Législatives: encore de nouvelles têtes agricoles chez les candidats Renaissance
Le mouvement Ensemble (Renaissance, Horizons, Agir et Modem) a fait paraître une seconde liste de candidats investis aux prochaines élections législatives, recouvrant 263 circonscriptions (sur 577). Hormis les députés sortants, quatre agriculteurs se présentent*. Olivier Allain (3e circonscription des Côtes d’Armor, LREM) se présentera une deuxième fois contre le député LR sortant Marc Le Fur. L’éleveur de volailles de Bresse Vincent Guillermin se présente dans la 1re circonscription de l’Ain, acquise à la droite depuis 2002. Ancien président national des JA, Michel Teyssedou est candidat dans la 1re circonscription du Cantal, tenue par Les Républicains (LR) et qui avait échappé de seulement deux points à LREM en 2017. Plus difficile sera le défi de l’agriculteur Philippe Alpy (vice-président du Conseil département du Doubs) qui se présente dans la 5e circonscription, historiquement acquise à la droite, où LR avait gagné avec 59% contre LREM au second tour en 2017. Candidat à l’investiture dans la Manche pour le parti Horizons, l’ex-directeur général de la FDSEA Thierry Mauminot n’a pas été retenu. À noter qu’au moins trois présidents de parcs (naturel ou national) se présentent: Emmanuel Mandon (parc du Pilat, Loire), Éric Mèle (Préalpes d’Azur, Alpes-Maritimes) et Isabelle Monfort (Port-Cros, Var).
* Téléchargez la liste des candidats Ensemble proches de l'agriculture
Législatives: les députés agricoles de la majorité qui restent, ceux qui partent
Parmi les députés agricoles de la majorité qui ne se représentent pas, on compte surtout Antoine Herth (Agir, Bas-Rhin), qui siégeait au Palais Bourbon depuis vingt ans. Il s’en est expliqué le 8 mai dans la presse régionale (article payant). C’est aussi le cas du député LREM du Morbihan Hervé Pellois, qui l’avait annoncé dès le début janvier. Il était depuis 2017 rapporteur spécial de la mission Agriculture des projets de loi de finances (PLF). De nombreux députés agricoles issus de la majorité ont été retenus par le mouvement Ensemble (Renaissance, Horizons, Agir et Modem), d’après la seconde liste d’investitures parue le 8 mai. On compte parmi eux l’éleveur et rapporteur de la loi Egalim Jean-Baptiste Moreau (Creuse); l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Travert (Manche); le vétérinaire Loïc Dombreval (Alpes-Maritimes); l’ancien ministre des Relations avec le Parlement et ancien cadre de chambre d’agriculture Marc Fesneau (Loiret); Olivier Damaisin, auteur d’un rapport sur le suicide en agriculture; Frédéric Descrozaille, missionné sur la réforme de la gestion des risques (Val-de-Marne); le consultant en vin Michel Delpon (Dordogne); Nicolas Turquois (Vienne), agriculteur membre de la commission des Affaires sociales; et Nicole Le Peih, agricultrice dans le Morbihan.
Sécheresse: le manque d'eau menace la croissance des céréales, alerte la FNSEA
Une chaleur estivale et des nappes phréatiques pas assez rechargées: l'absence de pluie sur l'ensemble de la France menace la croissance des céréales et notamment du blé, a alerté le 9 mai la FNSEA. «Aucune région n'est épargnée. Chaque jour qui passe, on voit des sols se craqueler. Même dans le Nord, les céréales ont soif», a déclaré à l'AFP sa présidente, Christiane Lambert. «Si cela continue comme ça, ceux qui ont la possibilité d'irriguer vont s'en sortir, les autres auront des baisses de rendement dramatiques » «Nous sommes très inquiets, dit Joël Limouzin, élu en charge des situations d'urgence à la FNSEA. C'est une période délicate pour les céréales: le blé a atteint sa taille adulte, l'épi s'est développé et on est maintenant au stade du grossissement du grain.» Sans eau et sous l'effet de la chaleur, les grains se flétriront, avec comme risque «une perte de rendement qui peut aller jusqu'à 40% si le temps reste sec pendant plusieurs semaines», met-il en garde. «Plus que jamais, il faut qu'on arrive à stocker de l'eau», plaide la FNSEA, qui alerte sur les risques d'une flambée encore plus forte des coûts alimentaires en cas de mauvaise récolte en France.
Influenza aviaire: le niveau de risque bientôt abaissé, sauf dans 19 départements
Un arrêté «va sortir demain au Journal officiel» qui abaisse le niveau de risque lié à l’influenza aviaire à «modéré» dans «une grande partie du territoire», annonce le ministère de l’Agriculture le 9 mai. «Le pic de l’épizootie est considéré comme derrière nous», précise le cabinet du ministre lors d’un brief à la presse, rappelant que l’abaissement du niveau de risque est synonyme de levée des restrictions (mise à l’abri, mouvements d’animaux, remises en place). Le niveau de risque est maintenu à «élevé» dans 19 départements du grand Ouest, du Sud-Ouest et de la Bretagne qui ont connu l’épizootie, ou sont situés à proximité de foyers. La situation est toujours «évolutive» en Dordogne par exemple, avec «une suspicion par jour», selon le cabinet. Depuis le début de l’épisode d’influenza aviaire en novembre, 1374 foyers ont été recensés en élevages (ainsi que 46 en faune sauvage et 30 en basse-cour). D’après l’entourage du ministre, près de 16 millions de volailles ont été abattues (dont 11 millions dans le grand Ouest) pour tenter de freiner la propagation de la maladie. Par ailleurs, comme attendu, le 10 mai marquera aussi le démarrage de l’expérimentation de la vaccination contre l’influenza, qui sera testée dans un premier temps sur deux lots de palmipèdes.
ICPE: la Cour des comptes ressuscite la déclaration avec contrôles périodiques
Dans un rapport dédié aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) dans le secteur agricole, publié le 9 mai, la Cour des comptes suggère de rétablir le régime de déclaration avec contrôles périodiques. Créé par la loi Barnier de 1995, ce régime mettant à la charge des exploitants des contrôles de premier niveau par des organismes extérieurs avait été supprimé en 2016, «à la demande de la profession». Autre réforme décriée par la Cour des comptes: l’extension du régime d’enregistrement, qui a contribué à rehausser les seuils d’autorisation. Autant d’assouplissements qui, estiment les magistrats dans leur rapport, seraient «en décalage avec le constat de sous-estimation chronique du nombre de pollutions accidentelles et le manque de prise en compte du risque de pollutions diffuses rattachés aux élevages». Comme le rappelle la Cour des comptes, les ICPE agricoles représentent plus de 20% du nombre total d’ICPE en France. Dans le détail, près des deux tiers des élevages de bovins, porcins et de volailles accueilleraient au moins une ICPE. La proportion d’installations soumise à enregistrement ou autorisation, les régimes les plus contraignants, serait «plus significative pour les élevages de volailles et de gibier (20%) et surtout pour les élevages de porcs (60%)».
L'agriculture parmi les priorités des citoyens européens pour l'avenir de l'Europe
L’agriculture tient une place importante dans les recommandations finales de la Conférence sur l'avenir de l'Europe qui ont été remises le 9 mai – jour de la fête de l'Europe – à Strasbourg aux trois coprésidents des institutions européennes (Roberta Metsola pour le Parlement européen, Ursula von der Leyen pour la Commission européenne et Emmanuel Macron pour le Conseil de l'UE). Parmi ces propositions, issues d’un exercice de consultation citoyenne d’un an, le troisième panel (sur les quatre mis en place), concernant le changement climatique et l'environnement, estime que les subventions de la Pac devraient être réorientées «en faveur d’une agriculture biologique et d’une agriculture durable qui respectent des normes environnementales précises». Les citoyens appellent à «réduire notablement le recours aux pesticides et aux engrais chimiques, conformément aux objectifs existants, tout en continuant d’assurer la sécurité alimentaire». Le rapport final plaide également pour l’introduction d’une certification des absorptions de carbone ainsi que l’élimination du «dumping social» au profit d’une transition écologique vers de meilleurs emplois dans le secteur agricole. L’ensemble de ces propositions va maintenant être examiné et un événement sera organisé cet automne pour informer les citoyens du suivi qui leur sera donné.
MSA: un rapport d'inspection désormais «dépassé», selon la CCMSA
Réagissant à la parution d'un rapport d'inspection sur les performances de la MSA sur la période 2016-2020, qui critique notamment le «service rendu à l'usager», la Caisse centrale (CCMSA) a fait paraître un communiqué le 9 mai, dans lequel elle estime que ces travaux s'appuient sur «des données largement dépassées aujourd’hui», pour avoir été réalisés en 2020. Dans ce rapport, trois services d'inspection – ceux des Affaires sociales (Igas), de l'Agriculture (CGAAER) et des Finances publiques (IGF) – avaient conclu que «la qualité du service rendu à l’usager demeur[ait] en deçà des attentes» et proposaient une réflexion à moyen terme sur la stratégie de la MSA. Ces travaux «ont bien contribué à nourrir la réflexion conjointe de la MSA et de l’État pour la nouvelle convention d’objectifs et de gestion (2021-2025)» signée en début d'année, assure la CCMSA. La caisse centrale met en avant le lancement, depuis lors, de «plusieurs chantiers autour, par exemple, du pilotage renforcé, du suivi, de la limitation des écarts de service entre les caisses de MSA avec notamment le développement de plateaux pour soutenir l’activité de tout le réseau».
Eau: FNE crie victoire à propos d'un décret Sdage «recadré» par la justice européenne
France nature environnement crie victoire après que le décret du 4 octobre 2018 relatif aux Sdage (schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau) a été «recadré par la justice européenne». Par un arrêt le 5 mai, la CJUE (Cour de justice de l’UE) «confirme que les impacts temporaires "de courte durée et sans conséquences de long terme" sur la qualité des eaux de surface doivent être pris en compte, lors de l’autorisation d’un projet ou d’un programme, dès lors que celui-ci est de nature à entraîner une détérioration de l’état de la masse d’eau concernée», d’après un communiqué de l’association. Cette décision «donne raison à France nature environnement», estime l'ONG qui avait attaqué le texte devant le Conseil d’État. Le décret du 4 octobre 2018 est «dangereux pour la qualité des masses d’eau, car il ne fixe aucun garde-fou pour garantir l’absence de détérioration des eaux suite à des impacts présentés comme temporaires», selon FNE.
Biométhane: les professionnels satisfaits du système d'appel d'offres et de certificats
L'association France gaz renouvelables, qui a pour objectif de promouvoir le développement du biométhane et des autres gaz renouvelables du monde agricole, se félicite du dispositif de soutien par appel d’offres pour la production de gaz renouvelable et de certificats de production de gaz vert. La sortie de l’appel d’offres était attendue depuis novembre 2020, quand le gouvernement avait décidé d’ouvrir un nouveau guichet de soutiens: à côté du «guichet ouvert» des tarifs subventionnés destinés aux unités de méthanisation de petite et moyenne taille figurera le mécanisme de l’appel d’offres pour les unités de plus grande taille. C’est ce dispositif qui est en train de se mettre en place, avec trois dates limites pour le dépôt des candidatures (16 décembre, 29 juin 2023 et 15 décembre 2023). «Cet appel d’offres permettra à 10 à 15 sites de taille moyenne à grande de se lancer et de financer leurs investissements», selon France gaz renouvelables. L’association est par ailleurs satisfaite de l’annonce de la publication du décret relatif au dispositif de certificat de production de biogaz. Ce nouveau dispositif permettra à l’avenir de compléter les dispositifs de soutien public, en créant une obligation d’achat de biométhane par les fournisseurs de gaz aux unités de méthanisation.
Agroalimentaire: l’Adepale veut un Haut commissaire dédié à la relance du secteur
Dans une lettre ouverte diffusée le 9 mars, l’Adepale demande à Emmanuel Macron de nommer «un Haut-Commissaire en charge de l’agroalimentaire sous la responsabilité du Premier ministre en charge de la planification écologique». «Seule cette configuration au plus haut niveau de l’État, supervisant de manière concertée ces compétences de planification, de financement et de contrôle pourra offrir des perspectives de court et de long termes à une industrie vitale pour la France», écrit son président Jérôme Foucault. Sa fédération, qui regroupe 1570 entreprises de petite taille et de taille intermédiaire (TPE, PME et ETI), appelle à «la mise en place d’un plan sectoriel», alors que l’agroalimentaire subit des «hausses vertigineuses des coûts de production et les impacts collatéraux du conflit en Ukraine». Et l’Adepale de rappeler ses recommandations formulées en février dans son «Pacte pour l’avenir de l’alimentation et des territoires», autour de quatre axes: compétitivité; transitions énergétique, environnementale et digitale; «attirer et développer les compétences dans les territoires»; et «réaffirmer les valeurs du modèle alimentaire français».
Pommes et poires: Pierre Venteau prend la direction de l'ANPP
Dans un communiqué paru le 9 mai, l'Association nationale pommes poires (ANPP) annonce avoir nommé à sa direction Pierre Venteau, en remplacement de Josselin Saint-Raymond «qui a choisi une nouvelle orientation professionnelle». Pierre Venteau a travaillé «plus de 20 ans en chambre d’agriculture où il a occupé le poste de directeur général adjoint à la chambre d’agriculture de Haute-Vienne jusqu’en 2019». Il était plus récemment député depuis la nomination de son titulaire Jean-Baptiste Djebbari au poste de secrétaire d’État aux Transports.