’atmosphère a doublé», s’alarme Vincent-Henri Peuch, directeur du service de surveillance atmosphérique de Copernicus. Alors que la concentration atmosphérique augmentait d’environ 8 ppm par an entre 2010, ce rythme a atteint 16,3 ppm en 2021. «Le méthane est à 40% d’origine naturelle et à 60% d’origine anthropique, il est difficile de savoir quel phénomène est responsable de cette augmentation», poursuit Vincent-Henri Peuch. Pour lui, la fonte du permafrost serait cependant à exclure, dans la mesure où une telle libération entraînerait des augmentations plus progressives de concentration. Les données de Copernicus montrent par ailleurs que «les sept dernières années ont été les années les plus chaudes jamais enregistrées avec une marge nette». Si l’année a été «juste au-dessus» en moyenne au niveau européen, «l’été a été le plus chaud jamais enregistré avec un nouveau record de température de 48,8°C en Sicile», rappelle Freja Vamborg, chercheuse du programme Copernicus.
Lait bio: Sodiaal incite financièrement ses adhérents à réduire leur production
Face à la crise du lait bio, la coopérative Sodiaal a annoncé fin décembre à ses adhérents la mise en place d’une prime de 113 €/1000 l pour inciter les producteurs bio à réduire leurs volumes au premier semestre, période habituelle de pic de production. «Notre objectif est de retrouver un équilibre sur le marché, d’éviter les déclassements et de retrouver une valorisation du lait bio», déclare le président de Sodiaal Damien Lacombe à Agra Presse. «Le niveau faible de l’incitation financière n’encouragera pas les producteurs bretons, sur la période de pâturage, à baisser leur volume», estime la Confédération paysanne de Bretagne dans un communiqué. Dans un contexte de décrochage entre l’offre et la demande, Sodiaal déclasse 10% de ses volumes de lait bio en conventionnel. D'après la Conf’, «sur janvier, le lait déclassé sera payé moins cher que le conventionnel». Sodiaal explique que le montant de 113 € retenu pour le montant de la prime correspond à la différence entre le prix du bio et du conventionnel sur un an. C’est aussi sur ce montant qu’est basé le prix payé aux éleveurs pour le lait déclassé: le prix du lait bio moins 113 euros. «En période de baisse des cours du lait bio et de montée du conventionnel, le prix du lait déclassé passe sous le prix du lait conventionnel, mais cela se rééquilibre sur une année», assure Sébastien Courtois, administrateur chez Sodiaal.
Porc: un premier cas de PPA en Italie continentale, en faune sauvage
«Un cas de peste porcine africaine (PPA) chez un sanglier a été détecté le 5 janvier sur la commune d’Ovada dans le Piémont» en Italie, indique la Plateforme d'épidémiosurveillance en santé animale (ESA) le 7 janvier. Ce cas – confirmé le 6 janvier – se situe dans le Sud-Ouest du pays, à moins de 100 km de la frontière avec la France. Il s'agit du premier cas en Italie continentale. «À ce stade, nous n'avons pas d'information sur le génotype de PPA ni sur l'origine de cette infection», précise la plateforme. Et de rappeler que la Sardaigne est «infectée par le génotype I depuis 1978», tandis que «dans le reste de l’Europe, toutes les souches isolées appartiennent au génotype II». Le cas de PPA le plus proche en Europe se trouve «en Hongrie à 592 km de distance». Souvent mortelle pour les suidés (cochons et sangliers), inoffensive pour l'Homme, cette maladie hémorragique virale est aussi présente dans douze pays du continent européen (Allemagne, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Pologne, Roumanie, Russie, Slovaquie, et Ukraine). Avec plus de 10 millions de porcs abattus en 2020, l'Italie est le septième producteur européen.
Engrais: Yara va arrêter d'importer de la potasse du Bélarus
Le producteur norvégien d'engrais Yara va progressivement mettre fin à ses importations de potasse en provenance du Bélarus en raison de difficultés dans la chaîne d'approvisionnement dues aux sanctions internationales, a-t-il annoncé le 10 janvier. «Les effets sur la chaîne d'approvisionnement des sanctions actuelles contre le Bélarus ont contraint Yara à entamer une réduction progressive de son approvisionnement en potasse bélarusse», selon le communiqué. Il avait continué à s'approvisionner auprès du groupe étatique Belaruskali, qui représente 20% des exportations mondiales de potasse, selon l'Association internationale de l'industrie des engrais (IFA). Yara dit absorber généralement entre 10 et 15% de la production totale de Belaruskali. «Même si l'approvisionnement de Yara au Bélarus est pleinement conforme aux sanctions applicables, d'autres maillons de la chaîne d'approvisionnement cessent les services de base requis pour permettre les exportations de potasse», a précisé le groupe pour expliquer sa décision. Yara dit tabler sur l'arrêt de ses importations de potasse bélarusse au 1er avril prochain.
Bourgogne-Franche-Comté: trois coopératives créent une marque de production locale
Trois coopératives de Bourgogne-Franche-Comté, Bourgogne du Sud, Dijon céréales et Terre comtoise, créent une marque pour promouvoir la production locale, ont-elles annoncé le 10 janvier lors d'une conférence de presse. «Un comité d’agrément sélectionne depuis quelques semaines les produits qui pourront l’arborer, selon un cahier des charges rigoureux», ont précisé les trois coopératives. Cette marque, baptisée «Nous autrement», concerne des produits dérivés des productions végétales (pain, farines, gâteaux) et animales (viandes, charcuteries, œufs, miel), ainsi que des produits destinés au jardin (plants et arbustes, supports de cultures d’origine locale) ou encore de l’énergie (granulés de bois, biogaz issu de la méthanisation, électricité de l’agrivoltaïsme). La marque fera progressivement son apparition début 2022 dans les 51 magasins Gamm vert des trois coopératives, ainsi que dans les 12 boulangeries de Dijon Céréales et les 23 boulangeries du groupe Maison Roger (agglomération dijonnaise). Le chiffre d’affaires devrait avoir un ratio de 70% pour les produits alimentaires et 30% pour les produits énergétiques. Mais d’ici cinq ans, «il devrait s’inverser, les produits énergétiques générant beaucoup de chiffre» d’affaires, a indiqué Christophe Richardot, directeur général de Dijon Céréales.
Centre Ouest Céréales renouvelle sa direction pour cause de «divergence politique»
Un binôme prend la direction générale de Centre Ouest Céréales, a annoncé la coopérative le 10 janvier, à la suite d'une «divergence politique» avec son d.g. François Pignolet, en poste depuis 2014. «Une divergence politique entre le conseil d’administration et François Pignolet nous a conduits à arrêter notre collaboration et mettre en place une nouvelle organisation de l’équipe dirigeante», déclare le président Emmanuel Massicot, cité dans un communiqué. Ulrich Housseau (40 ans) est nommé directeur général. Entré en 2012 chez Centre Ouest Céréales, il était jusque-là directeur terrain et approvisionnements. Pierre-Adrien Flages (35 ans) est nommé directeur général adjoint. Il était depuis 2017 directeur commercial de la coopérative. Centre Ouest Céréales, qui compte 1700 agriculteurs, pèse 299 M€ de chiffre d’affaires consolidé.