Agrafil du 6 juin 2025 // Toutes nos excuses pour le retard, du à un problème informatique

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Aides Pac : 55 M€ de reliquats fléchés vers l’aide au revenu des jeunes agriculteurs

Au congrès des JA le 5 juin, Annie Genevard a annoncé « plusieurs bonnes nouvelles » du côté des aides Pac. Cela concerne les reliquats disponibles au titre de l’exécution du PSN (plan stratégique national) sur les deux premières années. « J’ai décidé d’en transférer la plus grande part du deuxième au premier pilier », a déclaré la ministre. « Une partie reviendra au soutien de l’agriculture biologique, dont le ralentissement a généré ces reliquats – c’est normal. » Annie Genevard a aussi dit faire « une priorité du revenu des jeunes installés, que je veux aider davantage ». « J’ai décidé d’abonder de plus de 55 M€ l’enveloppe de Feader affectée à l’aide complémentaire au revenu des jeunes agriculteurs. » Le montant annuel de l’ACJA passe ainsi de 4 400 euros à 5 300 euros, soit une augmentation nette de 25 % en 2026 et en 2027. Par ailleurs, la ministre a confirmé une simplification des plans de contrôle de la DJA. Cela va « faire sortir du risque de remboursement plus de 90 % des dossiers. » Concernant les autres, « il s’agira d’apprécier les circonstances exceptionnelles », à savoir météorologiques, liées au Covid, économiques, familiales ou de santé. La ministre laisse là-dessus la main aux régions, qui ont repris à leur compte la gestion (et le contrôle) de ces aides depuis le début de l'actuelle programmation de la Pac.

Pac post-2027 : en congrès, JA remet ses propositions à la ministre

À l’occasion de son congrès le 5 juin, le syndicat Jeunes agriculteurs a remis à la ministre de l’Agriculture ses propositions sur la Pac post-2027. Son président Pierrick Horel a réitéré sa demande de 10 % du budget dédié à l’installation. Autre idée phare, un ciblage « vers des agriculteurs actifs, formés et productifs. Pas question de donner à n’importe qui, pas question de donner sans conditions minimum de formation ou de production », a-t-il martelé en tribune. JA plaide en faveur d’une planification agricole européenne « pour relever le défi climatique ». Et d’appeler à mettre en place des « contrats d’avenir » pour accompagner les jeunes agriculteurs dans l’évolution de leur système de production ou dans une démarche de diversification. Figurent dans les propositions : un renforcement de la structuration des filières via les programmes opérationnels ; des mesures de régulation ; des outils de gestion des risques. Un vieux combat se poursuit également : « Pour un nouveau départ, qui favorise les jeunes, nous souhaitons la fin des références historiques », a dit Pierrick Horel. Cela revient à accorder la même aide à tout hectare admissible. Un système simplifié auquel JA associe une dégressivité des aides au-delà d’un certain niveau, puis un plafonnement.

Importations ukrainiennes : les contingents tarifaires provisoires entrent en application

Comme prévu, la Commission européenne a publié, le 5 juin au Journal officiel de l’UE, les mesures de transition UE/Ukraine destinées à remplacer les mesures commerciales autonomes. Concrètement, l’acte d’exécution et ses annexes prévoient un retour aux quotas en franchise de droits qui étaient en vigueur avant la guerre, mais avec un prorata sur sept mois, du 6 juin au 31 décembre 2025. Au niveau sectoriel, le blé, l’orge, le maïs, la viande bovine, les produits laitiers, la viande porcine, les œufs et la viande de volaille sont concernés. Une publication qui a été saluée par l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) évoquant « un signal fort » qui « répond aux alertes répétées des producteurs de céréales ».  « C’est un premier pas dans la bonne direction, que nous défendons depuis le début, afin de garantir une concurrence loyale, préserver la stabilité des marchés et maintenir l’intégrité du marché unique », a réagi Éric Thirouin, président de l’AGPB. À présent, l’organisation pousse pour maintenir le blé et l’orge parmi les produits sensibles alors que Bruxelles et Kiev mènent des négociations pour une solution pérenne dans le cadre de l’accord d’association.

UE/Mercosur : Lula presse Macron de conclure, Genevard espère une minorité de blocage

En visite diplomatique à Paris le 5 juin, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a exhorté Emmanuel Macron, pourtant opposé au traité en l’état, à accepter la conclusion de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur. « Mon cher Macron, ouvrez un petit peu votre cœur », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse à l’Elysée, l’accord UE-Mercosur « serait la meilleure réponse que nos régions puissent apporter face au contexte incertain créé par le retour de l’unilatéralisme et du protectionnisme tarifaire ». Le Brésil devrait assumer prochainement la présidence du Mercosur et faire de la conclusion de l’accord une priorité. « Je ne vais pas laisser la présidence de Mercosur sans un accord avec l’UE », a même affirmé le président brésilien. Dans le même temps, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, poursuit ses efforts afin de constituer une minorité de blocage contre le traité, alors que le texte de l’accord doit être présenté au Conseil de l’UE pour autorisation de signature. Cette présentation pourrait intervenir « avant la pause estivale », a réaffirmé, le même jour, le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, à Reuters. « La minorité de blocage européenne n’est pas impossible », veut croire Annie Genevard sur X.

Accord de libre-échange UE/Australie : vers une relance des pourparlers commerciaux

En marge de la réunion ministérielle de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le 4 juin à Paris, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a rencontré son homologue australien Don Farrell. Et les négociations commerciales entre les deux parties ont été à l’ordre du jour. « Nous avons examiné nos discussions sur l'accord de libre-échange et les pistes à suivre », a déclaré le Slovaque dans un message posté sur le réseau social X. « Les équipes techniques vont maintenant comparer leurs notes sur les questions en suspens », a indiqué un porte-parole de la Commission européenne, alors que des avancées dans les discussions sont espérées d’ici la fin de l’année, dans le sillage de la stratégie de diversification promue par Bruxelles. Les négociations ont achoppé pour la dernière fois fin octobre 2023 en raison, semble-t-il, de demandes australiennes de dernière minute visant à accroître les volumes d’importation de certains produits sensibles (viande rouge notamment). À l’époque, les élections européennes (juin 2024) et fédérales australiennes (mai 2025) paraissaient restreindre considérablement la fenêtre de tir. Maintenant que ces deux échéances sont passées et compte tenu du contexte commercial mondial tendu, les deux parties semblent vouloir accélérer leurs pourparlers.

Engrais/cadmium : alerte sanitaire des médecins, étude de l'Anses « en fin d'année »

Ce 5 juin, l’Anses a indiqué à l’AFP qu’elle devrait publier « en fin d’année » ses travaux en cours visant à évaluer l’exposition humaine au cadmium, afin de définir « des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française ». L'AFP interrogeait l'Anses après qu'un courrier d'alerte a été adressé au gouvernement par des organisations de médecins. « Une explosion de la contamination des jeunes enfants existe », liée à « leur consommation d’aliments de la vie courante tels que les céréales du petit déjeuner, les pains et leurs dérivés, les pommes de terre », affirment les Unions régionales des professionnels de santé - Médecins libéraux (URPS) et leur structure nationale dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement. Ces organisations ont adressé le 2 juin au Premier ministre, ainsi qu’aux ministres de la Santé et de l’Agriculture, un courrier, consulté par l’AFP, pour exprimer leur « grande inquiétude devant la contamination des Français, particulièrement des femmes et des enfants, au cadmium ». Celle-ci « est très largement imputée à l’épandage d’engrais phosphatés contenant trop de cadmium », ont pointé ces médecins.

Maïs/pesticides : l'avocat général de la CJUE conteste la réautorisation de la cyperméthrine

« C'est à tort que la Commission n’a pas examiné avec suffisamment de soin » la toxicité de l’insecticide cyperméthrine au moment de proposer sa réautorisation en 2021, estime l'avocat général de la Cour de justice de l'UE dans des conclusions publiées le 5 juin. Et il ajoute que Bruxelles n’a pas non plus justifié suffisamment « comment des dommages inacceptables pour les arthropodes non ciblés dans des conditions réalistes d’utilisation peuvent être prévenus ». Ces conclusions font suite à une plainte déposée par l’ONG PAN Europe qui rappelle que « l'Efsa avait clairement indiqué qu'aucune utilisation sûre de la cyperméthrine ne pouvait être identifiée dans des conditions réalistes. Cependant, la Commission est allée à l'encontre de cet avis en inventant des mesures d'atténuation des risques non validées, telles qu'une réduction irréaliste de 99 % de la dérive de pulvérisation, qui rendraient l'utilisation de la substance sûre ». La cyperméthrine (dont l’autorisation court jusqu’au 31 janvier 2029) est utilisée sur les cultures de maïs pour lutter contre le taupin. La Cour de justice n’est pas liée par les conclusions des avocats généraux, mais suit généralement leurs avis dans les grandes lignes.

Acétamipride/néonicotinoïdes : le Conseil d'Etat rejette le recours de Phyteis

Dans une décision rendue publique le 5 juin, le Conseil d'Etat rejette la demande de Phyteis (ex-UIPP) d’annuler un décret de 2020 qui interdit trois substances actives de la famille des néonicotinoïdes ou ayant un mode d’action identique, à savoir l'acétamipride, la flupyradifurone et le sulfoxaflor. La plus haute juridiction administrative estime que les éléments avancés par Phytéis «ne suffisent pas à réfuter les études scientifiques sur lesquelles les autorités françaises se sont appuyées en décembre 2020, ni par suite à écarter les risques ainsi caractérisés en ce qui concerne ces trois substances». En septembre, les limites de résidus avaient été revues à la baisse pour l'acétamipride, au vu de nouvelles données de l'Efsa. Le Conseil d'Etat rappelle d'ailleurs que l'Efsa a souligné, à cette occasion, «la nécessité de données supplémentaires pour aboutir à une évaluation appropriée des dangers et risques». En 2021, Phytéis avait déjà attaqué, en vain, l'interdiction de l'acétamipride. Le rapporteur public a souligné que le rejet du Conseil d’Etat en 2021 ne « paraît pas entaché d’erreur manifeste d’appréciation ». 

Acétamipride/néonicotinoïdes : premières détections en eau de pluie, au Japon (presse)

Au Japon, des chercheurs ont détecté pour la première fois des molécules néonicotinoïdes dans les eaux de pluie, rapporte le quotidien Le Monde dans un article paru le 3 juin. La substance la plus fréquemment détectée est l'acétamipride, dont les parlementaires examinent actuellement la réautorisation dérogatoire en France dans le cadre de la proposition de loi (PPL) Entraves. Un des arguments avancés par ses promoteurs est sa plus faible rémanence que celle des néonicotinoïdes interdits en Europe. Dans cette étude parue dans la revue Environnemental monitoring and contaminants research, les échantillons ont été réalisés tout au long de l'année dans deux villes japonaises situées dans des zones agricoles, rapporte Le Monde, et 91% de ces échantillons contenaient des néonicotinoïdes. « On voit que les discours selon lesquels ces produits restent bien sagement dans les parcelles sur lesquelles ils ont été utilisés n’ont aucun fondement », a réagi le toxicologue Jean-Marc Bonmatin (CNRS), interrogé par Le Monde. Dans un communiqué paru le 5 juin, les apiculteurs de l'Unaf et le collectif Alerte des médecins sur les pesticides demandent « une réaction immédiate des autorités sanitaires françaises et notamment une réévaluation des risques de l’acétamipride pour la santé humaine et celle des pollinisateurs ».

Farine de blé bio : deux meuniers et dix OS créent une filière 100 % Île-de-France

Une filière farine de blé bio issue à 100 % d’Île-de-France a été lancée le 27 mai en Seine-et-Marne. « À l’origine de cette démarche, deux meuniers – les moulins Bourgeois et les moulins Familiaux – soucieux de s’approvisionner en farine bio francilienne tracée, pour répondre à la demande de leurs clients et respecter aussi la loi Egalim en matière de restauration collective », explique Charotte Glachant, responsable de l’équipe bio à la chambre d’agriculture d’Île-de-France. La démarche regroupe aujourd’hui quinze signataires : les deux meuniers, la région, la préfecture, la chambre d’agriculture et dix OS (Cérésia, Île-de-France Sud, NatUp, Valfrance, Sévépi, Terres Bocage Gâtinais, Bio Greg Agriculture, Soufflet Agriculture, Adagri et Coisnon). Les premiers contrats, d’une durée de trois ans, ont été signés pour la récolte 2025 : chaque maillon s’engage à respecter un cahier des charges validé par un comité technique. « Dans les deux ans, l’objectif est de collecter, via cette filière, entre 13 000 et 15 000 tonnes de blé bio, sur les 40 000 tonnes actuellement produites à l’échelle de la région, précise-t-elle. Si la question du prix versé aux agriculteurs n’est pas complètement finalisée, l’enjeu est de les rémunérer au-dessus de leur coût de production, pour assurer la pérennité de la démarche. » (Anne Gilet)

Céréales/USA : deux chercheurs chinois accusés d'introduction clandestine de fusarium

Un couple de chercheurs chinois est accusé par les autorités états-uniennes d’avoir introduit clandestinement un champignon contaminant les récoltes de céréales, rapporte la presse généraliste française. Il s’agit du fusarium, champignon fréquemment rencontré dans les parcelles, y compris aux États-Unis. Il provoque notamment la fusariose des épis et est à l’origine de pertes de moissons dans le monde. Il peut potentiellement affecter la santé humaine et animale. Mais le champignon reste très connu des opérateurs (coopératives, agriculteurs, etc.) et s’avère gérable. Dans le détail, Yunqing Jian, chercheuse de 33 ans à l’université du Michigan, et son compagnon Zunyong Liu, chercheur de 34 ans dans une université chinoise, sont poursuivis pour fausses déclarations, fraude au visa et pour avoir introduit clandestinement le champignon. Pour rappel, les relations entre la Chine et les États-Unis sont loin d’être au beau fixe. En plus des tensions commerciales, les États-Unis ont annoncé la révocation de visas étudiants chinois, indiquaient nos confrères du Monde le 1er juin (article payant).

Vin : les sénateurs adoptent une nouvelle sanction contre les vignes en friche

En séance publique le 5 juin, les sénateurs ont adopté en l’état la proposition de loi (PPL) instaurant une sanction « proportionnée » contre les vignes en friche. Ce texte, déjà voté le 6 mars à l’Assemblée nationale, prévoit que l’infraction soit « punie d’une contravention de cinquième classe », soit 1 500 € à 3 000 € en cas de récidive. Objectif : endiguer la menace sanitaire venant de « la prolifération des vignes non cultivées, conséquence notamment des difficultés économiques croissantes de la profession », d’après le rapport de la commission des Affaires économiques. De telles friches représentent des foyers potentiels de la flavescence dorée. Aujourd’hui, il existe des procédures d’arrachage administratif ou par voie judiciaire (délit sanctionné par 6 mois d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende), mais qui apparaît « lourde à mettre en œuvre et peu utilisée ». La PPL du député Hubert Ott (Les Démocrates, Haut-Rhin), attendue par la profession viticole, octroie aux agents habilités un pouvoir d’injonction à l’égard des contrevenants. Son non-respect est constitutif d’un délit, « ce qui permet aux pouvoirs publics de conserver une palette de sanctions graduées, mieux à même de répondre à la diversité des situations », souligne la commission.

Mirabelles de Lorraine IGP : bonne récolte espérée, entre « 5 500 et 6 000 t » (producteurs)

Tout va bien du côté des mirabelles de Lorraine IGP. La récolte est espérée « entre 5 500 et 6 000 t », a chiffré l’association Mirabelles de Lorraine le 5 juin en conférence de presse, soit la fourchette haute de la norme, contre « un peu moins de 6 000 t l’an dernier ». Alors que la récolte doit commencer vers début août, sur ces 700 ha de vergers extensifs « sans aucune irrigation », les producteurs ont fait part à Agra Presse de leur sérénité sur tous les plans. D’abord, la météo a été « idéale », « sans gel », et la triste récolte de 2023, à environ « 3 600 tonnes à cause d’un orage », est désormais loin derrière eux. Les enjeux sanitaires ? Pas de crainte, même s’ils gardent un œil sur le puceron vert du prunier. La quiétude n’empêche pas l’innovation, ainsi la station d’expérimentation Arefe poursuit ses tests, des huiles essentielles d’agrumes aux macérations huileuses d’ail en passant par les bandes fleuries. Pas de problème de main-d’œuvre non plus pour le moment (les saisonniers sont essentiellement lorrains). Pour rappel, 50 % de la production nationale (IGP et non IGP) se fait en Lorraine. Au sein de la Lorraine, 70 % est en IGP. Entre 30 et 40 % vont au marché du frais, 60 à 70 % à la transformation, surgelés inclus ; l’export capte 25 %. En dix ans, l’IGP a gagné 200 ha, renouvellement inclus.

Amandes : la Compagnie des amandes propose de taxer les Américains de 50 %

La Compagnie des amandes vient d’adresser un mémorandum à la Commission européenne dans le cadre des consultations des acteurs économiques sur les contre-mesures envisagées par l’UE face aux droits de douane imposés par les États-Unis. La proposition de la Compagnie des amandes, qui déclare exploiter le premier verger d’amandiers en France, est de taxer de 50 % les amandes américaines, « ce qui les amènerait à environ 9 €/kg et réduirait significativement l’écart de prix par rapport à nos vergers français », précise son directeur général François Moulias, associé d’Arnaud Montebourg. Trois arguments sont mis en avant. Premièrement, l’attaque de la position dominante des États-Unis sur l’amande. Deuxièmement, la concurrence américaine est jugée « déloyale » au regard des pratiques agricoles et environnementales : monoculture, épuisement des sols et surconsommation d’eau, crise de pollinisation, usage de bactéricides… Enfin, dernier argument : la lutte pour une autosuffisance alimentaire européenne. (Florence Rabut)

PPL Entraves : l'Assemblée rejette la motion de censure LFI contre Bayrou

Sans surprise et dans un hémicycle clairsemé, l’Assemblée nationale a rejeté, le 4 juin, une motion de censure déposée par LFI en lien avec la proposition de loi (PPL) Entraves contre le Premier ministre François Bayrou et son gouvernement, les deux camps s’accusant de manoeuvres au Parlement. En l’absence de soutiens suffisants, et notamment des voix PS et du RN, la septième motion de censure contre François Bayrou n’a obtenu que 116 voix sur 289 nécessaires pour faire chuter le gouvernement. Les députés écologistes, et une partie du groupe GDR (communiste et ultramarin) ont voté pour, la députée Sophie Taillé-Polian, dénonçant une « loi poison ». Dans le viseur, la motion de rejet de la PPL adoptée par le bloc central, avec le soutien du RN et les ciottistes, concernant la PPL Entraves, dans le but d'éviter d'examiner les plus de 3 000 amendements, dont plus de 2 000 des écologistes et de LFI déposés afin de ralentir les débats. « Le gouvernement n’est pas à l’origine de ce texte. Il n’est pas à l’origine de son adoption. Il n’est pas à l’origine de la motion de rejet, mais il est coupable », a ironisé depuis la tribune François Bayrou, estimant que « c’est la première fois que l’Assemblée nationale est invitée à voter contre l’Assemblée nationale ».

Lait/Egalim 4 : les industriels de la Fnil ne veulent pas d’une nouvelle loi

À l’occasion de l’assemblée générale de la Fnil (industrie laitière) tenue à Paris le 5 juin, son président François-Xavier Huard a indiqué qu’il n’était pas favorable à une nouvelle loi Egalim. « Il faut d’abord appliquer ce qui est prévu dans les précédentes lois Egalim, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, notamment sur certains points comme le contournement des centrales d’achat françaises par les distributeurs qui ont recours à des centrales européennes », a-t-il souligné, qualifiant ce contournement de « scandale ». Selon lui, il n’est pas utile d’ajouter de nouvelles règlementations sachant que le secteur a surtout besoin de simplification et d’investissements, ces derniers n’étant possibles que s’il est compétitif. L’ancien député de la Creuse et rapporteur de la loi Egalim, Jean-Baptiste Moreau, désormais coprésident de la commission économique du parti Renaissance, s’est déclaré lui aussi opposé à un nouveau texte. L’idée d’une nouvelle loi Egalim, qui serait la quatrième du nom, est officiellement un objectif de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Mais le texte doit encore être discuté avec les parties prenantes. Et il ne pourra être présenté qu’après l’été. Ce qui en réduirait probablement la mise en œuvre, sachant que les négociations commerciales doivent commencer en octobre.

Lait : les discussions sur les indicateurs beurre poudre toujours à l’arrêt

Les discussions qui sont menées entre les membres de l’interprofession laitière (Cniel) pour mettre au point les indicateurs beurre poudre sont toujours bloquées. « Cela fait maintenant deux ans que nous sommes sans indicateurs beurre poudre alors que tout le monde en a besoin », indique le président de la Fnil (industriels) François-Xavier Huard en marge de l’assemblée générale de la Fnil le 5 juin à Paris. Ce dernier défend « les données obtenues par l’étude menée par un cabinet d’expertise comptable mandaté par l’interprofession auprès de 90 % des producteurs de beurre poudre ». Selon lui, « les données font ressortir des coûts de transformation, certes plus élevés qu’en Allemagne, mais qui sont bien réels ». Une position qui n’est pas du goût de la FNPL (producteurs, FNSEA). Selon son président Yohann Barbe, « ce n’est pas aux éleveurs de supporter le manque de compétitivité des transformateurs ». Pour débloquer la situation, la FNPL propose de répartir les coûts de transformation entre producteurs et industriels, à hauteur de 70 % pour les premiers et de 30 % pour les seconds. En janvier, les membres du Cniel sont parvenus à aboutir sur le dossier des indicateurs de coûts de production complémentaires, laissant présager de nouvelles avancées sur les indicateurs beurre poudre. Mais sans concrétisation pour l’instant.

Foie gras : Arterris confie à La Quercynoise (Natera) la valorisation de ses canards gras

Selon un communiqué commun des coopératives Natera et Arterris diffusé le 5 juin, Arterris devient un associé coopérateur minoritaire de La Quercynoise, filiale de Natera spécialisée dans le palmipède gras. Ainsi, une partie de ses canards gras (environ 400 000) seront transformés dans le site industriel de Gramat (Lot) exploité par la Quercynoise. En outre, La Quercynoise assurera désormais la commercialisation de produits frais et congelés de viandes de canards gras et de foie gras des Fermiers Occitans (d’Arterris) sous leur marque Secret d’Eleveurs sur le marché de la GMS en France au rayon Libre-Service. En amont, le groupement d’éleveurs d’Arterris restera indépendant. Il compte une quarantaine de membres qui travaillent sur un territoire proche de celui de Natera. « Accueillir la filière Palmipède d'Arterris au sein de l'Union La Quercynoise conforte notre ambition : développer un outil performant économiquement, une stratégie commerciale dynamique et résiliente, et ainsi créer de la valeur à la fois pour les éleveurs, le territoire et les consommateurs », explique Jean-Claude Virenque, président de Natera, dans le communiqué.

Palmipèdes : l'Anses recommande de ne pas utiliser leurs graisses pour la friture

Saisie par la DGAL (ministère de l'Agriculture) sur les dangers liés aux dépassements de l'indice de peroxyde des graisses, l'Anses a publié récemment un avis qui ne permet pas « de qualifier en termes de santé publique le risque associé au dépassement de la valeur » inscrite dans la réglementation européenne. Toutefois, l'Anses recommande aux consommateurs « de ne pas utiliser les graisses de palmipèdes pour la cuisson en bain d’huile », car elles favorisent la formation des produits secondaires d'oxydation ; aucune précision n'est apportée dans le cas particulier des pommes de terre sarladaises. L’Agence rappelle aussi aux professionnels qu'il existe « des moyens de maîtrise de l’oxydation des graisses de palmipèdes » (exposition à l'oxygène, températures de fonte, nettoyage...), qui leur permettent « de se conformer au seuil réglementaire ». L'Anses avait été saisie, car « des résultats dépassant ces seuils sont périodiquement signalés à la DGAL », laquelle n'avait pas « identifié de source bibliographique permettant de qualifier de dangereuses » ces graisses dépassant les seuils réglementaires. L’analyse de la littérature de l'Anses a bien permis d’identifier des substances produites dont il « convient [de] maîtriser la présence pour limiter les dangers associés à la consommation de graisses les contenant ». Toutefois, le niveau de risque n'a pas pu être évalué, qui nécessiterait une meilleure connaissance des procédés et des graisses en question.

Alimentation animale : Voeders Huys entre dans le groupe néerlandais De Heus

Le fabricant belge d’aliments pour animaux Voeders Huys, qui a un outil de production dans le nord de la France, est acquis par le groupe néerlandais De Heus, informe celui-ci sur son site internet. Les deux outils de Voeders Huys lui apportent une capacité totale de production de 250 000 tonnes d’aliments. La dirigeante de Voeders Huys, Stéphanie Huys, exprime dans le communiqué sa conviction que « cette reprise est le moment idéal pour poursuivre le développement de [notre] entreprise familiale ». De Heus a considérablement accru ses ventes en Belgique ces dernières années, devenant un leader sur le marché de l’élevage avicole. Il met en avant l’intérêt logistique de produire dans ce pays au lieu d’exporter ses aliments depuis les Pays-Bas. Cette acquisition « renforce ses positions dans la volaille et crée des opportunités d’expansion dans d’autres secteurs », dit-il dans le communiqué. Le groupe a déjà de nombreuses usines dans le monde, dont dans l’Est et le Nord de l’Union européenne ainsi que la péninsule ibérique. Son chiffre d’affaires est de 3,3 milliards d’euros.

Œufs : Eureden crée une joint-venture commerciale au Royaume-Uni

Eureden Œuf annonce, dans un communiqué le 5 juin, fonder une société commune de commercialisation d’ovoproduits avec la société britannique Griffiths Family, qui conditionne et commercialise plus d’un milliard d’œufs au Royaume-Uni. Selon l’accord de partenariat signé le 16 mai, cette société commune baptisée E&G Sales Co sera détenue à parts égales entre la branche œufs d’Eureden et Griffiths Family. Cette dernière a étendu en 2024 son activité à la production d'œufs liquides et d'omelettes prêtes à consommer grâce à une acquisition (la division œufs de Framptons). À compter du 1er octobre 2025, E&G Sales Co va commercialiser « une large palette de produits à base d'œuf, allant de l'œuf liquide aux produits élaborés cuits (omelettes, œufs pochés, œufs brouillés, egg bites…) », confortant ainsi les débouchés des éleveurs d’Eureden, selon la direction de la communication externe du groupe coopératif. Eureden s’établit ainsi au Royaume-Uni moins de deux ans après l’intégration du fabricant allemand d’ovoproduits Ovofit. Eureden réaffirme dans son communiqué « son ambition de devenir le leader européen des produits élaborés d'œufs ».

Ovins viande : privés de moutons, les Marocains fêtent un Aïd terni par la sécheresse

Pour la première fois en près de 30 ans au Maroc, le roi a appelé à renoncer au sacrifice des moutons, en raison d’une sécheresse persistante ayant provoqué une baisse du cheptel. L’Aïd Al-Adha (fête du sacrifice), dans la nuit du 5 au 6 juin, très populaire au Maroc comme dans tous les pays musulmans, suit d’environ deux mois l’Aïd El-Fitr qui marque la fin du mois de jeûne sacré de ramadan. Même si le sacrifice n’est pas une obligation religieuse stricte, il reste très suivi au Maroc. Le 26 février, le roi du Maroc Mohammed VI – qui a le statut de « commandeur des croyants » musulmans dans son pays – a appelé la population à renoncer au sacrifice, évoquant des « défis climatiques et économiques » ayant entraîné une « régression substantielle » du cheptel. Son père, Hassan II, avait pris une décision similaire en 1996. Le Maroc fait face à sa septième année consécutive de sécheresse, entraînant une baisse de 38 % du cheptel par rapport à 2016, selon le ministère de l’Agriculture. Les pâturages ont diminué d’année en année, alors qu’ils font vivre « environ 70 % des éleveurs », selon Abderrahman Majdoubi, président de l’Association nationale des éleveurs de moutons et de chèvres. En mars, le ministre marocain de l’Agriculture, Ahmed Bouari, rappelait qu’en moyenne, cinq à six millions de moutons sont sacrifiés chaque année dans ce pays de 37 millions d’habitants.

Eau : la ville de Paris veut doter la Seine d'une personnalité juridique

Dans un vœu adopté le 5 juin le Conseil de Paris demande au Parlement d’adopter une loi donnant à la Seine une personnalité juridique « sous la forme d’une personne morale de droit public, permettant à une autorité gardienne indépendante de défendre en justice ses droits ». « La Seine doit pouvoir se défendre elle-même, comme un sujet de droit et non comme un objet, parce qu’elle sera toujours attaquée », a plaidé la maire socialiste Anne Hidalgo. Cette reconnaissance s’est déjà concrétisée pour le fleuve Whanganui en Nouvelle-Zélande, la lagune de Mar Menor en Espagne et la forêt de Los Cedros en Équateur, qui « ont montré l’exemple », a-t-elle développé. Le Conseil de Paris s’est appuyé sur les conclusions d’une convention citoyenne sur l’avenir de la Seine réunie entre mars et mai dernier, dans la même veine que les initiatives engagées autour de la Loire et du Rhône. Pour l’élu communiste Jean-Philippe Gilet, la convention citoyenne « sous-estime la portée actuelle du Code de l’environnement et la possibilité pour les associations de bénéficier d’un droit d’action en justice ». Il a également regretté une réflexion cantonnée à Paris « alors que la Seine traverse quatre régions ».

Organisations professionnelles : les fabricants d'aliments du Snia rejoignent l'Ania

Dans un communiqué paru le 5 juin, les fabricants d'aliments pour animaux du Snia annoncent qu'ils rejoignent l'Ania, qui fédère les industries agroalimentaires. Il s'agit de la deuxième arrivée annoncée au sein de l'Ania depuis l'arrivée de Jean-François Loiseau à sa présidence en 2024. En avril, c'est le Syndicat des industriels fabricants des pâtes alimentaires de France (Sifpaf) qui avait annoncé son retour, après avoir été adhérent de l’Ania pendant quelques années jusqu’en 2007. L’Ania est aussi parvenue récemment à garder deux autres syndicats professionnels qui avaient annoncé leur départ en 2024 : la Fnil (industries laitières) et Brasseurs de France. Créé en 1971, le Snia regroupe 300 usines d'aliments, 15 000 salariés, qui produisent 19,4 millions de tonnes d’aliments. « Nous nous réjouissions aujourd’hui de l’adhésion de ce nouveau syndicat qui témoigne positivement de la dynamique et des efforts mis en œuvre depuis presque un an maintenant pour rassembler l’agroalimentaire français et promouvoir davantage la première industrie de notre pays, ses entreprises et ses métiers», a réagi Jean-François Loiseau, cité dans le communiqué. Jean-François Loiseau est président de la coopérative Axéréal, qui a revendu en 2024 son activité d'aliments du bétail à Sanders (Avril).

Évènementiel : la race ultramarine brahman choisie comme égérie du Sia 2026

C’est une première : la vache égérie de l’édition 2026 du Salon de l’agriculture sera une brahman, « fierté des élevages ultra-marins, particulièrement martiniquais et guyanais », selon un communiqué du 5 juin. « Un choix du cœur, un choix de reconnaissance et un choix pour l’avenir », souligne le président du Salon Jérôme Despey, cité dans le document. « Descendante des zébus indiens », cette race se reconnaît par sa bosse entre les épaules, ses grandes oreilles pendantes et la « peau très lâche de leur cou ». La robe de ces vaches « à la fois maternelles, timides et vives » peut être blanche, gris, rouge ou noire. Avec sa viande « réputée peu grasse et goûteuse », c’est la première race allaitante en Martinique (45 000 animaux inscrits au herdbook), selon les organisateurs. Elle y a été importée dans les années 1950, en provenance des États-Unis, rappelle Races de France sur son site web. Côté élevage, les brahmans sont « des vaches rustiques, performantes, parfaitement adaptées aux conditions tropicales et aux fortes chaleurs », pouvant vêler jusqu’à 15 ans, selon le Sia. La vache égérie sera choisie au sein d’une délégation de cinq vaches, deux génisses et un taureau qui arrivera dans l’Hexagone « trois mois » avant le Salon.

Légumes d'industrie : Bruno d’Hautefeuille élu président des OP du Cénaldi

Dans un communiqué paru le 5 juin, l'association nationale d'organisations de producteurs de légumes pour l'industrie, le Cénaldi, annonce qu'il vient d'élire Bruno d'Hautefeuille comme président. Ce breton est président de l’Union des organisations de producteurs de légumes à destination de l’Industrie en Bretagne (UOPLI) et administrateur de la coopérative Eureden. Il succède à Jean-Claude Orhan qui exerçait ce mandat depuis cinq ans.

Agenda de la semaine agricole du 9 juin

Mardi 10 juin
Séminaire sur les nouveaux actifs agricoles au ministère de l'Agriculture
Conférence de presse de l'Observatoire de la petite entreprise - FCGA/Banque populaire
Conférence de presse du pôle animal de la Coopération agricole
L’Anses et Santé publique France lancent l’enquête Albane sur la santé de la population
Conférence de presse de Cristal Union (sucre/betterave)
Conférence de presse de l'interprofession du miscanthus
Assemblée générale de l'APLBC (OP d'éleveurs laitiers), dans le Maine-et-Loire
Visioconférence de la fédération française des artisans fleuristes
Visioconférence d'Oresys sur l'agriculture et l'intelligence artificielle
Conférence de presse de la CGF (grossistes)

Mercredi 11 juin
Salon RestauCo à Paris, Porte de Versailles
Assemblée générale extraordinaire de la Coordination rurale
Assemblée générale du Club des bioéconomistes (conférence-débat chez Agridées)
Atelier de l’Efsa sur les nanoparticules dans l’alimentation, jusqu’au 12
Présentation d'un rapport parlementaire sur les protéines et l'alimentation
Marchés mondiaux du lait et de la viande (Idele)
Signature entre Bonduelle Food Service et Mon Restau Responsable

Jeudi 12 juin
L’Agence bio présente ses chiffres pour l’année 2024
Le Sénat examine la PPL sur la protection des captages
Le Sénat examine la PPL sur la responsabilité de l’État dans le scandale de la chlordécone
L'Opesct (sciences/Parlement) examine une note de parlementaires sur les NGT 
Assemblée générale du Geco Food Service (fournisseurs de la restauration)
Inauguration par Citeo du dispositif de réemploi du verre dans quatre régions
Conseil national de l'emballage sur les « mutations sociétales »
Conférence de presse de la FFS (spiritueux)
Congrès des vins IGP, à Paris

Vendredi 13 juin
Suite de l'examen du PJL Simplification à l'Assemblée
Congrès de la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA), à Angers
Le groupe Agrial organise sa Journée grand angle, dans l'Orne
Symposium de l'Institut Bonaparte (formation vétérinaire) sur le bien-être animal
60e anniversaire du marché d’intérêt national de Cavaillon (Vaucluse), jusqu’au 14