Agrafil du 10 janvier 2022

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Influenza: Denormandie annonce une phase d'expérimentation de la vaccination

Le ministre de l'agriculture Julien Denormandie a déclaré le 9 janvier qu'il n'y avait «pas d'autre solution à terme que de se doter de la vaccination» pour lutter contre la grippe aviaire, annonçant le début prochain d'une phase d'expérimentation de «deux vaccins, dont un issu d'un laboratoire de Nouvelle-Aquitaine», rapporte l'AFP. La question de la vaccination dans les élevages avicoles «est essentielle» alors que la France comptait le 7 janvier soir 63 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène dans des élevages, contre 46 la veille, a affirmé le ministre. Cela «ne doit pas être un sujet tabou», a-t-il ajouté devant des journalistes à Mont-de-Marsan, où il a rencontré des éleveurs et des élus. M. Denormandie a évoqué «une grande réunion avec professionnels de la filière le 12 janvier pour déterminer les zones et les protocoles» de ces expérimentations. «Nous sommes le premier pays européen à mettre (ça) en place. Il faudra ensuite obtenir l'homologation au niveau européen et il faudra donc que j'arrive à convaincre les autres états membres de l'intérêt de la vaccination», a-t-il dit. La veille, l'interprofession du foie gras avait jugé «indispensable» de vacciner à l'avenir les canards. A ce jour, selon le site internet du ministère de l'Agriculture, «aucun vaccin adapté aux oiseaux de la famille des anatidés (palmipèdes) n'est autorisé par la Commission européenne». Il en existe en revanche un pour les gallinacés (poulets, dindes).

Omicron: réunion lundi autour du fonctionnement de la chaîne alimentaire

Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie organisera ce lundi, 10 janvier, en matinée, avec les équipes de Bercy et du ministère des Transports, une réunion par visio-conférence des acteurs de la chaîne alimentaire afin de s'assurer de son bon fonctionnement dans les semaines à venir, en pleine vague Omicron. Les très fortes contaminations liées à ce variant entraînent un nombre croissant d'absences au travail, faisant craindre des interruptions de la chaîne dans quelques semaines. «Aujourd'hui, je veux être vraiment rassurant», a déclaré le 7 janvier le ministre sur France 2. «On fait le point régulièrement avec l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire. Aujourd'hui la situation tient, grâce à l'engagement de l'ensemble de ses acteurs», a-t-il dit sur l'émission Télématin. «Mais évidemment, nous suivons la situation avec beaucoup d'attention», a-t-il ajouté. «A ce stade, côté transporteurs ou côté distribution, on n'a identifié aucune difficulté majeure», a déclaré à l'AFP Jean-Marc Rivera, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens (Otre). «Il n'y a pas d'alerte particulière», a confirmé une porte parole de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR).

Risques climatiques: Denormandie veut un pool de coréassurance à caractère obligatoire

Interrogés le 6 janvier par les députés de la Commission des affaires économiques sur la nature du groupement d’assureurs qui verra le jour, dans le cadre de la réforme de la gestion des risques climatiques, le rapporteur Frédéric Descrozaille et le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie ont été on ne peut plus clairs sur l'intention du gouvernement. «Je vous rassure sur le fait que c’est un pool de coréassurance: chaque assureur gardera sa liberté contractuelle, sa liberté de politique clients, sa marque», a déclaré Frédéric Descrozaille en répondant au député Charles de Courson (Libertés et Territoires, Marne) qui s’inquiétait de la préservation de la concurrence entre les assureurs. Autrement dit: avec ce pool, les assureurs mutualiseront leurs portefeuilles de risques qu'ils assureront à leur tour auprès de réassureurs. «D’un point de vue juridique, ce groupement (…) sera probablement un GIE», a complété Julien Denormandie. De plus, le ministre a confirmé souhaiter que l’adhésion des assureurs au pool soit obligatoire. «Le principe, c’est que tout assureur qui fera de la multirisques climatiques (MRC) doit être membre de ce groupement, quelle que soit sa nationalité», a appuyé M. Denormandie.

Apiculture : 31 départements reconnus en calamité, d’autres à venir (CNGRA)

À l’issue de deux réunions du comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) en fin d’année 2021, près de 31 départements ont été reconnu en calamité agricole pour des pertes de récolte de miel, indique Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA en charge du dossier gestion des risques. « Il y a eu une vraie reconnaissance suite aux problématiques d’excès d’eau et de froid », salue le représentant syndical siégeant au CNGRA. Les départements concernés sont les suivants : 08, 31, 52, 71, 73, 74, 03, 07, 10, 19, 23, 24, 25, 27, 34, 38, 39, 42, 54, 55, 57, 58, 61, 63, 67, 68, 69, 70, 76, 81, 89 et 90. Trois départements ont par ailleurs été reconnus pour des pertes de fond : l’Ardèche, le Gard, et l’Hérault. « Parallèlement, les services continuent à instruire les dossiers sur les territoires en vue de la prochaine réunion du CNGRA, en février 2022 », indique le ministère de l’agriculture dans une réponse publiée dans le JO du Sénat le 6 janvier. Les exploitants des départements touchés, rappelle la rue de Varenne, « peuvent bénéficier d’un accompagnement individuel » auprès de la cellule d’accompagnement des agriculteurs en difficulté du département. Dans un communiqué publié en octobre 2021, l’Unaf a alerté sur une année apicole « désastreuse », avec 7000 à 9000 tonnes récoltées à cause des mauvaises conditions météorologiques, contre 30 000 tonnes en 2020

Présidentielle: Zemmour présente ses propositions pour l'agriculture

A l'occasion d'un meeting dédié à la ruralité et à l'agriculture, organisé à Châteaudun (Eure-et-Loir) le 7 janvier, le candidat du mouvement Reconquête Eric Zemmour a dévoilé le volet agricole de son programme. Pour «défendre le revenu et le pouvoir d'achat des agriculteurs», il propose de «mettre fin au regroupement de plusieurs enseignes de grandes surfaces au sein de centrales d'achat et d'interdire réellement la vente de produits en dessous de leur coût de production», sans préciser la manière d'opérer. Il souhaite «imposer la priorité aux circuits courts dans la restauration collective publique», là aussi sans précision. En matière d'origine des produits alimentaires, il veut imposer une «Patri-score, sur le modèle du Nutriscore», où «sera indiqué l'origine du produit». Enfin en matière de commerce extérieur, il propose la mise en place de clause miroirs, qu'il formule comme «l'interdiction de tous produits agricoles que nous n'avons pas le droit de produire en France», citant notamment l'exemple des OGM. Le candidat rencontrait plus tôt dans la journée une quarantaine de producteurs, dont des représentants locaux divers syndicats (FNSEA, JA, Coordination rurale), selon les agriculteurs présents.

Présidentielle : Jadot promet de supprimer la cellule Déméter

Lors de ses vœux à la presse le 7 janvier, Yannick Jadot a indiqué sa volonté de supprimer la cellule de gendarmerie Déméter dédiée à la protection des agriculteurs, s’il est élu à la tête de l’État. «Il est choquant que ce gouvernement ait voulu surveiller les lanceurs d’alertes quand ils parlent de pesticides, d’élevage industriel ou des intérêts entre les lobbies et les firmes internationales», s’est agacé le candidat écologiste. De même, a-t-il poursuivi, «ce gouvernement et les gouvernements précédents ont été complaisants avec la violence de certains groupes du monde agricole et les dégâts qu’ils ont pu causer sur les bâtiments publics». Interrogé sur d’éventuelles alliances avec les autres partis de gauche, Yannick Jadot a maintenu sa position : «les écologistes vont faire cette campagne présidentielle». Et de rappeler, en citant sa nouvelle porte-parole Delphine Batho, «que les communistes et les socialistes ont annoncé leur intention de s'abstenir» dans le cadre d’une proposition de loi de la France Insoumise visant à interdire le glyphosate. Un vote qui, selon Yannick Jadot, «vous dit à quel point on a besoin des écologistes pour défendre le vivant, la biodiversité et la qualité de notre alimentation».

Présidentielle : Christian Taubira défend les atouts de la bio

En déplacement sur une ferme bovine en Ariège le 6 janvier, Christiane Taubira a affiché son soutien à la bio sur les réseaux sociaux. «Il s’agit d’une question de santé publique, de modèle alimentaire, et de justice sociale», a estimé l’ancienne garde des Sceaux sur Twitter. Fustigeant «cinq ans de perdus» en matière de pesticides sous la majorité actuelle, Christiane Taubira a détaillé en quelques tweets les mesures nécessaires pour que «la France fasse cette révolution». Soutien renforcé dans la Pac, réciprocité de normes de production avec les pays européens tiers, et assurances récoltes «plus protectrices pour ceux qui font le choix du bio»: «je veux accompagner, favoriser et protéger les agriculteurs qui font le choix du bio», a indiqué l’ancienne ministre de François Hollande. Pour l’heure, Christiane Taubira n’est pas encore officiellement candidate à l’élection présidentielle, mais a annoncé dans la presse y réfléchir «très sérieusement». Favorable à l'union de la gauche et soutien de la Primaire populaire, Mme Taubira devrait dévoiler une position officielle «d’ici la mi-janvier».

Chanvre : le SPC reprend espoir d’annuler l’interdiction d’utiliser la fleur

Le Syndicat des professionnels du chanvre (SPC), qui regroupe essentiellement les boutiques de produits à base de fleurs et de feuilles de chanvre non transformées reprend espoir d’annuler l’interdiction d’utiliser la fleur et la feuille sous leur forme brute. Cette interdiction, confirmée par un arrêté du 31 décembre, pourrait être invalidée, selon le SPC. Le syndicat fonde cet espoir sur une décision du Conseil constitutionnel du 7 janvier. Les sages ont estimé ce jour que le classement en tant que stupéfiant du CBD ne relève pas de l’administration, mais d’une décision du Conseil d’État. «Le Conseil constitutionnel confirme que le classement du CBD en tant que stupéfiant doit être contrôlé par le juge (du Conseil d’État) en fonction de l’évolution de la doctrine scientifique et médicale», se félicite le SPC. «L’administration interdit des produits sans être compétente pour leur classement en stupéfiants», a commenté Aurélien Delecroix, président du SPC. Pour l’instant 90% des produits vendus dans les boutiques de CBD sont importés», selon lui.

Phytos : Générations futures obtient gain de cause en appel sur le Sulfoxaflor

Par une décision du 7 janvier, la Cour administrative d’appel de Marseille «donne raison à Générations Futures» en confirmant le retrait des autorisations de mise sur le marché (AMM) du Closer et du Transform de Corteva, se félicite l’association anti-pesticides dans un communiqué du même jour. Comme le rappelle Générations Futures, Corteva avait fait appel de la décision rendue en 2019 par le tribunal de Nice, qui avait déjà souhaité retirer les produits du marché. Principal argument avancé par les deux cours de justice: des conditions d’utilisation «insuffisamment précises et contraignantes pour garantir, en dépit de leur caractère obligatoire, une utilisation des produits en cause sans risque pour les insectes pollinisateurs». Pour François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, cette décision «est une avancée importante pour la protection des insectes pollinisateurs face à ces insecticides très toxiques!» L’Anses avait accordé les deux AMM en 2017, en les assortissant «de fortes restrictions des conditions d’utilisation», rappelle l’agence sanitaire sur son site internet. En application de la loi Egalim, le sulfoxaflor ainsi que le flupyradifuron sont cependant déjà interdits en France depuis décembre 2019, en raison de leurs modes d’action «identiques à ceux de la famille des néonicotinoïdes».

Porc: l'UGPVB demande une aide Covid, comme la concurrence européenne

S'appuyant notamment sur les aides Covid reçues par kes éleveurs de porcs d'autres pays européens, l'UGPVB (groupements de producteurs bretons) demande, dans un communiqué du 6 janvier, un «plan Covid-19 pour les éleveurs de porcs». Une requête qui sera portée le 11 janvier devant le préfet de Région. «L’impact de la Covid-19 est reconnu pour la production porcine», estime l'UGVPB, rappelant que la pandémie provoque notamment des «blocages logistiques au niveau international». S'y ajoutent l'«encombrement du marché européen» causé par le ralentissement des achats chinois et la flambée de l'alimentation animale. Cet «effet ciseaux» provoquera des pertes de trésorerie estimées à 400 € par truie en moyenne entre octobre 2021 et avril 2022. Les éleveurs «évoluent dans un contexte de compétition exacerbée par des mesures de soutiens financiers, accordés par les États voisins»: l'Allemagne a débloqué en 2020 une «aide équivalente à 20 € par porc produit» (complétée en 2021 et «probablement» en 2022). Selon l'UGPVB, au moins sept autres États membres ont activé des aides d'État Covid-19 pour soutenir leurs élevages de porcs. L'UGPVB est soutenue par les producteurs de la FNP (FNSEA), qui annoncent dans un communiqué le même, qu'ils rencontreront le ministre de l'Agriculture en janvier pour lui demander des «aides temporaires d’Etat Covid».

Influenza: en Bresse, «consensus» entre éleveurs et pouvoirs publics sur la biosécurité

Alors qu'une trentaine de cas d’influenza aviaire ont été détectés sur des oiseaux sauvages à 20 km des premiers élevages de volailles de Bresse, la filière et les pouvoirs publics ont trouvé un «consensus» sur les mesures de prévention, indique le CIVB (interprofession) à Agra Presse le 6 janvier. Les éleveurs bressois refusent toujours la claustration totale des animaux, obligatoire depuis le passage en risque «élevé» pour l’influenza en novembre 2021. Une mesure synonyme de dégradation du bien-être animal et de perte de la labellisation AOP. Finalement, la période de démarrage des volailles en bâtiment sera doublée (dix semaines au lieu de cinq) pour «limiter les risques», explique le Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse. Par ailleurs, «certains éleveurs ont décidé de réduire la densité en bâtiments, en passant à 250 animaux au lieu de 500 en moyenne». «L’administration a autorisé l’ouverture des parcours et la sortie des volailles» sous filet (jusque-là réservée aux canards), rapporte-t-on au CIVB. Les professionnels attendent encore une réponse écrite sur la réduction des parcours: «La législation nationale (arrêté biosécurité du 29 septembre 2021, NDLR) impose 0,5 m2 maximum par volaille», contre 10 m2 minimum dans le cahier des charges de l’AOP des volailles de Bresse.

Pomme de terre: classée «à tort» comme attractive de pollinisateurs (producteurs)

L’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) a dit le 7 janvier vouloir «se battre» contre le plan pollinisateurs, jugé trop contraignant en termes de phytos pour une culture «non attractive». «Il n’y a aucune raison que la pomme de terre ne soit pas dans la liste des cultures non attractives», a déclaré le président Geoffroy d’Evry en conférence de presse. Pour étayer ses propos, l’UNPT cite les travaux d’Arvalis. Le syndicat reproche à l’Anses de pas les avoir pris en compte dans son avis le 13 décembre, privant la pomme de terre d’un retour plus précoce dans la rotation des cultures après l’usage de néonicotinoïdes. Le plan pollinisateurs représente «un danger pour l’avenir de la filière», a mis en garde Didier Lombard (Arvalis). Et de pointer la «mention abeilles», qui restreint l’usage des phytos. Concernant les insecticides, 11 molécules étaient à disposition jusqu’ici mais «avec la mention abeilles, on n’en a plus que 5 utilisables durant la période de floraison», selon lui. Le technicien s’inquiète d’une «raréfaction» des phytos autorisés, y compris en fongicides, rendant la culture des pommes de terre «de plus en plus compliquée» notamment face au mildiou.

Développement international : les propositions de l’Afdi pour la PFUE

Fondée notamment par le syndicalisme agricole majoritaire, l’association Agriculteurs français et développement international (Afdi) a dévoilé le 6 janvier ses propositions «pour renouveler le partenariat Europe-Afrique » dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union Européenne (PFUE). L’Afdi y recommande, entre autres, de conditionner les aides au secteur agroalimentaire à des approvisionnements «auprès d’agriculteurs familiaux africains», d’investir «massivement» dans les infrastructures rurales, et de «respecter l’exception agricole dans les négociations commerciales». Comme le rappelle l’Afdi, la plupart des négociations autour des Accords de Partenariat Économique (APE) signés dans le cadre de l’accord de Cotonou ont notamment échoué depuis 2002 face à l’opposition du monde paysan africain. L’association défend enfin «la création d’une plateforme afro-européenne de jeunes agriculteurs, avec des espaces de dialogue permanents». Alors que l’agriculture demeure le premier secteur pourvoyeur d’emplois sur le continent africain, ces propositions représentent pour l’Afdi «la garantie d’un avenir pour les jeunes Africains, qui représenteront un tiers de la jeunesse mondiale en 2050».

Vin : Macron loue un secteur qui fait «rayonner l’image de la France»

Recevant le prix de la «personnalité de l’année» par la Revue du vin de France le 6 janvier, Emmanuel Macron a vanté les mérites du monde viticole. «Vous pouvez être fiers de ce que vous êtes au quotidien, vous êtes des métiers d’art : vignerons, marchands, acteurs de l’œnotourisme, restaurateurs, libraires, historiens, qui nous permettent de rayonner à travers le monde». Puis il a mis en évidence les avantages que le pays en retire: «Porter l’image de la France, c’est nous aider à obtenir des succès politiques et diplomatiques». Le chef de l’État a ensuite voulu montrer que le monde du vin correspond à sa vision des choses: «Le vin est la démonstration du fait que pour être français, aimer nos terroirs, nos cépages, nos climats, nos châteaux, ces savoir-faire ancestraux, ces arts de la table, la gastronomie et les vins qui se marient à elle, c’est aussi aimer le vaste monde parce que c'est décider de l'accueillir dans des lieux que vous avez su transformer. C'est décider de le conquérir en exportant ce que nous savons faire de mieux». Le président de la République a indiqué qu’au chapitre des devoirs de l’État, «on doit vous accompagner» dans la modernisation, dans la recherche, notamment pour sélectionner des cépages résistants (au mildiou et à l’oïdium).

Viande: en Espagne, un ministre s'élève contre sa «surconsommation»

En Espagne, le ministre de la Consommation, Alberto Garzón, a sonné la charge contre ce qu'il estime être la surproduction de viande dans son pays dans un entretien publié par le quotidien britannique The Guardian le lendemain de Noël. «Ce n'est que très récemment que nous avons commencé à examiner l'impact de la chaîne de production de viande et, en particulier, l'impact (de la production de viande de) boeuf»,  a-t-il déclaré au quotidien britannique, affirmant qu'en Espagne, ce thème avait longtemps été «un tabou». Dirigeant de Izquierda Unida (IU), petite coalition de gauche intégrée au parti de gauche radicale Podemos, allié du parti socialiste (PSOE) dans la coalition gouvernementale, M. Garzón visait les «fermes géantes» ("macro-granjas"), ces établissements gigantesques en plein essor en Espagne. Les entreprises concernées «trouvent un village dans une zone dépeuplées d'Espagne et y mettent 4.000, 5.000 ou 10.000 têtes de bétails. Elles polluent le sol, polluent l'eau, puis exportent cette viande de mauvaise qualité venant d'animaux maltraités», avait-il ajouté. Face aux critiques des professionnels, la porte-parole du gouvernement, Isabel Rodríguez, a évoqué «une vue personnelle» du ministre. En juillet, M. Garzón avait déjà provoqué la panique au sein de l'exécutif en dénonçant la «surconsommation» de viande en Espagne.

Agroalimentaire: Mickaël Nogal démissionnera de sa fonction de député avant de diriger l’Ania

Le 6 janvier, le député LREM de la Haute-Garonne Mickaël Nogal a assuré à l’AFP qu’il démissionnerait de ses fonctions parlementaires avant de prendre la direction générale de l’association nationale des industries alimentaires (ANIA), répertoriée comme lobby. Il avait déjà annoncé en décembre qu’il ne serait pas candidat aux élections législatives de juin. La veille, l’annonce de sa nomination en tant que n°2 de l’association avait suscité de vives critiques d’élus de gauche et d’ONG. «Fusion de La République En Marche et des lobbies : épisode 529», commentait Greenpeace sur son compte Twitter, estimant que cette nomination est «un beau cadeau pour ce lobby, qui est l'un des plus puissants du secteur». Le communiqué de l’ANIA précisait que le nouveau directeur prendrait ses fonctions le 1er mars, après la fin de la session parlementaire, mais pas s’il démissionnerait avant la fin de son mandat. Or, depuis 2016, la loi Sapin 2 interdit aux parlementaires d’exercer une activité représentant des intérêts. Passé notamment par Orangina France, Mickaël Nogal déclare s’être «déporté» des sujets agroalimentaires pendant sa mandature. Il a cependant été impliqué dans deux textes clés pour le secteur en tant que rapporteur de la loi Climat et vice-président de la commission des affaires économiques à l’Assemblée, chargée d’examiner la loi Egalim.