Nitrates: «peu de progrès accomplis», déplore la Commission européenne
Peu de progrès ont été accomplis ces dix dernières années en matière de réduction de la pollution des eaux de l’UE par les nitrates, constate la Commission européenne dans un nouveau rapport sur la mise en œuvre de la directive nitrate, publié le 11 octobre. Principal secteur incriminé: l’agriculture et en particulier l’élevage, «responsable de 81% des apports d'azote agricole dans les systèmes aquatiques et de 87% des émissions d'ammoniac de l'agriculture dans l'atmosphère». Au cours de la période 2016-2019, 14,1% des stations d’eaux souterraines dépassaient encore en moyenne annuelle les 50 mg de nitrates par litre, une situation comparable à la période précédente au cours de laquelle 13,2% des stations dépassaient ce seuil de 50 mg/L. «Les fruits mûrs ont déjà été cueillis et des mesures plus ambitieuses sont donc maintenant nécessaires pour améliorer» la situation, analyse la Commission, qui compte sur le Pacte vert européen pour «accélérer les mesures afin de parvenir à une agriculture durable». Certains États membres sont particulièrement visés: la Belgique, la Tchéquie, le Danemark, l'Allemagne, la Finlande, la Hongrie, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne et l'Espagne. Ces pays doivent, selon Bruxelles, prendre d’urgence des mesures supplémentaires pour atteindre les objectifs de la directive sur les nitrates.
Les ménages agricoles particulièrement touchés par la «pauvreté monétaire» (Insee)
Les ménages agricoles (comprenant au moins un individu exerçant le métier d'agriculteur) ont un niveau de vie médian de 22 000 euros par unité de consommation, soit un montant «comparable à celui de l'ensemble des ménages ayant des revenus d'activités», constate l'Insee dans une note parue le 11 octobre. Ces chiffres de 2018 masquent de fortes disparités: les écarts de revenus entre ménages agricoles sont plus importants que dans l'ensemble de la population, avec un ratio de 4,7 entre les 10% les plus aisés et les 10% les moins aisés (contre 3,3 pour l'ensemble des ménages à revenus d'activités). Et les ménages agricoles sont «plus souvent touchés par la pauvreté monétaire», avec 18% de leurs membres vivant sous le seuil de pauvreté en 2018 (13 000 euros par an pour une personne seule). Les écarts s'expliquent en grande partie par l'orientation technico-économique: le niveau de vie des ménages agricoles est en moyenne 1,9 fois supérieur dans les territoires viticoles que ceux d'élevage bovin. Plus souvent propriétaires de leur habitation, ils sont en revanche moins exposés aux difficultés de logements et aux «restrictions de consommation courante» (p.ex. repas complet, température de chauffage, vacances, vie sociale...). En moyenne, l'activité agricole ne représente qu'un tiers de leurs revenus; la première source de revenu provient des salaires, le plus souvent ceux du conjoint. La troisième source de revenu provient des revenus du patrimoine, essentiellement des fermages.
Méthane: 24 nouveaux pays rejoignent l’initiative visant à réduire les émissions de 30%
L’UE et les États-Unis ont annoncé le 11 octobre que 24 nouveaux pays avaient rejoint leur initiative, lancée mi-septembre, visant à réduire de 30% d’ici 2030 les émissions mondiales de méthane. Parmi les nouveaux participants figurent la France, l’Allemagne, le Canada, le Japon et de nombreux pays africains. «Grâce à ces engagements, neuf des vingt principaux émetteurs de méthane dans le monde participent désormais à l’initiative, ce qui représente environ 30% des émissions mondiales de méthane», se félicitent les États-Unis et l’UE dans une déclaration commune. Cet accord doit être officialisé lors du sommet mondial sur le climat prévu au mois de novembre à Glasgow.
Fruits et légumes: six mois pour écouler les derniers emballages plastique
Les ministres de la Transition écologique, de l’Agriculture et de l’Economie ont signé le décret exemptant temporairement certains fruits et légumes de l’interdiction d’emballages plastiques à compter du 1er janvier 2022, indique un communiqué du gouvernement le 11 octobre. Attendu depuis avril par la profession, à l’issue d’une consultation publique, ce décret sera publié le 12 octobre. Il précisera les délais d’adaptation retenus pour certaines catégories de fruits et légumes - considérées fragiles si vendues en vrac -, pour donner le temps aux professionnels de se préparer à l’interdiction définitive du plastique dans les emballages. Ces délais concernent notamment les pêches et abricots, les fruits mûrs à point, les fruits rouges ou encore les endives. A partir du 1er janvier, «une trentaine de fruits et légumes non transformés» seront privés de plastique (pommes, prunes, choux, tomates rondes par exemple). «Un délai de tolérance de six mois pour écoulement des stocks d’emballages est également prévu», annonce le communiqué. Cette mesure attendue par les professionnels devrait satisfaire «environ 80%» du secteur, selon le directeur de l’ANPP Josselin Saint-Raymond. De son côté, Interfel s’est fendu d’un communiqué déplorant la non prise en compte par les pouvoirs publics de «nombreux obstacles structurels et techniques» accentués par «le contexte de la crise Covid».
Le roquefort fer de lance contre le Nutriscore pour les fromages sous appellation
«Les femmes et les hommes de l’AOP roquefort demandent haut et fort que le roquefort soit exempté du Nutriscore», clame un communiqué du 11 octobre. Alors que des discussions européennes sont en cours pour envisager de rendre obligatoire un affichage nutritionnel de type Nutriscore sur les produits préemballés, «la filière roquefort estime que l’étiquetage Nutriscore n’est pas adapté à son AOP» qui, avec l’algorithme actuel, serait noté E, soit la note la plus basse. Pour porter haut son message, le Roquefort «appelle l’ensemble des appellations d’origine protégée de France ainsi que tous les citoyens amoureux de nos terroirs et spécifiquement de nos fromages à se joindre à cet appel». Au Cnaol (fédération des AOP laitières), «nous partageons l’ambition d’exemption des appellations», indique Sébastion Breton, délégué général du Cnaol, interrogé par Agra Presse. De nombreuses actions ont été portées au niveau des pouvoirs publics et parlementaires, mais le Cnaol ne souhaite pas porter le débat sur la place publique, comme le fait le roquefort. «Le sujet peut vite attirer des amalgames», justifie Sébastien Breton.
Légumineuses: les jeunes consommateurs restent à séduire (étude)
L’étude 2021 du Crédoc sur la place des légumineuses dans l’alimentation souligne l’importance de conquérir les jeunes consommateurs, a estimé le 11 octobre Terres Univia (interprofession). «Sensibiliser notamment les plus jeunes» aux atouts des légumes secs (pois chiche, lentilles, haricots) et autres féverole, lupin, pois, soja: tel est le «travail de pédagogie» à poursuivre ces prochaines années, déclare le directeur Laurent Rosso, cité dans un communiqué. Les Français parmi les faibles ou non-consommateurs mettent en cause le temps de préparation (36%), et notamment les cadres, qui l’expriment fortement (44%); le fait de ne pas savoir comment les cuisiner (34%), en particulier chez les 25-34 ans (47%); le goût est aussi invoqué (29%), surtout par les 18-24 ans (40%). Autre enseignement de l’enquête du Crédoc, 48% des sondés disent consommer des légumineuses au moins une fois par semaine. La recommandation du Programme national nutrition santé est deux fois plus élevée, selon le communiqué. Terres Univia rappelle l’ambition de la stratégie nationale protéines végétales, lancée en décembre 2020, d’augmenter de 40% les surfaces de plantes riches en protéines d’ici à 2024.
Résolution contre la disparition des abeilles: les professionnels dubitatifs
«Nous nous réjouissons de cette décision, mais nous attendons avec impatience les mesures qui en découleront», prévient Franck Alétru, président du Syndicat national d'apiculture (SNA), après l’adoption, le 7 octobre d’une résolution parlementaire visant à lutter contre la disparition des abeilles. Ce texte porté par Robert Therry (LR, Pas-de-Calais) invite le gouvernement français non seulement à faire de l’abeille la grande cause nationale de 2022, mais également à «réfléchir à l’élaboration d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique». Un texte adopté par la majorité comme par les députés LR, qui avaient tous voté en faveur de la dérogation accordée aux néonicotinoïdes. «Il n’est pas interdit de se repentir», ironise Franck Alétru. De son côté, l’Unaf se félicite également de la résolution, tout en rappelant, par la voix de Jean-Marie Sirvins, que «les apiculteurs viennent de vivre une année particulièrement difficile, non en raison du frelon, mais des conditions climatiques». La récolte 2021, selon les estimations provisoires de son syndicat, pourrait représenter entre 8000 et 9000 tonnes, contre 30 000 tonnes en 2020. Les syndicats apicoles espèrent que la résolution encouragera le gouvernement à revoir le texte de l’arrêté abeille, qui serait actuellement sur le bureau du Premier ministre Jean Castex. Principales demandes: ajouter une notion de la température à la plage horaire prévue, et insister sur l’absence des pollinisateurs durant les traitements.
Sommet de l'élevage: avec 93 000 visiteurs, le salon de retour à son niveau pré-Covid
Dans un communiqué du 8 octobre, le Sommet de l'élevage affirme avoir accueilli 93 000 visiteurs, soit quasiment son niveau de 2019, avant la pandémie de Covid-19 (96 000 visiteurs). Le salon s'est tenu à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme) du 5 au 8 octobre, avec deux nouveautés de taille: un quatrième jour d'ouverture et un nouveau hall d'exposition. Un «double pari (…) gagné», se félicite le président du Sommet de l'élevage, Jacques Chazalet, cité dans la communiqué. Malgré les restrictions de déplacement liées à la pandémie, le Sommet a reçu «2400 visiteurs étrangers provenant d’une soixantaine de pays». Sur le plan politique, l'édition 2021 a été marquée par la visite du ministre de l'Agriculture le 5 octobre, ainsi que celles de six candidats à l'élection présidentielle. Le prochain Sommet de l'élevage se tiendra du 4 au 7 octobre 2022 et «accueillera le concours national de la race charolaise».