Agrivoltaïsme : une proposition de loi transpartisane limite les projets à 5 MWc
Une proposition de loi (PPL) transpartisane, sur le point d’être déposée par le député Pascal Lecamp (Les Démocrates, Vienne), et qu'Agra presse a pu consulter, vise un «partage territorial de la valeur agrivoltaïque», limitant la puissance des installations et proposant un fonds de redistribution. Selon le texte, «une installation agrivoltaïque ne peut dépasser une puissance installée de 5 MWc par exploitation». Des limites existent déjà via les chartes départementales, portées par les chambres d’agriculture, mais restent très disparates (de 1 MWc en Bretagne à 50 MWc en Haute-Marne), d'après notre enquête. La PPL propose un fonds de redistribution territorial «en faveur des projets visant à la structuration économique des filières agricoles, à l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques ou à la transition agroécologique». Un autre volet porte sur la «sécurisation juridique» des contrats. Entre le propriétaire et le producteur agrivoltaïque, un bail emphytéotique doit être conclu, selon le texte, ajoutant que «le propriétaire est rémunéré par l’énergéticien, dans la limite maximale de la rémunération octroyée à l’agriculteur». Entre le producteur agrivoltaïque et le preneur, la convention-cadre s’accompagne d’«un cahier des charges et des servitudes» relatives à «l’entretien et à la conservation, les services rendus à la production agricole, les servitudes».
OFB: la pression retombe un peu face aux engagements du Premier ministre
L’intersyndicale de l’OFB demande aux agents de l’établissement public de «rester mobilisés, tout en reprenant leurs missions essentielles pour la préservation de la Nature», dans une communication envoyée le 7 février. Elle se réjouit des «quelques avancées» obtenues sur ses revendications. D’après un email du directeur général de l’OFB Olivier Thibault, qu’Aga Presse a pu consulter, le Premier ministre «va prochainement écrire aux préfets pour leur demander de réunir les conditions favorables à la sortie de crise» et «rappeler l’impératif de protection» des agents et implantations. François Bayrou va aussi échanger avec le ministre de la Justice «pour appeler l’attention des juridictions sur l’importance des poursuites en cas de nouvelles atteintes aux biens ou aux personnes». Dans son email, Olivier Thibaut confirme le dépôt de plainte contre le secrétaire général de la Coordination rurale (CR). Il ajoute que le procureur de Poitiers «a proposé d’ajouter le qualificatif de harcèlement pour les agissements de la CR», qui a dégradé récemment les locaux de l’OFB dans la préfecture de la Vienne. Les agents de l’OFB peuvent toutefois faire valoir leur «droit de retrait», et sont appelés par les syndicats à «ne pas participer aux réunions et formations organisées par le monde agricole tant que les relations ne seront pas apaisées». L’intersyndicale prévoit aussi une journée de grève courant mars «pour maintenir la pression sur le gouvernement».
Élections chambres: la Guyane passe aux mains de la Confédération paysanne
D’après les résultats officiels proclamés par la préfecture le 6 février, la Confédération paysanne a remporté la chambre d’agriculture de Guyane, avec 45,3% des voix du collège 1A (chefs d’exploitations de moins de 10 ha) et 45,6% du collège 1B (chefs d’exploitations de plus de 10 ha). Les autres chambres d’outre-mer ne changent pas de mains. Le Modef conserve la Guadeloupe (avec 30,76%), sans alliance avec les JA contrairement avec 2019. Le tandem FNSEA-JA reste à la tête des chambres de Martinique (48,67%) et de La Réunion (45,3%). À Mayotte, chambre présidée par la Confédération paysanne, «le scrutin est repoussé d’un an» en raison du cyclone Chido, a annoncé la porte-parole Laurence Marandola en conférence de presse. Un report également affiché sur le site web du ministère de l'Agriculture. À l’issue du scrutin, la Confédération paysanne est majoritaire dans trois départements, dont un en métropole: l’Ardèche. Le syndicat revendique un score national «autour de 20,5%», selon Laurence Marandola, avec de «fortes progressions» dans 12 départements. C’est le cas notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne et Paca, ou dans les Pyrénées-Orientales et dans les zones intermédiaires du centre de la France, ainsi que dans le Maine-et-Loire, bastion historique de la FNSEA.
Élections chambres: chez les salariés, la CFDT ravit la première place à la CFTC
La CFDT Agri-Agro est arrivée en tête dans plus de 40 chambres d’agriculture lors des élections professionnelles (collège 3A, salariés de la production agricole), ravissant ainsi la première place à la CFTC (en nombres de chambres). En six ans, la CFDT a gagné une quinzaine de chambres supplémentaires; le syndicat en prend aussi bien à la CFTC (qui passe de 33 à 22 départements) qu’à la CGT (qui passe de 24 à 13 chambres). L’Unsa double presque son score entre 2019 et 2025 (à 9 départements), et la CFE-CGC se maintient dans trois chambres (contre quatre). Dans le collège 3B (salariés des groupements agricoles), la CFDT confirme son hégémonie, avec une majorité dans «plus de 75 départements». Dans un communiqué du 7 février, le syndicat réclame «la présence d’élus salariés dans tous les bureaux», appelant les nouveaux élus à «écouter la voix des femmes et des hommes, salariés, qui font fonctionner les entreprises agricoles». En même temps que les chefs d’exploitation, les propriétaires ou encore les anciens exploitants, plus de 600 000 salariés étaient appelés à élire leurs représentants dans les chambres d’agriculture. Ils disposent de six sièges par chambre départementale, sur un total d’au moins 34 places.
Elections chambres: la région Sud se positionne en faveur de la FNSEA et des JA
A l'occasion de la proclamation des résultats des élections aux chambres d'agriculture le 6 février, le président Renaissance de la région Sud, Renaud Muselier, est sorti de la traditionnelle réserve des partis politiques du centre de l'échiquier, en se félicitant de la victoire des listes d'union FNSEA/JA sur son territoire (des Bouches du Rhône à la Haute-Savoie). «Les résultats de ces élections sont largement en faveur de nos syndicats majoritaires. Sur l’ensemble de nos six départements, c’est une victoire haut la main des listes portées par l’union JA/FNSEA. C’est une victoire pour notre agriculture régionale, et pour notre politique agricole que nous co-construisons avec les chambres d’agriculture», a réagi sans ambage la région dans son communiqué. Et le président Muselier d'ajouter: «Nous continuerons à nous battre face à des extrêmes qui poussent nos agriculteurs à la division et à l’individualisme». Il ajoute, avec la signature de président délégué de Régions de France: «Nous continuerons à nous battre pour capter encore plus de fonds européens grâce à une politique agricole commune ambitieuse avec des fonds Feader dont la Région est gestionnaire».
Lac de Caussade: l’État échappe à la réparation d’un préjudice économique, FNE fait appel
Dans son jugement du 6 février, le tribunal administratif de Bordeaux a retenu une faute imputable à l’État, en raison de l’illégalité de l’autorisation d’exploitation de cette retenue d’eau délivrée en juin 2018 par la préfète de Lot-et-Garonne. En revanche, il a rejeté la demande des associations requérantes de réparer le préjudice économique, considérant que l’autorisation environnementale illégalement délivrée a été «rapidement retirée et que le préjudice écologique allégué ne trouve pas sa cause dans le laps de temps durant lequel cette autorisation a pu produire ses effets», souligne un communiqué du tribunal. En outre, le tribunal a écarté «toute faute lourde» dans la mise en œuvre matérielle des mesures de police édictées pour préserver les risques encourus par l’exploitation de l’ouvrage. Une décision que regrette l’association France Nature Environnement, qui a décidé de former appel de ce jugement «pour faire reconnaitre la responsabilité de l’État dans la conduite de ce dossier». Dénonçant le caractère irrégulier de la construction de la retenue d’eau de Caussade, FNE estime notamment que «l’État aurait dû utiliser ses pouvoirs de police pour contraindre la chambre d’agriculture, dirigée par un syndicat agricole qui vandalise et menace : la Coordination rurale».
Lac Caussade: la CR réélue, rejette toute mise en conformité
La Coordination rurale du Lot-et-Garonne, «renforcée" par sa réélection le 6 février à la tête de la chambre d'agriculture du département, a rejeté la mise en demeure du préfet visant à mettre en conformité une retenue d'irrigation construite en 2019 sans autorisation par la chambre. «Bien entendu que le lac de Caussade restera tel quel», a déclaré le 6 février au soir Karine Duc, coprésidente la CR47, après la victoire du syndicat avec quelque 70% des voix, estimant que ce score donne «raison» à la Coordination rurale de «tenir tête à des décisions hors-sol». «Le lac de Caussade, pour nous, n'est plus un sujet et l'État doit également tourner la page», a-t-elle lancé. Fin décembre, le préfet du département a exigé de mettre le site en conformité afin d'assurer sa sécurité et de respecter le code de l'environnement en matière d'entretien des ouvrages hydrauliques, de partage de la ressource en eau et de préservation des milieux aquatiques. «Si le préfet s'obstine à vouloir nous contraindre, ça pourrait faire des dégâts collatéraux que le préfet ne pourrait pas maîtriser», a prévenu jeudi Patrick Franken, président de l'ASA et membre de la CR47.
Cognac : dans un marché tendu, feu vert à l’arrachage sans perte de rendement individuel
L’Inao a validé le 6 févier une modification temporaire du cahier des charges de l’AOC cognac visant l’arrachage sans perte de rendement individuel. «Face aux difficultés d’exportation liées aux restrictions chinoises», son comité vins et spiritueux a accepté la demande interprofessionnelle d’«un nouveau mécanisme de rendement individuel différencié», selon un communiqué. Le viticulteur pourra «conserver le volume de production d’une vigne arrachée temporairement en bénéficiant d’un volume compensateur équivalent», expliquait fin décembre l’UGVC (Union générale des viticulteurs pour l'AOC cognac). Et de souligner l’avantage en termes de coûts de production, «puisqu’on va produire autant sur moins de surfaces, en maintenant le même chiffre d’affaires». Nom du dispositif : Volume complémentaire cognac individuel (VCCI). «Ce VCCI ajouté au rendement annuel ne pourra pas dépasser 12 hectolitres d’alcool pur par hectare», précise le syndicat. Dans son communiqué, l’Inao y voit l’intérêt de «préserver l’équilibre économique des exploitations dans ce contexte de crise».
Train des primeurs : toujours pas de candidat pour gérer la ligne Perpignan-Rungis
Dans sa réponse à une question posée en octobre par le sénateur communiste Pascal Savoldelli (Val-de-Marne) portant sur l’avenir du «train des primeurs», le ministère des Transports, indique le 6 février qu’«aucun dossier n'a été déposé au 1er décembre 2024» en réponse à l’appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé par l’État en mai. Cet AMI portait sur une nouvelle solution d'acheminement «idéalement en transport combiné», une fois le terminal de Rungis livré». L'arrêt anticipé de la circulation des trains avait été décidé fin juin 2024 pour permettre la construction d’une nouvelle gare multimodale appelée à remplacer la gare qui accueillait le train des primeurs - sa construction doit s'achever fin 2025/début 2026). «L'orientation du transport ferroviaire des flux primeurs entre Perpignan et Rungis vers la technique du transport combiné a fait en effet consensus auprès des acteurs du marché», rappelle le ministère. L'État accompagne ce projet et finance les travaux pour environ 15 millions d’euros. Lancée en 1986, supprimée entre 2019 et 2020, relancée en 2021 par Jean Castex alors Premier Ministre, cette ligne avait déjà fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) en juillet 2023, qui n’a pas abouti.
Pommes : Pink Lady vise une croissance annuelle à deux chiffres d’ici 2030
À l’occasion du salon Fruit Logistica qui s’est tenu à Berlin du 5 au 7 février, le nouveau président de l’association Pink Lady Europe a annoncé, dans un communiqué, l’ambition d’atteindre 100 millions (M) de consommateurs annuels de la marque de pommes d’ici 2030 contre 70M en 2024. Pour atteindre cet objectif, l’association prévoit de commercialiser 360 000 tonnes de pommes, soit environ deux milliards de pommes. Autrement dit, elle vise une croissance annuelle à deux chiffres, au sein de ses marchés clés, avec des augmentation de volume attendues de 13 % en Allemagne, de 15 % en Italie et de 17 % en France. Une croissance qui doit s’appuyer sur trois piliers, à savoir celui de replacer le consommateur au cœur de la stratégie de marque via notamment «une analyse approfondie des données», mais également celui de développer des outils technologiques visant à «mieux produire» face aux défis climatiques. Enfin, Pink Lady Europe souhaite renforcer les liens entre producteurs, distributeurs et consommateurs. Depuis le début de la saison pomicole actuelle, les ventes ont augmenté de 4% par rapport à l’année précédente. Les principaux marchés sont l’Allemagne (24% des volumes européens de Pink Lady), le Royaume-Uni (18%), la France (16%) et l’Italie (8%), avec une croissance notable de 13% en Allemagne et de 16% en Italie depuis le début de la saison.
Négoce : feu vert de Bruxelles pour la vente d'actifs de Viterra à Louis Dreyfus
Dans un communiqué du 7 février, la Commission européenne a donné son accord pour le rachat d’actifs du négociant Viterra par son concurrent Louis Dreyfus Company (LDC). Elle considère que, même après l’opération, aucun problème de déstabilisation du marché ne surviendra, «compte tenu de la position limitée des entreprises», détaille le communiqué. L’opération concerne des outils de transformation de graines oléagineuses (colza et tournesol) basés aux Pays-Bas, en Hongrie et en Pologne. Pour rappel, cette transaction survient dans le cadre du rachat par Bunge de Viterra, deux géants du négoce international des grains, disposant d’installations à travers le monde. Pour pouvoir se conclure, des Etats où sont installés les actifs des sociétés, comme le Canada, réclament certaines conditions, afin d’empêcher des situations monopolistiques, susceptibles de déstabiliser les marchés locaux. L’UE demandait par exemple que Viterra cède certaines de ses possessions dans divers pays de sa zone d’influence. C’est désormais chose faite avec cette opération.
Protéagineux : recul des surfaces de pois d'hiver, progression de la féverole (semenciers)
Thierry Momont, président de la section céréales à paille et protéagineux de la Semae (interprofession des semenciers), a déclaré, lors de la Rencontre Filière Semences à Paris le 6 février, que les surfaces hexagonales de pois d'hiver «seraient divisées par deux» entre 2023 (récolte 2024) et 2024 (récolte 2025). Plus en détail, elles tomberaient à 30 000 ha cette année, contre 60 000 ha l’an passé. Les semenciers tablent sur un chiffre de 100 000 ha à 120 000 ha tous pois confondus (hiver et printemps). Mais ces projections sont susceptibles d’évoluer fortement, en fonction des conditions climatiques du printemps. «Il se pourrait qu'on atteigne à peine les 100 000 ha au total. Le temps humide n'est guère favorable aux implantations de printemps. Heureusement qu'il s'est arrêté de pleuvoir», alerte le président. Selon le ministère de l'Agriculture (Agreste), elles s’élevaient à 163 000 ha l’an dernier. En revanche, la féverole, moins sensible aux excès d'eau, verrait sa sole d’hiver progresser annuellement. «Elle doublerait, passant d’environ 30 000 ha à 55 000 ha voire 60 000 ha», se réjouit Thierry Momont. Environ 1/3 reste à semer au printemps. Agreste estimait la surface nationale l’an dernier, variétés d’hiver et de printemps confondues, à 78 000 ha.
Maïs OGM: le Mexique lève ses interdictions sur les importations des Etats-Unis
Le Mexique a fini par céder dans le conflit qui l’opposait aux Etats-Unis en publiant, le 5 février, un décret annulant les interdictions relative à l'importation de maïs blanc transgénique pour la consommation humaine (notamment la fabrication de tortilla) dans le pays. Les Etats-Unis se sont félicités, le lendemain, de cet abandon, eux qui avaient contesté cette législation adoptée en 2023 et obtenu gain de cause en 2024 dans le cadre de l'accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM). «Les Etats-Unis continueront à s'assurer que le Mexique applique ses engagements liées à l'ACEUM et que les mesures prises par Mexico concernant l'agriculture biotechnologique sont basées sur la science», a prévenu le bureau du représentant américain pour le Commerce (USTR) dans un communiqué. L'ACEUM qui a été signé durant le premier mandat de Donald Trump, fait l'objet d'une clause périodique de révision qui doit intervenir a priori en 2026. Mais de nombreux observateurs estiment que le président américain cherche à faire pression sur ses partenaires américains, via les droits de douane de 25% qu’il menace de leur imposer, afin d'avancer la révision de l'accord, voire pour le renégocier.
Loup: les conditions de tir des éleveurs bovins précisées dans un arrêté
Un arrêté publié le 8 février au Journal officiel précise les conditions dans lesquelles les éleveurs de bovins peuvent demander des tirs dérogatoires contre les loups, dont la présence s'est étendue en France. Selon les précisions du ministère de la Transition écologique à l'AFP, les éleveurs de troupeaux bovins et/ou équins pourront bénéficier de dérogations préfectorales de tir du loup sous conditions, si leur troupeau a subi au moins une prédation par le loup dans les 12 derniers mois. Le texte précise que l'octroi de ces dérogations se fait «sous réserve de démarches engagées (par les éleveurs, NDLR) en matière de réduction de vulnérabilité attestées par le préfet», comme l'installation de clôture par exemple. L'arrêté «clarifie la manière dont les éleveurs bovins et équins peuvent accéder à des tirs dérogatoires lorsqu'ils sont victimes d'une attaque du fait de l'augmentation de la population de loups et de leur plus grande présence sur le territoire», a-t-on expliqué. «En raison des difficultés de protection des troupeaux bovins et équins, l'accès à des autorisations de tir pour ces éleveurs est fortement limité et a donné lieu à de nombreux contentieux témoignant de la fragilité du cadre juridique» qui prévalait jusqu'alors, a expliqué le ministère.
Bovins viande: au moins 70% d’herbe pour le veau d’Aveyron et du Ségala IGP
Le comité national LR/IGP/STG de l’Inao, réuni le 31 janvier, a approuvé le nouveau cahier des charges de l’IGP «veau de l’Aveyron et du Ségala», qui intègre «plusieurs dispositions agroenvironnementales», a annoncé l’Institut de l’origine et de la qualité le 4 février. Ces nouveaux critères visent à «préserver la biodiversité et renforcer la place de l’herbe», d’après un communiqué. Comme le précise l’Inao à Agra Presse, les élevages devront présenter une autonomie alimentaire «d’au moins 70%», et leur surface fourragère principale (SFP) devra comporter au moins 70% d’herbe. Deux autres dispositions visent à préserver la biodiversité. D’une part, les exploitations devront afficher au moins 3% d’infrastructures agroécologiques dans leur SAU (ou au moins 80% de parcelles de moins de 6 ha et de prairie permanente). D’autre part, elles devront comporter au moins 70% de prairies permanentes dans leur SAU ou «au moins 10% de légumineuses». Une procédure d’opposition de deux mois va désormais s’ouvrir avant validation du nouveau cahier des charges. Le veau d’Aveyron et du Ségala (404 exploitations pour 14 000 veaux en 2023) est «un veau non sevré et allaité au pis, ayant à disposition une alimentation complémentaire (fourrages, céréales notamment)», rappelle l’Inao.
Lait bio: après Lactalis, Bioliat annonce aussi un prix stable sur l'année 2024
Après Lactalis, c'est au tour de Biolait d'annoncer, dans un communiqué le 7 février, un prix stable pour ses adhérents sur l'année 2024. «Je suis fier d’annoncer ce prix du lait aux producteurs. Un prix stable, salutaire dans le contexte de la bio que nous connaissons», déclare le président Philippe Marquet, cité dans le communiqué. Le collecteur annonce un prix du lait payé en 2024 à 483 €/1000 litres (contre 482 €/1 000 l l'an passé), auprès des 2100 éleveurs (stable), dont la production 2024 a été de 245 millions de litres de lait bio (270 millions de litres en 2023). De son côté, Lactalis avait aussi annoncé il y a quelques semaines avoir maintenu le prix du lait à 508 €/1000 l (contre 504 €/1000 l en 2023). Une semaine après que le groupe Lactalis a annoncé son intention de réduire ses volumes de 450 millions de litres (Ml) de lait d’ici 2030, Biolait s'était engagée «à étudier toute demande de nouvelle adhésion» de la part de producteurs laitiers laissés sans contrat, à condition «de nouvelles dispositions» qui seraient prises par l'Etat. L'OP demandait la mise en place de programmes opérationnels (PO) dont bénéficient d'autres filières au titre de la politique agricole commune (Pac), ainsi que «le financement direct de la logistique sur les zones peu denses».
Chlordécone: Macron porte plainte pour un tableau où il apparaît décapité
Le président de la République Emmanuel Macron a porté plainte contre X, la semaine dernière en Guadeloupe, pour une œuvre le représentant avec la tête coupée, rapporte BFMTV le 5 février (lire l’article ici). «Le président a déposé plainte et un juge d'instruction a été saisi», a indiqué la procureure de la République de Pointe-à-Pitre, Caroline Calbo, confirmant des informations de la radio locale RCI et du média en ligne bigidi.tv. L’œuvre faisait partie d’une exposition baptisée «Exposé.e.s au chlordécone», présentée en janvier au Centre des Arts, un bâtiment à Pointe-à-Pitre occupé par un collectif d'artistes, le Kolèktif Awtis Rézistans. Le tableau représente un homme tenant à bout de bras la tête décapitée d'Emmanuel Macron, brandie en l'air. L'œuvre avait été décrochée avant l'annonce de la plainte, ont indiqué à l'AFP des artistes s'exprimant au nom du collectif.
Eau potable/pesticides: une «urgence de santé publique», alertent 140 élus de Loire-Atlantique
Pour protéger la qualité de l'eau potable, plus de 140 élus de Loire-Atlantique défendent dans un manifeste transmis le 7 février à l'AFP l'interdiction des produits phytosanitaires au sein des aires de captage de l'eau. Protéger les captages d'eau potable des pesticides est une «urgence de santé publique», peut-on lire dans le manifeste, signés par 140 élus de tous bords politiques et par les membres du bureau d'Atlantic'eau (syndicat quiapprovisionne le département en eau potable), se disant «très inquiets». Député écologiste à l'origine fin octobre d'une proposition de loi «pour protéger durablement la qualité de l'eau potable», Jean-Claude Raux, espère une «prise de conscience collective». D'après le manifeste, «les pollutions les plus préoccupantes sont liées à la présence de nitrates et de pesticides. Parmi eux, le S-métolachlore, le chlorothalonil, associés à des risques de cancer, dont les dépassements de limite interpellent autant que ceux concernant les nitrates». Le texte évoque aussi «d'autres risques avérés : maladie de Parkinson, perturbateurs endocriniens et enfin tous +les effets cocktails+, c'est-à-dire les effets conjugués de ces substances chimiques qui ne sont que peu connus», poursuivent les signataires.
Balance commerciale : dégradation en 2024 pour les produits agricoles et alimentaires
Dans les chiffres du commerce extérieur publiés par la Douane ce 7 février, les soldes de l’agriculture et de l’agroalimentaire ont reculé, respectivement de 1% et 58%. Le solde agricole s’est dégradé de 0,7 Milliards d'euros mais il reste légèrement excédentaire de 0,5 MdE. Ce solde résulte de 18,6 MdE d’exportations et de 18,1 MdE d’importations. Les exportations agricoles sont en diminution de 2,5%, soit dans une moindre mesure qu’en 2023 (-15%). Les céréales en particulier ont vu leurs exportations diminuer de 0,8 MdE (8%) en 2024, leur solde étant de 8,6 MdE. Les importations quant à elles ont poursuivi leur croissance, de 1%. Les exportations de produits agroalimentaires ont légèrement progressé de 1,9%, atteignant 63,9 MdE. Parmi ceux qui ont le plus pesé dans cette progression, il faut compter les produits laitiers (+4,6%), et les «produits divers», comme le beurre de cacao dont le cours a augmenté. En revanche les boissons ont pesé en sens inverse (-3,5%) notamment à cause du Cognac et du Champagne. A noter que les exportations de produits carnés ont progressé de 1,3% et celles de fruits et légumes de 12%. Du côté des importations, celles-ci ont aussi augmenté, de 3,8%, pour atteindre 59,5 MdE. Le solde agroalimentaire (tabac compris) s’établit à 4,4 MdE, en léger recul de 1%.
Export : tour d'horizon par région de l'importance des marchés d'export
Presque toutes les régions tirent parti de leurs exportations agricoles et alimentaires, selon un rapport du cabinet Asterès commandé par le CNPA (promotion des produits agricoles et alimentaires) et publié le 6 février. Cette étude d’impact régional met en avant d’importantes part du chiffre d’affaires agricole et agroalimentaire pour l’Occitanie (24%), le Grand-Est (31%), la Normandie (32%), et d’importantes parts de l’emploi du secteur pour l’Ile-de-France (16%), les Pays de la Loire (17%) et les Hauts-de-France (17%). En part de PIB régional, les exportations représentent 9% pour le Grand Est et les Hauts-de-France, 8% pour la Normandie, 7% pour la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine, et enfin 4% pour les Pays de la Loire et l’Occitanie, qui sont dans la moyenne nationale. L’étude, détaillée par régions, invite à considérer l’enjeu de l’exportation en dehors des poids lourds de l’exportation agricole et alimentaire que sont les Hauts-de-France, (15,8 Md€), la Nouvelle-Aquitaine (13,6 Md€) et le Grand Est (avec 16,9 milliards d’euros). Ce rapport Asterès s’appuie sur les données (Douanes, Insee, Agreste, Urssaf) de 2023, qui ont été retraitées pour intégrer les biais liés au commerce de gros. Il succède à une première étude d’impact nationale, remise en 2024 au CNPA.
Nutri-score : encore une proposition de loi LR pour exempter les produits sous AOP et IGP
Le député Vincent Descœur (Cantal, LR) a déposé à l’Assemblée nationale, le 4 février, une proposition de loi (PPL) visant à «exempter les produits sous appellation d'origine protégée (AOP) ou indication géographique (IGP) protégée de l'obligation d'apposition d'un indice Nutri-Score». À noter que M. Descœur avait déjà déposé deux ans auparavant une PPL avec le même objectif. L’idée étant de luttecontre le «risque» que les produits sous AOP ou IGP enregistrent une baisse des ventes dans l’hypothèse où l’affichage de ce logo nutritionnel, optionnel depuis 2017, soit rendu obligatoire par l’UE ou la France. Dans l’exposé des motifs, les députés estiment que ce système d’étiquetage «s’avère inadapté et extrêmement pénalisant» pour les produits sous AOP ou IGP. En particulier pour les fromages, qui pour plus de 90 % d’entre eux «se trouvent classés D ou E en raison de leur teneur en graisses, en sel et de leur apport calorique», poursuivent-ils. Les «limites» du Nutri-Score sont régulièrement pointées du doigt, notamment par les filières de la fromagerie et de la charcuterie, qui lui reprochent de s’appuyer sur une consommation théorique de 100 g de produit et non à la portion consommée, mais également de ne pas distinguer les produits peu et ultra transformés.