Agrafil du 12 janvier 2022

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Influenza aviaire: le virus a atteint la Chalosse, la propagation s'accélère

Avec 102 cas en élevages au 11 janvier, contre 46 quatre jours plus tôt (d'après le site web du ministère de l'Agriculture), l'épizootie d'influenza aviaire a connu une forte accélération ces derniers jours. Cent de ces cas se situent dans le Sud-Ouest (dont 57 dans les Landes), où le virus a gagné deux nouveaux départements (Lot-et-Garonne et Hautes-Pyrénées). «D'après les confirmations que l'on a reçues au cours des dernières 24 heures, on peut imaginer que l'on va vivre la même situation que l'année dernière, ou quasiment», indique François Lesparre, président de la FDSEA des Landes, le 10 janvier dans un entretien à Agra Presse. «C'est le cœur de la Chalosse (zone très dense en élevages de canards gras, NDLR) qui est touché», ajoute-t-il. La mise à l'abri obligatoire des animaux avait jusque-là permis de «freiner la dispersion du virus», qui restait cantonné à des foyers secondaires autour des points d'introduction. Le virus influenza de cette saison serait «très contaminant, voire plus que l'année dernière», estime M. Lesparre d'après les retours du terrain. Par ailleurs, les gallinacées seraient «plus sensibles» à cette souche que lors de l'épisode précédent. «Cette année, 60% des cas concernent les canards et 40% les galliformes (poulets et dindes notamment, NDLR). En 2020-2021, les canards représentaient 90% des cas et les volailles 10%», indique-t-on à la FDSEA des Landes.

Aides d'Etats: Bruxelles propose de simplifier les règles pour l'agriculture

La Commission européenne a ouvert jusqu’au 13 mars une consultation publique sur son projet de révision des règles relatives aux aides d'État dans les secteurs de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche. L'objectif est d'aligner ces règles avec les objectifs de la nouvelle Pac et du Green deal européen. La révision proposée permettra aux États membres d'accorder plus facilement et plus rapidement des financements, sans provoquer de distorsions indues de la concurrence dans le marché unique, assure Bruxelles. Les aides d’État destinées au financement des risques, à la recherche, à l’environnement, ou encore à finalité régionale, pourront être accordées sans notification préalable. L'adoption de ces règles révisées est prévue pour la fin de l'année 2022 afin qu’elles puissent entrer en application en même temps que la nouvelle Pac. Les États membres peuvent déjà distribuer sans notification préalable une partie des aides agricoles d'Etat ; ce sont les aides dites de minimis qui ne doivent pas dépasser 25000 € sur trois ans par exploitation agricole.

Machinisme : les ventes de tracteurs neufs au plus haut depuis 2013

Les ventes de tracteurs ont atteint 40 728 premières immatriculations sur l’année 2021, un sommet depuis 2013, a indiqué le 10 janvier Axema (constructeurs). Elles montrent une hausse de 8,9 % par rapport à 2020, de 6,9 % comparées à la moyenne quinquennale, d’après un communiqué. « 2021 renoue avec la croissance », souligne Axema rappelant que 2020 a vu « des arrêts de chaîne et des fermetures partielles d’usines » liés la crise sanitaire. Avec 24 543 unités, les immatriculations de tracteurs standards grimpent de 2,7% sur un an. L’analyse par segment de puissance révèle que la catégorie «100 à 149 ch» se maintient en tête de classement. Celle des «150 à 199 ch» affiche la meilleure progression et garde la deuxième place. Côté marques, John Deere reste numéro un des tracteurs standards, avec 23,3% de parts de marché (+1 point). Le podium est inchangé, comprenant derrière New Holland (14,4 %, +0,2 point) et Fendt (13,2 %, -0,5 point). Par ailleurs, les tracteurs vignes et vergers affichent des premières immatriculations à 4 146 unités (+11,1% sur un an), les chargeurs télescopiques 4 675 unités (+1,7 %), les enjambeurs vignerons 391 unités (+16 %).

Porc: découverte d'une nouvelle bactérie «hypervirulente» chez les sangliers (Inrae)

Qualifiée d'«hypervirulente» et transmissible aux porcs, une nouvelle souche hybride d'Escherichia coli (E. coli) a été isolée chez des sangliers, annonce l'Inrae le 11 janvier. L'institut évoque une étude publiée le même jour dans la revue Emerging infectious diseases par des chercheurs de l'Inrae, de l'ENVT (école vétérinaire de Toulouse) et de l'université de Toulouse. Remarquant une «surmortalité de sangliers dans plusieurs départements», les scientifiques soupçonnaient que ces animaux avaient «succombé à une infection bactérienne due à une souche de Escherichia coli particulière». En produisant une toxine (shigatoxine, Stx2e), ces bactéries provoquent des œdèmes, «mortels chez l'animal». Cette souche est «commune en élevage porcin», mais «n'avait encore jamais été retrouvée» chez des sangliers. L'analyse du génome bactérien a montré qu'il s'agit d'un «hybride entre deux souches de E. coli», qui plus est «proche de celle retrouvée en élevage». Cette nouvelle souche «ne circulerait pour l'instant que chez des animaux de la faune sauvage», affirme l'Inrae, car elle ne présente «aucun gène de résistance aux antibiotiques, signature fréquente des bactéries provenant d'élevages».

Porc: l'Inde autorise les importations américaines pour la première fois

L'administration Biden a annoncé le 10 janvier que l'Inde avait autorisé les importations de porc américain et de produits à base de porc américain, une première, se félicitant de la suppression d'«un obstacle de longue date au commerce agricole américain». «L'accord avec l'Inde autorisant pour la première fois les importations de porc américain est une excellente nouvelle pour les producteurs américains et pour les consommateurs indiens», a déclaré la représentante américaine au Commerce (USTR) Katherine Tai dans un communiqué. «Nous continuerons de travailler au renforcement des relations commerciales avec les États-Unis», a-t-elle ajouté. Cette annonce fait suite au Forum sur la politique commerciale entre les États-Unis et l'Inde qui s'est tenu à New Delhi en novembre 2021. Katherine Tai avait alors évoqué l'importance de l'accès au marché indien pour le porc américain. En 2020, les États-Unis étaient le troisième producteur mondial de porc et le deuxième exportateur mondial, avec des ventes mondiales de porc et de produits à base de porc évaluées à 7,7 milliards de dollars, selon les données de l'USTR.

Pomme de terre : McCain propose 5 €/t de plus en agriculture de régénération

Le spécialiste des frites surgelées McCain lance une contractualisation inédite offrant 5 €/t de plus à ses producteurs en agriculture de régénération, a-t-il annoncé le 11 janvier. Cette bonification de 5 €/t est liée à un engagement volontaire sur six ans autour de pratiques qui visent à «remettre le sol au cœur du système de production», a expliqué le responsable des achats de pommes de terre Maxence Turbant, à l’occasion de l’assemblée générale du groupement Gappi. En juin, McCain s’était fixé comme objectif 100% de surfaces en agriculture de régénération d’ici à 2030. Trois niveaux d’engagement sont prévus, a précisé Maxence Turbant. Il s’agit d’une démarche d’amélioration continue. La première année, le contrat d’agriculture de régénération prévoit d’atteindre le niveau «débutant», soit la CE2 (certification environnementale de niveau 2). Après trois ans, l’agriculteur doit arriver «intermédiaire», puis en partie «expert» au bout des six ans. McCain et le Gappi annoncent par ailleurs une grille de prix revalorisée pour la récolte 2022. Les nouveaux contrats sont augmentés de 27,11 €/t en moyenne (+20%). De quoi «retrouver un intérêt» à produire de la pomme de terre, réagit Bertrand Achte, président du Gappi.

Présidentielle: la FNSEA insiste sur la poursuite des chantiers en cours

Présentant le 11 janvier les 30 propositions de la FNSEA pour l'élection présidentielle, sa présidente Christiane Lambert a insisté sur le besoin de «mettre en œuvre» les chantiers en cours, qu'il s'agisse du nouveau système de gestion des risques ou du développement des réserves d'eau (Varenne de l'eau). Évoquant les aides à l'investissement (plan de relance et France 2030), la présidente de la FNSEA veut que «les engagements budgétaires soient tenus par les candidats». «Nous souhaitons aussi que la réforme foncière puisse être reprise par les candidats», au-delà des mesures de la loi Sempastous, a-t-elle ajouté. Enfin, remettant sur le tapis le projet de chèque alimentaire pour les plus démunis, la FNSEA souhaite voir le futur président «engager un travail plus approfondi» sur la précarité alimentaire. «Ne minimisons pas ceux qui ont besoin d'aller aux Restos du cœur», a lancé Christiane Lambert, plaidant pour «un soutien qui ne tire pas les prix alimentaires vers le bas». Pour respecter l'équilibrer avec la revalorisation des produits agricoles, le syndicat majoritaire demande au futur locataire de l'Élysée de «mettre en application la totalité des mesures des lois Egalim 1 et 2».

Covid-19: les coopératives demandent un «moratoire» sur les pénalités logistiques

Au regard du contexte sanitaire et de l’allongement des délais de livraison dû à l’absentéisme dans les entreprises, la Coopération agricole demande, dans un communiqué du 10 janvier, un «moratoire» sur les pénalités logistiques infligées par les clients des industries alimentaires en cas de retards de livraison. Lundi, le gouvernement a demandé aux distributeurs «la plus grande mansuétude» dans l’application de ces pénalités, rappelant que la loi Egalim 2 prévoit qu’«en cas de force majeure, aucune pénalité logistique ne peut être infligée.» Pour garantir «une meilleure protection sanitaire des salariés» et «la continuité des services», les coopératives sollicitent également un accès facilité «en termes de volumes et de coûts» aux masques FFP2 ainsi qu’un accès prioritaire («après le personnel soignant») aux tests et à la garde d’enfant pour les salariés des entreprises alimentaires. Interrogé par Agra Presse, le président de la Coopération agricole Dominique Chargé explique que «la crainte des entreprises, avec un variant qui se diffuse plus facilement, est d’avoir besoin de tester énormément. La disponibilité des tests répond aujourd’hui tout juste à la demande. Nous souhaiterions une forme de privilège pour les salariés essentiels à la nation».

Néonicotinoïdes : le syndicat Sud s’interroge sur «l’instrumentalisation» de l’Inrae

Dans une lettre ouverte envoyée le 10 janvier, le syndicat Sud interroge le p.-d.g de l’Inrae Philippe Mauguin sur le rôle de l’institut de recherche dans le conseil de surveillance dédié aux néonicotinoïdes. Citant un article paru dans le quotidien le Monde fin décembre, Sud estime que «la stratégie d’assurance chimique semble avoir primé sur la notion de protection intégrée des cultures». Alors que le représentant de l’Inrae auprès du conseil de surveillance a évoqué dans la presse des difficultés à comparer les indices de pression entre les deux années, le syndicat rappelle que les réservoirs viraux étaient «notoirement plus faibles» en 2021, avec ou sans prendre en compte le colza. Autre reproche: la fiche jointe à la consultation publique et signée par l’Inrae se concentre sur les conséquences économiques de la dérogation, «sans évoquer l’objectif pourtant essentiel de protection de la biodiversité». En conclusion, les chercheurs demandent à la direction de lever leur doutes sur « l'instrumentalisation [ de l'institut ] par des intérêts qui priment sur la santé des écosystèmes ».

Lait: Danone réorganise sa gouvernance en France au sein d’une «entité opérationnelle unique»

Le groupe Danone a annoncé, le 10 janvier, une réorganisation de sa gouvernance en France au sein d’une «entité opérationnelle unique» regroupant ses trois principales branches: les produits laitiers et d’origine végétale, la nutrition spécialisée et les eaux. François Eyraud qui dirigeait jusqu’ici la division Produits Frais du groupe en France est nommé à la direction générale de cette nouvelle entité «plus agile [et] plus autonome». Il sera à la tête d’un comité de direction de dix personnes dont Christophe Audouin qui conserve la direction de la filiale Les Prés Rient Bio. Frédéric Chevalier, ancien directeur financier des Produits laitiers Frais pour l’Europe du Sud, prend la direction financière. La vice-présidente de Volvic, Rita Pestana occupe désormais la direction des marques, et la direction des stratégies de croissance est assurée par Jérôme Gourre, ancien directeur marketing des produits laitiers en France. Le nouveau directeur commercial Philippe Lamboley sera notamment chargé de «développer la plateforme commerciale à mission de Danone France pour garantir la juste création de valeur dans la chaine alimentaire (des producteurs aux distributeurs)», écrit le groupe dans un communiqué.