Agrafil du 10 février 2026

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Bovins/DNC : nouvelle vaccination en 2026 dans les zones touchées

Lors d’une réunion du Cnopsav (le « Parlement du sanitaire ») consacrée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le 9 février, « une large majorité des participants s’est prononcée en faveur du renouvellement de la vaccination dans les zones concernées par la maladie en 2025 », a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué. « Il y aura des ajustements qui remonteront du terrain », après quoi la nouvelle campagne démarrera « dans les prochains jours ou les prochaines semaines » pour les deux millions de bovins des actuelles zones vaccinales ou réglementées, a précisé la Rue de Varenne lors d’un brief à la presse. Les animaux des régions de l’Est (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté) – les premières touchées par la DNC – seront vaccinés avant la montée en estive, sachant que celle-ci peut intervenir « dès la mi-mars ». Quant aux bovins du Sud-Ouest (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine), ils seront re-vaccinés au retour d’estive, à l’automne 2026 ; ils ont fait l’objet d’une primo-vaccination fin 2025 et la durée de protection est d’un an. Tous les bovins à partir de l’âge de trois mois sont concernés par l’obligation de vaccination. La vaccination sera toujours à la charge de l’État, pour un coût d’environ 40 M€, qui s’ajoute aux précédentes enveloppes déjà dépensées (plus de 62 M€).

Influenza aviaire : la FDSEA de Vendée presse l’État d’indemniser les éleveurs pénalisés

Dans un communiqué du 6 février, la FDSEA et les JA de Vendée demandent à l’État des mesures concrètes et rapides à l’égard des éleveurs pénalisés par les dispositions d’éradication de l’influenza aviaire dans ce département et les voisins. Près de 1 500 éleveurs des Pays de la Loire et des Deux-Sèvres vivent « une situation économique critique », selon les syndicats, à la suite de vides sanitaires prolongés, de restrictions de remise en place et, pour certains, de l’arrêt partiel ou total de leur activité. Une situation tendue qui réclame « la mise en place immédiate d’une avance sur les indemnisations ». La FDSEA et les JA de Vendée réclament en matière d’indemnisation « une clarification rapide du dispositif » et suggèrent de maintenir le dispositif d’aide existant tel quel « pour garantir une mise en œuvre rapide et efficace ». Plus en détail, les sections départementales veulent 100 % de couverture des pertes résultant de l’interdiction temporaire de remise en place (indemnisations I1) et la mise en place effective de l’indemnisation complémentaire pour les pertes liées aux difficultés de remise en place post restriction (indemnisations I2).

Nutrition animale : DSM-Firmenich cède son activité au fonds CVC

Dans un communiqué du 9 février, le groupe suisse DSM-Firmenich annonce avoir conclu un accord avec le fonds CVC pour lui céder sa branche Nutrition animale et santé (Animal Nutrition & Health, ANH). Prévue pour être bouclée d’ici la fin de l’année, la transaction a été conclue pour un montant de 2,2 milliards d’euros (Md€). Employant 8 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 3,5 Md€ en 2025, ANH se définit comme le « leader mondial de la nutrition animale ». Il a notamment lancé les additifs pour bovins Bovaer (réduction des émissions de méthane), qui restent dans le giron de DSM. Dans le détail, à l’issue de l’opération, ANH sera divisée en deux entreprises indépendantes, « the Solutions Company » (nutrition, prémixes, alimentation de précision) et « the Essentials Company » (vitamines, caroténoïdes, arômes). DSM gardera 20 % de l’actionnariat de ces entreprises. En 2025, DSM s’était déjà séparé de son activité de production d’enzymes (pour 1,5 Md€). Le groupe avait annoncé en 2024 le projet de cession de sa branche nutrition animale, afin de recentrer son activité sur le grand public : alimentation (produits laitiers, plats préparés, boissons, pet food, etc.), santé et cosmétiques.

Vétérinaires/enseignement : les stages tutorés ont peu d’influence sur le maillage (CGAAER)

« Le stage tutoré ne semble pas apporter de réponse évidente aux objectifs de renforcement du maillage vétérinaire », conclut le CGAAER (ministère de l’Agriculture) dans un rapport publié le 4 février. Ces « stages tutorés en milieu rural » (STER) ont été créés en 2016-2017 pour favoriser l’installation de vétérinaires en milieu rural. Les étudiants en dernière année d’école vétérinaire qui optent pour un STER (une centaine par an environ) exercent pendant 18 semaines chez un praticien, sous la houlette d’un enseignant. Le dispositif est « soutenu financièrement par la DGAL » (ministère) à hauteur de 550 000 € par an. Sur la période, 1 554 élèves ont choisi la sixième année d’approfondissement en animaux de production ; parmi eux, 590 ont réalisé un stage tutoré. Dans les deux cas, « environ la moitié [des diplômés] conservent une activité en médecine rurale », sans aucune « différence significative » entre les deux populations. « De plus, les zones identifiées comme critiques en matière d'accès aux soins vétérinaires restent, dans tous les cas, peu attractives », souligne le rapport. Notant un « satisfecit général » des participants aux STER, les inspecteurs du CGAAER d’étudier l’extension ce dispositif aux « étudiants français formés à l’étranger ».

Acétamipride : le projet de loi d'urgence n'intègrera pas la PPL Duplomb, indique Lecornu

Dans un entretien accordé à la presse régionale le 7 février, le Premier ministre a indiqué que les dispositions de la seconde proposition de loi Duplomb, qui visent à réautoriser l'acétamipride et la flupyradifurone, ne seront pas intégrées au projet de loi d'urgence agricole. Pour Sébastien Lecornu, la PPL du sénateur Les Républicains (LR) « peut résoudre certains problèmes », mais « en pose aussi d’autres ». Le Premier ministre n'a pas donné davantage de détails sur le contenu du futur projet de loi : « La ministre Annie Genevard y travaille. » Dans un message diffusé le 13 janvier sur le réseau social X, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait fait quatre annonces visant à répondre aux agriculteurs de la FNSEA venus manifester à Paris. La première était de faire examiner, comme demandé par la FNSEA, un « projet de loi d'urgence agricole » d'ici l'été, sur les thématiques de l'eau, de la prédation et des « moyens de production » (sans préciser lesquels). Selon la Confédération paysanne, dont une délégation a rencontré la ministre de l'Agriculture le 9 février, cette dernière partie du projet de loi pourrait inclure des dispositions relatives au foncier et aux pesticides, touchant notamment aux conditions d'extension des autorisations de mise sur le marché à d'autres filières que celles prévues initialement. Interrogé sur ce point, le cabinet de la ministre n'avait pas encore répondu à nos sollicitations.

Fluopyram : l’Anses publie une Vmax, pas de risque pour la santé dans les Hauts-de-France

L’Anses a publié le 9 février une valeur sanitaire maximale (Vmax) pour le fluopyram, un fongicide détecté dans l'eau potable d'une vingtaine de communes des Hauts-de-France, rapporte l’AFP le même jour. Cette Vmax confirme « l'absence de risque » des teneurs relevées dans le nord du pays, selon les autorités. L'Anses a fixé la Vmax du fluopyram à 8,8 microgrammes par litre d'eau (µg/l), un niveau au-delà duquel la consommation pourrait présenter un risque pour la santé, d'après un communiqué commun de l'Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France et des préfectures du Nord et du Pas-de-Calais. Le contrôle sanitaire de l'eau du robinet réalisé par l'ARS a identifié des traces de fluopyram dans l'eau dans trois communes du Nord et 23 du Pas-de-Calais. Or, « tous les résultats enregistrés sont très largement inférieurs à la valeur sanitaire maximale fixée par l'Anses », ce qui « confirme que l'eau peut être consommée sans risque pour la santé ». Toutefois, les teneurs en fluopyram dépassent « la limite de qualité de 0,1 microgramme par litre » dans les 26 communes concernées. La réglementation prévoit que les organismes responsables de la distribution de l'eau « réalisent les travaux nécessaires pour abaisser la concentration sous cette limite dans un délai de trois ans », détaillent les autorités.

Eau : les comités de bassin s’inquiètent d’un affaiblissement de leurs prérogatives

Réunis lors d’un point presse le 6 février, à l'invitation d'Alain Rousset, président du comité de bassin Adour-Garonne, les présidents des comités de bassin ont fait part de leurs inquiétudes sur l'avenir de la gouvernance de l’eau et la soutenabilité financière des politiques de gestion de l’eau. Ils redoutent que le projet de loi d'urgence agricole, dans ses mesures relatives à l’eau, n’affaiblisse leurs prérogatives. « Le piège serait d'opposer les questions agricoles aux questions de l'eau », a précisé Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne, au média Actu-Environnement. Et de rappeler que les comités de bassin constituent, depuis 60 ans, des lieux de médiation, de concertation et d’élaboration des politiques de l’eau. Ces préoccupations ont été exprimées dans un courrier envoyé, le même jour, au Premier ministre Sébastien Lecornu. Les six comités de bassin y demandent le renforcement de leurs institutions comme instances politiques centrales de l’eau. Selon les comités, le projet de loi agricole pourrait revenir sur plusieurs leviers aujourd’hui pilotés localement, notamment les volumes de prélèvement pour l’irrigation, les projets de stockage ou encore les travaux sur les schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), dont la suspension a été demandée aux instances de bassin.

Nitrates : Bruxelles valide définitivement l'autorisation des engrais RENURE

La Commission européenne a formellement adopté, le 9 février, les amendements autorisant l’utilisation d’engrais RENURE au-delà de la limite d’épandage d’effluents d’élevage fixée par la directive Nitrates. Les experts des États membres avaient avaient donné leur feu vert à cette évolution, après d’intenses négociations, au mois de septembre. Il s’agit de permettre l’utilisation de ces engrais, issus du traitement des effluents d’élevage, au-delà de la quantité légale de 170 kg/ha/an d’azote, jusqu’à une limite supplémentaire distincte de 100 kg/ha/an d’azote. Les États membres devront toutefois surveiller l’effet de cette autorisation sur les cheptels et la production de fumier pour s’assurer que ceux-ci n’augmentent pas dans les régions à risque. Cette modification de la directive Nitrates entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel et s’appliquera uniquement dans les États membres qui choisiront de la transposer dans leur droit national. La Commission européenne est par ailleurs en train de plancher sur un plan d’action sur les engrais attendu au premier semestre, ainsi que sur une simplification de la directive-cadre sur l’eau et de la directive Nitrates.

Pac : les auditeurs européens soulignent les incertitudes de la proposition de Bruxelles

Dans un avis publié le 9 février, la Cour des comptes européenne met en avant les risques et les incertitudes pour la prochaine Pac, dont les propositions ont été publiées en juillet. Les auditeurs européens avancent que la nouvelle architecture juridique de la Pac, intégrée dans un plan national plus global, ainsi que ses modalités de planification et d’adoption, plus complexes, risquent de retarder la mise à disposition des fonds. En outre, le fait que le montant total du budget de la Pac ne soit connu qu’après l’adoption des plans nationaux engendre une incertitude supplémentaire pour les bénéficiaires. Par ailleurs, l’autorité de surveillance financière souligne que si la plus grande flexibilité accordée aux États membres devrait permettre une approche plus adaptée aux défis locaux, elle pourrait également mettre en péril le caractère commun de la Pac et entraîner des distorsions de concurrence entre les pays de l’UE. Elle appelle donc la Commission européenne à jouer efficacement son rôle renforcé en matière de pilotage via ses recommandations. Enfin, « le manque de clarté quant aux interventions qui devraient dépendre des réalisations et celles qui seront subordonnées à l’atteinte de valeurs intermédiaires et de valeurs cibles crée aussi une incertitude », affirme la Cour des comptes.

Commerce international : les États-Unis et l’Inde annoncent la conclusion d’un accord-cadre

Dans une déclaration conjointe du 6 février, les États-Unis et l’Inde ont annoncé la conclusion d’un accord-cadre dans le cadre de négociations plus larges en vue d’un accord commercial bilatéral. Concrètement, en échange d’un taux de droit de douane réciproque américain de 18 %, l’Inde s’engage à « supprimer ou réduire » ses tarifs sur « une large gamme de produits alimentaires et agricoles américains ». Selon la déclaration conjointe, cet engagement concernera notamment les drêches de distillerie séchées, le sorgho rouge destiné à l'alimentation animale, les noix, les fruits frais et transformés, l'huile de soja, le vin et les spiritueux, mais aussi « d’autres produits » dont le contenu n’a pas été précisé. « L'Inde accepte également de s'attaquer aux barrières non tarifaires qui entravent depuis longtemps le commerce des produits alimentaires et agricoles américains », précisent également les parties. De son côté, le ministre indien au Commerce, Piyush Goyal, affirme, dans un message posté le 7 février sur le réseau social X, que l'accord protège « totalement » les produits agricoles sensibles indiens, notamment le maïs, le blé, le riz, le soja, la volaille, le lait, le fromage, l'éthanol, le tabac, certains légumes et la viande.

Vin : le guichet de 130 M€ pour l’arrachage est ouvert (FranceAgriMer)

Le guichet de 130 M€ pour l’arrachage définitif de vignes est ouvert, selon un communiqué de FranceAgriMer. Un délai de quatre semaines, à partir du 6 février, est laissé aux viticulteurs pour déposer leur déclaration d’intention, précise une décision parue au Bulletin officiel du ministère de l’Agriculture. Le dispositif donne la priorité aux vignerons quittant le métier, avait annoncé le 12 janvier l’AGPV (production viticole). Il est ouvert à l’intégralité des surfaces en vignes des demandeurs intéressés par l’arrachage total. Dans le cas d’un arrachage partiel, l’AMI (appel à manifestation d’intérêt) est réservé aux surfaces plantées avant le 1er août 2015, à l’exclusion du cépage chardonnay. Le bénéficiaire « ne pourra pas demander d’autorisations de plantations nouvelles pendant les dix campagnes viticoles » suivantes. FranceAgriMer confirme que l’aide représente un montant forfaitaire de 4 000 €/ha. Si la demande dépasse le budget disponible (correspondant à 32 500 ha arrachés), une réfaction s’appliquera aux demandeurs non prioritaires. L’établissement national rappelle que le guichet dépend de la promulgation de la loi de finances pour 2026 et de l’entrée en vigueur du paquet vin. Une validation du dispositif par la Commission européenne est aussi nécessaire.

Vin : commercialisation des Languedoc IGP et AOP en recul de 5,7 % (interprofession)

À l'occasion d'une conférence de presse le 5 février, Pierre Bories, président du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL), a tenté de relativiser le marasme du secteur viticole. Nul doute, pour lui, tout est réuni pour que la commercialisation du vin reparte. La qualité des vins du Languedoc et « la diversité de ses cépages, en phase avec les goûts des jeunes consommateurs », sont autant d’atouts spécifiques à même de conquérir des parts de marché, notamment à l’export. Si la commercialisation des vins en AOP Languedoc et IGP Sud de France reculent de 5,7 % en 2025 par rapport à 2024, en France comme à l’export, certaines AOP et IGP de territoire tirent leur épingle du jeu. En AOP, les Terrasses du Larzac progressent de 20,5 %, La Livinière de 21,5 % et Boutenac de 11,9 %. En IGP, la Haute Vallée de l’Aude affiche une hausse de 31,6 %, les Côtes de Thau de 14,4 %, Le Vicomté d’Aumelas de 9,4 %. Les blancs et les effervescents poursuivent leur dynamique, tandis que les cours du vrac augmentent de 1 %. Pour gagner des parts de marché, la filière languedocienne doit cependant se positionner sur les segments des bouteilles entre 8 et 15 €, sans délaisser celui entre 4 et 6 €, abandonné par les autres régions viticoles, estiment les professionnels. (Florence Guilhem)

Vin/caves coopératives : projet de fusion entre les Vignerons du Saint Mont et du Madiran

Les caves coopératives Vignerons du Saint Mont et Vignerons du Madiran, toutes deux membres de l'union commerciale Plaimont, ont engagé un projet de fusion. L’opération prévoit l’absorption des Vignerons du Madiran par les Vignerons du Saint Mont. La nouvelle entité s'appellera Vignerons du Piémont pyrénéen et de Gascogne, et disposera d’un conseil d’administration constitué de 19 membres(13 issus de Saint Mont et six de Madiran). L’objectif de ce rapprochement : renforcer la compétitivité et consolider le potentiel économique des deux structures, mutualiser les outils de production et de commercialisation et accroître la capacité d’investissement. Les Vignerons du Saint Mont, aussi appelés Cave du Pays d’Artagnan, rassemblent 130 viticulteurs sur 2 000 ha d’AOP Saint Mont et IGP Gascogne, pour un chiffre d’affaires de 20 M€ environ. Quant aux Vignerons du Madiran (ou Cave de Crouseilles), ils sont 100 viticulteurs sur 800 ha de vignobles AOP Béarn, Madiran, Pacherenc du Vic-Bilh, IGP Pyrénées-Atlantiques et Tolosan, et ont dégagé un chiffre d’affaires de 6 M€ lors du précédent exercice. (Elena Blum)

Vin : au Wine Paris, Macron promet de défendre l'exportation

Défendre le vin français en France et à l'international : Emmanuel Macron a marqué son soutien à cet « art de vivre à la française » bousculé par la guerre des droits de douane en inaugurant le 9 février Wine Paris, salon international de référence de la filière. « La clé, c'est de défendre d'abord la consommation avec modération (…) En même temps, on défend le vin français comme faisant partie de l'art de vivre à la française, de notre gastronomie, sa consommation et l'export », a lancé le chef de l'État. « La France, c'est le pays du vin. (...) il faut être fier de ce qu'on est. » Les alcools européens souffrent de la hausse des droits de douane décidée en 2025 aux États-Unis. Le secteur, confronté au changement climatique, doit aussi faire face à de nouveaux modes de consommation (moins d'alcool, plus de vins frais, etc.). « Un des points clés, c'est de bien exporter en Europe, de le défendre à l'international quand il est attaqué par des pratiques qui sont agressives et puis d'aller conquérir de nouveaux marchés », a insisté le président, citant l'Inde, le Canada ou le Brésil.

Coopératives : Euralis réduit ses pertes en 2024-2025 dans un contexte « difficile »

Les dirigeants d’Euralis ont présenté à la presse ce 9 février une « progression des résultats » en 2024-2025, vantant les efforts de gestion permettant d’engager la réduction de l’endettement et de réduire les pertes de moitié. L’Ebita du groupe coopératif s’améliore de 4,1 %, à 101 M€, sur la base d’un chiffre d’affaires de 1,6 Md€, en légère hausse (+1,3 %). Des progressions enregistrées malgré des problèmes de mycotoxines et la baisse des cours des céréales. De même, la « consommation en berne » n’a pas empêché les ventes d’Euralis Gastronomie de bondir de 37 % (en volume) pendant les fêtes de 2024, grâce au retour de la pleine production de canards gras. Le groupe a amélioré son efficacité industrielle avec la fermeture du site de transformation à Sarlat (Dordogne), l’abattage pour le compte de tiers aux Herbiers (Vendée) et des efforts de productivité au site traiteur d’Yffiniac (Côtes-d’Armor). Euralis a par ailleurs recouru à une centrale d’achat en agrofournitures et a fait la chasse aux frais fixes et stocks. Interrogée sur le rapprochement avec Maïsadour (actuellement étudié par l’Autorité de la concurrence), la coopérative a seulement rappelé que l’avenir des adhérents en dépendait.

Semences : progression annuelle des activités d’Euralis

Lors d’une conférence de presse le 9 février, les dirigeants du groupe coopératif Euralis, basé dans les Pyrénées Atlantiques, ont rapporté une progression de leur activité semences entre 2023-2024 et 2024-2025. Mention spéciale pour le colza, qui voit ses ventes flamber de 22 % annuellement. Vient ensuite le maïs, qui grimpe de 5,7 %, et le tournesol (+5 %). Euralis justifie cette progression par « une génétique performante » et le succès de sa stratégie, basée sur la diversification des débouchés. L’un d’entre eux s’avère particulièrement dynamique, à savoir le Kazakhstan. Les représentants du groupe coopératif rappellent que le pays adopte une politique de hausse de sa production de semences, notamment de tournesol, de maïs et de luzerne. Euralis évoque un autre marché porteur, en l’occurrence la Côte-d’Ivoire. En plus de diversifier ses clients et afin d’assurer la rentabilité de l’industrie, le groupe coopératif travaille sur la réduction de ses stocks de semences, afin de réduire ses coûts. Il évoque un repli pour une valeur de 30 M€ sur les deux dernières années, et espère la même chose pour l’exercice 2025-2026.

Betterave : chez Cristal Union, rendement 2025-2026 supérieur à la moyenne quinquennale

Dans un communiqué du 9 février, le groupe coopératif Cristal Union évoque un rendement de betterave à l’hectare et à 16° supérieur à la moyenne quinquennale, à près de 90 t/ha pour 2025-2026. La qualité est également au rendez-vous. « La richesse en sucre des betteraves est particulièrement élevée cette année, à plus de 18 %, contre 16,7 % pour la campagne précédente, et le tonnage de sucre par hectare est de 14 t/ha en moyenne », indique le groupe. Cristal Union déplore néanmoins les moins bons rendements observés en Champagne. Les résultats y sont inférieurs à la moyenne du groupe, la région ayant été davantage frappée par la sécheresse et la jaunisse. Sur le plan industriel, Cristal Union rapporte des productions record d’alcool et d’éthanol, « en hausse de 20 % par rapport aux années précédentes ». L’entreprise voit dans ses bons résultats la conséquence de ses investissements dans son appareil industriel. Elle précise avoir renforcé « les synergies entre ses sucreries et ses distilleries, afin d’arbitrer au mieux ses productions en fonction des opportunités de marché ».

Engrais : les unions d'achat Fertagri et Fertireco ne font plus qu’une

Les structures d’achat d’engrais Fertireco et Fertagri annoncent leur rapprochement pour « constituer un groupement renforcé à l’échelle nationale ». Présente dans l’Est de la France, Fertagri achète et commercialise près de 220 000 t d’engrais par an pour le compte de 15 adhérents/actionnaires. De son côté, Fertireco pèse près de 500 000 t d’engrais et constitue un acteur de référence opérant sur la moitié Ouest du territoire auprès de 72 coopératives et négoces. En se regroupant, les deux structures comptent « renforcer leur poids économique, mutualiser leurs expertises et développer une offre de services enrichie », le tout en « élargissant leur couverture géographique ». À elles deux, elles représentent un volume d’activité d’environ 300 M€. Depuis le 1er février, une phase d’intégration progressive est engagée pour assurer la continuité des activités entre les deux équipes : les adhérents de Fertagri vont progressivement intégrer Fertireco. La gouvernance du nouvel ensemble Fertireco ainsi constitué reposera sur une représentation équilibrée des deux unions, « garantissant la continuité des valeurs et des engagements portés par chacune ». Pour rappel, la présidence de Fertagri est assurée par Étienne Armbruster, gérant du négoce éponyme, et celle de Fertireco par Joël Guiheneuc (Agricom). (Anne Gilet)

Fruits et légumes : en Espagne, de très fortes pertes attendues après la tempête Léonardo

La tempête Leonardo a causé d’importants dégâts aux cultures fruitières et maraîchères dans plusieurs régions productrices d’Espagne, avec des pertes estimées à 3 Md€, selon la Coag, principal syndicat agricole du pays. Les zones les plus touchées se situent sur la façade méditerranéenne, en particulier la Communauté valencienne et la province d’Almeria (Andalousie). Dans un communiqué de presse le 6 février, la Coag Alméria tire la sonnette d'alarme sur la situation critique pour la production légumière (plein champ et serres), estimant une perte potentielle dépassant 50 % par rapport à la même période l'an dernier. De lourdes pertes sont aussi attendues pour les agrumes, les oliveraies et les avocats, ainsi que la production de fleurs coupées dans le Bas-Guadalquivir. « Il est encore trop tôt pour connaître les chiffres exacts, mais les premières estimations font état de 20 % de la production agricole andalouse », a précisé Ramon Fernandez-Pacheco, ministre de l'Agriculture du gouvernement régional d'Andalousie (et président de l’Areflh) au média Valencia fruits. Déjà, des voix s'élèvent pour une gestion plus efficace de l'eau, avec des infrastructures hydrauliques capables de prévenir les pertes dues à la sécheresse comme aux fortes pluies. Quant au commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, il a annoncé sur X se rendre d’urgence en Espagne.

Tomates : initiative des producteurs européens contre l’évolution de l’accord UE-Maroc

Lors du salon Fruit Logistica (du 4 au 6 février à Berlin), les producteurs de tomates d’Espagne, de France, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal et de Pologne ont présenté leur manifeste pour défendre la production européenne, rapporte la Fepex (exportateurs espagnols). Son titre : « Nous produisons des tomates en Europe, ne trahissons pas la tomate européenne ». L’initiative vise à terme « à empêcher le Parlement européen de ratifier l'amendement à l'accord UE-Maroc publié le 2 octobre, déjà provisoirement en vigueur ». Les signataires demandent le strict respect des arrêts de la CJUE concernant le Sahara occidental et le « réexamen approfondi de l’accord UE-Maroc, garantissant des conditions de concurrence équitable ». Ils réclament par ailleurs un étiquetage clair et obligatoire du pays d’origine, « sans aucune faille », des clauses de sauvegarde automatiques « lorsque les importations faussent le marché », ainsi que des contrôles phytosanitaires et sociaux renforcés. « Nous ne demandons pas de privilèges, nous demandons que toute tomate entrant en Europe respecte les mêmes règles que celles appliquées à nos producteurs », a déclaré Juan Jesús Lara, président du Comité Tomate de la Fepex, Selon l’organisation, le Maroc a détrôné l'Espagne comme premier fournisseur de tomates de l'UE depuis 2022.

Abricots des Baronnies : une deuxième saison sous IGP « satisfaisante »

Réunis en assemblée générale le 26 janvier à Curnier (Drôme), les producteurs d’abricots des Baronnies ont dressé un bilan positif de la deuxième campagne sous indication géographique protégée (IGP). Après des années difficiles, marquées par de faibles récoltes, une concurrence étrangère accrue et des trésoreries fragilisées, le président du syndicat de valorisation de l’abricot des Baronnies, Raphaël Corréard, a annoncé des résultats « satisfaisants » pour la campagne 2025. Interrogé par Agra Presse le 9 février, M. Corréard évoque le potentiel de développement de la démarche, avec une part significative de la production susceptible d’être certifiée. Dans un marché de l’abricot atone, l’obtention en avril 2024 de l’IGP « abricot des Baronnies », aboutissement d’une démarche engagée il y a dix ans, constitue un levier de différenciation « pour s’en sortir », d’après lui. Selon les critères de la Commission européenne, l’abricot des Baronnies est un fruit frais entier cultivé dans les contreforts des Alpes, principalement dans le sud du département de la Drôme, avec quelques communes limitrophes dans les départements du Vaucluse et des Hautes-Alpes.

MSA : simplification et observatoire au menu de la prochaine convention avec l’État

En réponse à une question écrite de la député Nathalie Da Conceicao Carvalho (RN, Essonne), le 3 février, le ministère de l’Agriculture a indiqué des pistes sur la future convention d’objectifs et de gestion (Cog) de la MSA, actuellement en discussion. Il évoque en particulier l’axe 1 de la future feuille de route : selon la Rue de Varenne, celui-ci s’intitule « Offrir un service de qualité, simplifié, sécurisé et adapté à chaque situation pour tous les adhérents (particuliers, ayants droit, exploitants et entreprises) ». Il prévoit « la sanctuarisation de la simplification continue des procédures et des démarches administratives » en cohérence avec le principe de « dites-le nous une fois ». Il indique aussi la création d’« un observatoire des fragilités socio-économiques (travailleurs indépendant et entreprises) pour partager des données avec l'État et les partenaires et détecter/évaluer les risques de fragilité », ce qui permettrait de développer des actions préventives. L’amélioration du recours au droit est aussi évoquée. Interrogé par Agra Presse, Jean-François Fruttero, président de la MSA, indique que « les échanges actuels portent sur les moyens ». Et espère une signature de la Cog 2026-2030 avant la fin du deuxième trimestre.

Xylella : à défaut d'éradication, un arrêté précise l’application de mesures d’enrayement

Un arrêté paru au Journal officiel le 8 février précise le dispositif visant à éviter l'introduction et la propagation dans l'Union européenne de la bactérie Xylella fastidiosa. Ce texte, modifiant l'arrêté du 19 octobre 2020 (qui ne concernait que la Corse), est pris en application du règlement d'exécution (UE) 2020/1201. Celui-ci stipulait que les États membres pouvaient appliquer des mesures d’enrayement, moins strictes que celles d’éradication, quand cette dernière n’est plus possible (c’est le cas en Occitanie). Elles permettraient l’exécution diligente de prospections et de mesures de précaution renforcées dans les zones tampons correspondantes et à la périphérie extérieure des zones infectées. Ainsi, l’arrêté du 5 février indique que, « le cas échéant, le préfet de région fixe par arrêté le périmètre de la zone délimitée en stratégie d'enrayement en listant les communes concernées par la zone tampon, les communes de la bande intérieure de la zone infectée et en y annexant une cartographie de ces zones ». Apparue la première fois en France en 2015, la bactérie Xylella fastidiosa s’attaque à plus de 200 espèces végétales (oliviers, arbres fruitiers, agrumes, luzerne, espèces ornementales, plantes aromatiques).

Biomasse : un projet de bambouseraie géante dans la Vienne ne fait pas l’unanimité (presse)

Un projet de bambouseraie géante à Availles-Limouzin (Vienne) fait polémique, rapporte Ici Nouvelle-Aquitaine (ex-France bleu) le 6 février. Celui-ci est porté par l’entreprise Horizom, qui a essaimé son concept dans plusieurs départements, essentiellement sur la face Atlantique mais aussi dans les Hauts-de-France. 226 ha de terrain viennent d'être cédés pour plus de deux millions d'euros. Évoquant un prix de de 8 000 à 10 000 €/ha, La Confédération paysanne s’inquiète pour « la transmissibilité des terres après et aussi pour les installations des jeunes agriculteurs ». « Il y a déjà de gros problèmes de revenus chez les exploitants, si on paye les terres trois fois leur prix, comment peut-on s'en sortir ? » De son côté, l’association Vienne Nature indique qu’ il « faut bien voir qu'on introduit un milieu qui n'est pas compatible avec les écosystèmes autour. Donc ça n'apporte strictement rien du tout à la biodiversité », un des points mis en avant dans l’offre Horizom. Des impasses culturales sont aussi évoquées : le site est sur des terrains séchants en été, rendant difficile la culture de bambou. Un collectif d'opposants a obtenu la revue à la baisse du projet qui resterait à 200 ha (contre 400 ha initialement).

Distribution : le taux de marge d’un magasin U n'est que de 2 %, souligne Schelcher

Le p.-d.g. de Coopérative U, Dominique Schelcher, a indiqué que le taux de résultat net d’un magasin U standard atteint en moyenne 2 % de son chiffre d'affaires. Ce chiffre est obtenu en partant d'un taux de marge brute de 24-25 % dont on déduit les charges de personnel, les frais généraux (publicité, services financiers, etc.), la fiscalité et l’immobilier, a-t-il indiqué le 4 février devant les sénateurs de la commission d’enquête sur les marges des distributeurs et des industriels. Il est aussi revenu sur les charges d’immobilier, qui ne doivent pas dépasser les 2 à 3 % du chiffre d’affaires d’un magasin pour garder un équilibre économique. Ce point est d’autant plus important que Coopérative U s’est détournée de la reprise des magasins Casino car les loyers étaient trop élevés et les murs détenus par des propriétaires extérieurs à Casino, a-t-il expliqué. Concernant les marges appliquées par les distributeurs aux fruits et légumes, réputées plus élevées que pour d’autres rayons, Dominique Schelcher a justifié la pratique de la péréquation des marges, avançant aussi que les fruits et légumes ont plus de pertes, demandent plus de travail et plus de frais logistiques. L’enseigne travaille actuellement sur l’évolution des marges sur les fruits et légumes, mais « il faut trouver des économies ailleurs ou de quoi faire un équilibre différent ».

Restauration : les boulangeries à la peine face aux GMS, au profit des chaînes (étude)

Food Service Vision constate, dans son communiqué annonçant l’édition 2026 de sa Revue Boulangerie-Pâtisserie parue fin janvier, que les commerces indépendants de boulangerie-pâtisserie recherchent de nouveaux relais de croissance face à la grande distribution. D’après le cabinet d’expertise en restauration, la croissance du secteur se tasse depuis deux ans. Son chiffre d’affaires, de 16,2 Md€, n’a progressé que de 2 % par rapport à 2024, contrastant avec les années fastes post-Covid (+20 % en 2021 et +5 % en 2023). La concurrence accrue des grandes surfaces et une trop grande concentration des indépendants sur le petit-déjeuner font la part belle aux chaînes. En 2025, ces dernières (Marie Blachère, Paul, Ange…) ont vu leur chiffre d’affaires croître de 8 %, à 3,8 Md€. Les boulangeries sous enseigne, encore très minoritaires (3 350 points de vente contre 29 597 boulangeries indépendantes), ont une offre pour tous les moments de consommation. L’édition intitulée « Hybridation des modèles : le marché en recomposition » montre comment la boulangerie-pâtisserie est en train d’investir les terrains de la restauration rapide ou même traditionnelle, en proposant de plus en plus de plats chauds.

Chanvre : la coopérative La Chanvrière élit un nouveau président

La Chanvrière, coopérative leader de production et transformation de chanvre, située dans l’Aube, a élu le 28 janvier son nouveau président. Guillaume Maman, 44 ans, est administrateur de la coopérative depuis 2009. Il remplace Benoît Savourat, qui a été président de La Chanvrière pendant 28 ans. La coopérative compte 750 adhérents qui cultivent 13 000 ha. 80 000 t de chanvre sont transformées à Saint-Lyé, dégageant un chiffre d’affaires de 50 M€ environ. La Chanvrière a annoncé l’ouverture d’une nouvelle usine, pour traiter 50 000 t de chanvre, à Juniville dans les Ardennes. L’investissement se situe entre 15 et 20 M€ et l’usine devrait voir le jour courant 2027. (Elena Blum)

Endives : le groupe Perle du Nord accueille son directeur général

Christophe Levyfve a été nommé directeur général de Perle du Nord, marque de producteurs d’endives, qui rassemble cinq coopératives des Hauts-de-France (Sipema, Endives du Valois, Primacoop, Marché de Phalempin, Cap Endives). Il avait déjà occupé cette même fonction entre 2008 et 2013, avant de diriger un groupe de communication. Perle du Nord produit 65 000 t d’endives par an, soit la moitié de la production française. En 2024, le chiffre d’affaires de l’union s’élève à 198 M€. (Elena Blum)

Presse agricole : troisième mandat pour Éric de la Chesnais à la présidence de l’Afja

Journaliste au Figaro, Éric de la Chesnais a été réélu président de l’Afja (journalistes agricoles), pour un troisième mandat d’un an, annonce l’association dans un communiqué le 9 février. Journaliste au Figaro depuis « bientôt 30 ans », il a co-écrit les livres « Agriculteurs : les raisons d’un désespoir » (Plon, 2017) et « La défense est dans le pré », avec l’avocat Thimothée Dufour (Ed. du Rocher) ; il a aussi remporté le Grand prix de l’Afja en 2020. Son élection, à l’unanimité, a eu lieu lors d’un conseil d’administration le 26 janvier. Créée en 1954, l’Afja regroupe « près de 200 membres », journalistes et communicants.